Jeux Olympiques : ce qu’on ne dit pas assez

Pondu par Emilie Laystary le 8 août 2012     

À l’heure où la France entière semble vivre au rythme des cliquetis des médailles d’or et d’argent, Émilie Laystary revient sur la face cachée des JO, manifestation pas plus sportive… qu’économique et chauvine.

En ce moment, il n’y en a que pour eux : les Jeux Olympiques sont dans vos notifications LeMonde.fr, nos dépêches AFP, la bouche de la concierge, les articles de Une de la presse quotidienne nationale et les sujets d’ouverture du JT. Marronnier quadri-annuel, l’événement sportif mondial jouit à chaque édition d’une couverture médiatique exceptionnelle, symbole palpable d’un enthousiasme d’envergure internationale. Cette allégresse proche de l’ultra fanatisme m’agace.

Mon propos ici n’est pas celui de la castration : comme vous le savez, avec sa rubrique Ça s’est passé aux JO qui décortique le fait marquant du jour, madmoiZelle ne boude pas la manifestation sportive – et c’est tant mieux. Je suis loin d’exiger de la presse qu’on lui mette des oeillères. L’actualité dans son ensemble mérite d’être couverte, traitée, relayée, commentée. Mais cette même actualité devrait aussi appeler, me semble t-il, à la critique et au discernement. Ce que, vraisemblablement, l’engouement frénétique pour les JO ne permet pas.

Bien sûr, il y a toujours les traditionnels reproches faits au CIO (il est composé de membres élus à vie ; son président pendant plus de 20 ans, Avery Brundage, a été accusé de racisme dans sa gestion de l’apartheid; Juan Antonio Samaranch, un autre président du CIO, a été remarqué pour son népotisme, etc.) Mais en période de festivités, ces critiques se voient noyées par l’emballement des foules et des journalistes – c’est qu’il s’agirait quand même de ne pas gâcher l’ambiance, chuchote le prompteur médiatique.

— À voir : Panorama: Buying the Games, un documentaire de la BBC diffusé en août 2004 qui retrace l’enquête sur les pots-de-vin lors de la sélection de la ville organisatrice pour les Jeux Olympiques d’été de 2012.

Aurait-on laissé notre capacité à rester sobre dans les vestiaires ? Certains avancent l’idée que de toute façon, il ne se passe rien en août, vacances et congestion de l’autoroute du Soleil oblige, alors « autant parler des JO, au moins ça distrait ceux restés à Paris ». C’est absolument faux. Le sentiment de creux journalistique en période estivale est un phénomène systémique : tout le monde pose congés pour aller sur la côte, même les gratte-papiers. Mais le fait que Morandini a enfilé son bermuda et que Claire Chazal porte des tongs n’enlève rien au drame qui se noue en ce moment en Syrie. Regardez : Kofi Annan a abandonné sa mission, mais le monde entier n’a d’yeux que pour Usain Bolt. Scoop : il paraîtrait même qu’à quelques kilomètres de tout ce faste londonien, les mal-logés et les précaires sont toujours pauvres. Quelle audace. Appelons Ken Loach, il a encore du boulot.

Alors on me lance que je suis trop dure, trop universaliste, trop puriste. Que j’exagère de toujours la ramener avec la pauvreté, que je ne suis qu’une rabat-joie qui finalement n’a jamais rien compris au sport. Pourtant, le rapport JO-pauvreté existe vraiment. Qui finance le sport de haut niveau ? Les investisseurs du monde entier, qui tablent sur la retransmission télévisée pour s’en mettre plein les poches. Et qui regarde les JO ? Les ménages qui se sont péniblement saignés à s’acheter un petit écran perlé, soit 14 pouces d’ouverture sur le monde, sorte de cordon ombilical avec les luxes ostentatoires du spectacle. Une boîte qui permet à tout le monde d’avoir l’impression de faire partie du jeu alors que « les vrais acteurs, c’est les nantis », en somme.

