Donnez votre sang, l’EFS a besoin de vous !

Le 14 juin, ce sera la journée mondiale des donneurs de sang. À cette occasion, l'EFS a lancé un appel, les réserves se faisant particulièrement basses à l'approche de l'Euro 2016.

Donnez votre sang, l’EFS a besoin de vous !

Mis à jour le 7 juin 2016 — Jeudi dernier, l’Établissement Français du sang a fait un appel urgent aux dons.

L’Euro 2016 commence cette semaine et les réserves en produits sanguins sont basses.

Il faut rappeler que la durée de vie de ces substances prélevées est limitée : à peine cinq jours pour les plaquettes, quarante-deux pour les globules rouges. De ce fait, il faut donner régulièrement afin que les stocks se reconstituent.

Au mois de juin, une hausse d’au moins 15% des dons est attendue, ce qui correspond à 30 000 dons supplémentaires par rapport aux objectifs habituels.

En effet, le 14 juin, c’est la journée mondiale des donneurs de sang. À cette occasion, plus de 300 collectes seront organisées dans plus de 132 sites de prélèvement. Vous pouvez trouver la liste des endroits où donner sur le site officiel de l’Établissement Français du sang.

À lire aussi : « Point de vue social » décrypte le don du sang

Article initialement publié le 14 juin 2013 — Aujourd’hui, vendredi 14 juin 2013, se tient la journée mondiale des donneurs de sang, et c’est l’occasion de revenir sur ce geste ô combien précieux qu’est le don de sang, et peut-être aussi de convertir quelques-unes d’entre vous à ma cause.

Heureusement pour toute la planète, je ne suis pas du genre « militante » ou « engagée ». Sauf pour le don du sang. Vous savez, cette fanatique particulièrement agaçante qui vous fait bien comprendre que vous devriez mourir écrasé sous le poids de votre honte parce que vous n’adhérez pas à sa cause* ? C’est moi (« Oui, mais ça compte pas, parce que là c’est pour sauver des vies », aha, vive la mauvaise foi). Mais aujourd’hui, j’ai appris de mes erreurs. Je reviens donc avec vous sur cet acte généreux et magnifique, mais que vous ferez ou non, selon votre envie.

*J’exclus bien sûr les personnes incapables de donner pour des raisons médicales ou autres.

Le don du sang, à quoi/à qui ça sert ?

Le don du sang, donc, c’est quand quelqu’un vient gentiment donner son sang pour aider… pour aider qui, au juste ? Eh bien, il y a deux utilisations principales aux petites poches rouges (pas que rouges d’ailleurs, comme vous le verrez plus bas) :

  • Soit elles seront utilisées lors d’opérations impliquant une hémorragie, dans des situations d’urgence, dans le cas des grands brûlés, bref, à la demande et de façon assez aléatoire*
  • Soit pour les personnes souffrant de maladies « du sang », des formes de cancers comme les leucémies qui réclament, de par la mauvaise qualité ou la quantité insuffisante de sang dans leur organisme, des transfusions régulières.

*Exception faite pour l’auto-don, qui n’a pas grand-chose à voir : en cas d’opération qui risque de te faire perdre beaucoup de sang, le chirurgien peut te proposer de prélever ton propre sang longtemps à l’avance, le temps que le stock se reconstitue, histoire d’avoir du rab d’un donneur forcément compatible (logique).

Donner « son sang », d’accord, mais pas uniquement

En effet, le « don du sang » n’est pas limité à ce qu’on appelle le don de sang total. Tu as aussi la possibilité de donner tes plaquettes ou ton plasma uniquement.

  • Dans le cas du don de sang total, on te prélèvera une poche de sang, hop hop hop, c’est fini mon kiki.
  • Dans les deux autres cas, on prélèvera le liquide visé par aphérèse : c’est-à-dire qu’on te prélève tout ton sang, qui part dans une machine qui trie tout ça, et te renvoie tout sauf le plasma/les plaquettes.

Tu peux te décider entre ces options pour des raisons médicales, parce que certaines de ces opérations ne sont pas possibles, ou au contraire décider de donner un peu de tout ça, dans la mesure où leurs utilisations sont différentes, tout comme les conditions de don et les intervalles entre chaque don (deux semaines pour le plasma, quatre pour les plaquettes, huit pour le sang total).

Le don du sang, comment ça se passe ?

D’abord, si tu n’as jamais donné ton sang, il faut te présenter avec une pièce d’identité, voilà, c’est tout (par la suite, si tu donnes une deuxième fois, tu obtiendras une carte de donneuse de sang, qu’il te suffira de présenter).

Ensuite, comme pour tout le monde, tu iras voir d’abord un-e secrétaire, qui te donnera à remplir un questionnaire pré-don.

