Quand le web a commencé à parler de Facebook, j’ai refusé de m’embarquer dans l’aventure, de peur d’y passer ma vie. Et puis comme tout le monde, j’ai fini par m’inscrire… Avant de me désinscrire quelques semaines plus tard. Les raisons ? Les v’la.
Avertissement : Tu as atterri ici en pensant lire une enquête flippante digne du Droit de Savoir sur la menace que Facebook fait peser sur la vie privée des français ? Dommage pour toi : ce sera pas le cas. J’aime les titres racoleurs, c’est tout
Préambule : tu n’as jamais mis le mulot sur Facebook ? Alors voici une petite explication de son fonctionnement.
Selon tes préférences, tu peux choisir d’ajouter certains utilisateurs comme « amis » et de dévoiler les différentes parties de ton profil au web entier, à tes « amis » uniquement, voire à certains de tes amis seulement.
Ce qui fait la grande force de Facebook, ce sont les nombreuses nouvelles fonctions (ou « applications ») que le site te propose d’ajouter à ta page. Exemple : des tests de personnalité dont tu peux afficher le résultat ; la possibilité d’afficher et de dédicacer de la musique (iLike) ; d’envoyer des vidéos, d’intégrer des groupes et causes plus ou moins sérieux (de « Libérons Ingrid Bétancourt » à la « Fédération Française de l’Apéritif ») ou encore d’abreuver tes « amis » de gestes d’affection divers (« embrasser », « enlacer », « fesser à coup de pelle »…)
Facebook ayant son jargon, une petite mise au point lexicale s’impose :
Wall : « mur » de messages associé à ta page et sur lequel tes « amis » peuvent venir poster leurs remarques (« Hééé, t’as une sale tronche sur ta photoooo ! », « Viens me claquer la bise, coquine » etc.)
Superwall : même chose, mais avec la possibilité de poster des vidéos etc.
Applications : série de fonctionnalités inutiles mises au point pour favoriser la procrastination.
Mini-feed : encart sur lequel apparaissent par défaut tes derniers faits et gestes Facebookiens (ex : tu viens de modifier la photo de ton profil ? Ton mini-feed l’indique).
Facebook, réseau de l’amour et de l’amitié
En t’aidant à mieux connaître et chouchouter tes camarades, Facebook peut faire grandir tes amitiés… Mais aussi les menacer en révélant des infidélités et préférences d’ordinaires cachées. Exemple : hier, prétextant une migraine ragnagnesque, tu es allée te biturer au Beaujolais avec tes copains de bistrot boulot au lieu d’assister à la soutenance de thèse de Dourchka, ton amie de 10 ans. Dans la vie réelle, aucun lien entre Dourchka et tes compagnons de débauche, donc aucun risque que ta trahison soit révélée.
Avec Facebook, en revanche, il suffit d’un message malencontreux sur ton « wall » pour que Douchka découvre que tu n’es qu’une salope dissimulatrice (oui, tu en es une. Bitch).
Et ces hiérarchies odieuses que de nombreuses applications instaurent dans ta liste d’amis ? C’est pas de la bombe à merde, ça ?
Exemples : le comparatif (« Marcel Ophane est plus sexy que Dorothée Trisse », « Dorothée Trisse est plus talentueuse que Simba Kélite » etc) ou le superlatif, qui consiste à attribuer aux individus de ton réseau divers qualificatifs flatteurs (Le plus beau cul de Facebook, Le plus susceptible de tenir une promesse…).
Dans le genre jeu cruel, on n’avait pas vu plus brutal depuis les cours de handball du collège, quand personne ne te prenait dans son équipe parce que t’étais plus tête d’ampoule que super buteuse.
On imagine facilement les conséquences que ces dérapages peuvent avoir sur une vie de couple…
C’est qui Carmina Burne-nana ?
- HU?
- La truie qui poste des photos de cul sur ton superwall, c’est qui?
- Je l’ignore, darling : je l’ai rencontrée sur myspace.
- Tu la vires de tes friends ou t’as pu qu’à t’inscrire sur Meetic. Darling.

