Pourquoi… être donneuse d’organes, c’est aussi facile qu’utile

Le don d'organes c'est un acte essentiel et pas si compliqué. Au contraire, il va même devenir plus simple... pourquoi, d'ailleurs ?

Pourquoi… être donneuse d’organes, c’est aussi facile qu’utile

En matière de sujet, il y a peut-être plus joyeux que le don d’organes, mais rarement plus précieux.

Je ne vais pas te parler du don d’organes par personne vivante, mais tu peux retrouver tous les détails concernant ce type de procédure sur la page dédiée du site du service public.

En revanche, en ce qui concerne le don d’organes par personne décédée, là ça devient un peu plus compliqué et ça mérite des explications. Pour l’instant, cela se déroule en plusieurs étapes, dont deux très importantes :

  • Le personnel médical vérifie que le nom de la personne n’apparaît pas sur le registre national de refus de don d’organes, auquel il est possible de s’inscrire de son vivant.
  • Si le nom n’y apparaît pas, le personnel médical doit ensuite s’adresser aux proches du/de la défunt•e, pour confirmer ou infirmer son consentement. Les proches doivent donc, en gros, parler pour la personne décédée et dire si elle était d’accord ou pas.

Je dis « pour l’instant » parce que ces étapes vont changer dès le 1er janvier 2017. En France, la législation part du principe que toute personne est consentante pour un don d’organes lorsqu’elle décède, mais la consultation auprès des familles peut en être un obstacle (et pas des moindres).

À lire aussi : Le consentement expliqué par des métaphores toutes simples

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Une nouvelle législation sur le don d’organes à venir très bientôt

En effet, comme l’explique cet article du Monde, on estime que 80% de la population serait d’accord pour être donneuse d’organes en cas de décès, mais dans près de 30% des cas concernés, les proches ont rejeté la demande du personnel médical et empêché le prélèvement d’organes.

Attention, à aucun moment il ne s’agit de juger les décisions des proches qui doivent surmonter le chagrin et faire un choix rapide, mais simplement de montrer que cette décision ne reflète pas nécessairement la volonté des personnes décédées.

Pour résoudre cette difficulté, quelques articles de la nouvelle loi santé votée cette année prévoient une modification de la législation à ce sujet.

La loi santé en question sera effective dès le 1er janvier 2017, et il y est notamment prévu de se passer de l’accord de la famille et de présumer du consentement de la personne décédée (et majeure) :

« Dès lors qu’elle n’a pas fait connaître, de son vivant, son refus d’un tel prélèvement, principalement par l’inscription sur un registre national automatisé prévu à cet effet. »

Le médecin devra alors simplement « informer les proches du défunt, préalablement au prélèvement envisagé, de sa nature et de sa finalité ».

Demander une carte de donneur d’organes est une bonne façon de faire part de sa décision.

En attendant, et pour que tes proches soient en paix avec cette décision, tu peux aussi demander une carte de donneur d’organes. Elle n’a aucune valeur juridique, mais est plutôt une façon de clamer ton consentement au don d’organes.

Assure-toi simplement de l’avoir avec toi autant que possible pour qu’elle soit retrouvée s’il t’arrive malheur.

Et d’ici l’année 2017, n’hésite pas à sonder tes proches pour connaître leur opinion sur le sujet… Ça te donnera une bonne excuse pour leur parler de cet article. Voilà pourquoi.

Pour aller plus loin :

D’autres questions — comme pourquoi ouvrir un Livret Jeune à la banque ? D’autres réponses avec la rubrique Pourquoi la vie d’adulte.

Pourquoi ?

Dans la vie d’adulte, il y a des trucs où tu te dis fuck la logique ou qui sont juste vraiment pas clairs… Avec ce nouveau format d’article, le but c’est d’y répondre. Une question, un article.

Si tu as un pourquoi qui te trotte dans la tête, n’hésite pas à poser ta question en commentaire ou dans le topic Vie d’Adulte dédié.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Fentanyl
    Fentanyl, Le 31 octobre 2016 à 21h58

    Ça a déjà été dit maintes fois, mais je reprécise. Faut bien faire la différence entre la mort cérébrale et la mort par arrêt cardiaque.

