Je souffre le martyre pendant la pénétration : quand le diagnostic reste un mystère

Une madmoiZelle raconte les premières années de sa vie sexuelle, marquées par un tabou plus grand que le sexe lui-même : la douleur pendant la pénétration.

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Un témoignage en plusieurs chapitres

L’histoire de cette jeune femme, qui souffre de vives douleurs pendant la pénétration, est longue et passionnante.

Elle est donc découpée en plusieurs articles ; voici le second chapitre !

Pour lire la première partie, c’est par ici.

Le médecin m’appelle.

Je m’installe dans ce beau bureau et la jeune gynécologue me met tout de suite à l’aise.

Je lui explique que je viens la voir car j’ai des douleurs lors de la pénétration.

Elle me demande si j’ai des règles douloureuses. Effectivement, avant de prendre la pilule j’avais des règles très douloureuses.

La gynécologue me parle tout de suite d’endométriose.

Pour elle, si j’ai des douleurs lors de rapports, c’est parce que mes règles ne s’évacuent pas totalement tous les mois, créant une paroi sur mon endomètre.

À lire aussi : Où s’informer sur l’endométriose ?

La solution ? Prendre une pilule en continu afin de ne plus avoir de règles et donc ne pas créer de paroi.

Pour le suivi, elle me conseille de faire une échographie pelvienne afin de confirmer son diagnostic.

(Cet examen, réalisé en deux parties, permet de voir une image globale de l’utérus, avec les trompes et les ovaires. D’abord, il se fait avec une sonde appliquée sur la peau vessie pleine, puis vessie vide avec une sonde placée à l’intérieur du vagin ndlr.)

On prévoit de se revoir dans 6 mois pour faire un état des lieux.

Je sors de la consultation mitigée.

Je suis contente d’avoir une réponse à mes questions mais un peu inquiète.

Je me suis renseignée sur l’endométriose et j’ai peur des conséquences, notamment de la stérilité ou des kystes.

La perte de confiance en soi et en l’avenir

Entre temps, Sami est sorti de ma vie.

Je commençais à m’attacher mais pas lui.

J’ai de moins en moins confiance en moi sur le sujet et je crains les réactions des hommes que je pourrais croiser.

Je ne veux pas dire que je suis malade ou que j’ai un problème.

J’ai trop peur que cela ne devienne un frein pour eux, qu’ils n’acceptent pas mes conditions pour démarrer une relation et que cela ne les pèse trop.

C’est impossible pour moi d’envisager des plans cul ou des relations plus légères comme je ne peux tirer aucun plaisir charnel de nos rencontres.

J’ai essayé mais ça n’a pas marché.

À lire aussi : La dernière fois que j’ai fait l’amour… mon mec, mon endométriose et moi

Je commence la pilule en continu. Et quelques semaines avant mon échographie pelvienne, je rencontre Alexandre.

Il est différent. La complicité est instantanée.

J’ai tout de suite envie de me confier. On échange beaucoup.

On sort un peu au cinéma, au resto et on passe beaucoup de temps ensemble.

Je sens qu’il s’attache et moi aussi mes sentiments sont de plus en plus forts.

On ne s’est pas encore embrassés mais un soir lors de nos coups de fil quotidiens, je me décide à aborder le sujet.

Il me demande pourquoi ça n’a pas marché avec mes précédentes rencontres. Et je lui raconte mes difficultés et la possible endométriose qui me ronge le bas du ventre.

Il est compréhensif et à l’écoute.

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L’échographie et la consultation douloureuse

Vient le jour de mon échographie pelvienne. J’ai peu d’expérience avec les hôpitaux. Je n’ai jamais été malade ou hospitalisée très longtemps.

Je n’ai jamais subi d’opérations ou d’examens douloureux.

C’est pour cette raison que cette première échographie pelvienne me paraît si impressionnante.

Je ne suis certainement pas la première et malheureusement pas la dernière mais voici comment je l’ai vécue.

Lors de mon rendez-vous, le médecin m’emmène dans une petite salle attenante à son bureau.

Il me demande d’enlever mon pantalon et ma culotte.

Je m’installe sur le fauteuil et je mets les pieds dans les étriers. Il me demande de descendre le bassin vers lui.