Facebook, terre d’avenir professionnel
Comme de nombreux réseaux sociaux, Facebook est paraît-il est un bon moyen d’élargir son horizon professionnel en tapinant en nouant des contacts avec de futurs recruteurs ou partenaires. Le problème, c’est que c’est aussi un bon moyen de se griller auprès de ses recruteurs actuels.
Explication : avant Facebook, ta vie était confortablement compartimentée. Boulot (ou fac), Couple, Sphère familiale, Amis proches, Connaissances amicales, tout était rangé dans de jolis Tupperware posés sur l’étagère en pin massif de la vie*. Oh bien sûr, tout ce beau monde était parfois amené à se croiser, mais chacun restait plus ou moins à sa place.
*Oui, j’aime les métaphores filées. Et alors, ça te ballonne ?
Depuis Facebook, c’est le bordel dans la cuisine. Dans ta liste d’ « amis », ton sympathique maître de stage côtoie ton frère qui côtoie ton meilleur ami virtuel (celui que tu as rencontré sur myspace et vu une seule fois en réalité) qui côtoie ton copain d’enfance, qui côtoient les boutonneux de ton DESS de Design Informatique et Multimédia. Et quand ces différentes vies se rencontrent dans le creuset facebookien… C’est le Big Bang Brise Burne.
C’est ainsi que ton boss, jospiniste militant (oui, il en reste), découvre via un tag malheureux les photos la dernière soirée de ton groupe Tous Royalistes et décide in petto d’ « oublier » ton inscription au colloque annuel de la boîte à Saint Barth. Ou pire.
Bien sûr, tu peux choisir de montrer ou non ton profil et chacun de ses éléments à tel ou tel « ami » de ton réseau. Mais comme personne n’a envie de s’emmerder à tout filtrer, on laisse couler… Et c’est le drame.
Aurais-tu le désir inconscient de perdre ton emploi, Dimitri ?
- Tu rigoles ?! Déjà que j’ai mis 2 ans à décrocher un CDD…
- A voir comment tu parles de ton employeur sur mon « wall », pourtant…
- Mais qu’est-ce qu’y me gicle, lui ?
- Tu sais que mon profil est visible de tous ?
- Ah non.
- ET que ton employeur est dans mon groupe « Les amis du minitel? »
- Ah bon ?
- Ce qui veut dire qu’il peut voir tes message.
- Ben…
- Or, personnellement si je lisais « Je me fais chier au taf, mon boss est un con antipathique mais heureusement, ya la picole ! XD », je douterais de ton engagement professionnel.
Vocation « No life »
Au-delà des risques de dérapages et brouilles, le vrai danger de Facebook vient de son côté addictif. Tu y entres sceptique, décidée à observer l’affaire de l’œil distant du sociologue… Et plus jamais tu n’en sors.
Probablement conçu par des terroristes pour enchaîner à leur écran les forces vives du web international, cet outil diabolique flatte les trois grands travers de l’internaute accompli : le nombrilisme, le voyeurisme et la procrastination. Entre les applications kawaï (balancer un bisou, une boule de neige… Une quiche ?), les Quizz pour tous (du très général Les princesses Disney au très pointu La cité de la Peur) et les tests de personnalités incongrus (Quel serial killer es-tu, Quel légume es-tu ?… Quelle maladie de peau es-tu – chercher l’intrus), on pourrait passer des heures à se regarder le nombril et mater celui des autres. Résultat : plus de vie. Ce qui n’est pas très grave, puisque (rappelons-le) tu n’as plus ami, ni amant, ni boulot. Merci qui ? Merci Facebook !
Dilou-dilou, dilou-dilou. Dilou-dilou, dilou-dilou (bruit de sonnette)
..
Gniiiii (bruit d’ouverture de porte)- Farid ? Mais qu’est-ce que tu fais là, mon petit ? Je croyais que t’étais mort !
- Non, mémé… J’étais sur Facebook.
- Fesse quoi ?
- Book. Un… Une sorte de secte.
- Aïe, c’est pas vrai ?!! Mon petit-fils dans une secte ?!
- Oui. Mais c’est fini, je m’en suis sorti et je suis là.