À ce propos, Pierre Guerlain, professeur à l’université de Paris-Ouest-Nanterre, a écrit dans Le Monde :

« Les JO ne sont que la forme exacerbée et mondialisée du triomphe de la société du spectacle décrite par Guy Debord. Ils représentent un gâchis de ressources extraordinaire, comme nombre de compétitions sportives. Le bilan carbone de ces jeux est catastrophique, il en est de même pour l’impact général sur l’environnement. Les JO favorisent en outre les investissements dans des secteurs qui promeuvent l’inégalité. »

Qui plus est, nous, contribuables, payons à la construction de stades gigantissimes destinés à accueillir les « sportifs-divas »… stades que nous n’utiliserons jamais. « Combien de stades de banlieue, de foyers communautaires, d’écoles ou de centres aérés pourraient être construits avec cette manne déversée sur une toute petite minorité ? », s’interroge avec nous Pierre Guerlain. Pendant que les foules en délire s’essoufflent à applaudir, les JO restent une énorme entreprise économique, symbole d’un libéralisme forcené qui ne serait pas aussi insupportable s’il ne s’enorgueillissait pas à se parer des valeurs du sport.

En attendant, les dixièmes de seconde gagnés par nos vedettes de stade n’ont pas instantanément augmenté notre niveau de vie. En revanche, ne vous inquiétez pas pour elles : nos stars primées savent tirer tout ce qu’il faut de leurs médailles (— lire « Combien rapporte une médaille d’or ? »)

Certains me répondront « Mais ce n’est pas contre les JO que tu en as alors, c’est contre cet indécent système économique qui sur-rémunère les sportifs ! » Les jours où je cours après une rédaction pour qu’elle me paye ma dernière pige avant que le couperet de mon loyer ne tombe, il m’arrive effectivement d’avoir une petite pensée haineuse pour l’industrie du football, dans laquelle un transfert de joueur peut valoir 100 millions d’euros.

Mais ce qui m’énerve dans les JO, ce n’est pas seulement que l’événement est une vitrine modernisée de la lutte des classes : c’est aussi qu’elle est un effarant piédestal à chauvinisme. D’un coup d’un seul, il devient acceptable d’aboyer à la gloire de son pays, sans jamais s’interroger ne serait-ce qu’une seconde sur ce que révèle une telle adhésion : la fierté nationale n’a rien à voir avec un sentiment d’appartenance sain, elle est un produit dérivé du spectacle, un opium du peuple vectorisé et côté en bourse. Selon le chanteur Morrissey, la cérémonie d’ouverture des JO a étrangement rappelé l’atmosphère des parades nazies.  Sans nécessairement toucher le point Godwin, je dois avouer que cette cérémonie sous forme d’éloge plein de raccourcis à l’Angleterre m’a aussi laissée interdite.

Bien sûr, il y a l’argument de la géopolitique en ma défaveur : les Jeux seraient une façon de temporiser (et tempérer) les ardeurs nationalistes, velléités de guerre et raideurs sur l’échiquier international. D’accord, je suis assez sensible à cette rhétorique : le sport fait évacuer les tensions, et en théorie, ça marche autant dans les associations qu’on lance dans les banlieues que dans les compétitions médiévales d’antan, à la Interville. Sauf qu’aujourd’hui, force est de constater que les JO se sont dépolitisés. L’événement n’est aujourd’hui rien d’autre que l’occasion pour un pays d’être le centre du monde le temps de quelques semaines, cirque vers lequel tous les regards patriotiques convergent et eldorado des investisseurs.

Robert Redeker, philosophe, disait à ce propos :

« Le sport est une propagande permanente pour le libéralisme économique. Il exalte bien sûr les marques, la consommation débridée, le fétichisme de la marchandise, mais aussi la loi du plus fort, le mépris des plus faibles, le culte de la performance, de l’évaluation, de la maximisation des forces, de la concurrence forcenée. Son idéal : les hommes sont des loups pour les hommes, homo homini lupus. »

(— C’est notamment par cette citation que Pierre Deruelle commence ce post de blog dans lequel il analyse le profil déontologique de l’ensemble des partenaires économiques des JO, supposés « inspirer toute une génération ». De Coca-Cola, qui bafoue la dignité de ses petits producteurs, à Samsung et ses évadés fiscaux, ça fait rêver.)

