Je déteste les vacances, mais je me soigne

Mathilde déteste les vacances, et bien que ce soit une opinion peu populaire, il y a de vraies raisons. Petit tour de pourquoi ses congés la dépriment.

Je déteste les vacances, mais je me soigne

Si je demande à un groupe ce qui est mieux que l’école ou le travail, il est fort probable que la majorité des personnes qui le constituent me réponde « les vacances ».

Ben oui, tout le monde aime les vacances, le repos, le chill, n’est-ce pas ?

Eh bien non, car moi, ça m’a toujours déprimée. Allez viens, je te raconte.

Je déprime pendant les vacances

C’est une constante environ depuis le collège : les vacances me dépriment. Je ne parle pas d’un simple coup de mou lié à un relâchement et donc à une chute d’énergie, non, je parle d’une vraie bonne grosse déprime des familles.

Celle qui me couche dans mon lit, sous la couette, avec l’envie de ne plus jamais sortir ; celle qui me fait fixer le plafond des heures durant, remettant le sens de l’Univers en question ; celle qui me fait dormir beaucoup trop de temps chaque jour et chaque nuit, par fuite, pour que le temps passe plus vite.


Moi, le 3 juillet, lorsque les autres vont à la plage

Bref, pour moi « vacances » ne rime pas vraiment avec « grosse poilade ».

Ce qui me déprime pendant les vacances

Bon, si je déprime c’est pour tout un tas de raisons, et non pas uniquement parce que je n’aime pas l’amusement de manière générale.

Je me suis aperçue avec le temps que les vacances et autres « pauses » sont une véritable épreuve pour moi.

Elles me mettent face à ce que je n’ai jamais été capable de faire, ce qui m’horripile et me terrifie, la source de la majorité de mes angoisses : le lâcher-prise.

Quand je suis face au pont du 15 août 

Et ça me rend OUF.

Mais je ne l’ai compris qu’en creusant les aspects de ce que je déteste dans les vacances, et que je m’en vais t’expliquer.

J’aime trop l’école pour apprécier les vacances

J’ai tellement aimé le collège que j’ai chialé pendant des heures devant mon établissement fermé après mon dernier jour là-bas.

C’est à partir du collège que j’ai découvert combien je pouvais m’épanouir à l’école, aimer ce que je faisais.

Le lycée était beaucoup moins sympa, mais je faisais de la boxe à haut niveau entre les cours, ce qui m’occupait pas mal. Plus tard, j’ai aimé les cours à l’université, et maintenant, j’aime mon boulot. Profondément.

Les vacances, ça voulait dire prendre une pause dans cette activité, scolaire ou professionnelle qui me plaisait tant.

Pour te donner une idée, alors que j’étais au collège, pendant les petites vacances, j’imprimais des sujets de brevet de mathématiques, et je les résolvais sous le regard un peu exaspéré de ma famille. Pour le plaisir, parce que j’aimais ça.

Aujourd’hui, sur mon temps de loisir, j’aime à faire un peu de thème grammatical, parce que pourquoi pas ?

Faire une pause dans mes activités pros, alors que je les aime, ça n’a pour moi aucun sens. Et au contraire, ça ôte celui que j’ai choisi de donner à ma vie.

Je sais que cela signifie que j’ai la chance de choisir un quotidien qui me plaît, mais dans ce cas, pourquoi ne pas en profiter toute l’année ?

Et j’en viens justement ainsi à mon second point…

Je ne supporte pas l’ennui

Parmi mes proches, je compte beaucoup de personnes qui aiment ne rien faire pendant les vacances. Dormir tard, glander, boire des coups, chiller, regarder des séries, manger et dormir à nouveau.

Sauf que pour moi, ça équivaut à ne rien faire, et je ne supporte pas l’ennui.

Les vacances sont de toutes manières trop courtes à mon goût pour commencer une nouvelle activité à fond : apprendre à jouer d’un instrument, devenir spécialiste de tel ou tel sujet…

Bref, tout ce que je fais pendant ces quelques jours ou semaines me semble inutile, futile, inachevé.

Alors on me dit souvent que « les vacances, ça sert à se reposer », mais se reposer, j’ai l’impression que ça ne sert à rien.

Je ne sais pas me reposer, et même après avoir été forcée à le faire après un burn-out, je n’y parviens toujours pas. Je considère que c’est une perte de temps.

Et surtout, en stoppant mes activités, je me sens inutile.

Donc pourquoi les vacances ? Pour rien. Alors que je pourrais être en amphi à me délecter d’un cours passionnant ! Décidément, je n’en vois pas l’intérêt (je jure que cette phrase n’est même pas ironique).

De l’hyperactivité à rien du tout, mon cauchemar de vacances

Si autour de moi mes proches insistent tant pour que je prenne du repos, c’est parce que j’ai une certaine tendance à faire trop de choses au quotidien.

Et comme je veux tout faire jusqu’au bout, et autant que possible parfaitement, je finis par ne plus m’arrêter une minute.

Mais cela a aussi pour conséquence que je ne supporte pas de me stopper.

Cette suractivité ne vient certainement pas de nulle part : être toujours occupée, c’est bien, c’est pratique, ça ne laisse pas de temps pour cogiter.

Mais à force d’avoir un tel train de vie, lorsqu’à nouveau j’entends mon flot de pensées, je ne le supporte plus. Quand je passe d’une activité intense à rien ou presque, c’est comme si je vivais une crise de manque.

