Quand faire son coming-out devient un cadeau

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Le coming-out est au cœur de ce court métrage touchant, en lice au Nikon Film Festival.

Quand faire son coming-out devient un cadeau

Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat avec le Nikon Film Festival.
Conformément à notre Manifeste, on y a écrit ce qu’on voulait.

Mise à jour du 11 janvier 2018 (par Esther) – Je suis le 24 (1), laissait présager une suite. Et en effet, un second court-métrage, intitulé Je suis le 24 (2) a fait son entrée en compétition.

Malgré ce que l’on pourrait imaginer, il ne s’agit pas à proprement parler d’une suite. L’histoire, le sujet, sont différents par rapport au premier volet.

Seule la forme demeure : le cadeau est celui de la parole, celui de laisser sortir ce qu’on avait sur le cœur. Et dans Je suis le 24 (2), c’est de coming-out qu’il est question.

Je suis le 24 (2), un court-métrage traitant du coming-out

Clique sur l’image pour visionner le film

Si tu as vu le premier, le cadrage et l’esthétique ne te sont sans doute pas inconnus. Pourtant, ce ne sont pas les mêmes personnes qui ont réalisé le premier et le second.

Ici, il s’agit de Paul-Antoine Veillon, qui a voulu produire un film qu’il qualifie de « cri du coeur personnel » :

« Nous avons choisi de produire un film racontant l’histoire d’un jeune homme homosexuel, les difficultés rencontrées pour assumer son identité sexuelle et les conséquences sur sa vie sentimentale.

C’est une période compliquée, fragmentée par la frustration et le mensonge. Le cadeau, pour le personnage, est d’en parler. D’essayer de faire passer un message : assumer pour vivre pleinement, sans filtre. »

C’est donc un cadeau à la fois pour lui-même, et pour son interlocuteur. Avec ces deux films, le message est clair : dire ce qui ne demande qu’à l’être peut être une vraie délivrance – même si le chemin pour y parvenir est parfois compliqué.

— Article publié le 5 janvier 2017 –

Voir le viol différemment, l’ambition de ce court en lice au Nikon Film Festival

Article original publié le 5 janvier 2018 – Je suis le 24 (1), un titre de court-métrage qui ne laisse pas forcément deviner ce qu’on va y voir.

Ces 180 secondes en lice au Nikon Film Festival 2018, réalisées par Aurore Bourgois Demarchy, parlent de viol, avec une volonté claire d’éviter les stéréotypes.

Je suis le 24 (1), le court-métrage Nikon Film Festival sur le viol

Vous pouvez regarder Je suis le 24 (1) en cliquant sur l’image ci-dessous. Il n’y a pas d’image crue ou de violence très explicite, si jamais ça vous inquiète.

Une jeune femme vient offrir un cadeau à un homme, dont on ne voit jamais le visage. Son « cadeau », ce n’est pas l’absolution : c’est la honte, celle qui change de camp, qui se transfère de la victime au coupable.

J’ai contacté Aurore pour en savoir plus sur ce projet.

Aurore Bourgois Demarchy, réalisatrice de Je suis le 24 (1)

Elle m’explique que l’idée est née du récit d’une amie, qui témoignait au procès de son père, vingt ans après qu’il l’a violée quand elle était enfant.

Tentant de défendre son client, l’avocat de l’accusé a argué que la femme ne pouvait pas être vraiment victime de viol, puisqu’elle était souriante, heureuse, épanouie…

Une des idées reçues sur le viol est en effet que ses victimes ne peuvent jamais s’en remettre, retrouver le bonheur, aller au-delà du traumatisme.

Aurore a voulu montrer qu’il est possible d’être victime de viol, et de ne pas être « que ça », d’être aussi souriante, forte, conquérante.

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Elle n’a pas écrit son court-métrage en réaction au mouvement #MeToo (#MoiAussi), même si ça donne une ampleur spéciale aux mots de l’héroïne :

— Tu vois, je ne suis pas seule.

Autre stéréotype qu’Aurore voulait abattre, celui du viol qui est forcément physiquement violent. Certaines personnes lui ont d’ailleurs reproché que les plans sur les mains de l’homme parcourant le corps de l’héroïne sont « trop tendres ».

« C’est horrible à dire, mais le viol, ça peut être tendre. Ce n’est pas parce que c’est tendre que ce n’est pas un viol. »

Entre la victime qui peut être en état de sidération et ne pas se défendre, les viols conjugaux encore trop nombreux, le non-respect du consentement… un viol peut en effet avoir lieu sans œil au beurre noir.

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Aurore n’a pas fini de lutter contre les stéréotypes : elle travaille actuellement sur une pièce d’Ariane Eolac, C’est décidé, demain je ne t’aime pas, qu’elle met en scène avec Chloé Rannou.

La pièce, qui devrait être visible à Paris en septembre 2018, vise également à déconstruire les idées reçues autour du viol.

Si vous voulez soutenir Je suis le 24 (1), d’Aurore Bourgois Demarchy, votez pour lui sur la page du Nikon Film Festival !

(Et si vous vous demandez d’où vient ce (1), c’est simple : le film devait faire partie d’un diptyque, même si au final ça n’a pas été le cas.)

Tu participes au Nikon Film Festival 2018 ? Envoie-nous ton court-métrage à jaifaitca@madmoizelle.com avec pour objet « Nikon Film Festival 2018 » !

Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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