Comment j’ai recommencé à pécho (Carnet de rupture #11)

Un an après sa rupture, Audrey est de retour pour vous parler de son évolution, et notamment du retour de sa vie sexuelle et sentimentale.

Comment j’ai recommencé à pécho (Carnet de rupture #11)
Le Carnet de RuptureDans Carnet de Rupture, Audrey, une lectrice de madmoiZelle, raconte la fin de son histoire d’amour, à cœur ouvert.

Une histoire d’amour, mais aussi d’infidélité, et de reconstruction.

Après Comment j’ai coupé les ponts avec mon ex, voici le onzième épisode de cette série, à lire sur madmoiZelle.

Faire des choses pour soi, et pas pour les autres

Je me souviens avoir entendu Antonin Archer (le papa de feu Nouvelle École) réaliser dans un Boys Club qu’on n’était jamais aussi attirants que lorsqu’on accomplissait les choses pour nous, et pas pour les autres.

À partir du moment où je me suis concentrée sur ce qui me faisait kiffer, ce qui ravivait mon feu intérieur, ce qui me faisait me sentir utile, le regard des autres a changé.

Ou plutôt, j’ai changé. Je crois que c’est à ce moment-là que ma nouvelle vie a vraiment commencé.

Dans ma tête, j’ai switché.

J’étais bien avec moi-même, j’avais retrouvé assez de confiance pour retourner aux anniversaires dans des bars et j’avais enfin terminé de raconter la fin de ma relation aux gens qui n’étaient pas au courant de ma séparation.

Allez, aujourd’hui je vais pécho !

Ça n’était pas une décision consciente, je ne me suis pas réveillée du jour au lendemain en me disant : allez, aujourd’hui je vais pécho !

J’ai eu plusieurs crushs qui ne sont pas allés au-delà d’un timide stalking sur les réseaux sociaux. J’ai gentiment repoussé les avances de 2-3 mecs qui ne m’auraient pas fait du bien.

J’ai de nouveau senti ce truc dans ma poitrine s’agiter de temps à autres… et ça m’a confirmé que j’étais prête.

J’ai croisé à plusieurs événements un mec gentil, de ceux qui rayonnent naturellement par leur humour et leur sensibilité.

Après une soirée où nous avions bien accroché, Thibault a glissé dans mes MP sur Instagram pour me dire qu’il était content d’avoir appris à me connaître un peu mieux. Qu’il aimait bien connecter profondément et spontanément avec des gens.

C’est aussi ce que je recherchais à ce moment-là, et nous avons commencé à échanger des pavés.

Constatant la vivacité de nos messages, il a fini par lâcher qu’on irait bien plus vite en se parlant en vrai. Il était 2h du matin, je n’avais jamais fait ça et pourtant, j’ai répondu :

« Où es-tu ? J’arrive. »

J’ai sauté dans un VTC. En 15 minutes, j’étais chez lui. On a continué à discuter pendant plusieurs heures. Alors que le soleil était en train de pointer le bout de son nez, il a pris les devants et m’a embrassée.

Ma première fois

Je n’avais pas anticipé ma « première fois ». Je ne m’attendais pas à être bouleversée par la foultitude de sensations qui m’ont parcourue quand j’ai fini au lit avec ce mec.

J’ai dû tout réapprendre. Je n’étais pas sûre de moi, pudique, maladroite, gênée, tremblante.

J’ai mesuré à cet instant le travail que j’allais devoir abattre pour regagner confiance en moi et en mon corps.

C’était doux. J’y ai trouvé une tendresse dont je manquais depuis des mois, un regard d’envie qui a reboosté mon ego et je me suis laissée aller sans penser plus loin, sans rien projeter.

Je suis partie au petit matin, dans un walk of pride magistral, après une discussion franche sur ce que nous pouvions attendre (ou pas) l’un de l’autre.

Je goûtais à une liberté émotionnelle toute nouvelle : j’avais été claire sur le fait que je ne souhaitais pas me mettre en couple.

La perspective de passer simplement de bons moments avec des gens m’enthousiasmait ; Thibault était dans la même philosophie, le contrat lui convenait donc parfaitement.

Slalomer entre les fuckboys

C’est à cette période que j’ai goûté au concept des fuckboys

Quand j’ai proposé à Thibault qu’on se revoit pour aller boire un verre, il a répondu à côté pour éviter la question. Quand nous nous sommes revus à des événements, il a esquivé mon invitation.

En tombant sur plusieurs spécimens de fuckboys similaires à Thibault, j’ai compris qu’à la différence de ceux qui mentent aux meufs pour se les taper, il s’agissait surtout de mecs paumés, pas très courageux…

En tout cas pas assez pour oser dire clairement qu’ils ne sont plus intéressés.

Et puis j’en ai eu marre des mecs lâches. Décidée à ne plus perdre d’énergie avec eux, j’ai fini par repérer leurs caractéristiques au premier abord et par les rayer de ma vie.

