Comment renouer des liens avec sa famille

La famille (et même les ami•e•s), ça peut être compliqué, et on en arrive assez souvent au conflit. Pourquoi et comment se réconcilier ? En ce Reconciliation Day, Miss Lu vous donne quelques conseils issus de sa propre expérience.

Comment renouer des liens avec sa famille
La rédac de madmoiZelle n’ignore pas que pour beaucoup de personnes, rester le plus loin possible de leur famille est une question de survie, et leur permet de s’éloigner d’un environnement toxique. Cet article s’adresse plutôt à celles qui aimeraient renouer des liens… sans trop savoir comment s’y prendre !

Pour la plupart d’entre nous, des parents, on n’en a qu’une paire (voire un•e seul•e). Et pour la plupart d’entre nous encore une fois, il arrive un moment où vraiment, on en a marre d’eux. Ça peut arriver lors de notre/nos crise(s) d’adolescence, de leur crise de la quarantaine, à la suite d’un évènement particulier… cette cassure dans le lien parents/enfant peut survenir à peu près n’importe quand.

Le conflit, on connaît tou•te•s !a. Mais lorsque les choses commencent à se calmer, lorsque les mois voire les années passent, qu’advient-il de la relation familiale ? Que choisir entre ses propres convictions et… ses parents ? Eh bien, je me dois de vous dire qu’il est possible d’allier les deux. Accordez-moi un peu de crédit, le conflit avec les parents, ça me connaît.

Il y a de très fortes chances pour que vous ne soyez pas d’accord avec vos parents sur un point ou un autre

La première chose dont il faut prendre conscience (et croyez-moi, ça m’a pris du temps), c’est que, différence de générations oblige, il y a de très fortes chances pour que vous ne soyez pas d’accord avec vos parents sur un point ou un autre. Et pour que ce point précis ait de l’importance pour vous, pour vos parents, ou les deux. Mais peut-être, malgré vos convictions essentiellement divergentes, n’est-ce pas tout à fait une raison pour ne plus jamais voir vos parents ni leur donner de nouvelles.

Lorsque vous aurez pu prendre un peu de temps pour vous calmer, pour vous dire que même si vous ne les comprenez pas et ne serez jamais d’accord avec eux, ils ne méritent peut-être pas de perdre leur enfant, alors le temps de la réconciliation est venu.

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Pourquoi se réconcilier ?

Pourquoi, me direz-vous, devriez-vous vous réconcilier, et surtout faire le premier pas en ce sens, avec des parents qui ne partagent pas votre façon de vivre, vos opinions ? Qui ne peuvent pas concevoir que vous préfériez faire semblant de fumer des cigarettes en chocolat avec votre cousine de quatre ans plutôt que de dire bonjour à Papiraciste et Tatiemophobe ? Qui sont totalement insensibles au fait qu’à cause de leur manie de fêter la Saint-Nicolas en retard, vous allez manquer votre épisode des Princes de l’Amour ? Comment pourriez-vous un jour trouver un terrain d’entente ?!

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Sans aucun doute, cela sera difficile. Mais pensez que vos parents se feront vite plus âgé•e•s, que la vie passe à toute vitesse. Que sans leurs enfants, sans leurs petits-enfants, ils en viendront peut-être à se sentir bien seul•e•s. Personne à qui tirer les joues en s’exclamant que c’est pas croyable de grandir si vite, personne à essayer de marier à tout prix au fils du voisin « qui a une excellente situation » (mais qui à 28 ans fait toujours faire sa lessive par sa mère parce qu’il ne sait pas trier le linge) !

Et quid de vous-même ? Même une fois indépendant•e, on peut avoir besoin de ses parents — pour être réconforté•e, pour de l’aide, pour passer un moment de retour en enfance ou pour échanger avec eux comme l’adulte que vous êtes devenu•e.

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Ces arguments marchent aussi pour les frères et soeurs avec qui vous avez pu vous fâcher.

Que faire ?

Maintenant que l’on a abordé le pourquoi de la réconciliation, abordons le comment.

Tout passe par la parole

La première et la plus essentielle des choses à faire, c’est de parler. Tout passe par la parole. On ne peut pas effacer des mois, des années d’opposition et de désaccord, mais on peut en causer. Mieux se comprendre, juger le point de vue de l’autre de manière moins catégorique. Réexpliquer et se faire réexpliquer, si nécessaire. Argumenter un peu plus doucement, en arrondissant un peu les angles.

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La seconde chose à faire, c’est comprendre. Comprendre que, par exemple, vous et vos géniteurs n’êtes pas issu•e•s de la même génération, vous n’avez donc pas grandi avec les mêmes impératifs, les mêmes valeurs. De même avec vos frères et soeurs : votre éducation a pu être légèrement différente, vous n’avez pas vécu les mêmes choses, le même caractère, vous voyez donc les débats d’un oeil différent.

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La troisième chose à faire, c’est d’accepter. Vous ne pouvez pas changer l’essence de la personne en face de vous. Vous ne pouvez pas modifier ses croyances les plus profondes. Certaines de ces personnes ont un vécu radicalement différent du vôtre, et cela aura nécessairement influé de manière importante sur leur façon de penser. C’est la même chose pour vous !

