Dialogue avec mon corps au fil des saisons

D’une saison à l’autre, il y a toujours cette période d’adaptation vestimentaire difficile à gérer. Comment notre corps accueille-t-il les changements de saison ? Penchons-nous, et écoutons ce que nos membres ont à nous dire. Façon Nicolas Hulot avec les animaux, mettons-nous à l’écoute de la peau… Quand on entend pour la première fois depuis […]

Dialogue avec mon corps au fil des saisons

D’une saison à l’autre, il y a toujours cette période d’adaptation vestimentaire difficile à gérer. Comment notre corps accueille-t-il les changements de saison ? Penchons-nous, et écoutons ce que nos membres ont à nous dire. Façon Nicolas Hulot avec les animaux, mettons-nous à l’écoute de la peau…

Quand on entend pour la première fois depuis longtemps le doux cui cui de l’oisillon, c’est tentant de s’effeuiller, certes. Mais halte là, prends un cachet, va falloir penser à pas t’énerver : sauf gros contretemps, tu auras encore l’occasion de striper d’ici la fin de l’été. (Quand je fais des rimes j’ai de l’estime pour moi-même). Imagine un peu la réaction de ta structure alors que tu l’exposes pour la première fois de l’année aux regards publics :

Poil rescapé de derrière le mollet : Oh mon Dieu, j’ai perdu presque tous mes frères. Jack, Bill, Howard, y’a quelqu’un ? Ca caille en plus, c’est quoi ce courant d’air ? Oh non, ça recommence, le cauchemar de la jupe fentée, au secouuuuur…

Jambe gauche : Eh oh, dis donc, tu vas te taire oui ? Toi t’es discret au moins, regarde la gueule qu’on a, on dirait une miche avant cuisson, et j’peux te dire que j’ai des infos qui viennent de la haut, c’est comme ça sur toute la surface…

Cuisses en choeur : frot-frot… frot-frot… frot-frot… Bon, si quelqu’un peut m’expliquer où est passé son soi-disant putain de régime, qu’il hésite pas, parce qu’à cette allure on va se cramer la couenne avant deux jours.

Cuisse droite à celle de gauche : Arrête de te coller à moi, je t’ai déjà dit que c’était no way entre nous.

Cuisse gauche : Eh oh Miss Monde, on va se calmer, je t’ai dit que notre histoire pour moi c’était un plan cul et c’est tout. Quelle chieuse, merde.

(écho lointain venant des Epaules) : Les gaaaaars, tenez bon, elle est au téléphone, elle dit qu’elle va aller se changer, elle est pas à l’aise. Ouh ouh !

L’homme est malin, alors imagine comment l’est la fille qui ne veut pas que l’été s’en aille ! De cette quête de soleil éternel naît une amour interdite entre le mi-bas et les vêtements d’été. Ont-ils conscience de leur relation malsaine ? Certains Etats, comme la Suisse ou l’Allemagne autorisent les citoyens à porter sandales ouvertes + chaussettes toute l’année. En même temps, on leur doit respectivement les Crocs et les Birkenstock, donc… Revenons au pays du bon goût – enfin pour le coup c’est pluôt la nation du fromage – et voyons ce que pensent les intéressés du mélange mi-bas et chaussures ouvertes :

Pied droit au gauche, tout bas : Nan, mais au secours le style quoi, en plus j’suis sûre qu’on va sentir la noisette ce soir…

Mi-bas droit : Nan mais les gars, on peut essayer de faire connaissance, non ? On va cohabiter pendant la saison d’hiver, autant démarrer sur de bonnes bases…

Pied gauche : hahaha, t’entends ça, ça croit que ça va rester longtemps. Mais ouvre les yeux, à la fin de la journée t’es blacklisté, troué ou trop puant, alors mollo gigolo, ok ?

Pied droit : Putain, je pue, je sens que je pue, *renifle renifle*, aaah, je supporte pas ça.

(écho lointain venant des Genoux) : non, ça pue pas encore, mais c’est vrai qu’il y a comme une effluve. Enfin j’dis ça, j’dis rien.

