Comment bien apprendre le Japonais ?

Hey Mad-chan ! Alors comme ça on m’a dit que tu étais prête à te lancer sur la route du Japon toute seule sans guide ni interprète ? Donc j’espère que tu sais parler Japonais, sin… QUOI ?! Tu ne sais pas parler Japonais ? C’est plutôt mal parti alors… Bon. Viens avec moi que […]

Comment bien apprendre le Japonais ?

Hey Mad-chan ! Alors comme ça on m’a dit que tu étais prête à te lancer sur la route du Japon toute seule sans guide ni interprète ? Donc j’espère que tu sais parler Japonais, sin… QUOI ?! Tu ne sais pas parler Japonais ? C’est plutôt mal parti alors… Bon. Viens avec moi que je te donne deux ou trois tuyaux  pour savoir te dépatouiller une fois arrivée là-bas !

Alizuko et KittyKiller vont t’aider à t’orienter dans le labyrinthe que sont les différentes techniques pour apprendre le Japonais ! Elles ont tester toutes ces techniques, te les détaillent et en tirent des points positifs et les points négatifs ! A toi de choisir la méthode qui te conviendra le plus avant de partir pour le Japon !

Apprendre avec le CNED

Pour tes sous-sous : les cours coûtent entre 250 et 280€. Dis-toi que cette somme représente en général le quart ou le tiers de ce que tu pourrais payer dans une école.
Pour ton temps : avec le CNED c’est toi qui gère ton temps. Si t’as envie de te mettre à bouquiner tes cours à 4h du mat’ ou pendant 5 min parce que t’as trouvé que ça comme créneau horaire : pas de soucis !
Pour ta méthode d’apprentissage : c’est toi qui gère ce que tu apprends, la manière dont tu l’apprends, ta vitesse… Pas de prof derrière pour te dire « allez la semaine prochaine interro sur les verbes du 1er et du 2ème groupe +  les adjectifs en I et en NA ». Avec le CNED c’est no stress, il suffit d’être organisé.
Des devoirs quand tu veux : tu dois quand même rendre des devoirs (ça serait trop beau), mais tu n’as pas de date butoir qui va te mettre un vieux coup de stress : tu apprends le Japonais en plus de tes journées habituelles, il s’agirait pas de voir cet apprentissage comme un fardeau supplémentaire !


Apprendre grace à Internet

Maintenant je vais te donner quelques clés pour t’aider à bien te diriger sur ta route. Etant une accro du web, je surfe beaucoup et j’ai trouvé de nombreux sites intéressants que voici :

Crapulescorp (gratuit) : il y a des cours en ligne, des exos…
Kanji (gratuit) : un des must have que tu te dois d’utiliser lors de ton apprentissage. En effet tu apprends qu’en Japonais il y a un sens d’écriture et qu’il est important de le respecter. Alors si tu as un doute, c’est ici que tu trouveras une solution !
Dictionnaire Japonais (gratuit) : là aussi un site que tu vas certainement consulter toutes les deux minutes ! Un excellent dictionnaire en ligne mis à jour quotidiennement.
Isshoni (gratuit) : un très bon site pour t’exercer en vue du concours du JLPT (le TOEFL Japonais) et ainsi de réviser.
Forum Japon (gratuit) : parce que pour apprendre le Japonais il faut aussi comprendre le Japon voici un excellent forum parlant du Japon de tous les jours et de différents points de vue.
Japan Guide (gratuit) : si tu veux aussi apprendre le Japonais grâce aux autochtones et leur transmettre ta langue et ta culture en retour, voici un site qui te permettra de trouver un(e) correspondant(e) !
Tevader (gratuit) : un autre site pour les cours…
Je parle Japonais (payant) : un site que je n’ai jamais essayé sauf pour tester mon niveau. En gros c’est un site d’apprentissage en ligne interactif. Je ne l’ai pas testé car je le trouve assez onéreux.
Yes Japan (payant) : voici un des meilleurs sites que j’ai trouvé et qui m’a fait progresser de manière fulgurante ! Par contre c’est en anglais… Comme le précédent il est interactif et payant, mais moins chez que le précédent : en effet tu peux y avoir accès pour un minimum de 14.95$/ mois soit environ 11€. Autant dire que c’est très avantageux !
Japonin (payant) : voici un site que je n’ai pas encore eu l’occasion de tester mais qui est un excellent moyen d’apprendre. En effet ce site te permet d’apprendre dans une classe virtuelle avec d’autres vrais étudiants et un vrai prof ! (le même système existe pour l’anglais sur le site Englishtown.com).
Livemocha (tiers-payant) : voici un autre site qui est plus utile lorsqu’on a de bonnes bases. Chaque cours se constitue en 4 parties : cours, quizz, écriture et lecture. Il y a une partie intéressante qui est le chat.