Bref : sans pour autant prôner un boycott de l’événement (après tout, je comprends bien qu’il peut être distrayant, voire enivrant à suivre), je pense qu’il serait plus sain d’accueillir les JO avec plus de réserve. L’euphorie ambiante ne laissant pas assez la place à la critique, tels quels, les JO sont davantage une propagande pour le libéralisme économique forcené et un culte du spectacle opulent qu’une ode au sport et à ses valeurs supposées humanistes.

Ça vous a plu ? Faites tourner !

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Cet article a été pondu par Emilie Laystary - Tous ses articles

Émilie Laystary est journaliste indépendante (VICE magazine, RTL.fr, les Inrocks, etc.) spécialisée en politique et société. Elle tient ici la rubrique "Le Petit Reportage" dans laquelle un fait d'actualité est décrypté chaque semaine. Retrouvez également ses billets d'humeur sur son blog, Pensées Pastiques.

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  1. salviasalvia

    Le 10 août 2012 à 11:53

    Posted by kiayou
    Et je pense que selon toi la valeur ajoutée est "de délivrer un message".


    Mais c'est important de savoir quels sont les messages que l'on reçois et quels sont ceux que l'on envoie. En être conscient nous permet d'avoir le choix d'adapter nos comportements et donc d'être libres.
    Il est important de connaitre les conséquences de nos actes. Ainsi lorsque j'achète un pot de nutella par exemple, j'encourage indirectement la déforestation en Asie. En sachant cela je peux choisir d'agir en achetant une autre marque qui ne contient pas d'huile de palme.

    En me rendant aux Jo (en tant que sportifs, ou spectateurs) j’encourage leur organisation et donc l'expulsion de certaines population, la dépense d'argent inutile (je pense au stade de cape town construit pendant la coupe de monde et à la mise en place de transport en commun réservés aux touristes alors que la population vit toujours dans des township et meurt du sida), la prostitution, la mise en valeur de sponsors douteux et donc leurs actes etc etc

    En regardant les JO j'encourage leur diffusion médiatique et j'accepte de devenir une cible marketing.

    Il n'est pas question ici d'être bête ou intelligent, heureux ou malheureux, il est question d'être curieux et de se renseigner.
    Les médias nous font croire que les JO ne sont qu'un divertissement sans conséquences, diffuseur de valeurs, alors que c'est faux et je crois qu'il est important d'en être conscient.

    @syndrompeterpan

    Ce n'est pas moi qui est apporté la comparaison avec l'Art, si j'ai choisit de répondre sur ce sujet c'est pour expliquer la différence entre l'Art et le Sport mais je n'ai jamais dit que l'un était mieux que l'autre et je ne suis pas à l'origine de leurs définitions.
    D'ailleurs l'art peut-être aussi néfaste que le sport lorsqu'il est récupéré par de grosses organisations comme les JO et j'ai cité en exemple les NRJ Music Awards.
    Pour être plus claire, ce n'est pas le sport que je condamne c'est la récupération qui en est faite.

    J'ai dit que je ne comprenais pas comment on pouvait aimer regarder le sport à la Tv, je n'aurai pas dû et je m'en excuse. Cela ne m'empêche pas d'aimer le sport lorsqu'il est (je m'auto-cite) "la célébration de l’Être Humain et de ses aptitudes physiques, de la vie, de la communion entre les Hommes et la Nature… " (et il n'y a rien d'intellectuel la dedans).
  2. kiayoukiayou

    Le 10 août 2012 à 15:06

    @salvia: je ne dis pas que ce n'est pas important de s'informer, de connaître ce qui se passe dans le monde, de réfléchir etc. Mais, je dis juste qu'on a pas besoin de faire ça 24h/7J. Or j'ai l'impression que pour toi, tout discipline doit "délivrer un message", sinon ça ne vaut rien. Je ne vois pas le mal de s'abrutir de temps en temps, de regarder par exemple une série/film qui ne délivre aucun message mais qui nous fait passer un bon moment.

