« Deadpool » le film, un pari risqué… pour un résultat qui déboîte (sans spoilers !)

Deadpool vient promener son sarcasme légendaire, ses bagarres ultraviolentes et son amour de l'irrespect sur les grands écrans du monde entier. Yay !

« Deadpool » le film, un pari risqué… pour un résultat qui déboîte (sans spoilers !)

Onze ans que Ryan Reynolds, fan de Deadpool s’il en est, tentait de donner vie à son héros favori au cinéma. Plus d’une décennie de négociations pour que le projet voie enfin le jour, grâce notamment à la mobilisation des fans à travers le globe.

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Depuis ce 10 février 2016, le monde entier peut se ruer dans les salles obscures pour voir Wade Wilson enchaîner blagues, coups de pied retournés et réparties acerbes sur grand écran. J’ai eu la chance de voir Deadpool en projection presse il y a deux semaines et laissez-moi dire que ça vaut le détour !

Cette critique est garantie sans spoilers !

Deadpool, sur le fil, joue les funambules

On va pas se mentir : Deadpool aurait pu être TRÈS chiant, un peu comme votre pote relou, incapable d’être sérieux trois secondes, qui ponctue toutes ses vannes d’un « TU L’AS ? » et semble être dans l’incapacité d’admettre que si vous n’avez pas ri, c’est pas que vous n’avez pas compris la blague, c’est qu’elle n’était pas drôle.

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Quand on ne connaît pas bien le personnage, on retient principalement ces détails :

  • Sous son masque, Wade Wilson est défiguré
  • Il ne respecte rien ni personne
  • Il est bourré d’humour
  • Il se régénère façon Wolverine lorsqu’il est blessé
  • Il brise le quatrième mur, c’est-à-dire qu’il sait qu’il est un personnage de comics (et donc maintenant de film)

Mais si Deadpool était une succession de clins d’œil appuyés aux gens dans la salle de cinéma, de blagues de teub et de gore, on s’ennuierait un peu. Car Wade Wilson est bien plus que ça. C’est un humain, un vrai, un torturé (au sens propre comme au figuré), avec ses amours et ses peines, ses failles et ses envies de vengeance, qui trouve dans l’autodérision un fragile filet l’empêchant de sombrer encore plus loin dans la folie.

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À mon sens, le film réussit à trouver l’équilibre entre le côté marrant de Deadpool et sa part d’humanité. Je pense à une ou deux scènes non seulement poignantes, mais plutôt réalistes, où la cruauté de la vie se dévoile de façon très… banale, en réalité. Et l’humour qui vient secouer la tristesse s’ancre aussi dans le réel, où on use volontiers du rire face au désespoir.

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Deadpool, un film par des adultes pour des adultes

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Aux États-Unis, Deadpool est « rated R », ce qui veut dire qu’il inclut « de la violence, des injures, des actes sexuels et de la nudité » — il est donc interdit aux moins de 17 ans. À titre de comparaison, Avengers 2 — L’Ère d’Ultron était PG-13, soit accessible dès 13 ans, tout comme Ant-Man. On a donc un vrai film pour adultes.

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Du coup, dans Deadpool, on ne prend pas de gants (mdr) (parce qu’il est costumé) (TU L’AS ?) : on jure comme un charretier, on baise comme si demain n’existait pas, on saigne et on se tabasse la gueule à coups de violence qui picote pour de vrai (l’allume-cigare brûlant sur la tronche : AÏEUH), on meurt pour toute la vie et on est le cul à l’air. Pépouze.

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Et ça fait du bien, en fait ! Sans être aussi sombre que les films DC Comics du style The Dark KnightDeadpool fait kiffer son public et c’est jouissif. Parce qu’en vrai, à part Captain America qui vient des années 40, personne ne dit « Oh punaise » devant Hulk. Et surtout pas Tony Stark, si vous voulez mon avis.

Complètement barré ne veut pas dire complètement zozo

Si le scénario de Deadpool n’est pas des plus révolutionnaires, puisqu’il s’agit d’une origin story montrant l’évolution de Wade Wilson en super-(anti-)héros masqué, je salue tout de même un vent de fraîcheur ayant fait virevolter mes cheveux dans la salle de cinéma.

Déjà, le film est à la fois raisonnablement court et impeccablement rythmé. Exit les longs-métrages de 2h56, dans Deadpool tout s’enchaîne, rien ne se perd mais on prend aussi le temps de respirer !

Et surtout, SURTOUT, Deadpool est bourré d’un humour malin. Pas de blagues sexistes, homophobes, racistes… le héros use volontiers de l’auto-dérision en se foutant de sa propre gueule, et préfère moquer le prénom ridicule du méchant que ses origines, ou son orientation sexuelle, quelle qu’elle soit.

En résumé, bravo Ryan Reynolds qui a porté ce projet à bout de bras pendant plus d’une décennie et a tenu toutes ses promesses, malgré de gros aléas de production qui auraient pu faire de Deadpool un film inégal. Et ça tombe bien, dites : il nous en a causé en interview !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Nastja
    Nastja, Le 1 mars 2016 à 16h05

    @Perfume Genius Tu m'apprends qu'il y avait une scène de sodomie!
    C'était effectivement très vulgaire comme tu dis et l'histoire était d'un bidon. Je m'ennuie rarement au ciné car je suis plutôt facile comme spectatrice mais j'ai jeté un coup d'oeil rapide à ma montre plusieurs fois en essayant d'apercevoir les aiguilles.

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