Quand Disney adapte des bouquins (partie 1)

Disney a adapté une foultitude de bouquins pour des résultats plus ou moins réussis. LadyDylan se lance donc dans une petite série d’articles sur la chose, dont voici la première partie.

Quand Disney adapte des bouquins (partie 1)

(N.B : Durant ces articles, je ferai l’impasse sur les contes de fée sur lesquels Jack Parker a de toute façon déjà dévoilé la vérité)

Fantasia (1940)

Commençons avec Fantasia qui a tué entre autres la Pastorale (laquelle m’évoque à présent des angelots fessus) ou le Sacre du Printemps (lequel me rappelle forcément des dinosaures aux cous élastiques) et focalisons-nous sur L’apprenti Sorcier. Le dessin animé est adapté très fidèlement de la ballade de Goethe (1797), qui avait inspiré le poème symphonique de Paul Dukas (1897) utilisée dans Fantasia.

La seule chose que Disney a raté à mon sens, c’est d’utiliser l’odieux Mickey durant cette séquence. J’aurai trouvé l’apprenti sorcier mille fois plus attrayant s’il n’avait pas été incarné par cette insupportable souris geignarde.

Néanmoins, ça reste une adaptation vraiment grandiose où musique et animation s’harmonisent pour nous en mettre plein les mirettes ! Que ça ne vous empêche pas de jeter un oeil au poème de Goethe néanmoins, et en version allemande pour ceux qui l’étudient : Goethe c’est le bien !

Au passage, je vous recommande aussi Le Sorcier de Terremer d’Ursula le Guin, un roman de fantasy ébouriffant qui a la même base que l’apprenti sorcier mais va évidemment bien plus loin.

Dumbo

Pour Dumbo (1941), je n’ai pas réussi à mettre la main sur le bouquin d’origine… et pour cause, personne ne se souvient exactement de quoi il avait l’air.

D’après le Wikipédia français, il s’agirait d’un comic-strip à suivre publié au dos d’un paquet de céréales et d’après le wikipédia anglais ; d’un petit livre panoramique qui ne comportait que huit illustrations et quelques lignes de texte et avait un rouge-gorge rouge à la place de la souris (Disney fout des souris partout).

En tous cas, il est sorti en 1939 et a été écrit par Helen Aberson et illustré par Harold Perl. Un des membres du studio serait tombé dessus et l’aurait proposé pour un nouveau film qui a renfloué les caisses du studio après l’échec de Fantasia.

Bambi

Bambi (1942) est un best-seller jeunesse de l’Autrichien Felix Salten ( Bamby, Eine Lebengeschichte aus dem Walde). au passage, cet auteur est également connu pour ses récits érotiques et pour avoir ouvert le premier cabaret de Vienne.  Sorti en 1923, le livre est considéré comme un des premiers romans écolos et a été interdit et brûlé sous le régime Nazi en tant “qu’allégorie politique du traitement des Juifs en Europe”.

Je l’ai lu en anglais (pas trouvé en français et flemme de le trouver en allemand) : je ne me sens pas de juger le style mais les descriptions de la forêt sont magnifiques.

Cependant, si vous avez trouvé le Disney dur (la mort de la Maman de Bambiiiii) le roman est encore pire (on a notamment le personnage de Gobo, le frère de Falline qui se fait adopter par les hommes un moment et est tué par l’un d’eux un peu plus tard : pleurons ensemble !).

Le traitement des “femelles” m’a un peu déplu mais il reflète les valeurs de l’époque. Disney est relativement fidèle au bouquin et aux valeurs délivrées dedans même si, beaucoup plus soft. À noter que Bambi a aussi été adapté par les Russes :

Pierre et le Loup

Dans le très (trop) méconnu La Boîte à Musique (1946) on a le très connu Pierre et le Loup (initialement prévu pour faire partie de Fantasia lors d’une ressortie du film) basé sur le conte musical écrit par Prokofiev en 1936.

L’histoire est très fidèle au conte d’origine sauf que, c’est Disney, donc forcément le canard (une canne chez Disney) ressuscite à la fin et tous les animaux ont des prénoms (Ivan, Sacha, Sonia). Youpi ! Vous pouvez aussi voir cette magnifique adaptation de Suzie Templeton sortie en 2006 :

 Le Crapaud et le Maître d’école

Encore un film méconnu : Le Crapaud et le Maître d’école (1949) est un film composé de deux moyens métrages adaptés du Vent dans les Saules (1908) de Kenneth Grahame et de La légende de Sleepy Hollow (1819) de Washington Irving.

Le film oppose une histoire très anglaise à une américaine en liant les deux moyens métrages par une séquence filmée dans une bibliothèque où l’on trouve les deux livres. A noter que le narrateur de la première séquence : la mare aux grenouilles, n’est autre que THE Sherlock Holmes : Basil Rathbone.

Pour Le Vent dans les Saules, il existe pas mal d’adaptations qui sont pour certaines bien meilleures que celle de Disney, laquelle se focalise sur le personnage le moins sympathique du roman : Crapaud.

Néanmoins, la version Disney garde l’ambiguïté du personnage qui reste un antihéros bien que son caractère ne soit un peu adouci. Quel dommage que les autres personnages soient si peu exploités et qu’on perde tout ce qui fait le charme du roman : la beauté de la campagne anglaise, le bonheur d’être chez soi, l’amitié incroyable de Rat et Taupe…

Bref, lisez le roman et regardez d’autres adaptations aussi, yen a des très choupignou, j’ai un faible notamment pour le film de 1983.