Une fois le questionnaire rempli, tu passeras voir dans son cabinet un médecin de l’EFS (Établissement Français du Sang), toute seule (ou accompagnée, si tu es d’accord), pour l’entretien médical : il reviendra avec toi sur ton questionnaire, te posera des questions sur ta santé, ton état de fatigue, tes allergies, tes derniers rapports sexuels aussi, parce que oui, ça compte (cf. plus bas), puis t’expliquera le déroulement du don.

Le prélèvement?

Et donc, que se passe-t-il ensuite ? Ensuite, on t’installe dans un fauteuil, où on te pique le bout du doigt pour une première analyse rapide, histoire de savoir si ton taux d’hémoglobine est suffisant ou non pour un prélèvement.

Ce taux dépend déjà de ton taux « naturel » (certains personnes ont plus d’hémoglobine que d’autres, c’est comme ça), de ton régime alimentaire, de tes dernières règles (quand tu les as ou qu’elles viennent de finir, forcément, ton taux est plus faible), etc.

Ensuite seulement, un-e infirmier-e te piquera dans le creux du coude avec une aiguille reliée à un tube lui-même relié à la fameuse poche de sang (enfin, future poche de ton sang qui va y descendre sous peu, quoi, là c’est juste une poche vide).

Dix minutes plus tard, donc, c’est techniquement bien une poche de sang, et hop, on te retire l’aiguille, te bande le bras, et tu peux descendre. Le tout dure de 30 à 45 minutes.

S’ensuit une collation obligatoire, à base de sauciflard, de Nutella ou de jus de fruit, ou tout ça en même temps si tu veux. Manger et boire en bonne quantité est très très fortement recommandé après le don (obligatoire, quoi). En général, si tu as du temps devant toi, on te conseille de rester une vingtaine de minutes, comme ça tu es encore sous le nez des infirmier-e-s si jamais tu viens à te sentir mal.

Pourquoi donner son sang ?

Là, c’est mon couplet, celui avec lequel j’assomme les récalcitrants de mon entourage. Mon préféré.

Pourquoi donner ? Parce que le sang, c’est la vie, qu’avec cette pochette de sang, tu sauveras peut-être une vie, ou tu aideras à le faire : tu permettras qu’une opération se déroule au mieux, tu amélioreras la vie d’une personne souffrant d’une maladie chronique… En bref, tu répandras le bieeeen autour de toi, et le karma te le rendra (enfin j’espère).

Parce qu’il est possible/probable (selon ta condition) que toi aussi, tu aies besoin de sang, un jour. Pourquoi ne pas rendre ce qui t’a été ou te sera si gracieusement offert ? Et si tu n’en as pas besoin – je ne te souhaite que ça – eh bien, vas-y quand même dans le doute, on ne sait jamais.

Non, plus sérieusement, comme pour tout don, il s’agit de ton envie. Parce que tu trouves la cause noble, parce que tu trouves ça normal, parce que tu connais quelqu’un qui a besoin de sang, parce que tu as l’âme généreuse tout court, peu importe.

Et si ça ne te tente pas, eh bien, à ton aise ; parce que la vérité, c’est que tu fais bien ce que tu veux, surtout de ton corps et de ce qu’il contient.

Qui peut donner son sang ?

C’est là que les choses se corsent. Si les paragraphes précédents t’ont donné l’envie de donner (et dans ce cas laissez-moi mourir dans la paix, car ma mission sur Terre aura été accomplie), voici les conditions à remplir :

  • Avoir entre 18 et 65 ans.
  • Peser au moins 50 kg (rapport au volume prélevé par unité de sang : on prélève minimum 400 ml, ce qui rapporte à 50 kg) : parfois on te pèse, parfois pas. Je ne fais que 48kg, mais la différence ne se voit pas, et on ne m’a jamais pesée, mais ailleurs, on peut être très rigoureux. Il faut désormais en peser 60 pour le don de plasma/plaquettes.
  • Ne pas avoir de maladie auto-immune, cancer, IST, toute maladie transmissible pas le sang, et donc ne pas être malade en général. Si tu l’as été récemment, une période de 15 jours est à observer avant de donner. Comme chaque pochette est analysée, si un virus s’est développé, au bout de ce laps de temps il sera forcément détecté.
  • Il ne faut pas être fatigué, anémié, diabétique ou sujet aux crises d’épilepsie.
  • Ne pas avoir changé de partenaire sexuel dans les quatre derniers mois, ni être allé à l’étranger ou s’être fait percer ou tatouer n’importe quelle partie du corps : de la même façon, au bout des quatre mois, n’importe quel virus sera détecté par les tests de dépistage, c’est une question de sécurité pour le receveur.
  • Ne pas être un homme homosexuel, parce que la loi est ainsi faite depuis l’expansion du VIH et-je-vous-passe-les-détails mais ça devrait bientôt changer.
Mise à jour du 7 juin 2016 — Depuis le 1er juin, les hommes ayant eu des relations homosexuelles peuvent donner leur sang à condition de ne pas avoir eu de rapport sexuel avec un autre homme depuis douze mois minimum.