    Concernant l'art et le sport, c'est toi qui en a indirectement fait la comparaison quand tu faisais référence au festival de cannes en disant que le festival de cannes nous apporte des réfléxions alors que les JO rien du tout. Pour toi le sport n'a pas besoin de public, les sportifs doivent pratiquer chacun dans leur coin, ils n'ont pas besoin de reconnaissance dans le monde pour tous les sacrifices et les performances qu'ils font, puisqu'ils ne délivrent pas de message de toute façon.

    J'ai l'impression que tu diabolises et dramatises trop les choses. Ton discours est trop extrémiste à mon goût. Tu nous accuses d'encourager la prostitution, la déforestation, la pauvreté, je trouve que c'est pousser le bouchon un peu trop loin. Je pense que personne ne souhaite cela.

    Réfléchir à chaque détail du quotidien, je trouve que c'est trop de prises de tête pour au final peu de résultats… Quand je lis tes messages, ça donne envie de se suicider… Autant arrêter de vivre puisque de toute façon chaque fait et geste, nous contribuons au malheur de monde: si on voyage, on contribue à la pollution, si on lit un livre, on contribue à la déforestation… Au final, mieux vaut rester cloîtrer chez soi, assis parterre sans rien faire, comme ça nous ne faisons du mal à personne.

    Moi je ne comprends pas cette attitude de voir le mal partout, ça doit être dur de vivre comme ça.
  3. SallyVonHolleSallyVonHolle

    Le 10 août 2012 à 20:00

    Alors moi y a un truc qui me fait bien rigoler. Le "tu regardes/tu assistes aux JO, tu participes à cette grosse mascarade qui expulse des familles, qui agrandit la dette d'un pays etc etc".
    Bon alors j'espère pour ces personnes qui tiennent ce discours qu'elles s'habillent uniquement avec des fringues fabriquées en France, qu'elles ne consomment que des produits locaux, qu'elles n'utilisent pas de smartphones qui sortent d'usines asiatiques etc…parce que je me foutrais joyeusement de leur gueule dans ce cas !!!

    Et sinon concernant le parallèle art/sport. Je me permets d'ouvrir ma gu**le là-dessus, parce que j'ai 9 années d'études culturelles derrière moi (en comptabilisant mes années d'histoire de l'art au lycée également). Je ne fais pas de sport, je n'aime pas spécialement suer, et regarder trop de sport à la TV m'ennuie rapidement, mais je respecte tous les sports, et encore plus ceux qui le pratiquent.
    L'art, on le trouve où on veut. La publicité est un art, la mode est un art, et désolée de devoir vous le dire, mais le sport est un art. Tout comme la peinture, il ne suffit pas d'apprendre pour savoir pratiquer un sport. Tout comme la sculpture, il ne suffit pas d'avoir du talent pour être au top. C'est un travail de chaque instant, on ne peut pas devenir un bon sportif sans entraînement, mais sans talent non plus
    Dire que le sport n'est pas un art, c'est ne pas connaître la grande époque du football total, c'est n'avoir jamais regarder un archer tirer, ou un nageur tendre ses muscles pour aller au bout de son épreuve. Le sport, c'est l'art du corps. C'est sublimer ce que la nature nous a donné, pour en faire une oeuvre, une performance, quelque chose qui restera. Alors certes, il n'y a pas forcément de message derrière, mais il n'y avait pas de messages qui pétaient des briques dans la plupart des tableaux de commande, comme dans les portraits royaux par exemple (youpi, message sur le pouvoir et hop, basta ! ).