Je m’exécute.

Le médecin m’explique qu’il doit enfoncer un appareil phallique munit d’une caméra dans mon vagin afin de capter ce qui se passe à l’intérieur.

Il protège l’appareil avec un plastique semblable à un préservatif qu’il lubrifie et avant de m’enfoncer l’objet, il me demande ce que j’ai de prévu pour les vacances de Noël.

Déjà que dans un cadre intime, j’ai du mal à me détendre, la douleur est encore plus violente dans ce cabinet de radiologie.

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J’ai entièrement conscience que le personnel médical fait de son mieux pour bien faire son travail.

Je pense seulement que j’ai été très mal à l’aise de me retrouver dans cette situation face à une blouse blanche qui semblait manquer de délicatesse.

Sauf que la relation médecin-patient doit fonctionner comme un échange.

J’aurais dû exprimer mon appréhension auprès du médecin, j’aurais dû lui demander de m’expliquer les étapes de la consultation au lieu d’avoir encore aujourd’hui l’impression de me faire enfiler par une machine par surprise.

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« Je ne vois rien ».

Le verdict du radiologue est clair. Il ne voit pas d’endométriose ni de kystes.

Rien dans les ovaires, rien dans les trompes, rien dans l’utérus.

Apprivoiser sa sexualité et retour chez la gynéco

Noël arrive. J’embrasse Alexandre.

Je lui dis que nous devrons peut-être être créatifs pour avoir une vie sexuelle épanouissante, surtout pour lui.

Il s’en fiche et est prêt à relever le défi.

On commence une relation et on devient très ingénieux pour varier les plaisirs.

On essaye quelques fois la pénétration mais Alexandre s’interrompt dès que je serre les dents.

Au fil des semaines, je me détends et je me sens mieux dans mon corps.

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Je retourne voir la gynécologue.

Ça fait 6 mois que j’ai commencé la pilule mais pas d’amélioration.

L’échographie pelvienne ne montre pas d’endométriose sévère donc pas de risque d’être stérile ou de tumeur due à d’éventuels kystes.

Mes proches sont rassurés mais j’ai toujours mal. Donc le problème n’est pas encore résolu.

Pour la gynécologue, il faut encore attendre 6 mois pour être sûre.

Deuxième avis avec un autre gynéco

Je commence à avoir des doutes.

Je préfère demander un second avis médical. Quelques semaines plus tard, je me retrouve dans le bureau du gynécologue de ma grand-mère.

Il est directeur du service gynécologique d’un hôpital parisien et il sent la naphtaline.

Pour mes parents, il est vieux, donc expérimenté.

À lire aussi : Lettre ouverte à mon gynécologue

Moi, il me met mal à l’aise et je me sens mal de parler de mes problèmes de cul à un vioque.

Je lui explique pourtant la raison de ma venue le plus clairement possible.

Il s’exprime peu et marmonne beaucoup tout seul. Il me demande de me « défaire » avant de passer à une échographie pelvienne.

Cette fois-ci, je sais à quoi m’attendre.

Rebelote. Rien à l’image. Pas d’endométriose ou quoique ce soit qui expliquerait mes douleurs.

Verdict : il veut pousser l’examen plus loin et je dois faire une cœlioscopie, donc subir une opération avec anesthésie générale.

Il s’agit de l’introduction d’une mini caméra dans le nombril grâce à une minuscule incision.

« J’ai peur que mon copain s’ennuie avec moi au lit »

Cela fait plus d’un an que j’ai commencé les consultations et personne ne trouve rien.

Je vais devoir passer sur le billard.

Même s’il m’assure le contraire, j’ai peur qu’Alexandre que j’aime énormément, s’ennuie sexuellement.

Nous sommes en septembre 2013, j’entre dans une clinique parisienne en espérant que les médecins trouvent quelque chose dans mon corps.

À suivre...

Rendez-vous dans une semaine, le jeudi 11 octobre, pour la suite de cette histoire.

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Galveston, en salles le 10 octobre, présenté par Kalindi !

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Commentaires
  • Freehug
    Freehug, Le 10 octobre 2018 à 9h22

    @Laely : ah ok je comprends mieux !

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