    - Le mort par arrêt cardiaque, (que ce soit naturel, pathologique, lié à un arrêt des soins), on ne peut pas trop lui prendre ses organes. Quand le cœur s'arrête, le sang ne circule plus. Les organes vont donc très vite souffrir (manque d'oxygène et de sucre) et être totalement inutilisables. Cependant, le prélèvement "à cœur arrêté" est en train de se développer en France. On peut prélever les reins et le foie. Seuls quelques établissements ont le droit de le faire.
    Petite brochure explicative : https://www.agence-biomedecine.fr/IMG/pdf/brochure_m3.pdf
    Ce type de prélèvement a permis d'augmenter sensiblement les greffes chez nos voisins européens. Ce genre de prélèvement nécessite la mise en place de dispositifs complexes, pour sauvegarder le foie et les reins. On ne peut pas faire ça chez n'importe qui, n'importe comment. C'est très galère à mettre en place, rien qu'au niveau logistique : il faut une machine pour maintenir les organes, un bloc de disponible, les équipes de prélèvement, des receveurs trouvés... et surtout l'aval de l'agence de la Biomédecine. Et tous les patients sont loin d'être prélevables. Quand on en arrive à un arrêt de soins, c'est que le patient est dans un état précaire. Souvent les reins, le cœur, le foie sont en mauvais état... Les meilleurs donneurs, ce sont ceux qui ont de graves lésions neurologiques. Mais là, entre arrêt des soins et le décès, il peut s'écouler une longue période. Alors rassurez-vous, on ne va pas vous laisser mourir pour jouer au boucher... Nan, sérieusement, ce genre de propos m'horripile.

    - Le mort cérébral, son petit cœur bat toujours. Il est maintenu en vie totalement artificiellement. Son cerveau est mort mais le reste de son corps fonctionne parfaitement (avec un bon respirateur, certes). Il est quasiment (je dirais même totalement) impossible d'obtenir une mort cérébrale en vous injectant des médocs, en arrêtant de vous soigner.

    Quand on arrête de vous soigner, c'est l'arrêt cardiaque qui vous guette, pas la mort cérébrale ! Et sachez que les procédures d'arrêt de soins sont décidées collégialement, avec des médecins extérieurs au service.

    Dans ma réa, on faisait des réunions "éthique" une fois par semaine. On discutait de l'avenir de patients gravissimes au pronostic vital sombre, de ceux chez qui les thérapeutiques échouent... On était au moins une quinzaine à chaque fois. Personne ne fait ça tout seul dans son petit coin.

    Quand aux receveurs, ils sont classés par ordre de priorité, pas en fonction de qui a le plus de thunes. Il suffit de voir les "super urgence", classés en priorité nationale, pour comprendre pourquoi ils sont en haut de la liste. Quand c'est une machine qui remplace leur cœur, trop faible pour assurer une bonne circulation sanguine, qu'ils sont plongés dans le coma, qu'ils font hémorragie sur hémorragie et que leur seul espoir est d'avoir rapidement un cœur, et bien on ne se dit pas "ah, lui il a du payer cher". Il faut savoir que cette machine (une ECMO), ne dure pas indéfiniment. Déjà, un mois avec, c'est trop long. Risque infectieux énorme et quoi qu'on fasse, ça n'est pas aussi efficace qu'on vrai cœur. Rapidement, les autres organes se dégradent.

    Comme le dit @Naurore, avant de faire un remake de Chattam ou Thilliez (J'adore ces auteurs!!!!), on va faire un petit tour sur le site de l'agence de Biomédecine : http://www.dondorganes.fr/

    Désolée pour le pavé. Mais le don d'organes, c'est trop important pour qu'on se laisse embrouiller par des théories du complot. C'est ultra contrôlé et ça sauve des vies ! Vous verriez nos malades quand on leur annonce qu'ils ont un cœur. Et quand ils se réveillent après leur opération, quand ils font leurs premiers pas, sans être essoufflés, qu'ils nous disent qu'ils sentent la différence. Et la joie de la famille de voir leur proche quitter le service, debout, prêt à démarrer une nouvelle vie.

    Ah, et s'il vous plait et que vous avez un peu de temps, allez donner votre sang/plaquettes/plasma. Les réserves sont basses.

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