Comment j’ai appris à aimer Despacito, le tube de l’été 2017 (pourtant c’était pas gagné)

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Il n'y a plus de doute : Despacito de Luis Fonsi et Daddy Yankee est le tube de l'été 2017 ! Après avoir été dans le déni, Lucie assume désormais son affection pour cette chanson.

Comment j’ai appris à aimer Despacito, le tube de l’été 2017 (pourtant c’était pas gagné)

Les paris font rage, le mercato bat son plein : l’été est là et il lui faut absolument un tube.

C’est un fait, qui dit été dit musique bombardée sur les ondes, dans toutes les émissions de télé, dans tous les clubs de vacances, dans les magasins. Partout.

Un challenger a pris de l’avance depuis plusieurs semaines pour prétendre au titre de chanson-dont-on-aura-ptete-marre-dans-deux-mois : Despacito, de Luis Fonsi et Daddy Yankee — dont la version originale cumule 2 milliards de vues sur YouTube.

Le clip de Despacito de Luis Fonsi et Daddy Yankee

J’ai lutté pour ne pas céder à ces rythmes endiablés. Et j’ai échoué. Mais je ne regrette rien. Voici le récit d’un amour qui semblait impossible.

Une histoire qui commence mal avec Despacito

Entamons ce récit avec une confession dont je ne suis pas fière : j’ai été très snob avec cette chanson.

Quand j’ai écouté Despacito pour la première fois, j’ai ronchonné, jugeant que le titre ne brillait pas par son originalité.

Me prenant pour une mélomane aguerrie — alors que j’étais surtout très frustrée —, j’ai osé clamer qu’on nous ressassait les mêmes codes chaque année avec un exotisme banal qui cherchait à me faire voyager dans un coin qui sentait d’avantage le monoï que mon open space.

« Ça va là, les suavemente besame mucho, on connaît », disais-je avec un dédain qui me fait honte.

Quel déni !

Et entre nous, je n’étais pas très à l’aise non plus avec la présence de Daddy Yankee sur le titre, qui interprétait en 2004 Gasolina, qui n’est sans doute pas la chanson la plus subtile du patrimoine musical planétaire.

Le clip de Gasolina de Daddy Yankee

Despacito et moi, le chemin vers l’acceptation

Ce qui est incroyablement vicieux dans la vie tumultueuse d’un tube qui fonctionne, c’est que tu te retrouves à l’entendre sans l’avoir consenti : il est diffusé partout.

Alors que voulez-vous, je suis un être humain, j’ai commencé à prêter attention à ces petites basses plutôt enthousiasmantes, ces accords de guitare discrets et sensuels, et à réaliser qu’il se produisait une vibration en moi à l’écoute de la chanson.

En parallèle, le soleil a pointé le bout de ses rayons, accompagné d’une sensibilité plus accrue à tout ce qui fait penser aux vacances (d’ailleurs t’as vu la Madbox spéciale été qu’on te réserve ?).

Pardon, mais ces paroles espagnoles sont des plus dépaysantes et sentent bon le sable océanique, le parasol et le sorbet citron.

J’étais d’un coup fière d’avoir fait LV2 espagnol et de pouvoir fredonner :

DES-PA-CI-TO
Ninminanmininnin en PUERTO RICO
Tinbinninminin benDITO
Ninminininnininin CONTIGOOO

Le coup bas de Despacito et la fin de la lutte intérieure

Luis Fonsi et Daddy Yankee ont sorti un remix avec Justin Bieber.

Ils ont sorti UN REMIX AVEC JUSTIN BIEBER.

Que voulez-vous, c’est ma kryptonite.

Le clip de Despacito avec Justin Bieber

L’apprivoisement de Despacito et la naissance des sentiments

C’est très facile de se rendre accro à une chanson.

Il suffit d’appuyer sur lecture, de ne pas réaliser au bout de quinze minutes qu’en fait le titre tourne en boucle, de le laisser tourner en boucle et de se rendre compte ensuite qu’on est incapable de se sortir de cette boucle.

Car ça y est, le morceau nous plaît bien. Et on peut commencer à l’assumer, à le dire à ses proches, à le passer en soirée. Et on le télécharge pour l’emmener partout.

La sérénité et l’amour de Despacito

Despacito est désormais sur mon téléphone. Je pars travailler en l’écoutant dans les transports. Je l’écoute en travaillant. Je l’écoute en rentrant chez moi.

Je l’écoute quand je fais la vaisselle, je l’écoute quand je suis en train de lire, je l’écoute quand je suis allongée sur mon lit, je l’écoute quand je vais prendre ma douche, je l’écoute quand je fais une lessive de culottes dans mon lavabo.

Je la passe lors de la Grosse Teuf, je la snape.

Mais surtout, j’ondule mon corps dessus avec ferveur, je remue du boule avec satisfaction.

Je secoue des épaules avec la conviction que le mouvement est d’une souplesse admirable, ma tête marque chaque rythme saccadé comme si j’étais moi-même un instrument à part entière de la chanson.

Despacito et moi allons vivre ensemble pendant un moment. La chanson aura désormais des souvenirs de ma vie qui lui seront rattachés, et quand je l’écouterai dans quelques années, je ressentirai sans doute un petit pincement de nostalgie.

Pour l’heure, je compte bien continuer à danser dessus tout l’été.

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Lucie Kosmala

Lucie a commencé en 2015 par vous parler de littérature jeunesse, et depuis janvier 2016, elle vous cause plus généralement de livres, sous toutes ses formes et pour tous les goûts. Elle s'est illustrée à de nombreuses reprises dans la réalisation de petits pingouins en olives, et connaît d'un point de vue exhaustif tous les gifs de raton laveur existants.

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Voici le dernier commentaire
  • Candyclown
    Candyclown, Le 29 juin 2017 à 15h50

    Bon, je crois qu’Auto tune a été très largement rentabilisé, on peut passer à autre chose maintenant.

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