Les cours que j’inventerais si j’avais ma propre université

L'université, c'est déjà cool mais il manque deux-trois cours absolument in-di-spen-sables. Voici ceux que Jack Parker voudrait inventer !

Les cours que j’inventerais si j’avais ma propre université

Tandis que je continue mon ascension vers le tant convoité trône de Maître du Monde, je me surprends parfois à rêver à tout ce que je pourrai accomplir une fois que je serai assise dessus. Parmi ces milliers de possibilités et de projets incroyables, il y a la création d’une université rien qu’à moi, dont je déciderais le programme de A à Z et je m’occuperais de tout le recrutement (ainsi que de quelques cours histoire de la jouer « proche du peuple, je suis une femme comme les autres » quand même).

Voici donc cinq des cours que j’inventerais si j’avais ma propre université.

Le sport de combat « de film »

Parce qu’on a tendance à oublier que le sport existe une fois qu’on a quitté le lycée, et que les options sportives de fac se trouvent régulièrement à Trifouillis-sur-Orge et/ou à des heures complètement indécentes, je pense qu’il est important d’inclure au moins un cours de sport dans l’enceinte même de la fac, intégré dans un emploi du temps tout à fait basique.

Le sport de combat de film, également appelé « Hollywood-Ju-Tsu », consiste à combiner tous les arts martiaux existant au monde, et à les mélanger aux techniques de combat de tous les héros de films d’action, afin d’en tirer une seule discipline.

Ainsi, au bout de quelques années d’entraînement, vous serez parfaitement capables d’affronter n’importe quel ennemi à mains nues, peu importe votre tenue, les conditions climatiques, les contraintes diverses (menottes, otage en danger, combat sur toit verglacé) et la formation de votre adversaire.

Et bien sûr, les répliques qui tuent à sortir avant chaque coup fatal pour bien foutre la rage à son ennemi seront également enseignées. Parce qu’une bonne patate dans la gueule n’est validée que par un « Yippee-Ki-Yay » ou une punchline équivalente.

L’écriture de « meuf de série »

Beaucoup de gens rêvent d’écrire. Beaucoup de gens rêvent de vivre de leur plume. Et beaucoup de gens se sont vus transmettre ces rêves par des personnages fictifs, tels que Carrie Bradshaw, Hank Moody ou Hannah Horvath, pour les exemples les plus récents.

Mais la réalité est assez différente, au final, et peu de gens finissent par gagner leur vie grâce à leurs écrits. Et ceux qui y parviennent atteignent rarement le summum de leur création assis en tailleur sur leur lit, à moitié à poil, en fumant des clopes et en sirotant un verre de vin, en prenant bien soin de regarder au loin en se trifouillant des mèches de cheveux entre chaque paragraphe.

Ce cours servirait donc, en premier lieu, à enseigner aux élèves la base de « l’écriture au temps des Internets, avec ce qu’il faut d’introspection et d’analyse du monde extérieur (occidental, faut pas déconner non plus) », puis à leur apprendre à bien mettre en application toutes les situations vues dans les diverses oeuvres étudiées.

Chaque élève aura la possibilité de choisir son modèle principal : plutôt Carrie, femme du monde, au centre d’une capitale, au top de la mode et de son sex appeal, avec des questionnements charnels, plutôt Hank Moody au féminin, avec une vie dissolue, des bains de bouche au whisky et des mégots de clopes jusque dans les cheveux, avec des récits sombres et crasseux qui explorent la noirceur de l’être humain, ou plutôt Hannah, avec une méconnaissance totale du « vrai » monde sans privilèges, une obsession maladive pour son propre nombril et des excuses à la pelle pour tout ce qu’elle fait de mal dans sa vie.

Parce qu’écrire, c’est pas mal, mais se créer un vrai personnage et une mythologie complète autour de son oeuvre et de son mode de fonctionnement, c’est quand même vachement mieux. On ne se souviendra pas uniquement de vous pour ce que vous avez pu produire, mais pour la façon dont vous l’avez fait, pour votre personnalité, votre mode de vie, vos frasques et aventures diverses et tout ce que vous aurez pu infuser de vous dans vos écrits.

La vie de blogueuse

À vous qui souffrez du fameux syndrome de la lectrice frustrée, sinistre conséquence de la consommation à trop haute dose de « blogs de filles », ce cours est pour vous.

Si vous en avez marre de voir toutes ces nanas étaler leur perfection sur leur jolis blogs aux couleurs pastels, parsemés de photos de « spleen du dimanche » (= une tasse de thé fumante, un film culte qu’il est toujours bien vu de connaître par coeur, un bouquin intelligent et/ou profond et un chat qui ronronne sur une grosse couette moelleuse décorées de petites fleurs), de « recettes improvisées » avec des aliments que vous n’avez jamais vus en vrai, et de « tenues de villes toutes simples » faites d’associations de motifs et de matières dont vous n’auriez jamais soupçonné l’existence.

Si vous en avez assez de comparer votre vie à celles de ces femmes qui semblent tout avoir pour elle (le bon mec — où sont les blogueuses-filles-lesbiennes, tiens ? ça manque à mon flux RSS), le bon dressing, le bon appart, le bon job, la bonne famille).