Mollet droit, au gauche : Et toi, on peut savoir pourquoi tu chiales ?

Mollet gauche : mais, smurfl, passque, smurlf, j’ai entendu une passante se moquer de nous à cause des mi-bas, et en plus ça m’étrangle depuis une heure et tu sais que j’ai la phobie des variiiices, smurfl.

Pas besoin de te faire un dessin, tu vois très bien de quoi je veux parler. Lorsque tu as tenté de mettre une dernière fois ta tunique mi-saison en novembre, le froid s’est emparé de toi. Tu ne t’en rendais pas compte, mais tous ces petits poils dressés étaient en réalité en train de manifester pour que tu rentres te changer. Ecoutons les de plus près :

Tous les Poils de l’avant-bras : UNE SEULE SOLUTION… La MANIFESTATION !UNE SEULE SOLUTION… La MANIFESTATION ! Allez les gars, du nerf, on se gaine, bien droit !

Un jeune Poil, sûrement futur membre de la CFDT : Nan mais moi j’vois pas à quoi ça sert de manifester, je pense que le mieux c’est de trouver un consensus.

Tous les autres le huent, et le pauvre se courbe de confusion.

Annulaire : Eh voilà, elle fait chier à pas mettre de gant, j’suis tout blanc maintenant. Et puis nous faire cohabiter dans sa vieille poche entre un vieux mouchoir grippé et un Werther’s à demi mâché par le p’tit neveu, j’trouve pas ça respectueux des membres supérieurs. Voilà. J’me tais t’façon personne m’écoute.

En janvier, tu es comme tout le monde, tu n’en peux plus de l’hiver. Certaines attendent patiemment le redoux en scrutant la météo, une tasse d’infusion cannelle à la main, mais toi non. Tu imagines que tu es une sorte de samouraï de la mode, prête à périr par la lame tranchante du froid pour la Cause du style. Ta peau bleuie et humiliée est-elle de ton avis ? Tendons l’oreille :

Les Epaules, avec une voix étouffée par les nombreuses couches de vêtements inutiles : fluliluuuuu, flulu liluuuuuu (sur l’air de Titanic) evoui naïte I see youu… Dites donc, vous pensez qu’on va survivre ? Oh tiens, je vois un bout du cou, il a la couleur d’une myrtille, c’est normal ? (Note : les épaules sont toujours très joviales.)

Le Cou : J’en peux plus. J’arrête. Après son mec qui me colle des marques violettes indécrotables, v’là que j’dois prendre un supplément d’assurance « en cas de mort par le gel ».

Les Epaules, à nouveau : allez, tiens bon, une bonne grippe et ça la calmera. Fais comme nous, take it easy ! En 97, on a cru y passer, quand elle est partie en vacances à Indonésie sans crème solaire. Et puis tu vois, 10 ans après on est encore là ! Si ça peut te faire penser à autre chose, je l’ai entendue dire à sa copine Marjo qu’elle allait changer de mec. Finis les suçons et la vieille barbe, mon pote.

Le Cou, sanglotant : smurfl, c’est vrai ? Tu dis pas ça pour me faire plaisir, hein ? Bon, ça va mieux, je vais me fredonner un truc pour me remonter le moral.
(Dans sa barbe) Chaaaud, cacao, chaud chaud chaud chocolat, si tu me donnes des noix de coco, moi je te donne mes ananas…

Les Epaules, entre elles : Au secours, tu entends ça ? … Non mais laisse-le, on s’est tous cherché musicalement, rappelle-toi, on écoutait Jacky Quartz dans les 80’s…

Eh oui, tu ne t’en doutais peut-être pas, mais il s’en passe des choses dans ta structure ! Alors, tu es prête à te mettre à l’écoute des signaux que t’envoie ton petit corps tout au long de l’année ? Surtout, n’hésite pas à nous raconter les anecdotes que tu as vécues avec lui ! Oh oui, raconte-nous…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Callirhoé
    Callirhoé, Le 25 mai 2008 à 19h49

    C'est donc ça que veut dire "être à l'écoute de son corps"... J'essayerai de l'être plus souvent, c'est rigolu!

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