D’un autre côté, logiquement ce train de vie m’épuise. Sauf que toute l’année, je n’ai pas le temps d’être fatiguée. Je ne m’y autorise pas, d’ailleurs. Trop de choses à faire, « on dormira quand on sera morts »…

Mais lorsque je n’ai plus toutes ces choses à faire, mon corps se relâche comme mon esprit, et tout d’un coup je me sens harassée, avec rien d’autre qu’un immense besoin de dormir et de ne plus jamais rien entreprendre.

Il n’y a qu’à ce moment-là que je m’en aperçois. Et je déteste cette sensation, comme je me déteste d’être fatiguée et de ne pouvoir en faire plus.

C’est finalement à la fois un trop-plein d’exigence et d’ego : je dois être plus forte que cela, je ne dois pas être faible, donc je ne dois pas être fatiguée, les autres ont besoin de repos mais moi non, alors bouge tes fesses et keep going.

Spoiler : ça ne fonctionne pas. Mais, double spoiler : je continue à tenter, des fois que je me révélerais être un robot humanoïde surpuissant…

Me retrouver seule ou trop longtemps entourée pendant les vacances

Je suis une grande solitaire, généralement bien avec moi-même, et j’ai d’ailleurs du mal à interagir avec autrui.

Or, comme je te l’ai expliqué, ma solitude risque de beaucoup plus me peser pendant des vacances, puisque je me retrouve face à moi-même, sans possibilité de repousser la confrontation.

Donc être avec d’autres personnes peut être une bonne alternative. D’ailleurs, quand je vivais chez mes parents, ma mère et ma sœur partageaient presque toujours leurs vacances avec moi.

Mais entre partager le logis de quelqu’un, et vivre 24/7 avec cette personne pendant plusieurs jours ou semaines, la différence est grande.

Je préfère déjà vivre seule, imagine donc mes difficultés à supporter d’être entourée toute la journée !

Il faut se plier aux désirs des un·es et des autres, se comporter poliment, et ces efforts me coûtent beaucoup. Je finis par être ronchon, et gâcher les vacances de tout le monde.

Le rythme d’une semaine de travail, où je vois mes collègues une partie de la journée et j’en passe une autre seule ou entourée de ma famille, où je peux voir des ami·es les soirs ou les week-end, mais pas trop longtemps, est beaucoup plus idéal pour moi.

Pourquoi j’ai du mal à vivre en communauté ? Je te le donne en mille, c’est encore une fois une histoire de lâcher-prise.

Le lâcher-prise, mon talon d’Achille

J’ai bien compris que ne pas aimer les vacances est loin d’être un courant de pensée majoritaire. Et si ce repos me pose problème, tu l’as vu, ce n’est ni parce que je n’aime pas voyager, ni parce que je suis complètement zinzin (enfin, peut-être un peu).

C’est parce que j’ai un gros problème avec la notion de lâcher-prise. Je ne supporte pas de rien faire, parce que je ne supporte pas de ne pas avoir le contrôle.

Je ne supporte pas de penser, car ne pas maîtriser le flot d’idées me rend dingue.

Et toutes les raisons que j’ai énumérées rejoignent tôt ou tard mon incapacité à lâcher prise.

Pourquoi la détente quand on peut tout maîtriser, tout contrôler ? Pourquoi me relâcher ?

Ajoute à cela un bon vieux syndrome de la bonne élève, et tu me retrouves à continuer de travailler ou d’étudier alors que je suis censée profiter d’un repos auquel j’ai droit.

Je suis consciente que je devrais apprendre à, peu à peu, lâcher du lest, mais je n’y parviens pas encore. Toutefois, avec le temps, je m’améliore, et passe de moins en moins de temps à m’auto-flageller parce que selon moi « je n’ai rien foutu de la matinée ».

Mal vivre les vacances, une « opinion impopulaire »

Bien sûr il s’agit d’un ressenti difficile à partager avec les personnes autour de moi, qui ne le comprennent pas forcément ou qui sont rapidement agacées par cela.

Je comprends : entendre quelqu’un supplier pour que la rentrée approche, ça a son penchant de pénibilité.

Ce n’est pas non plus drôle à vivre, puisque cela veut dire qu’il m’est difficile de passer de bonnes vacances…

En plus, malgré mon esprit buté comme un âne, mon corps a besoin de repos ! Repos que je lui refuse, et qui rend donc mon relâchement encore plus violent lorsqu’il arrive : c’est le serpent qui se mord la queue.

Alors j’essaie de faire des efforts, et peut-être qu’un jour je finirai par croiser les doigts pour qu’arrive enfin l’été, qui sait ?

Et toi, partages-tu cette difficulté à profiter de tes vacances ? Pour quelles raisons ? Et si tu chéris tes jours de repos, pourquoi ? Viens me raconter ça dans les commentaires !

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Mathilde Trg


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Commentaires
  • Zik
    Zik, Le 27 août 2018 à 20h06

    Je souhaite préciser qu’en parlant de privilèges je ne voulais pas parler de celui d’avoir des vacances, mais du reste: vous êtes pleine d’énergie et de capacités, vous faites un travail que beaucoup doivent vous envier. Je suppose que la photo de votre profil vous représente ? Donc en plus vous êtes très jolie. Avec tout cela vous trouverez votre équilibre ;)

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