Copenhague, des écureuils roux à la petite sirène en vélo — Carte postale du Danemark

Ah, Copenhague ! Ses parcs, ses voies réservées aux vélos et son bon air marin empreint de cannelle... Sarah a découvert la capitale danoise l’été dernier, et vous en parle aujourd’hui avec amour.

Copenhague, des écureuils roux à la petite sirène en vélo — Carte postale du Danemark

L’été dernier, je n’ai pas eu de vacances. Une bien triste manière de commencer un article, j’en conviens, mais c’est la triste vérité : je venais de signer un nouveau contrat, et je n’avais que quelques jours de congés à placer de la façon la plus stratégique possible pour avoir une chance de sauter dans un avion vers de nouveaux horizons.

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Bref, pour le tour du monde en canoë, c’était mort. Il me fallait me limiter à une ville, histoire de pouvoir au moins faire le tour de celle-ci (en canoë ou pas). Soit une destination :

  1. pas trop éloignée, pour ne pas passer mon précieux temps dans l’avion ou le train (ou le cano… non, j’arrête)
  2. pas trop coûteuse et pas excessivement populaire, parce que le mois d’août, c’est quand même le pire moment de l’année pour partir en vacances
  3. mais quand même assez loin pour me changer de Trifouillis-les-Oies et assez cool pour me faire oublier que je ne faisais pas un road-trip en Nouvelle-Zélande.

Finalement, après avoir écumé tous les comparatifs de vols existants, j’ai décidé de faire fi des conventions sudistes : je suis partie en plein été dans la capitale du Danemark, la belle Copenhague. Alors, oui, l’été existe dans les pays scandinaves. Mais cette semaine-là, voyez-vous, le Dieu de la Mer reprenait ses droits sur la Terre…

Copenhague, ville de Vikings

Ceci dit, à Copenhague, ils s’en foutent, c’est des Vikings. Je m’en suis rapidement rendue compte, en me faisant dépasser dans la rue par des joggeurs tentant de dépasser la vitesse du son pendant que je me battais contre mon parapluie. Quand il pleut, vente et bruine en même temps, personnellement j’ai plutôt le réflexe de l’hibernation… Eux, non. Ils se sentent plus vivants que jamais, et partent dans le froid pour un petit footing de 5h en côte et sur un pied, avant de repartir en salto arrière.

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En plus, ils mangent sain. (Entre trois brioches à la cannelle.)

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Des smorebrods, a.k.a tartines avec plein de trucs dessus, a.k.a tueries.

J’ai achevé de me rendre compte de cet écart culturel dans un local à vélos, lorsque cet autre viking de 2m50 sur 1m a baissé la tête pour demander au haut de ma petite tête brune (qu’il aurait probablement pu briser d’une main) quel type de vélo je désirais louer. Et qu’il m’a prise très au sérieux quand j’ai répondu « un à ma taille ».

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Hé oui, j’ai loué un vélo à Copenhague !!! Il faut savoir, pour comprendre l’abus de points d’exclamation dans la phrase précédente, que je ne fais pas souvent du vélo. Marcher, je peux. Courir, à la rigueur. Faire du vélo, bon. Ma dernière fois remontait à La Grande Gamelle de 1998, si vous voulez vous faire une idée.

Mais Copenhague est une ville qui se parcourt à vélo. Surtout quand on n’a que quelques jours pour l’explorer, et même si on aime marcher. Bien sûr, la ville a ce qu’il faut en transports en commun, bus, métro et S-tog (train de banlieue). Et elle est aussi parfaitement aménagée pour laisser les cyclistes faire la loi. Ainsi, qu’il grêle, qu’il neige ou qu’on ait mal aux fesses, il suffit de jeter un oeil aux terrifiants amoncellements de vélo devant les magasins (ou de manquer de mourir en traversant la route) pour comprendre qu’à Copenhague, ON PREND SON VÉLO.

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Malgré l’impossibilité de tenir un parapluie à bicyclette, l’idée a fini par nous séduire, moi et mes plantes des pieds en feu. Aussi me suis-je dit que j’allais tenter l’aventure jusqu’au bout, et vérifier si c’était vrai, qu’on n’oubliait jamais comment faire du vélo.

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Copenhague, le vélo et moi

Nous revoilà donc dans le local à vélo, moi face à un Danois géant, en train de regarder d’un air circonspect le deux-roues qu’il tenait dans sa main comme si c’était une cacahuète. C’est très facile de trouver un magasin de location de vélos, à Copenhague : il y en a partout. Et pour 110 DKK en moyenne, l’équivalent de 15€, on peut en louer un pour 2-3 jours.

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Un petit groupe de Vikings résiste encore et toujours au vélo.

Verdict ? Je sais faire du vélo !!! Enfin, presque. Passée la première tentative de poussage de pédales qui a fini dans le mur, et la découverte qu’on ne peut pas pédaler à l’envers sur les vélos danois, je suis partie sans trop zigzaguer sous les bourrasques de vent, le générique d’Indiana Jones jouant dans ma tête.

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Globalement, que vous ayez l’habitude de faire du vélo ou non, Copenhague est une ville très accueillante pour tous les types de cyclistes. Les casse-cous qui font du 30km/h dans le centre-ville feront peur aux touristes qui essaient de déchiffrer les noms des rues sans se casser la gueule, mais il y a de la place pour tout le monde.

