Dalida — Les icônes pop du Docteur Love

Dalida est à l'honneur aujourd'hui : cette icône pop ne quittera jamais le coeur du Docteur Love, qui vous raconte ici son parcours marqué par de nombreuses tragédies.

Dalida — Les icônes pop du Docteur Love

Le mois dernier, lors d’un week-end à Paris sur les traces de leurs morts préférés, le Docteur Love et son compagnon débattaient vivement autour de cette question : « Qui est le plus génial : Jim Morrison ou Dalida ? ».

L’homme, sans l’ombre d’un doute, répondait Jim.

Le Docteur, quant à elle, défendait avec ferveur sa chanteuse préférée.

People are strange, c’est bien joli, oui. Mais Il venait d’avoir 18 ans, ça tue sa mère. C’est pas « joli », c’est carrément digne de rivaliser avec du Jean-Sébastien Bach. Mais dans la catégorie pop.

De Yolanda Cristina Gigliotti à Dalida

Dalida voit le jour au Caire le 17 janvier 1933 sous le patronyme un tantinet trop long de Yolanda Cristina Gigliotti. Elle a un grand frère qui s’appelle Orlando et un petit frère qui s’appelle Bruno mais se fera rebaptiser Orlando lui aussi, au moment de devenir le manager de sa sœurette (l’a-t-il fait dans le but de décharger toute responsabilité sur son frère au cas où sa sœur aurait fini comme Yvette Horner ? Souffrait-il d’une manifestation fortement pathologique du banal complexe du petit frère ou encore d’une variante fraternelle du complexe d’Iznogoud ? Wikipédia L’Histoire ne nous le dit pas).

Fin 1933, nous sommes toujours en Egypte, et la petite Dalida passe 40 jours dans le désert dans le noir à cause d’une sale infection aux yeux qui lui laissera pour toujours un léger strabisme. C’était plutôt mignon. La preuve, c’est qu’elle remporte le titre de Miss Egypte en 1954 (Jim Morrison ne sera même pas deuxième dauphin).

Sur ce, elle décide d’aller tenter sa chance à Paris comme actrice dans un premier temps et puis finalement comme chanteuse. Elle se choisit un nom de scène un peu plus fun que Yolanda Cristina : elle sera DALILA. Mais voilà, on imagine bien le nombre de vannes stupides du genre « Il est où Samson ? » Et donc, du coup, elle vire le L et met un D à la place et devient DALIDA. Pour l’éternité.

Dalida, chanteuse kitsch des années 50-60

Lucien Morisse, directeur des programmes sur Europe 1, la repère, la pistonne et l’épouse. Il sera son premier mari, vite cocufié par le peintre Jean Sobieski, papa de l’actrice Leelee (Deep Impact, Public Enemies). Ils divorceront en 1962 mais resteront bons copains.

De 1955 à 1964, Dalida est brune et chante un tas de tubes kitsch en roulant les R (comme en aurait été bien incapable Jim Morrison, soit dit en passant) tels que Gondolier ou encore Bambino. Puis, en 1964, elle devient blonde et s’achemine progressivement vers le Panthéon des icônes pop.

Dalida, née sous une mauvaise étoile

Malheureusement, la deuxième moitié des années 1960 marque aussi le début d’une vie de merde, du genre de celles que je ne souhaiterais même pas à ma propriétaire pire ennemie.

Sortez vos mouchoirs car Dalida a le don de vous foutre le bourdon autant qu’elle a l’art de vous donner envie de danser en slip à paillettes chez Michou.

  • Le 26 janvier 1967, son amoureux le beau et ténébreux Luigi Tenco se suicide dans une chambre d’hôtel durant le festival de San Remo. C’est Dalida qui trouve le corps. En plus, ce soir-là, ils auraient dû annoncer leur mariage imminent.
  • Ce genre d’événements n’étant pas des plus simples à surmonter, le 26 février 1967, soit un mois plus tard, elle se concocte un cocktail à base de barbituriques. Première tentative de suicide. Ratée.
  • Le 11 septembre 1970, vous n’en croirez pas vos yeux, mais c’est Lucien, son ancien mari, qui met fin à ses jours. Dans l’appartement qu’ils ont jadis partagé en plus.
  • Quatre ans plus tard, en 1974, son pote Mike Brant tente le coup. Heureusement, il se rate. Dalida est la première à rappliquer à son chevet pour lui remonter le moral.
  • C’est peine perdue car six mois plus tard, il recommence et, cette fois, ne se loupe pas. Et de trois.

Deux ans plus tôt, Dalida avait commencé une liaison avec un hurluberlu mythomane qui se prétendait d’ascendance noble. Il aurait, selon la légende, débarqué chez la chanteuse vêtu d’une cape noire et d’une chemise à jabot. Ça l’a sans doute bien faite marrer (moi, à sa place, j’aurais appelé la police) : Richard Chanfray, a.k.a. le comte de Saint-Germain partagera sa vie pendant 9 ans.

Et ben vous savez quoi ? Deux ans après la fin de leur histoire, ce drôle de type se suicide lui aussi, en même temps que sa nouvelle compagne.

Chanter le désespoir

Cette série de coups du sort teinte d’une profonde mélancolie les plus belles de ses chansons. Ses interprétations d’Avec le temps de Léo Ferré et de Je suis malade de Serge Lama fendent le cœur ; il s’en dégage une émotion que, foi de Docteur Love, bien peu d’artistes à ce jour ont été capables de communiquer (et certainement pas Jim Morrison).

Et puis, comme si le bon Dieu ne s’était pas suffisamment acharné sur elle, à 34 ans, à peine remise de sa première tentative de suicide, elle tombe enceinte d’un jeunot de 22 ans. C’était pas prévu et l’heureux événement est plutôt malvenu : Dalida décide donc d’avorter.

Mais comme en 1967 on ne faisait pas ça dans la dentelle, l’opération la rend stérile. Un nouveau drame, et pas des moindres. Elle tentera d’exorciser sa douleur en chantant Il venait d’avoir 18 ans, dont le texte a été écrit par son ami Pascal Sevran (celui de La Chance aux chansons, lui-même !).

The show must go on

Dalida n’entend pas faillir à sa réputation d’idole populaire et devient la reine du disco dès 1975. Laissez-moi danser, chante-t-elle sous les boules à facettes, la robe couverte de paillettes et la crinière impeccablement permanentée.

Elle ne se refuse pas non plus une petite incursion dans le répertoire raï, renouant avec son enfance en Egypte, en chantant Salma ya Salama, tube kitdch qui aura fait se tortiller depuis lors tout un tas de danseuses du ventre.

Malgré le succès et l’amour de ses fans, le fardeau de Dalida est trop difficile à porter. Elle rejoint ses amours et ses amis dépressifs dans la nuit du 2 au 3 mai 1987.

Dalida 1 – Jim Morrison 0. Sans rancune, Jim !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Ninicoco
    Ninicoco, Le 5 août 2013 à 0h54

    ah Dalida quelle vie tout de même...
    elle a été à l'avant garde de son époque: mannequin , chanteuse, actrice...une forte personnalité qui cachait tant de fêlures, de fragilité. une véritable icone.

    juste une remarque cependant, elle n'a pas chanté de rai mais une chanson traditionnelle égyptienne revisitée (toute chanson arabe n'est pas du rai...)

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