    Alors oui, les JO ont tout de même été détournés de leur visée première, beaucoup de fric est brassé dans les hautes sphères sportives, mais le sport n'est pas pourri jusqu'à la moelle, certaines disciplines ne sont même pas touchées par ces travers, et c'est irrespectueux pour ces personnes passionnées, qui donnent tout ce qu'elles ont pour réussir, de dire que ce qu'elles font ne vaut rien, et n'est pas digne d'intérêt.
  4. Minerve.Minerve.

    Le 10 août 2012 à 20:20

    Posté par SallyVonHolle
    Alors moi y a un truc qui me fait bien rigoler. Le "tu regardes/tu assistes aux JO, tu participes à cette grosse mascarade qui expulse des familles, qui agrandit la dette d'un pays etc etc".
    Bon alors j'espère pour ces personnes qui tiennent ce discours qu'elles s'habillent uniquement avec des fringues fabriquées en France, qu'elles ne consomment que des produits locaux, qu'elles n'utilisent pas de smartphones qui sortent d'usines asiatiques etc…parce que je me foutrais joyeusement de leur gueule dans ce cas !!!


    Je relève tes propos mais j'aurais pu citer d'autres messages du même genre.
    J'ai envie de dire "Oui et alors ?". Je ne savais pas qu'il fallait consommer français voire local pour se permettre de critiquer les effets néfastes des JO.
    Le titre de l'article c'est "ce qu'on ne dit pas assez". J'ai envie de dire que tout est dit. L'article est là pour, au contraire de tout ce qu'on peut lire actuellement dans la presse, montrer que l'organisation et les Jeux en eux-mêmes, c'est pas forcément le monde des bisounours.
  5. KbiKbi

    Le 11 août 2012 à 19:10

    Posté par Akela
    Ce qui me gêne dans l'article (j'ai pas un avis fondamentalement opposé hein) c'est qu'on fait un procès aux JO alors qu'on ne le fait pas au reste du monde du spectacle. Car c'est essentiellement ça les JO, de l'entertainment. Des sommes phénoménales sont dépensées alors qu'elles seraient mieux mises à profit ailleurs. Oui, en effet, et ? C'est le cas de toute l'industrie du spectacle, donc bon. Si je mets 300 $ dans une place de concert pour voir Lady Gaga, cet argent ne serait-il pas mieux dépensé si je le donnais à un organisme de charité ?

    Là on s'insurge car il y a aussi de l'argent public dépensé ? Hmm bah j'ai envie de dire que les hommes et femmes politiques, on vote pour eux, donc ils représentent, dans une certaine mesure, ce que veulent la population, d'une part. D'autre part, Londres se fait une pub de malade pendant au moins deux semaines. C'est ça aussi les JO, un investissement dans l'industrie du toursime sur le long terme.


    Ce post m'a fait penser aux petits jeux ou tu construit une civilisation. Tu dois gérer les dépenses, la nourriture, la guerre etc. Et dans ces jeux vidéo, si tu ne fais pas de spectacle, tu te retrouve avec des émeutes, de la criminalités etc.

    Bah voila, les JO, c'est ça, ça sert a canaliser les passions, les pulsions.

    Le débat ici a déjà été pousse aussi loin qu'il peut l’être et j'e le pousserai pas plus loin.
    Mais encore une fois, en faite, je suis déçue par mademoizelle, il n'y a pas autant de plus-value que je pensais. Je pense que je suivrais toujours car c'est un lieu ou tu reste au courant de tout ce qui se passe et les articles sont la pour lancer des débats qui deviennent très intéressant sur le forum. En faite, non je reviens a la realite, la plu-value de mademoizelle c'est sa connectivité et son réseau, pas forcement la qualite journalistique.


