La première fois que j’ai osé draguer un mec (spoiler : j’ai raté)

Kalindi n'a pas toujours été sûre d'elle avec les mecs. Elle a même longtemps été très empotée. Elle te raconte la toute première fois qu'elle a osé faire le premier pas et draguer un individu du sexe opposé.

La première fois que j’ai osé draguer un mec (spoiler : j’ai raté)

Il y a bien longtemps que j’ai étouffé ma timidité.

Je me suis assise dessus un beau jour, jusqu’à ce qu’elle ferme sa petite gueule. Alors bien sûr, cette connasse a la dent dure et réapparait parfois pour me faire coucou et handicaper mes soirées.

Mais la plupart du temps, elle me laisse vivre mon quotidien sans trop me pomper l’air.

Alors je peux parader tranquillement, faire l’intéressante sans problème, débarrassée de mon désamour envers moi-même.

Mais avant, ça n’était pas simple. Surtout avec les mecs, tu t’en doutes bien. 

Coincée, complexée et extrêmement gauche, j’ai pourtant osé un jour faire le premier pas et… draguer une personne du sexe opposé.

Le crush de l’été

J’avais 15 ou 16 ans, un duvet qui tombait généreusement sur ma lèvre supérieure, et un sens du style pas encore très aiguisé.

Toutefois, j’avais une silhouette plutôt harmonieuse et une passion pour les décolletés plongeants, ce qui attirait parfois le regard de certains mâles.

J’en étais donc arrivée à cette conclusion : j’étais pas trop dégueu.

Tu remarqueras comme la confiance en moi-même m’étouffait à l’époque.

Pour les vacances d’été, ma mère avait loué un appartement dans une superbe résidence du sud de la France, perdue dans la vigne vierge et les pins parasols. 

Comme chaque année, j’emmenais une amie avec moi, Mélissa de préférence.

Je passais ma vie avec elle de toute façon.

Quelques instants seulement après notre arrivée dans le sud et dans ce qui serait notre demeure pour les deux semaines à venir, nous repérions un petit bar tout à fait charmant juste en bas de la résidence, à côté d’un point d’eau. Très bucolique. 

Un détail dudit bar nous interpellait en particulier. Accoudé nonchalamment au comptoir, un joli blond aux joues rebondies attendait qu’un café finisse de couler.

La préparation à la drague

Immédiatement, Mélissa et moi échangeâmes des regards affolés. Ç’était parti, nous venions de trouver un objectif ULTIME pour ces vacances : parler à ce joli coincoin. 

Une tâche à laquelle nous pensions jour et nuit et qui occupait une place considérable dans nos conversations. 

Tous les jours nous mettions donc un point d’honneur à aller glousser au bar.

Le rituel était simple : nous allions à la plage sur les coups de 15h, nous nous massions l’une l’autre dans la mer à l’aide de poignées de sable pour n’avoir plus aucune impureté sur la peau, mangions une glace et remplissions une bouteille d’eau de mer.

Puis nous rentrions à la résidence et passions une heure dans la salle de bain. Au programme : lavage de cheveux, puis dernier rinçage à l’eau de mer, puis tressage pour obtenir des crinières ondulées et sexy en diable.

Une fois le maquillage peaufiné (c’est à dire après avoir mal mis du blush), nous enfilions nos plus belles robes à fleurs et chaussions nos plus jolies espadrilles.
C’était avant de savoir que : 

En route pour le flirt

Le résultat final était plus que satisfaisant : nous nous trouvions bonasses.

Il faut dire que Mélissa l’est naturellement et en toutes circonstances. Elle a la peau halée, les yeux très sombres, des lèvres charnues, des cheveux noirs, épais et immenses.

Bref, c’est une bombe, sauf qu’elle ne le sait pas, ce qui ajoute encore à son charme.

Son seul défaut ? Un caractère difficile, qui ne la rend pas forcément facile d’accès. Elle a ses têtes, et surtout ses humeurs.

Le mec sexy qui louait des pédalos était par exemple devenu son pire ennemi pour une raison qui demeure encore un peu floue. Mais son mauvais caractère la rend plutôt drôle et inventive.

Je l’admirais donc dans la glace pendant qu’elle se préparait et j’enviais ses gestes sûrs en matière d’application d’anti-cernes.

Une fois le diner avalé (à la vitesse grand V) en compagnie de ma superbe génitrice, nous nous échappions « prendre le dessert dehors ». Ma mère n’a jamais été du genre poule et nous laissait volontiers faire notre vie sans intervenir.

Elle se doutait qu’il y avait du testicule là-dessous, à mon avis.

Le chemin qui menait au bar bucolique se faisait généralement en gloussant. Comme deux belles pintades, nous pouffions à l’idée de peut-être attirer l’attention du serveur.

Des échanges succincts

Et ça ne manqua pas.

Un soir, je décidai de commander une entrée au crabe plutôt qu’un dessert au chocolat, pour changer un peu.

C’est lui qui vint apporter notre commande et nous lança à toutes les deux un regard de séducteur toulousain de type moniteur de ski.

À l’époque je trouvais ça IRRÉSISTIBLE.

Aujourd’hui je hais tout ce qui ressemble de près ou de loin à un moniteur de ski toulousain (#déso si tu exerces cette profession).

Je succombai instantanément, et Mélissa aussi. Grisées, nous décidions même de commander un cocktail… alcoolisé. Nous qui buvions peu expérimentâmes donc un sacré mal de crâne le lendemain matin.