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L’amour n’est pas rationnel

La dernière chose à faire est également une forme d’acceptation : il s’agit tout bêtement d’aimer malgré les différences. L’amour n’est pas rationnel. Vous pouvez très bien continuer d’aimer une personne qui n’a pas du tout les mêmes opinions que vous. L’amour vient de bien plus loin, bien plus profond qu’un simple débat ou une dispute. C’est pourquoi vous n’avez pas à culpabiliser d’aimer, malgré tout, quelqu’un dont vous ne supportez pas les opinions. Parce que si c’était aussi manichéen, aussi simple, ça se saurait !

Personnellement, je pense qu’en arriver à cette conclusion m’a beaucoup aidée. Une fois que j’ai compris que je n’avais pas à culpabiliser d’aimer, une fois que mon coeur et ma raison se sont mis d’accord pour ne pas être d’accord, ça a été beaucoup mieux. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’aimer, c’est aimer une personne non pas malgré, mais avec ses défauts. Ses contradictions, et toutes les choses qui nous énervent profondément… mais qui fait de la personne celle qu’elle est.

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Et si ça ne marche pas ?

Nul ne peut vous contraindre à abandonner vos convictions

Maintenant, dans le cas où ce ne serait pas de votre côté, mais bien de l’autre que cela bloque, si en gros vous avez mis en place tous les bons conseils donnés plus haut, mais que vous ne parvenez toujours pas à vous réconcilier avec vos géniteurs ou avec vos frères et soeurs… ne vous blâmez pas inutilement. Ce n’est pas de votre faute, et vous avez déjà tout essayé pour vous réconcilier sans lancer vos valeurs aux orties. Ce que, honnêtement, vous n’aviez aucune obligation de faire !

Quelquefois, pour rester libre de votre choix et de vos pensées, il faut savoir laisser la personne en face partir. Elle aussi, avec ses propres choix et pensées. Il faut savoir se libérer des pressions familiales, laisser derrière soi ce qui ne fait que nous retenir. Peut-être parfois faut-il savoir abandonner.

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Mais pour ne pas finir sur une note si triste, laissez-moi vous dire que vous ne serez jamais seul•e : votre Tamagotchi, lui, ne vous abandonnera jamais. Comment ça, ce n’est plus à la mode ? Mais si ! Le vintage c’est la vie !

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Les gens changent

Et puis, n’oubliez pas que les gens changent : pas forcément parce que vous passez des jours à essayer de faire rentrer vos convictions dans leur crâne, mais parce que la vie les fait changer. Parfois, il suffit d’une expérience, d’autres fois il faut le temps d’une vie entière… Mais ne désespérez pas. Continuez d’argumenter si vous le souhaitez, et faites des pauses, aussi bien pour vous que pour la personne en face.

Et vous, quelles sont vos techniques de réconciliation ? Avec qui avez-vous pu être en conflit ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Sasadu27
    Sasadu27, Le 16 décembre 2015 à 23h23

    Super article !

    Il résume bien les situations familiales compliquées et la difficulté de la réconciliation !

    Je pense qu'il y a beaucoup de monde de nos jours que l'on trouve fâché avec telle ou telle personne de sa famille.
    Je connais bien la situation avec mes demi-frères et sœurs qui sont fâchés avec mes parents et par conséquent avec moi. (quand on a 4 ans on n'a pas vraiment notre mot à dire hein... -_- )
    il y a 2 ans, après 18 ans sans nouvelles de leurs part j'ai contactée mes demi-frères et ma demi-sœur avec plus ou moins de succès. Certains n'en avaient rien à faire, d'autres ne voulaient pas du tout avoir à faire avec mes parents (notre père en commun) et restaient sur leur garde mais l'un d'eux, le plus jeune (A.) a choisi la voie de la réconciliation !
    Je me suis parfois demandée si ça valait vraiment le coup que je les contacte et fasse autant d’effort pour si peu en retour (très peu de messages et ces derniers étaient vagues). Mais rien que pour A. qui à choisi de comprendre que je lui écrivait en mon nom et pas sous la tutelle de notre père et a également fait le choix de se réconcilier avec notre père suite à cela je ne regrette rien !
    D'un autre côté mon demi-frère par ma mère (M.) refuse tout contact, peu importe à quel point j'essaie de lui faire comprendre que je veux seulement savoir comment il va, ou même juste savoir pourquoi il ne veut pas de moi dans sa vie. Il refuse la communication.

    Comment savoir à quel point il faut laisser l'autre partir ?
    Comme dis dans l'article : quand est-ce qu'il faut "abandonner" ?

    Personnellement je pense que je suis encore loin d'en être capable pour M. avoir été proche de quelqu'un pendant 12 ans puis en être séparé d'un coup d'un seul c'est difficile à accepter. Il m'est impossible d'abandonner l'idée que mon grand-frère de mes 12 ans est toujours quelque part et qu'avec un peu d'efforts j'arriverais à l'atteindre et lui faire comprendre que renouer avec moi ne veux pas forcément dire renouer avec tout mon entourage et abandonner ses convictions.

    Ce n'est pas facile de se réconcilier avec sa famille mais quand on fini par y parvenir le résultat en vaut le coup !

    Merci pour cet article

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