Publicité à la télé : les personnages récurrents

La coupure pub est toujours accompagnée de sa salade de clichés. Décryptage des plus récurrents d'entre eux.

Publicité à la télé : les personnages récurrents

À moins de ne pas avoir de télévision, d’éviter le rayon audiovisuel pendant tes escapades chez Darty et de ne jamais te faire inviter chez tes amis à l’heure de l’apéro et donc du Grand Journal, il y a peu de chances que tu passes à côté de la coupure pub.

Ayant remarqué que de nombreuses pubs utilisaient les mêmes codes, j’ai voulu recenser les personnages qui y interviennent le plus souvent.

Les gens heureux qui chantent

Difficile de vendre des plats tout faits, fades et trop salés en faisant croire qu’on produit des repas qui chantent pour des intestins qui se prélassent. Quand on ne peut pas compter sur la qualité gustative du produit, autant tout miser sur l’aspect familial, sur la convivialité, sur le plaisir d’être ensemble. Et il semblerait que, dans le monde de la publicité, quand on est heureux, on se met à chanter à l’image de la publicité pour la purée Mousline. Une table, une famille autour, une grosse plâtrée de farine au lait purée en flocons au milieu et il n’en faut pas plus pour que le clan se mette à chanter les bienfaits d’un repas prêt en 30 secondes – détour au supermarché pour acheter du lait compris.

Je. Arrêtez : personne n’y croit. La purée industrielle, c’est cool d’en avoir dans son placard pour les jours de pluie et de pénurie dans le frigo, mais personnellement quand on m’en sert une assiette alors que je passais jusque là une bonne journée, j’ai plus tendance à beugler « il est mort le soleil » et me frottant de rage contre les murs, de la bave qui mousse jusqu’au nombril. Ceci dit, avouons que la pub reste la plus fidèle possible à la réalité : cette famille chante « quand je fais de la purée Mousline, je suis sûre de ce qu’il y a dedans/je fais un petit volcan pour mettre la sauce dedans ». Remarquez qu’à aucun moment il n’est dit « c’est bon, mangez-en ».

Et n’oubliez pas : les coquillettes Panzani rendent heureux, et nous font aimer notre maman au point qu’on chante une reprise de Félicie aussi (nous sommes bien au 21ème siècle, ne quittez pas) avec elle :

Les femmes fraîches comme la rosée du matin

Que ce soit pour nous vendre du déodorant, du parfum, des protections hygiéniques ou des poêles en téflon, nous nous retrouvons souvent* face à une femme qui a pris l’option corps de sirène en UE libre à la fac. Sachant que la proportion des femmes dotées de jambes d’1m20 surmontées de fesses fermes et rondes comme des boules de pétanque est plutôt mince, on peut bien se demander en quoi ce choix est judicieux : qui s’y reconnaît ? Qui ne complexe pas en les regardant ? Qui sont ces gens qui ont envie d’acheter les produits promus par ce type de campagne alors que je commence tout juste à ne pas avoir envie d’éclater en sanglots à chaque coupure pub ?

D’autant plus que la célébration du corps mince ne s’arrête pas aux produits pour mincir ou manger équilibré : autant prendre un mannequin lingerie pour une crème de raffermissement du cul, je dis pas, je comprends l’idée. Ça a quelque chose de logique. Autant pour de l’électroménager, je vois pas bien le rapport.

*(de moins en moins, certes, mais tout de même)

Qui pourrait se dire « oh mon Dieu, si j’achète cette machine à laver, j’aurais le teint frais et le ventre plat, j’en suis sûre ». À moins qu’on ne puisse faire du pilate dessus quand elle est en mode essorage. Et alors là, je retire tout ce que j’ai pu dire.

Le mec viril et ténébreux qui plisse les yeux

Dans les pubs de parfums ou vêtements pour homme, il est assez fréquent de croiser des égéries boudeuses, les sourcils froncés dans une ultime recherche de virilité. Exemple avec David Beckham en slip :

J’imagine que les agences de pub pensent que la totalité des personnes attirées par la gent masculine finiront avec la langue qui tombe jusqu’aux pieds (une pose très pratique pour se nettoyer l’espace entre les orteils sans avoir à se baisser) en voyant ce spot. Alors je sais pas vous, mais moi j’y vois surtout un mec qui fait la gueule, déduisant donc inconsciemment que « son slip n’a pas l’air super confort ». À moins qu’un assistant ait laissé un petit bout de plastique qui servait à tenir l’étiquette juste au niveau de ses glandes génitales et que ça le démange.

Même constat pour les parfums pour homme. Il n’y a qu’à voir l’amabilité de Gaspard Ulliel pour Bleu de Chanel : c’est un peu comme si on me disait « eh ! Pour que toi aussi, ton mec te trompe et qu’il tire la tronche h24, achète-lui notre jus, tu verras, c’est bien ».

Les enfants impertinents

N’ayant pas encore procréé et ne souhaitant actuellement même pas y songer, il m’est difficile de trouver moins vendeur que des pub avec des enfants dedans. Mais quand je regarde la télévision et qu’on m’interrompt dans mon film pour me proposer d’acheter des lingettes qui éviteront à mon intimité de sentir le fromage corse, j’essaie de me mettre à la place d’un couple de jeunes parents. J’imagine leur quotidien, fait de couches sales, de pleurs, de cris et de dessins hideux à accrocher sur le frigo grâce aux magnets Père Dodu. Alors quand survient une pub mettant en scène un sale gosse enfant impertinent, je m’interroge : pourquoi remuer le couteau dans la plaie de leur parentalité ?

Serait-ce du sadisme ?

Le monde de la pub serait-il en partie dirigé par de bien jeunes enfants qui cherchent à montrer à leurs congénères comment s’y prendre pour mener les adultes à la baguette et dominer ainsi la planète terre ? Je sais pas trop. Mais j’ai peur.

Et vous, quels sont les autres personnages récurrents qui vous marquent et vous agacent dans les publicités ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Salomeplume
    Salomeplume, Le 30 novembre 2013 à 17h46

    L'été dernier toutes les 20 secondes la pub pour Yop avec le mec qui veut embrasser sa copine sur la plage et... "T'as bu mon yop ?????"
    Et la fille genre soumise qui ne répond rien

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