    Pour les JO j'adore ce truc, je suis chauvine, fiere d'etre francaise, j'ai adore les jeux de pekin, cette annee j'ai la chance d'etre a Londres pour les JO alors je me suis pas prive j'y suis alle. Mais je sais que c'est pas tout rose, et je pensais que cet article serait plus similare a celui qui a ete poste au debut "Comment la propriété intellectuelle a transformé les Jeux olympiques en cauchemar cyberpunk" ou il y a une vrai argumentaire pour critiquer les JO et les dangers non imminents de la chose alors qu'ici c'est juste du sensationnalisme. L'article utilise des termes et des références violentes "nazi" "sportif-divas" etc., bref l'article ne fait pas preuve de mesure et de justesse alors forcement le message ne passe pas. On peut utiliser des termes violent d'ailleurs l'article de silex utilise le terme totalitarisme mais il a passe la moitier de son article a le justifier, il l'insert pas juste comme ça dans une phrase pour faire sensation et faire chauffer la salle. Tu peux pas faire référence au nazime en te justifiant avec une demi-phrase.

    Aurait-on laissé notre capacité à rester sobre dans les vestiaires ? Certains avancent l’idée que de toute façon, il ne se passe rien en août, vacances et congestion de l’autoroute du Soleil oblige, alors « autant parler des JO, au moins ça distrait ceux restés à Paris ». C’est absolument faux. Le sentiment de creux journalistique en période estivale est un phénomène systémique : tout le monde pose congés pour aller sur la côte, même les gratte-papiers. Mais le fait que Morandini a enfilé son bermuda et que Claire Chazal porte des tongs n’enlève rien au drame qui se noue en ce moment en Syrie. Regardez : Kofi Annan a abandonné sa mission, mais le monde entier n’a d’yeux que pour Usain Bolt. Scoop : il paraîtrait même qu’à quelques kilomètres de tout ce faste londonien, les mal-logés et les précaires sont toujours pauvres. Quelle audace. Appelons Ken Loach, il a encore du boulot.
    Alors on me lance que je suis trop dure, trop universaliste, trop puriste. Que j’exagère de toujours la ramener avec la pauvreté, que je ne suis qu’une rabat-joie qui finalement n’a jamais rien compris au sport.Pourtant, le rapport JO-pauvreté existe vraiment. Qui finance le sport de haut niveau ? Les investisseurs du monde entier, qui tablent sur la retransmission télévisée pour s’en mettre plein les poches. Et qui regarde les JO ? Les ménages qui se sont péniblement saignés à s’acheter un petit écran perlé, soit 14 pouces d’ouverture sur le monde, sorte de cordon ombilical avec les luxes ostentatoires du spectacle. Une boîte qui permet à tout le monde d’avoir l’impression de faire partie du jeu alors que « les vrais acteurs, c’est les nantis », en somme.

    Avec le debut en gras, si l'article avait été un vrai argumentaire, on aurait eu d'autres argument sur ce qui a été dit avant [c'est a dire, parler du fait qu'on médiatise trop les JO au détriment du reste] mais au lieu de ça on passe a un autre sujet [la pauvreté], pour donner a l'article un rythme soutenu.

    Non vraiment cet article a donné beaucoup de pistes sur le dark side des JO mais c'est ça juste de pistes et du "moi je" et c'est a nous, si on est intéressé d'avoir une démarche critique sur les JO ou d'aller chercher une critique pertinente des JO.
  6. salviasalvia

    Le 13 août 2012 à 09:54

    @kiayou

    Je précise juste pour justifier mes commentaires que j'ai cité le festival de Cannes car il avait déjà été cité par une madmoizelle dans un commentaire précédent.

    @SallyVonHolle

    En disant "L'art, on le trouve où on veut. La publicité est un art, la mode est un art, et désolée de devoir vous le dire, mais le sport est un art. " tu soulèves deux débats à savoir: "l'art est-il une marchandise comme les autres?" et "tout peut-il être de l'art?". Personnellement je pense que la réponse est non. Ce serait intéressant d'en débattre mais cela n'aurait pas sa place sur un forum traitant des dérives des JO.