J’ai hésité à m’inscrire sur des applis de rencontres. Pas parce que je cherchais à « retrouver quelqu’un » mais parce que j’avais envie de sortir de mes cercles d’amis et de boulot.

Je voulais rencontrer des gens sincères, qui ne jouent pas un rôle social mais je n’y parvenais pas.

Un soir, j’ai créé un profil sur OkCupid qui m’a fait matcher avec un mec que je connaissais… mais que je savais à l’opposé de mes envies. J’ai supprimé mon compte illico.

Aimer de nouveau

Quelques temps plus tard, sans m’y attendre, je suis tombée dans le cou d’un garçon sensible.

Cette rencontre a rouvert mon cœur, que je croyais anesthésié pour longtemps. Parce que je l’ai aimé très vite très fort, il s’est installé chez moi.

Je m’étais promis de ne plus laisser de mec s’installer dans ma « maison intérieure », je m’étais jurée de conserver mon espace à moi, pour m’épanouir seule…

Mais là encore, la réalité a dépassé mes bonnes intentions.

Il était en galère de thunes et s’installer chez moi lui permettait de trouver un peu de confort dans la précarité.

Ça a été très cool un temps, puis comme je m’y attendais, j’ai étouffé, j’ai fini par rompre et il est parti.

Dans cette relation, j’avais mis un point d’honneur à communiquer sur les trucs qui me tiraillaient le ventre, les frustrations du quotidien et les décalages profonds entre nos personnalités et nos envies.

Avant lui, je n’avais jamais discuté aussi longtemps et profondément de ce que j’attendais d’une relation, aussi bien sur le plan émotionnel que sexuel.

Il était hors de question de refaire les mêmes erreurs que dans mes relations précédentes : dès qu’un sentiment d’étrangeté me parcourait, j’essayais de mettre le problème sur la table.

J’ai dû lutter contre ma peur de blesser, de faire mal, mais à force de parler ouvertement de nos doutes, on s’est quittés en bons amis et jamais une rupture ne m’aura semblé aussi facile.

Les relations pansement existent-elles vraiment ?

Dans mon entourage, cette relation a été un peu commentée. Qualifiée de « relation pansement » par certains de mes proches, elle a créé des réactions plutôt tièdes.

« C’est bien que tu remontes en selle », « ça durera le temps que ça durera »…

J’ai senti que pour certains, remettre de l’énergie dans une relation après une rupture aussi marquante, c’était forcément voué à l’échec.

Dans l’imaginaire commun, la première relation après une rupture difficile est là pour essuyer les plâtres. Elle ne serait pas vouée à durer car les sentiments ne seraient pas profonds ni sincères.

Je ne doute pas que certaines personnes qui n’ont malheureusement pas fini leur chemin de reconstruction se retrouvent dans cet entre-deux.

J’ai autour de moi plusieurs potes qui sont retournées avec leur ex après une relation de ce type.

Certaines histoires nous marquent parfois moins que d’autres… mais pour autant, ces partenaires d’une patience rare méritent-ils qu’on les qualifie de sparadraps ?

Les gens qu’on aime vite et fort, peu importe le temps que ça dure, ne sont pas que des bouches-trous affectifs. Ils nous accompagnent, pas à pas, sur le chemin de la guérison.

Il y a quelques semaines, je me suis rendu compte que je ne pouvais plus revenir en arrière pour une raison simple : après avoir rompu avec ce mec gentil, nous avons vraiment gardé contact.

Je continue à passer du temps avec lui sans qu’aucune ambiguïté n’existe dans nos intentions, sans qu’aucune frustration ne prenne le dessus. Et confortée dans mes envies, je suis tombée dans le cou de quelqu’un d’autre.

Mais ça, c’est une autre histoire…

À suivre dans le Carnet de Rupture

Lettre à la Audrey d’il y a un an (Carnet de Rupture #12)

Une madmoiZelle


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Commentaires

Riun

Je me retrouve un peu dans l'article. Dans le sens où j'ai entretenu une relation qui fait du bien, sans pour autant qu'il y ait des sentiments de ma part.
Et pourtant, elle est arrivée est arrivée tout à fait naturellement, sans que je cherche à entretenir une relation dite "pansement" (moi non plus, je ne supporte pas ce terme).
Mais il y avait tout de même beaucoup de sincérité et d'échange dans cette relation. C'est juste que dès que j'ai commencé à sentir qu'il y avait des sentiments de l'autre côté, j'ai coupé court avec beaucoup d'honnêteté et de franchise.

Enfin bref, il y avait beaucoup de sincérité dans cette relation, rien n'était prémédité et tout coulait de source. Et je peux affirmer qu'elle est tombée au bon moment dans ma vie (et c'est réciproque) et que cela m'a fait un énorme bien. D'ailleurs je discute encore avec cette personne, en tout bien tout honneur et nous avons gardé une très bonne impression l'une de l'autre.
 

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