Pour bien réussir…

…il te faut :

de la motivation : je pense que c’est la première chose qui nous pousse à faire quoi que se soit dans la vie, et dans notre cas présent à apprendre au mieux possible cette merveilleuse langue qu’est le Japonais.

de la patience : même si dans les séries B un peu science-fiction la cocotte n’a qu’à mettre son bras dans bouquin pour apprendre tout sur l’univers, dans la vie réelle t’auras beau mettre ton bras dans les bouquins de Japonais, à part être ridicule c’est tout ce que t’auras appris !

de la rigueur : si tu n’es pas un minimum organisée, tu ne t’en sortiras pas. Tu dois te trouver une plage horaire pour pouvoir étudier. Ensuite, étudier 5 minutes de vocabulaire par jour ça peut être efficace seulement si tu étudies 2 bonnes heures le week-end pour ce qui est des choses plus ardues comme la grammaire ou la conjugaison.

La passion : pour moi c’est le plus important des critères. Tu as beau être motivée, patiente et avoir toute la rigueur que tu veux si tu n’as pas la petite touche de passion qui fait que, alors tu vas étudier le Japonais pendant 3 mois et lâcher l’affaire ! Tu peux apprendre le Japonais certes mais cela te paraîtra pénible si tu le fais juste pour l’apprendre ou parce que t’es obligée. Si tu es vraiment passionnée ton plaisir en sera décuplé et ta vitesse d’apprentissage également !


Apprendre dans le cursus scolaire

Que tu sois au lycée ou en enseignement supérieur, certains établissements te proposent d’étudier le japonais dans ton cursus. Je vais parler de mon expérience des cours de japonais en école d’ingénieur, où cette langue était traitée comme une LV2. Comment ça se passe ? Les cours étaient bihebdomadaires et étaient collectifs, nous étions une petite dizaine d’élèves. Chaque cours durait environ 2 heures. Nous alternions entre deux professeurs, une française et une japonaise.

La première année, la progression était linéaire : apprentissage des systèmes d’écriture syllabique (hiragana et katakana), des structures grammaticales simples et du vocabulaire de base, puis au bout de quelques semaines apprentissage des premiers kanjis (les idéogrammes). La première partie du cours était consacrée à l’écoute d’un dialogue, puis la lecture en commun de sa retranscription.

Nous devions ensuite (essayer de) répondre à des questions au sujet de ce dialogue, d’abord chacun sur sa feuille, puis à l’oral. Des petits exercices écrits et oraux sur le thème du texte étaient également proposés : compléter des phrases pour apprendre la structure grammaticale, retrouver les noms d’objets dessinés, construire un dialogue à l’oral… L’idéal étant que chacun puisse prendre la parole au moins une fois. Un thème occupait généralement deux ou trois cours. Lorsqu’elle estimait notre progression suffisante, la professeur nous proposait un travail un peu plus libre : écrire une lettre, lire un texte ou une page de journal, tenir une conversation plus libre à l’oral…

L’année était ponctuée de devoirs notés, récapitulant les acquis : chaque semestre, un devoir écrit et un entretien oral. Les années suivantes, nous alternions entre un cours d’écrit (apprentissage des kanji) et un cours d’oral (conversation). Ce système permettait de se concentrer sur les objectifs du cours, une heure d’étude écrite ou de conversation n’étant pas suffisante. Les cours d’écrit comprenaient une partie lecture et une partie écriture, et les cours oraux comprenaient le visionnage d’une vidéo ou l’écoute d’une cassette ainsi qu’une partie consacrée à la conversation. Les vidéos et textes étaient choisis pour nous ouvrir à la culture japonaise.