- Mon pauvre petit ! Viens voir ta mémé, qu’elle te fasse un bon chocolat chaud.
- Avec du gâteau au miel ?
- Avec du gâteau au miel.
- Tiens, ça tombe bien que tu sois là, mon makroub. Tu vas pouvoir me réparer mon blog, j’arrive pas bien à lire les touches, avec ma vue qui baisse.
- Tu… T’utilises internet, mémé ?
- Et alors ? Qu’est-ce que tu crois ? Les vieux aussi y z’ont droit à l’internet !
- Oh, progrès ! Vas-tu donc tout broyer dans ton effroyable marche ?
- Hein ?
- Je disais : c’est bien, maintenant tu sais comment ça marche.
Internautes innocents, soyez prévenus : squatter sur Facebook, c’est comme adopter un Terre-Neuve. Ca paraît beau comme un cil de bisounours, mais c’est aussi une sacrée machine à emmerdes.








Le 30/07/2008 à 15h57
Fessebouc (:boxed- ils ont une vie bien remplie
- une vie sociale un peu plus chargée que la mienne
- et d'autres ami(e)s.
Je me vois mal parler de mes dernières lectures ou de ma dernière acquistion en matière modesque car je sais que la moitié des fessebouqueurs s'en tapent.
Les réseaux sociaux, j'aime pas trop.
Sûrement dû à mon petit coté grizzly !
Par contre, il y avait une application assez marrante sur Facebook ou tu pouvais acheter des amis. Une pote l'a fait, elle a acheté son mec...
Le 16/11/2008 à 13h21
Moi je suis addict, et là en lisant l'article et vos com je viens de décider d'aller en rehab ! lol Non mais très sérieusement facebook c'est assez malsain, on voit tout ce que fait tout le monde, si toi même tu n'es pas bien dans ta peau je pense que ça peut avoir des conséquences désastreuses (ha, tiens, mais moi j'y étais pas à cette soirée ... où pourquoi elle m'invite pas à son anni dont elle parle à tout le monde ?). Moi j'ai une politique à accepter toutes les invitations d'ajouts à mes amis (j'invite très très peu, par peur de me faire refouler), ben résultats tu finis par confondre tes vrais amis (ceux de la réalité) et les autres, c'est "faux" amis, tu fais l'amalgame. Donc c'est décidé, je m'y connecte plus tous les jours ! (pas folle bibi, jpeux pas m'en retirer comme ça, c'est comme la cigarette, jme met un patch ! lol).Malgrès tout, fb c'est très très pratique, tu envoyes des messages bcp plus simplement que par mails (bon maintenant avec la nouvelle version de hotmail, j'ai plus d'excuses...), pour les projets de fac en groupe c'est super méga pratique. Tu reprends cotact avec des anciens amis, des gens rencontrés dans d'autres pays...
Jsuis pas trop, trop application, par contre niveau photos, je suis addict (c'est comme voici fb), ce qui est MAL (je sais).
Voilà, oui à fb, mais avec parcimonie !
Le 16/11/2008 à 13h29
J'étais contre, et puis après m'avoir créé un compte pour aider mes amis (ils me posaient souvent des questions sur facebook à l'époque où il était encore en anglais) j'ai peu à peu morduMes amis sont classés dans trois listes :
Amis, pour les amis que je connais irl, de vrais amis/copains ainsi que certaines personnes de ma classe que j'apprécie.
Internes, les internes du lycée habitant souvent à l'étranger avec qui je m'entends bien
Internet, pour tout ceux que j'ai connu sur Internet, des filles d'ici surtout
Enfance + famille, pour ceux que j'ai connu étant enfant (j'ai déménagé) et avec qui ça ne me dérange pas de partager mes infos (ce sont surtout des amis qui ont eux-mêmes déménagé), et mes cousines.
J'évite de faire des quizz, et de mettre sur internet des choses (photos, vidéos, textes) qui pourraient (éventuellement) être compromettantes.