Cette restriction ne s’applique cependant pas au don de plasma.

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Il y a d’autres points à connaître : une femme ne peut donner son sang que 4 fois par an par exemple. Pour plus de détails, tu peux te rendre sur le site très bien fait de l’EFS, notamment la rubrique FAQ.

Témoignage d’une donneuse

J’aurais pu envoyer ce petit mot à l’EFS, qui se fait une joie de les publier, mais je préfère le partager avec vous, les madmoiZelles, parce que, eh bien, vous êtes formidables, voilà.

Tout ça remonte à un souvenir, alors que j’avais 4 ans (souvenir probablement erroné car mes parents ne me laissaient jamais seule chez moi, mais passons) : j’ouvre la porte à mes parents qui reviennent du don du sang, et sur leur veste ils portent chacun une médaille : une goutte de sang sur une croix argentée (la croix grecque de la Croix Rouge hein, pas la croix de ce pauvre Djisus).

C’était ce que je voyais de plus beau, plus beau que tout ce que j’avais vu auparavant, et j’étais terriblement fière de mes parents. Ma Maman est infirmière, mon Papa travaille dans la police, ils donnaient leur sang : pour moi ils étaient des sauveurs de vie, plus que n’importe quel médecin. Et ce jour-là, j’ai décidé : quand je serai grande, je donnerai mon sang aussi.

Est arrivée la fameuse majorité (déjà qu’avec mon année d’avance, j’avais dû en terminale regarder piteusement les majeurs y aller sans moi). Un mois après mon anniversaire, une collecte avait lieu à la fac.

Mais voilà, il me manquait bien 3 ou 4 kilos. J’ai appelé mon médecin pour savoir comment prendre du poids rapidement sans me faire de mal, j’ai mangé comme une goinfre pendant les deux mois précédents, et finalement, j’y suis allée avec mon jean le plus épais, deux pulls et un sweat, et des sous-vêtement rembourrés de livres sterlings (histoire véridique).

Tout le monde me disait que je m’angoissais pour rien, que ce n’était pas ma pauvre pochette de sang qui allait faire la différence de toute façon (tout le monde sauf une amie précieuse, avec qui j’ai fait chacun de mes dons), et à la limite, on me faisait comprendre que mon attitude était malsaine.

Peut-être que oui, d’ailleurs, c’est même ce que j’ai pensé en me relisant, seulement voilà : c’était mon rêve. Je pourrais vous dire que le rêve de ma vie, c’était de laisser ma marque quelque part, de devenir mondialement connue pour une action héroïque, mais non : moi, je voulais donner mon sang, et c’est tout.

Finalement, on ne m’a pas pesée. Pourtant, avec toutes ces précautions, je les pesais, ces 52 kg, puisqu’on m’avait dit qu’ils enlevaient 2kg à notre poids habillé (enfin, disons 50 kg + 1,5 kg de vêtements + 0,5 kg de livres).

J’ai reçu fièrement ma carte de donneuse de sang, et depuis celle de potentielle donneuse de moelle, et bientôt celle de donneuse d’organes.

De la même façon que je trouve qu’être institutrice est le plus beau métier du monde, parce qu’apprendre à lire à des enfants, c’est leur ouvrir des possibilités infinies, c’est contribuer de manière considérable à absolument toute leur vie future, même si c’est parfois ingrat (et encore, je suis peut-être gentille, puisque je ne le suis pas, institutrice), je suis heureuse, tous les jours, parce que quelque part, un jour, j’ai aidé quelqu’un.

Je ne saurais jamais qui, le don de sang étant bien sûr gratuit et anonyme, pour le donneur comme pour le receveur, je ne saurais jamais si ce sang est allé à quelqu’un qui est mort malgré tout, ou si, peut-être, j’ai contribué à sauver une vie. Mais j’aurais fait tout ce que je pouvais pour, et ça me permet d’aborder toute ma vie de façon sereine.

Tu n’es heureusement pas obligée de le vivre de façon aussi intense, mais dis-moi quand même… Et toi alors, tu as envie d’aller donner ???

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lucieloukim
    Lucieloukim, Le 8 juin 2016 à 22h12

    @helvira ah merci beaucoup de me rassurer! Je me sentais pas trop en état d'aller donner mon sang surtout qu'il me faut toujours au moins 1 jour pour m'en remettre mais ce mail me tracassait!
    C'est vrai surtout que ma tutrice de stage à la crève, autant ne pas la transmettre...
    Allez j'irai en juillet!

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