    Et pour répondre à ta question: bien sûr que je fais toujours très attention à ce que j'achète. Je vérifie la provenance, les matériaux et les conditions de fabrication; et quand vraiment je ne trouve pas de produits conformes à mes exigences je me tourne vers ceux de seconde-main où vers ceux qui me semblent pouvoir durer plusieurs années (ce qui baissera ma consommation et donc mon impact). Bien sur, il m'arrive encore de faire des erreurs car les fabricants sont très forts pour nous cacher leurs saletés.

    Agir ainsi ne me rend pas malheureuse . Au contraire, en adaptant ma consommation je choisis d'avoir un rôle, j'agis pour notre avenir et celui de notre planète et pour défendre les droits des travailleurs. Pour moi, il est beaucoup plus déprimant d'accepter de se faire manipuler tout en se cachant derrière des œillères pour ne pas voir. Et j'ajouterai pour répondre à ta remarque kiayou on a pas le pouvoir de changer les choses.que ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières.

    SallyVonHolle, tu dis: mais le sport n'est pas pourri jusqu'à la moelle, certaines disciplines ne sont même pas touchées par ces traversMoi je redis qu'en participant aux Jo, même ces athlètes dont la discipline n'est pas pourri, cautionnent les agissements des organisateurs et des sponsors. Je ne vois pas ce qu'il y a d’irrespectueux à énoncer une vérité.

    Enfin, pour clore le sujet sur la TV et la manipulation, je suis tombée hier sur cette phrase de Patrick Lelay, ancien président de TF1: à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit.[…]
    Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible.Il est bien sûr évident que TF1 n'est pas la seule chaine à agir de cette manière, toutes ont besoin d'argent et toutes vendent leurs services aux publicitaires. Ce n'est pas pour rien que les encarts publicitaires sont plus chers aux heures de grandes audiences (par exemple: pendant secret story, pendant la mi-temps d'une finale de coupe du monde ou pendant les JO), ils savent que l'audience est très forte et qu'ils toucheront donc énormément de consommateurs. (Je vous renvoie d'ailleurs vers les journaux de ce matin qui évoquent la forte audience générée par les JO)
    Je suis d'accord, kiayou, que parfois il arrive que nous soyons trop amorphes pour choisir un divertissement exempt de publicités (cela existe, beaucoup de films même gnian-gnian ne sont pas sponsorisés). Il m'arrive aussi de regarder, par exemple, "L'amour est dans le pré" qui fonctionne sur le même principe que les émissions sportives (abrutir pour mieux vendre), mais je le fais en toute connaissance de causes. Je ne me laisse pas avoir par les publicités ni par les discours de la présentatrice qui cherche à nous vendre une agriculture néfaste en nous faisant croire que tous ces bonhommes sont gentils comme tout. Je sais que cette émission n'est qu'un ramassis de mensonges, j'assume même de les cautionner le temps d'une soirée mais jamais je n'irai clamer que " c'est beau, émouvant, positif, humaniste…" comme j'ai pu le lire ici.
    Je finirai en rappelant que les JO sont un événement mondial et que les dégâts causés sont donc beaucoup plus importants que ceux provoqués par L'amour est dans le pré ou Secret Story.

    Pour changer de sujet @Kbi, je ne crois pas qu'il faille voir madmoizelle comme un magazine d'informations. Il s'agit plutôt d'un site rigolo qui de temps en temps lance des pistes de réflexions. A nous d'en débattre pour se faire une opinion où d'aller se renseigner ailleurs.


    edit: je viens de découvrir cette vidéo qui explique clairement ce que j'essaie de dire concernant le rôle que nous avons à jouer.
  7. SallyVonHolleSallyVonHolle

    Le 13 août 2012 à 21:21

    Posted by Minerve.
    Je relève tes propos mais j'aurais pu citer d'autres messages du même genre.
    J'ai envie de dire "Oui et alors ?". Je ne savais pas qu'il fallait consommer français voire local pour se permettre de critiquer les effets néfastes des JO.
    Le titre de l'article c'est "ce qu'on ne dit pas assez". J'ai envie de dire que tout est dit. L'article est là pour, au contraire de tout ce qu'on peut lire actuellement dans la presse, montrer que l'organisation et les Jeux en eux-mêmes, c'est pas forcément le monde des bisounours.


