Ces clichés sur l’attraction qui me gonflent

Retour sur trois gros clichés sur l'attraction qui renforcent les stéréotypes et, surtout, nous prennent pour des pignoufs.

Ces clichés sur l’attraction qui me gonflent

Régulièrement, certains clichés liés à l’attraction, l’attirance et la séduction se rappellent à mon bon souvenir. Je les aime pas trop, parce qu’ils tendent à codifier un truc que j’estime peut-être naïvement naturel et inexplicable, à étudier au cas par cas.

Mais surtout, je les trouve pénibles parce qu’ils vont dans le sens de clichés qui me font bondir de mon siège en criant banzaï, ou parce qu’ils sont simplement complètement couillons. Après les légendes débiles sur la sexualité, retour sur trois des plus gros clichés sur l’attraction qui me font verdir à force de reloutise.

There, there.

Femme qui rit à moitié dans ton lit

Quand il s’agit de me pencher sur une oeuvre quelconque réputée comme drôle, j’ai un humour très « typé », mais dans la vraie vie je suis excessivement bon public. De ce fait, comment te dire… Le cliché de la femme qui rit à moitié dans ton lit, je trouve ça naturel d’en être un peu chagrinée.

Non mais imagine un peu la scène : tu discutes tranquillement avec quelqu’un, sans flirt, sans arrière-pensée sans rien, ni de ton côté, ni de celui de l’autre, tu te marres et un pote de l’autre un peu saoul vient dire « eh, famkiriàmoitiédantonli » avec un air à la Bigard et des coups de coude de gros relou.

Si ça m’est arrivé souvent ? Ça m’est arrivé souvent. Ça a même carrément rythmé toute ma vie étudiante. Et c’était lourd comme une brique sur la chips qu’est mon coeur.

Parce que non seulement c’est faux (si je ris, c’est que la vanne est bonne, l’anecdote drôle ou que sais-je encore), mais en plus, j’avais l’impression qu’on me voyait, du coup, comme la fille qui rit faussement pour choper.

Si on fait pas gaffe, ça donnerait presque envie de s’empêcher de se marrer quand on a envie. Et donc, de ne plus être naturelle. Et ne pas être naturelle avec des gens avec qui on discute, c’est nul.

Les filles préfèrent les mauvais garçons

La semaine dernière, je regardais les derniers articles publiés sur Thought Catalog, un de mes nombreux sites de référence sur l’Internet pour ses articles de qualité. Un de ces papiers a attiré mon attention : 7 raisons qui font que les femmes aiment les hommes qui les traitent comme une merde. Connaissant leur ligne éditoriale et estimant le site comme méritant mieux que ça, je m’attendais à voir les arguments suivants :

  1. Cette
  2. Idée
  3. C’est
  4. Vraiment
  5. Un putain
  6. De cliché
  7. Qui pue

Il n’en fut rien. Les grandes lignes, c’était plutôt « parce que tu peux jamais vraiment les avoir », « parce que tous les jours est une surprise », « parce que plein d’autres filles le veulent » ou encore « parce que t’es persuadée que tu pourras le réparer ». Bullshit !

Je suis chaque fois sciée, voire tronçonnée par cette idée vieille comme le monde qui voudrait que les filles cherchent à morfler sévère en ne pouvant s’empêcher de glousser dès qu’elles sont abordées par un mec un peu ténébreux avec le regard nonchalant teinté de méchanceté (le regard que j’appelle « je vais te pincer un sein quand t’en auras pas envie », parce que je vois pas comment mieux le décrire).

Moi ce que je vois, quand je vois des filles qui se prennent d’affection pour un bad boy, c’est juste une histoire qui commence bien et qui finit avec le plus gentil des deux qui souffre et essaie d’oublier le début positif de l’affaire pour passer à autre chose.

À la base, c’était une question de hasard, de rencontres et de bon feeling, et il s’est avéré que l’autre était comme ça. Jamais je n’ai entendu quelqu’un me dire « Nan mais moi, j’adore souffrir avec des mecs qui me prennent pour une naze, ça rend ma vie plus imprévisible ».

Je déteste l’idée qu’on range mon genre dans ce genre de personnages fleur bleue qui aiment en baver par tous les pores alors que l’attirance est un mystère (un mélange de chimie et de concours de circonstances). Et si les femmes avaient envie de mettre du piquant dans leur vie, croyez bien qu’on commencerait par foutre du Tabasco dans nos bols de riz.

Dans Thought Catalog, l’argument qui m’a le plus fait marrer, c’est « ils ont confiance en eux ». Ça entretient bien le cliché du mec qui se rend bien compte de son impact sur le sexe désiré et qui joue froidement avec les sentiments des autres tandis que la fille reste bien dans son rôle d’infirmière, rapport à ses ovaires et son utérus qui lui donnent envie d’entraîner son instinct maternel.

Et ce foutage de tronche pour tous, ça mérite tous les double-facepalm du monde.

Le body language ça marche bien

Régulièrement, je vois fleurir dans les médias des sujets sur le body language (la communication non-verbale). Et quand je les compare à ma façon d’être, je me dis que c’est quand même une sacrée bouse.

Parce que dans les gestes les plus significatifs, on trouve par exemple :

  • Croiser les bras est le signe d’une fermeture à la communication. Je croise toujours les bras, ça me semble confort, comme position.
  • Toucher ses cheveux, c’est chercher à séduire. Ah ? Moi je passe mon temps à toucher mes cheveux, ça veut pas dire que je veux taktak la Terre entière, c’est pénible.
  • Mettre ses mains sur les hanches, c’est un signe de confiance et la confiance, ça en impose.

Ça en impose sévère.

En gros, si tu parles à quelqu’un sans ressentir aucune attirance pour lui, t’as plus qu’à croiser les bras et arrêter de respirer. Tu sais ce que j’en dis ? J’en dis que toute cette histoire de body language est une vaste conspiration pour éviter que les gens ne se fassent des amis et qu’on finisse tous seuls pour toujours. Et c’est triste.

Bon, ça va, moi aussi j’ai vu deux épisodes de Lie To Me dans ma vie, mais je vais pas chercher à l’appliquer dans mon existence. C’est complètement stupide de vouloir nous faire guetter les gestes de l’autre.

Honnêtement, le seul moment où j’irai voir un ou une pote en lui disant « il/elle a fait ce geste, ça veut dire qu’il/elle veut que vous mélangiez vos langues », ce serait s’il s’agissait d’une fille et qu’elle lui parlait avec les jambes écartées d’une part et d’autre de la table en grommelant.

Et encore. Si ça se trouve elle serait simplement en train d’accoucher.

Hugh est ravi : il a lu dans J’ai cul que si un poulpe sortait de l’épaule de l’autre, ça voulait dire qu’elle était intéressée.

Quoiqu’il en soit, j’ai bien peur qu’on ne doive se farcir ces clichés encore fort longtemps. En attendant la prochaine salve de « ces signes qui trahissent son envie de vous faire bouffer son soutien-gorge », dis-moi, quels sont les lieux communs sur l’attirance qui te foutent les nerfs ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Freehug
    Freehug, Le 13 octobre 2013 à 0h49

    Ah, bravo, @Sophie-Pierre Pernaut , je me suis lancée dans le hate-reading à cause de toi, et maintenant je suis énervée! Blague à part, c'est vrai qu'il y en a marre de ces clichés à la con. J'ajouterai celui qui consiste à toucher souvent une fille pour lui "donner envie" (?), j'ai horreur de ça, en soirée tu tombes sur des types qui passent leur temps à te toucher le visage ou les côtes, soi-disant pour rire :gonk:

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