Elle dit « non » à une demande en mariage publique, et devient la « grosse pute » du Web

Une jeune femme a été demandée en mariage par son copain, en pleine foule célébrant la victoire des Bleus. Elle a dit « non », la vidéo a fini sur Twitter, et la suite va vous désoler.

Elle dit « non » à une demande en mariage publique, et devient la « grosse pute » du Web

Dimanche 15 juillet. Les rues sont pleines.

Pleines d’hommes et de femmes qui célèbrent la victoire des Bleus à la Coupe du Monde, dans une grande liesse populaire (maculée d’agressions sexuelles).

Un jeune homme, lunettes de soleil sur le nez, drapeau tricolore sur les épaules, pose un genou à terre. Au milieu d’une foule délirante de joie, il demande sa compagne en mariage.

Celle-ci agite son doigt de droite à gauche. La réponse est claire : « non ». Le public se confond en exclamations. De nombreux smartphones étaient de sortie, filmant l’évènement.

La vidéo a fini sur Twitter et a été reprise par de nombreux médias, rubrique « Insolite ».

Harcelée après avoir refusé une demande en mariage en public

La jeune femme est victime d’un déferlement d’insultes. C’est une « grosse pute ». Une « sale grosse salope ». Une « connasse ». Sur Internet, mais aussi dans la rue.

Une femme qui dit « non », ça fait mauvais genre, vous comprenez.

Je ne vous mettrai pas la vidéo ici. Elle a déjà été assez vue, assez commentée, assez récupérée, surtout pour la jeune femme, qui n’a jamais donné l’autorisation d’utiliser son image.

Causette consacre un article au harcèlement qu’elle subit, et a pu contacter l’intéressée, démunie face à ce raz-de-marée de haine.

Sur Internet, l’insulte est facile, le harcèlement aussi

Je suis désolée de me dire que rien ne me surprend dans cette histoire.

Je suis désolée de savoir que dans la société actuelle, être filmée puis mise en ligne sans permission, être jetée en pâture à la foule et victime de harcèlement, ça arrive à trop de gens.

Trop de femmes, notamment.

Je suis désolée de me rendre compte, une nouvelle fois, que derrière leur clavier les gens perdent de leur humanité. Car dans la vidéo, aucune personne ayant l’inconnue en face-à-face ne la traite de « grosse pute ».

Son compagnon, souriant, se relève, l’embrasse sur la joue. Le moment est fini. Et aurait dû s’arrêter là.

De la responsabilité des médias dans le cyberharcèlement

La foule anonyme est capable des pires bassesses, ok.

Et vu l’histoire du « couple qui se forme dans l’avion », je suis bien placée pour savoir qu’un média peut, sans le vouloir, se faire complice du cyberharcèlement en augmentant la visibilité d’un contenu publié sans le consentement des intéressé·es.

Je pense que ce genre « d’anecdotes » doit rappeler à tous et toutes notre responsabilité collective. Médias ou anonymes, journalistes ou internautes lambda, réfléchissons à deux fois avant de partager une vidéo virale.

Car même si on ne traite pas personnellement une inconnue de « sale grosse salope », on la met en avant face à des gens qui n’hésiteront pas à le faire.

« Non », c’est « non », et ça doit le rester

Détail navrant dans l’article de Causette : le jeune homme avait prévenu sa compagne qu’il allait la demander en mariage au milieu de la foule. Elle explique :

« Je lui ai dit que je ne voulais pas, et que s’il le faisait, je dirais non. Vous pouvez écrire qu’il est bien désolé. »

Pour n’avoir pas su respecter un « non », il a mis en danger sa petite amie, qui voit sa réputation, sa tranquillité d’esprit, son anonymat, sa sécurité bafouées.

Alors écoutez toujours un refus. Laissez-le vous égratigner légèrement l’ego. Car l’ignorer peut avoir des conséquences bien plus graves.

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