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« Prends la vie par les couilles », mon nouveau credo dans la vie.

On vous demandera simplement de vous souvenir un minimum de votre code de la route, afin d’éviter de vous demander, comme moi, à quel moment cette piste cyclable est devenue une voie de bus, et de ne pas fermer les yeux. Même s’il vous pleut des seaux d’eau sur le minois. On est chez les Vikings ici, je vous rappelle ! (Et les Vikings n’ont pas froid aux yeux.)

Balade à vélo de Frederiksberg…

Malgré tout, j’ai survécu et malgré la douleur qui a commencé à élancer mon arrière-train à partir du troisième jour, j’ai pu faire des balades formidables dans toute la ville, sans forcément trop m’épuiser. Parce que le centre-ville historique de Copenhague n’est pas énorme, mais la ville s’étend sur des kilomètres, et il y a de quoi faire.

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De la place pour prendre un verre ? Euh…

Si le temps avait été plus clément, j’aurais pu longer la côte vers le nord de la ville jusqu’à Dyrehaven, le « parc aux cerfs ». À défaut, je me suis « rabattue » sur la multitude de parcs qui la rendent si agréable à vivre et à respirer. Il y a Tivoli, du côté de la gare, pour qui aime les animations et les fêtes foraines. Les jardins botaniques, eux-mêmes entourés d’autres parcs. Ou mon petit préféré, Frederiksberg Have, dans le quartier plus éloigné du même nom.

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Ce parc est un véritable havre de paix, comme un bois loin de tout en pleine ville. Et ça tombait bien, parce que lorsque j’y suis arrivée, j’avais besoin de me détendre : je venais de me perdre 50 fois de manière tout à fait mystique en partant du centre-ville, et j’étais aussi froissée que ma carte par ces saloperies de rues qui bougent.

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Bon, en revanche, il y a les canards.

Et pourtant, une fois mon vélo proprement garé dans un coin, à peine avais-je passé le portail que le calme et la sérénité m’envahissaient, tandis que le ciel se dégageait soudain comme en écho à ma paix retrouvée. Première surprise : à Frederiksberg Haven, il y a des écureuils roux, et ils n’ont rien à voir avec ces gros tarbas kamikazes d’écureuils gris londoniens. Plutôt confiants, ils gambaderont gaiement sur le chemin devant vous, tant que vous gardez vos distances.

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J’ai dû passer deux bonnes heures à explorer tranquillement le parc, et me rouler dans l’herbe ensoleillée (et mouillée, andouille) en regrettant de ne pas avoir apporté de pique-nique. Mais parce que je suis une baroudeuse avant tout, je suis repartie à cheval sur mon vélo, direction l’autre bout de la ville à la rencontre de la seule, l’unique, j’ai nommé : la Petite Sirène la plus célèbre du monde.

…à la Petite Sirène

Je vous passerai les détails sur les galères du trajet de retour (je ne comprends pas, j’avais pourtant suivi les noms de rue les plus prononçables). Sachez seulement que je parvins devant la Petite Sirène, après une longue promenade m’ayant menée jusqu’au Kastellet, la citadelle fortifiée de Copenhague. Promenade que je fis en partie à pied, d’ailleurs, le chemin étant trop glissant par endroit pour une n00b du vélo comme moi.

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On regarde un écureuil et PAF on finit à la flotte.

Ah, la Petite Sirène ! Malgré toutes les merveilles de la ville, c’est probablement l’attraction la plus populaire de Copenhague. Il faut dire qu’en arrivant sur la jetée, c’est la masse de touristes en train de prendre la statue en photo qu’on voit avant tout.

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Ça fait quelque chose de se retrouver pour de vrai devant l’image qu’on a vue si souvent dans des livres. Pourtant, elle ne paie pas de mine : pas bien grande, elle se tient légèrement en retrait par rapport à la grève, recroquevillée… et clairement dépressive. Ah oui, désolée, mais cette pauvre chose immobile, mouillée et bombardée de flash, moi elle m’a fait de la peine.

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La dépression, une allégorie.

C’était peut-être l’intention de son sculpteur, Edvard Eriksen, ou alors les nombreux actes de vandalisme à son encontre, depuis qu’elle a été érigée là en 1913, qui l’ont laissée déprimée. En tout cas, après l’avoir regardée un instant en silence, j’ai rebroussé chemin, et suis retournée visiter le Kastellet et ses bastions.

Terminer une longue journée en s’enfilant des petits pains à la cannelle adossée à une muraille, pendant que des Vikings font des allers-retours sur les pentes pour bosser un peu leur cardio, ça n’a pas de prix.

Au prochain épisode, ne manquez pas : de Christiania et ses spliffs, aux mille et une manières de se divertir à Copenhague quand on en a marre d’être mouillé-e.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Lbellej
    Lbellej, Le 19 avril 2015 à 16h57

    Ayant vécu la bas pendant 3 ans, je confirme que Christiana mérite bien une carte postale à elle toute seule !! Après sur Copenhague et le DK (et les danois en particulier), il y a tellement de choses à dire qu'une petite carte postale n'est pas suffisante en soit ! En tout cas hâte de lire la suite :)

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