Le 16/11/2008 à 14h07
Facebook, j'ai été un peu la première à m'y mettre dans mon groupe d'amis/ mes connaissances. Et puis bien sur, ils ont tous suivi par la suite, et ont ramené plein de monde. Maintenant, ça me lasse un peu quand même. J'ai plus l'impression de perdre mon temps, et tout, mais en même temps, je fais toujours mon petit tour pour voir qui n'est plus ensemble, qui sort avec qui... C'est un peu des potins virtuels.Le 17/02/2009 à 18h39
Inscrite depuis 2008 aussi ... Addict? Oui ça sert à rien de s'le cacher! J'y vais tout les jours au taff. Avant je comprenais pas les enjeux pour la vie privée, l'appartenance de NOS photos à FaceBook... Maintenant je sais. Je regarde tout les reportages sociologiques là-dessus!Au début j'faisais les tests débiles, j'envoyais des bidules, des winnie & compagnie. Maintenant c'est fini, ça m'a lassé. Je suis passé de 270 amis à 160, pcq j'ai fait un tri très utile entre les "parasites" et les vrais connaissances / amis. J'ai crée des sous-dossiers : un VIP, un FAMILLE et un autre CONNAISSANCES. Comme ça c'est bien clair. Quand au photos, je ne met rien de vraiment craignos. Et j'enlève mes "tags" sur les photos où je n'aime pas ma tête. Et le droit à l'image bordel!
"Le vrai danger de Facebook vient de son côté addictif. Tu y entres sceptique, décidée à observer l’affaire de l’œil distant du sociologue… Et plus jamais tu n’en sors" TRES JUSTE
Le 26/02/2009 à 23h38
Voila qui m'a définitivement convaincue de ne JAMAIS mettre les pieds sur Fesse-de-bouc! J'ai pas franchement envie de retrouver ma vie tout entière déballée sur un site moisi auquel des milliards de moutons sont accros, & puis.. j'ai toujours préféré la vraie vie au virtuel, haha. Cela dit l'article est hilarant & génialement bien écrit!Le 26/02/2009 à 23h57
Addict totalement, j'assume... J'ai assez peu d'amis comparé à d'autres donc j'ai pas l'impression d'être ultra super surveillée. C'est tout bête, tout simple mais je me tape des barres en allant dessus, ça me permet de pouvoir parler avec des gens que je peux pas voir tous les jours, même si on dit que des conneries et que je pourrais faire des choses plus utiles.Le 27/02/2009 à 00h24
ce que je préfère sur facebook, ça reste les groupes à la conj'ai du en rejoindre à peu près 85 juste parce que j'aimais leur nom !
au hasard les groupes :
"je trouve que le poney est un animal inutile"
"si toi aussi quand tu écoutes ton ipod dans la rue, tu te crois dans un clip"
"pour que Winnie l'ourson mette un pantalon"
"parce que toi aussi tu as déjà essayé d'insérer l'antivol du caddie sur lui-même"
Le 28/02/2009 à 17h27
"Donc voilà, facebook c'est pas plus compliqué que ça: suffit de savoir gérer les filles"Pas vraiment d'accord avec toi Liloo... Je ne suis pas inscrite sur facebook parce que cela me fait peur (non, non j'exagère pas^^). Je m'explique : Je n'ai absolument pas envie de m'étaler sur facebook, ça c'est clair, mais même si je ne suis pas inscrite, je n'ai aucun moyen de surveiller mon image puisque n'importe qui peut mettre des photos ou vidéos de moi, et n'importe qui peut les voir ensuite... Ce n'est pas que je me fais photographier à poil par tout le monde (personne d'ailleurs^^) mais j'ai appris récemment, par une amie qui est inscrite, que de vieilles connaissances avaient posté de très anciennes photos de moi... Genre les vieux dossiers enfouis... Comment peut-on contrôler cela ? Surtout que tant qu'on ne s'inscrit pas, on ne peut rien voir... Je trouve vraiment ça vicieux et dangereux... Depuis, je prend le compte de cette amie régulièrement histoire de faire un tour (notamment sur le profil de mon copain, et d'autres potes...) mais je n'adhère absolument pas et j'ai hâte que cela soit passé de mode.