Les désillusions de la vie étudiante

La vie étudiante, c'est pas vraiment ce qu'on voit dans les films ou les séries. Parfois, ça pue. Sur plein d'aspects, c'est relou. Voici la vérité.

Les désillusions de la vie étudiante

Quand je regardais Bonne nuit les petits et que j’ingurgitais mes résidus nasaux (il y a une quinzaine d’années, donc), je me faisais une très haute idée de la vie étudiante. Pour moi, aller à la fac, c’était avoir la vie sociale d’Hélène et les Garçons, le cervelet d’Einstein, la classe de Sophie Marceau dans L’Étudiante – bref, un genre de paradis sur Terre en grève deux mois par an.

Voilà bientôt trois ans que j’ai obtenu mon baccalauréat, et j’ai depuis affronté avec plus ou moins de succès les mille périls de la fac, de l’hypokhâgne et d’une grande école. La vie étudiante, une sinécure ? Que nenni, chères amies. Tu croyais qu’une fois passé ton bachot, ta vie ne serait qu’un champ de violettes et de cervoise fraîche ? Pose ces fiches de révisions, et pleurons un bon coup. C’est parti Jackie.

Les cours

Avant, je croyais que passé le cap de la prépa, il ne me serait plus nécessaire de travailler. Mais ça, c’était avant. Depuis le mois de septembre, je redécouvre les joies subtiles du droit administratif et de ses arrêts passionnants*, de la macroéconomie, et des statistiques (j’ai un bac L – faisons une minute de silence pour mon semestre, qui par la faute de cette fourbe matière a péri).

Moralité ? J’aurais dû suivre ma prime vocation, et faire un CAP coiffure.

*(Saviez-vous que le lancer de nains est interdit à cause de l’arrêt CE 1995, Morsang Sur Orge ? Non ? C’est pas grave – tout le monde s’en fout)

L’appart étudiant

Quand j’étais jeune et conne innocente, j’étais convaincue des joies de la résidence universitaire, que je m’imaginais comme une vaste coloc. Un passage dans l’une d’entre elles m’a permis de découvrir plusieurs dures réalités de la vie :

  • Aimer la compagnie, c’est bien. Partager son appart’ avec des cafards, c’est moins bien.
  • Les punaises de lit, ça gratte.
  • Les gens qui écoutent du Matt Pokora à fond à trois heures du matin existent et il faudrait tous les exterminer.

Moralité ? À l’avenir, j’étudierai très sérieusement toute proposition d’adoption par un émir Qatari.

La bouffe

A moins de vivre chez tes parents et/ou d’être une pro du bento, il y a fort à parier que tu soies obligée, un jour, d’ingurgiter une arme d’intoxication massive un sandwich préparé par le CROUS. Si tel est le cas, n’oublie pas de te munir d’un tube de citrate de bétaïne – et de faire tes prières, parce qu’après tout, on ne sait jamais, ma bonne dame.

Moralité ? Quand étudiante tu seras, à cuisiner toute seule comme une grande tu apprendras.

La solitude de l’amphi

Le jour de ma première rentrée à la fac, j’étais persuadée que j’allais me dégoter une bande de copains à la Friends, avec laquelle on aurait fait les quatre cent coups et la tournée des bars. L’horrible vérité ? Il est plus difficile encore de se faire des amis à la fac que de trouver un neurone dans la boîte crânienne de Nabilla. C’est dire. (Heureusement, Pauline C t’a préparé un petit tuto).

Moralité ? Si à la fac tu vas, tes amis imaginaires tu chériras.

Les partiels

Quand j’étais en prépa, nous avions trois concours blancs dans l’année. Cela signifiait « s’enfermer-comme-un-rat-chez-soi-et-ne-sortir-que-pour-passer-des-épreuves-de-six-heures-pendant-dix-jours-et-survivre-si-l’on-peut* ». En grande école, « partiels » rime avec « un tiers de la promo ne valide pas son semestre ».

*Personne n’est mort, à ma connaissance – à part ma ligne : j’ai pris trois kilos par concours blanc (faites le calcul, ça fait mal).

Moralité ? Je n’ai jamais autant regretté l’heureuse époque où il suffisait de savoir écrire son prénom pour passer à la classe suivante – et je milite activement pour le retour des bons points dans les études supérieures.

La mobilité internationale

Dans mon école, la règle veut que l’on passe sa troisième année dans une université étrangère. Pendant des mois, j’ai donc fantasmé sur les tangueros argentins, les plages de Rio, les banches neiges du Québec – avant d’être acceptée dans la prestigieuse University of Ottawa. Manque de chance, mon semestre n’ayant pas été validé (à cause de ces fourbes statistiques – suivez donc un peu), je ne pourrai pas découvrir le Canada – ni aucun autre pays, d’ailleurs : les universités étrangères ne connaissent pas les prépas, et n’acceptent pas les étudiants qui en sont issus. Racisme scolaire, je crie ton nom.

Moralité ? Au lieu de partir dans des contrées exotiques, je m’en vais faire un stage chez Pôpamôman, en la charmante bourgade de Carrières-Sous-Poissy (78). La lose, donc.

L’administration

Tu as survécu aux périls de la sociabilité universitaire, aux infâmes sandwichs de la cafèt, aux cours soporifiques ainsi qu’aux dangers des partiels ? Félicitations, jeune padawan. Mais il te faudra encore survivre aux affres de l’administration (bureau de la scolarité ouvert de 8h43 à 9h22, 19 documents demandés pour ton inscription / tes changements de cours / ta convention de stage). Si tu y parviens, c’est que tu détiens ce que l’on nomme dans un langage courant des supers pouvoirs, et que le club des X-Men n’attend plus que toi.

Moralité ? J’aurais mieux fait d’élever des chèvres au Larzac plutôt que de faire des études supérieures.

Et toi, qu’est-ce qui te brise les ovaires en mille morceaux, dans les études supérieures ? Viens nous narrer tout cela dans les commentaires. Bisous bisous.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • CharlieWazka
    CharlieWazka, Le 17 septembre 2016 à 12h51

    Alors pour ma part, l'université a été ma tranche de vie préférée de tous les temps !! :cretin:
    Il faut dire qu'à la fac il y a un peu plus de mou que dans les grandes écoles. A l'inverse de la mad qui a écrit, j'ai trouvé ma bande de pote "à la Friends" en 2ème année (en L1 donc, car oui la L0 existe en LEA) et qui a complètement influencé la personne que je suis aujourd'hui. J'ai 28 ans, toujours un peu étudiante dans ma tête, et j'avoue que je me sens assez démunie quand je me retrouve seule pendant de longues périodes (je vis à l'étranger). Faire partie d'un groupe ou d'une communauté me manque énormément..!

    Mais parlons quand-même un peu de l'administration, qui m'a simplement valu de devoir REDOUBLER mon dernier semestre !!! Début 2009, j'essayais de m'inscrire en option Maths, mais je n'ai jamais vu leur bureau ouvert. C'était le début des grèves qui ont durées pratiquement tout le semestre. Du coup pas d'option > un 0/20 dans ma moyenne > salut et à l'année prochaine.... :scream: :crying: :gonk: Puis j'ai fait une dépression :joy: et j'ai dû repasser 2 matières, dont cette foutue option.
    Tellement désabusée que j'ai choisi le tir à l'arc :yawn:

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