On a aussi une très belle BD Française de Michel Plessix que je recommande.

La légende de Sleepy Hollow

Pour La légende de Sleepy Hollow, c’est le contraire, le dessin animé est extrêmement fidèle à la nouvelle de Washington Irving, beaucoup plus que la version Burton. Le dessin animé est vraiment excellent d’ailleurs, drôle, rythmé et disposant d’un anti héros absolument hilarant et de chansons très entraînantes.

De base, la nouvelle est plutôt simple, ça explique qu’une adaptation d’une trentaine de minutes et ponctuée de chansons fonctionne mieux qu’un film d’une heure quarante. Elle n’est pas extraordinaire et je recommanderai plutôt l’adaptation de Disney qui diffère beaucoup de ses productions habituelles (antihéros et absence de morale).

A noter que le personnage de Brom Bones a inspiré Gaston dans la Belle et la Bête, que Katerina Von Tassel est une ébauche de Cendrillon alors en production et que c’est en voyant ce film que Tim Burton a voulu travailler chez Disney.

http://youtu.be/6F40d-xI7Dw

Alice au pays des Merveilles et Peter Pan

Pour finir cette première partie, deux énormes classiques de la littérature anglaise dont les droits ont été achetés en 1938 par Roy Disney lors d’un séjour à Londres : Alice au pays des Merveilles (1951, adapté des romans de Lewis Carrol : Alice au pays des Merveilles (1865) et de l’Autre Côté du Miroir (1871)) et Peter Pan (1953, adapté du roman Peter Pan de James M. Barries).

Les deux adaptations ont essuyé de sévères critiques pour leur manque de fidélité à l’oeuvre d’origine et je dois dire qu’en tant qu’adaptations, les dessins animés Disney ne sont pas forcément tip-top !

Ceci dit les deux films se révèlent étonnement sombres pour des Disney et Alice version dessin animé est indéniablement mille fois supérieure à la “suite” merdique dont nous a gratifié Burton qui a intérêt à arrêter de tartiner ses étrons sur nos écrans et à redevenir talentueux sinon je boude !

BREF : Alice de Walt Disney mixe des éléments des deux bouquins de façon un peu bordélique et ça donne un film vraiment très créatif mais beaucoup moins subtil que le roman qui est basé sur un humour absurde, satirique et ultra référencé qu’on peine à retrouver dans le Disney (ceci étant dit, je trouve personnellement Alice au pays des Merveilles extrêmement surestimé : c’est un chouette bouquin mais qui manque un peu de profondeur et d’émotion à mon goût, comparé à Peter Pan, ya pas photo)

Le résultat : le Alice au pays des merveilles de Disney est bizarre et ne ressemble ni à un Disney ni à l’oeuvre original : en somme, ce film est boîteux. Lisez le bouquin et SURTOUT évitez le Burton !

Vous pouvez regarder l’adaptation ultimement flippante et glauque de Jan Svankmajer aussi :

Pour ce qui est de Peter Pan, la seule chose que je concéderai à Disney sur le travail d’adaptation c’est qu’ils ont assez bien conservé le caractère de Peter Pan et de la fée Clochette.

Certes, ils sont un peu radoucis mais demeurent très ambigus. Encore aujourd’hui, ils me mettent très mal à l’aise, même dans le Disney on ne peut pas les qualifier de “positifs”. Ils ont quelque chose de malsain : Clochette est une jalouse dangereuse et égoïste et Peter est un inconscient insouciant qui se prend pour le nombril du monde.

Après, l’ambiance du livre est vraiment différente de celle du dessin animé : radicalement plus glauque et complexe avec notamment un Crochet et des Indiens très inquiétants et des enfants sauvages dans un trip presque morbide façon Sa Majesté des Mouches.

Le roman est vraiment magnifique mais je vous recommanderai néanmoins le film (que vous avez certainement vu de toute façon). Pourquoi ?

Eh bien, parce que c’est l’un des Disney les plus drôles et rythmés qui soit, certes, le matériau d’origine n’est pas respecté mais en tant que dessin animé, Peter Pan est EXCELLENT et je me bidonne à chaque fois. Le crocodile notamment est impayable !

 

A bientôt pour deux autres articles sur les adaptations de Disney !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Analinea
    Analinea, Le 20 juillet 2013 à 12h50

    brawen;4252719
    Ah merci, j'attend tes infos avec l'impatience d'un chaton face à une boite de thon!! :attaque:
    Alors!!
    J'ai retrouvé la K7 en question, c'était passé sur Arte en 1994 (la date du "dessin animé") ^^ J'ai pris un bout de film pour que tu voie si c'est bien la même chose, en tout cas c'est dirigé par un certain Bernard Haitink et joué par l'orchestre d'Amsterdam (le storyboard est fait par Zülal Aytüre-Scheele (a mes souhaits) et Helmut Rost, je sais pas si l'info est utile O_o), le producteur c'est Eberhard Scheele.
    Enfin voilà,c'est ce que j'ai pu trouver! Avec tout ça peut-être que tu pourra la retrouver (sur le site d'Arte on sait jamais!) :)
    (Je crois que j'ai mis la vidéo en pièce jointe mais je sais pas si ça a marché)

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