Les thèmes abordés étaient assez variés : vie quotidienne, voyages, culture et loisirs japonais, vie professionnelle… et préparaient à une immersion au Japon. Chaque semaine, parfois tous les quinze jours, nous repartions avec une feuille de 10 kanjis et une feuille de vocabulaire à apprendre, ce qui permettait d’étaler le travail personnel et d’apprendre au fil de l’eau, plutôt que se forcer à retenir 150 kanjis d’un seul coup la veille du devoir (méthode qui se solde par un échec).

C’est pour qui : pour tout le monde : débutant, initié, bilingue, tout le monde peut y trouver son compte.

Points positifs :

  • Les cours collectifs avec un petit nombre d’élèves sont plus vivants et permettent des échanges oraux fréquents et variés
  • La présence d’un professeur permet de poser des questions régulièrement
  • L’inscription des cours au cursus scolaire minimise les problématiques d’emploi du temps et pousse à garder un rythme de travail régulier (au moins un peu)

Points négatifs :

  • Tout le monde ne progresse pas au même rythme et tout le monde ne part pas du même niveau. Les élèves ayant déjà étudié le japonais travaillaient séparément, en solitaire, les profs leur donnant des sujets d’étude plus élaborés
  • Suivre ce type de cours demande de la motivation : les cours sont à des horaires parfois peu arrangeantes (le soir après les autres cours, les lendemains matins de soirées étudiantes), l’apprentissage des kanji et du vocabulaire demande pas mal de travail personnel, et beaucoup d’élèves lâchent l’affaire en cours d’année.

Au final, je garde une impression très positive de ces cours, qui permettent une progression constante et un encadrement proche si besoin. Ce type de cours collectifs coûte cher une fois qu’on est hors de la sphère étudiante, autant donc en profiter tant qu’on le peut.


Apprendre avec les logiciels d’apprentissage des kanjis

Les Japonais ont une une super idée pour exploiter au mieux les possibilités des consoles portatives (en particulier la Nintendo DS) : des applications pour apprendre les kanjis, les idéogrammes du système d’écriture japonais. Comment ça marche? C’est très simple : il s’agit de tracer le kanji à l’aide du stylet de la console, le tracé devant être ensuite reconnu par le système. Ce principe peut servir de base à différentes activités : compléter des phrases à trous, trouver le kanji d’après sa prononciation et inversement, construire le kanji d’après ses clés…

Comment ça se passe? Il existe plusieurs logiciels de ce type, pour tous les âges et tous les niveaux. Celui que j’ai s’adresse aux enfants japonais et leur permet d’étudier leurs kanjis en parallèle de leurs cours à l’école. Il s’appelle Tadashii Kanji Kakitori-kun, la mascotte étant un petit poulet carré.

Ce logiciel comporte trois catégories d’exercices :

1 : apprentissage du tracé,
2 : application et apprentissage du sens/prononciation,
3 : tests récapitulatifs et mini-jeux.

Les kanjis sont divisés par année d’apprentissage dans le système scolaire japonais, soit en 6 années. Chaque jour, après avoir tracé un kanji proposé à l’ouverture du logiciel, le professeur Kageyama nous accueille par une petite phrase dépendant de notre assiduité, puis marque notre présence sur un calendrier. Dans la catégorie 1, on commence par choisir le kanji qu’on veut apprendre. Celui ci s’affiche alors en grand format sur l’écran de gauche (la console se tient comme un livre), et c’est à nous de le tracer sur l’écran de droite. Une fois qu’on a terminé, on appuie sur un bouton de validation, et là le petit professeur Kageyama nous félicite ou se tape la tête contre son bureau selon notre taux de réussite. Ce taux de réussite est calculé sur 100 à partir de deux éléments : l’emplacement des traits, et l’ordre de tracé. Car tracer un kanji nécessite un ordre bien précis, et c’est là l’avantage principal de ce logiciel par rapport à ses concurrents : il détecte l’ordre de tracé, et pour chaque kanji on peut voir une petite animation montrant cet ordre. Au dessus de 50%, le kanji est reconnu et on a bon, c’est bien. En dessous de 50, c’est qu’on a fait n’importe quoi, c’est mal. Au dessus de 70, on commence à avoir des étoiles – bronze (enfin bleu-vert), argent et or.