    En fait c'était surtout pour répondre à certaines madz qui moralisaient un peu celles qui appréciaient les JO en disant que les regarder, ou les cautionner, c'était en quelque sorte participer aux travers de cet évènement, en se targuant presque de ne pas participer à cette grande mascarade et d'être plus éclairées que les autres sur le sujet.
    Ce qu'il faut c'est surtout être conscient des dérives du système. Malheureusement on ne peut pas être sur tous les fronts pour sauver la veuve et l'orphelin, ce serait même infernal.
    Du coup mon message était plutôt ironique pour dire que c'est facile de critiquer les personnes qui sont fans des JO, quand en fait toute notre vie de petits occidentaux est régie par des scandales d'ordre sanitaire, politique, social, humain. Il faut aussi savoir balayer devant sa porte et ne pas jeter la pierre aux autres.

    Après en l'occurrence @salvia m'a répondue et a expliqué qu'elle fait également preuve de bon sens et de vigilance dans sa vie quotidienne. Je peux donc accueillir ses remarques avec un peu moins d'énervement, car sa pensée suit une logique et une éthique qu'elle applique dans sa vie de tous les jours. Après j'aimerai juste ajouter que ce n'est pas du ressort de tout le monde de pouvoir le faire, malheureusement. Personnellement j'aimerai pouvoir appliquer ces préceptes à ma vie, mais j'en suis encore incapable, je ne pense pas être inconsciente ou plus mauvaise pour autant.
    [Après concernant l'art tout ça tout ça, on est d'accord, ça va être compliqué d'en débattre, et on n'en finirait pas :D Mais tu parlais du cinéma à un moment, et le cinéma est un art dans certains cas, dans d'autres non -youpi Transformers qui fait saigner les yeux-, et un moyen de divertissement aussi !]


    Après si tu as lu tous les posts écrits sur ce sujet, tu verras que j'ai répondu plusieurs fois, en disant que effectivement, les JO actuellement se sont en partie détournés de leur visée originelle, MAIS PAS QUE, et que ce qui était surtout dommage, c'est que l'article n'abordait pas les vraies problématiques qu'a posé l'organisation de cette manifestation. L'argument de "y a des guerres dans le monde, ne regardez pas le sport" est un peu éculé et simpliste, et associer "patriotisme" et "nationalisme" est un exercice casse-gueule et un raccourci un peu limite. En revanche, parler des magouilles financières, de l'exclusion liée à la construction des structures de compétition dans Londres, des différences sociales qui vont se creuser avec ce qu'a coûté la mise en place des JO, ça c'est pertinent.
  8. salviasalvia

    Le 14 août 2012 à 13:44

    Posted by SallyVonHolle
    Personnellement j'aimerai pouvoir appliquer ces préceptes à ma vie, mais j'en suis encore incapable


    Je sais qu'on s'écarte du sujet initial mais ça m'intéresserait de savoir pourquoi tu t'en sens incapable… Si cela ne t'ennuies pas, est-ce que tu pourrais m'éclairer la-dessus?
  9. SallyVonHolleSallyVonHolle

    Le 15 août 2012 à 13:50

    Posted by salvia
    Je sais qu'on s'écarte du sujet initial mais ça m'intéresserait de savoir pourquoi tu t'en sens incapable… Si cela ne t'ennuies pas, est-ce que tu pourrais m'éclairer la-dessus?


    Je te réponds en MP, vu que c'est pas le sujet de ce topic :)
  10. salviasalvia

    Le 24 août 2012 à 08:35

    Mr Mondialisation vient de sortir une vidéo qui explique bien toutes les dérives des JO. Comme il parle de ce que j'essayais de dire en mieux et en plus complet je vous la met là

    DU MC DO ET DES JEUX

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