Si vous aussi ça vous plairait pas mal d’apprendre à confectionner vos propres robes et vos dessus-de-lits et vos peluches.

Alors ce cours vous apprendra tout.

À la fin de l’année, on vous aura appris à monter votre blog, à en tirer suffisamment de thune pour pouvoir vous acheter tout le matos nécessaire, à vous construire une image saine, bucolique et joviale, à faire de votre vie un petit conte de fées champêtre et à pousser les gens qui vous entourent à vous haïr secrètement pour votre bonne humeur constante et votre petit train de vie lisse comme la coque d’un Macbook tout neuf.

Comment survivre dans un film d’horreur

Le cinéma d’horreur étant déjà assez peu présent dans les programmes scolaires, ce cours servirait d’abord d’introduction au genre, avec une étude complète des codes, de la genèse de chaque mythe et de chaque classique — et de sa descendance, des pionniers du genre (réalisateurs et acteurs) et de tout ce qui fait un film d’horreur, qu’il soit bon ou mauvais.

Une fois les bases passées en revue, on pourra passer à la phase préventive en utilisant chacune de ces oeuvres pour se confectionner un véritable guide de survie imparable (qui ne nous servira probablement jamais mais mieux vaut prévenir que guérir, comme dirait ma maman) en cas de pépin.

Vous apprendrez donc à gérer toutes sortes de situations comme les cas de possessions, de maisons hantées et d’esprits vengeurs divers, mais aussi les confrontations avec des tueurs masqués ou les jeux pervers organisés par des vieux riches un peu amers.

On vous dira tout sur les meilleurs moyens de survivre à une invasion zombie ou extra-terrestre. Vous saurez comment réagir en cas de rencontre avec un vampire, un loup-garou, un yéti, un wendigo ou une banshee.

Pour les travaux pratiques, on vous mettra toutes les armes nécessaires à votre survie entre les mains et on vous apprendra à vous en servir correctement, ce qui vous permettra de gagner du temps le jour où vous serez amenés à les utiliser.

Quelques cours de démonologie, de sorcellerie vaudou, de mythologie et d’alchimie vous seront également dispensés, pour vous offrir une formation complète et ne surtout rien laisser au hasard.

Le manuel des castors juniors

Si vous avez passé environ 78% de votre enfance à lire Picsou Mag (dixit celle qui est toujours abonnée à 26 ans), Super Picsou Géant et Le Journal de Mickey, vous connaissez sûrement les Castors Juniors. Il s’agit d’une troupe de scouts dont Riri, Fifi et Loulou, les neveux de Donald, sont membres.

Et chaque membre des Castors Juniors est équipé de son Manuel des Castors Juniors, une espèce de bible du savoir absolu que les gamins ressortent en toute circonstance pour étaler leur science ou se sortir d’une situation difficile.

Où qu’ils aillent, quoi qu’ils fassent et quoi qu’ils aient à affronter, ils trouvent toujours des éléments de réponse dans leur putain de bouquin qu’ils trimballent partout et qui n’a pas l’air de faire beaucoup plus de 300 pages mais dont on ne vient visiblement jamais à bout.

Ce manuel leur apprend tout sur les pierres précieuses, les civilisations disparues, les planètes, la bonne façon de faire un feu ou de s’adresser à tel animal, le moyen de retrouver son chemin, qu’on soit perdu dans la jungle, la toundra, le désert de Mojave ou sur la banquise. Les Castors Juniors savent peindre, coudre, tricoter, tresser, poncer, effiler, aiguiser, dompter, et tout un tas d’autres trucs que nombre d’entre nous ne savent pas faire (coucou, c’est moi la meuf qui sait toujours pas coudre un bouton, ça va ?).

Ce cours, extrêmement riche et intense, réservé à un public avisé, vous permettra donc d’engranger un maximum de connaissances en un minimum de temps — c’est un peu comme si on vous branchait à une perfusion qui diffuserait une version concentrée de Wikipédia directement dans vos veines, en somme. Mais sans les sources douteuses.

Tout le savoir acquis au cours de ces sessions sera garanti 100% fiable et vérifié, et vous aurez donc l’autorisation d’aller le balancer aux quatre vents, au risque d’énerver profondément votre entourage qui se refusera alors à vous inviter aux évènements à venir parce que « putain, ras le cul, tu peux pas dire un mot sans qu’elle étale sa science l’autre, elle commence à me les briser ».

Vous finirez peut-être seule, mais au moins vous aurez votre immense savoir pour vous tenir compagnie.

Voilà, si ce programme vous plaît, je vous invite à lancer un Kickstarter pour m’aider à monter mon université, parce que des idées de cours comme ça, j’en ai une petite centaine en tête, ce serait con de rien en faire.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Neuneute
    Neuneute, Le 9 septembre 2014 à 2h47

    Cours de combat yessss :boxing: j'ai toujours rêvé savoir me battre comme dans Kill Bill la classe 8)

    Et les cours de survie et de sorcellerie :rockon:

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