La détresse des adolescentes françaises, ballotées entre sexisme et complexes physiques

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Pour les adolescent•es l'herbe n'est pas forcément aussi verte d'un côté que de l'autre. Les filles se déclarent globalement moins positives sur leur vie et leur santé, et ce n'est pas tout...

La détresse des adolescentes françaises, ballotées entre sexisme et complexes physiques

Tous les 4 ans, l’enquête internationale HBSC (Health Behaviour in School-aged Children, à ne pas confondre avec HSBC, la banque) dresse un état des lieux de la situation des adolescent•es dans le monde, ou du moins dans plus de 40 pays, dont la France.

Les données françaises pour l’année 2014 viennent d’être publiées sur le site Santé Publique, et c’est un bilan mi-figue mi-raisin. Les adolescent•es de 11 à 15 ans sont donc globalement heureux, mais (car il y a un mais) il existe une vraie distinction entre les filles et les garçons.

Ainsi, les filles sont seulement 78% à se percevoir en bonne santé et 85% à avoir une perception positive de leur vie, contre respectivement 86% et 90% chez les garçons.

L’étude avance des éléments de réponse en passant au crible chaque aspect de la vie de ces jeunes. Le Monde résume également ce portait des adolescents en 2014 dans un article plutôt optimiste.

Pour ma part, j’ai été assez marquée par certaines données de l’étude, en particulier celles concernant le rapport au corps et l’apparence et à la sexualité, en particulier concernant les filles.

La perception du corps : une vision déformée de la corpulence

On le dit souvent sur madmoiZelle, l’éducation genrée ne fait pas du bien, et certainement pas aux petites filles. Ces petites filles deviennent ensuite des grandes filles, puis des femmes, avec souvent leur lot de complexes hérité de ce concept bien pourri.

Si toi aussi tu as des ami•es sceptiques sur l’impact « réel » de ces stéréotypes néfastes sur les femmes, voici de quoi apporter de l’eau à ton moulin pour les convaincre…

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Au moins 70%, voici le pourcentage des jeunes qui ont un poids « normal » (je simplifie mais tu vois l’idée). Et maintenant, voici comme ces mêmes jeunes se perçoivent.

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Il y a donc un sacré décalage entre réalité et perception ici puisque 40,9% des filles de troisième se pensent en surpoids ce qui est tout simplement impossible puisqu’en réalité elles ne sont que 9,8% à être réellement en surpoids.

Un tiers des adolescentes ne se voient plus grosses

Donc même en partant du principe que les 9,8% de filles en surpoids se perçoivent comme tel, ça signifie que 31,1% de filles ne se voient pas telles qu’elles sont, un tiers donc.

De plus, cette mauvaise perception tend à se dégrader au fur et à mesure du temps si l’on en croit ce graphique. Cette façon de se percevoir a un nom et s’apparente dans les cas les plus extrêmes à une pathologie : la dysmorphophobie, comme pour cette madmoiZelle qui est dermatillomane.

Accroche ta ceinture tu n’es pas au bout de tes surprises…

Les jeunes et la sexualité : entre responsabilité et incertitudes

Bon déjà il y a un premier truc bien (oui il y en a un autre, plus bas) : plus de 40% des jeunes qui ont eu des relations sexuelles en quatrième ou troisième estiment que c’était le bon moment pour eux pour avoir des relations sexuelles.

En revanche, ce qui m’enjaille moins, c’est la proportion de filles qui « n’en avaient pas vraiment envie » (comme quoi l’éducation au consentement est loin d’être acquise) ou qui « auraient préféré plus tard ».

Notons au passage qu’il y a aussi une proportion de garçons qui auraient préféré attendre, mais cette tendance demeure plus élevée chez les filles, en particulier en 3e.

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La pression vis-à-vis des relations sexuelles est forte pour les garçons comme pour les filles, avec toutefois ce double-standard si propre à ces dernières, à savoir l’injonction au sexe mais « pas trop quand même » hein.

La question est donc : ces filles ont-elles déclaré qu’elles auraient voulu attendre parce que la société leur demande de ne pas être trop libérées sexuellement ou au contraire regrettent-elles d’avoir cédé à l’injonction aux relations sexuelles qui s’accentuent avec l’âge ?

Dans tous les cas, il s’agit d’un rappel plutôt évident : la culture du viol se porte bien dans nos écoles, ainsi que le double-standard.

Bonne nouvelle cependant dans ce tableau noir : l’éducation sexuelle fait son chemin, ou du moins la prévention contre les MST. L’utilisation du préservatif semble s’imposer quasi-systématiquement même auprès de cette population très jeune.

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La vérité si j’mens !

L’étude aborde bien d’autres thématiques que tu peux retrouver sur le site de Santé publique (en bas de la page).

Est-ce que ces problématiques te paraissent encore vraies pour toi depuis le collège ou est-ce que ta perception a évolué ? Viens partager ton expérience et tes impressions dans les commentaires !

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Chloé P.


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Commentaires
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  • MAAAL
    MAAAL, Le 24 décembre 2016 à 11h37

    C'est une étude très intéressante.
    Par contre, je ne trouve pas ça forcément positif au niveau de la prévention contre les IST. Certes, 85% d'utilisation d'une contraception est un taux important, mais ça reste quand même insuffisant. 1 fille sur 5 en 3e qui n'utilise rien, ça me semble quand même énorme en 2016 dans un pays comme la France :s

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