Mais nous remîmes ça dès le soir, après notre éternel rituel plage et salle de bain.

Cette fois, il y aurait de la nouveauté : nous prendrions un verre directement au comptoir, afin de nous rapprocher du BG atomique.

Après 14000 regards chauds comme la braise, il nous parla enfin :

« Ça va les filles ? On mange pas de nems au chocolat cette fois ? »

« Ah, euh non ».

Voilà, notre échange s’arrêta à peu près là, mais nous en parlâmes toute la journée qui suivit.

Se sortir les doigts

Mais ce samedi-là, quelques jours avant de partir, je décidai de passer à l’attaque et de me sortir les doigts du cul.

Je sentais qu’il ne se passerait rien : ce que je voulais surtout, c’était me prouver que j’étais capable de faire le premier pas en matière de drague.

J’avais remarqué que sur son badge, il était écrit Aurélien.

Coup de bol, c’était le titre d’un de mes romans préférés.

Je décidai de ne pas attendre le soir, et poussée par Melissa qui décidément était partageuse, j’allai au bar directement après la plage, avec ma meilleure dégaine de beach girl.

Je voyais ma cible secouer sa tignasse au dessus d’une pinte de bière et commençai à avoir sérieusement envie de faire caca en spray dans mon slip.

Enfin, de la drague, de la vraie

Littéralement liquéfiée, je me tint toutefois à ma décision et m’accoudai au bar avec autant de nonchalance que me le permettait mon corps stressé.

« Bonsoir Aurélien »

« Bonsoir Mademoiselle »

Déjà, je me sentais rougir, mais je réunis mes dernières forces et déclamai un très postillonnant :

« Votre maman devait beaucoup aimer Louis Aragon. »

En réponse à cette affirmation gênante, l’individu montra un visage interloqué.

« Quoi ? »

« Euh… bah… Louis Aragon. Vous savez, l’auteur ? »

« Non je connais pas pourquoi ? »

« Ah, mais parce que… en fait… enfin… son œuvre majeure s’appelle Aurélien. Et comme c’est votre prénom, je me disais que votre maman vous l’avait peut-être donné en référence à ce livre. »

Bien sûr, l’animal trouvait cette situation cocasse et étouffait des petits rires gentiment moqueurs. Tu m’étonnes.

Moi, j’étais consternée par mon incapacité à parler normalement à un type. Pourquoi j’étais allée lui balancer ma science ? Ça n’avait pas le moindre sens !

Finalement, il me lança sur un autre sujet pour décoincer l’ambiance « gêne atomique » qui régnait au bar, et nous passâmes une vingtaine de minutes agréables.

LA HONTE à l’état brut

Le soir, nous sommes revenues. Je ne faisais pas la maline mais j’étais fière d’avoir osé parler à Aurélien.

Les heures passèrent et les cocktails s’enchainaient, nous rendant ivres d’alcool, de désir, et surtout de bavardages.

Nous ne voyions pas le temps passer et avions pourtant promis à ma mère d’être rentrées à minuit.

À 2h du matin, alors que j’étais occupée à glousser à une énième vanne très peu qualitative du grand blond, je vis ma génitrice furibarde sortir d’un buisson… en boubou africain (sa tenue pour trainer à la maison).

« Mais qu’est ce que vous foutez bordel ? Je commençais à me faire un sang-d’encre. On avait dit minuit ! »

Rouges de la tête aux pieds, nous avons donc bredouillé des excuses et sommes parties sur les talons de ma mère, cette charmante personne tout à fait patiente.

Là s’achève cette histoire, car mortes de honte nous ne sommes jamais retournées au bar dire au revoir à Aurélien.

Toutefois, le lendemain matin, je suis passée à la bouquinisterie du coin lui acheter Aurélien de Louis Aragon. Sur la première page, je griffonnai un petit mot accompagné de mon numéro de téléphone, et le déposai au bar à son collègue. 

Bien sûr, il ne m’a jamais rappelée. Mais j’étais RAVIE d’avoir au moins essayé.

Leçons apprises : draguer un mec, c’était pas si compliqué que ça. Et ça aurait même pu être plus facile si je n’avais pas mis Aragon sur le tapis.

Quel tapis ? Celui de la HONTE. J’ai aussi pigé qu’on ne mourrait pas d’avoir été ridicule, ou de mal s’y être prise.

Allez, on s’en fout et on ose

Bref, depuis je drague à tout va et à tous vents. Parfois ça ne marche pas, et tu sais quoi ? Ça me glisse dessus comme l’eau sur les plumes d’un canard !

Je m’en tamponne le coquillard et je m’en lèche les rotules. Telle est ma vie.

Alors j’ai un conseil pour toi qui n’oses pas forcément te lancer : tu t’en bats les ovaires ! Au pire, tu ne reverras jamais ce mec croisé sur la plage, et au mieux tu le ramènes chez toi et/ou tu entames une belle et torride histoire d’amour avec lui.

Dans tous les cas : tu n’en mourras pas. Et la mort c’est quand même ce qu’il y a de pire.

Alors, jette-toi à l’eau, et tu finiras peut-être toute mouillée…

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Commentaires
  • Chachamallow
    Chachamallow, Le 30 juin 2018 à 13h27

    La maman qui sort du buisson en boubou :yawn: J'ai attrapé une crampe dans le ventre à force de rire !
    Pour ma part j'ai osé envoyer un message pour draguer un gars qui faisait une conférence sur Harry Potter et il m'a magnifiquement ignorée :cretin:

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