Dans la catégorie 2, deux styles d’exercices sont disponibles. Le premier propose une série de phrases à trous : les trous sont écrits en hiragana (système syllabique), à nous de tracer le kanji approprié. Le second permet de travailler les prononciations et significations des kanjis individuellement. On choisit son kanji dans la liste, mais cette fois ci, pour avoir accès à un kanji, il faut avoir réussi l’exercice du kanji précédent. Sur l’écran de gauche figure une définition du mot en question, et, sur l’écran de droite, nous devons convertir en hiragana les kanjis affichés ou vice-versa. Chaque signe tracé, une fois reconnu, prend place dans une petite case en haut de l’écran. Le nombre de cases permet de compter à l’avance le nombre de syllabes ou de kanjis contenus dans le mot, ce qui peut être très utile en cas d’hésitation. Dans la catégorie 3 figure tout d’abord un test, constitué d’exercices aléatoirement choisis parmi les kanjis de l’année sélectionnée. On peut aussi accéder à des mini-jeux permettant de mieux appréhender les kanjis.

C’est pour qui : pas pour les débutants complets. Tadashii Kanji Kakitori-kun s’adresse aux personnes ayant des bases, le logiciel étant en japonais, mais pas la peine de savoir bien lire : les instructions sont écrites ou sous-titrées en hiragana. Après tout, c’est fait pour les enfants, donc avec un bon dictionnaire à portée de main et une connaissance basique de la structure grammaticale, on s’en tire. Les autres logiciels s’adressent aux personnes maîtrisant réellement les bases (les 2000 kanjis de base et une bonne dose de vocabulaire).

Points positifs :

  • On travaille à son rythme, on contrôle notre progression. On peut s’absenter pendant un mois et revenir pour apprendre 50 kanjis en une semaine si ça nous chante.
  • Le caractère portatif de la console permet de travailler où on veut, quand on veut, et les fonctionnalités du stylet sont bien exploitées
  • Il y en a pour tout le monde. Concernant Tadashii Kanji Kakitori-kun, il n’est pas trop effrayant et ne risque donc pas de décourager les presque débutants.

Points négatifs :

  • On travaille uniquement l’écrit, et principalement l’écriture des kanjis. Si des exercices nous permettent de revoir la structure des phrases, cela reste un aspect secondaire
  • Tout est en japonais, donc un dictionnaire reste indispensable si l’on veut apprendre du vocabulaire.
  • Dans Tadashii Kanji Kakitori-kun, l’accès à la liste des prononciations d’un kanji n’est pas évident
  • Il faut aller dans la série d’exercices de mise en contexte du kanji puis cliquer sur sa petite icône en haut; ce serait beaucoup plus pratique d’y accéder directement via une simple liste.

Au final, je trouve que c’est une très bonne acquisition en complément d’un travail sur la grammaire et l’oral. L’aspect ludique du logiciel et les activités variées rendent son utilisation agréable et la progression se fait réellement sentir.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • E.g.
    E.g., Le 1 mai 2012 à 5h29

    ahhh Pourquoi j'ai pa lu cet article avant d'etre partie la premiere fois au Japon ??
    bon meme si je savais au moins me presenter a' cette epoque-la' ...
    Ca a pas ete gai tous les jours ... specialement les fois ou' j'avais anvie de Mc Do et qu'on me demandais "Omeshiagari desu ka??" j'avais simplement envie de leur dire que je voulais juste un Big Mac (ou eventuellement repartir en Moon Walk ... )
    Ce qui est sur, c'est qu'il faut enormement de motivation pour apprendre le japonais, non pas en ce qui concerne la grammaire (qui est tres simple au final) mais ne serait-ce que les Kanjis qui sont un vrai casse tete chinois ( c'etait facile ... ) et qui demandent enormement de rigueur.
    Sinon partir a' l'improviste et apprendre sur le tas c'est aussi tres enrichissant. (meme si j'ai quand meme ete obligee de prendre un mois de cours intensif, qui m'a coute' la peau des fesses) ...
    Aller , さよなら!

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