Je suis une fille, j’ai une bande de potes mecs, et non, je n’ai pas les couilles qui poussent

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Alison est souvent la seule fille dans sa bande de copains et la réalité est loin d'être celle de Blanche-Neige et les sept nains et de la schtroumpfette au royaume des schtroumpfs !

Je suis une fille, j’ai une bande de potes mecs, et non, je n’ai pas les couilles qui poussent

Depuis que je suis petite fille je ne fais pas de différence dans mes amitiés. Je suis amie avec un garçon de la même façon dont je suis amie avec une fille.

Je ne me suis jamais posé de question jusqu’à l’adolescence où j’ai constaté que je n’étais amie véritablement qu’avec des filles. J’avais des copains, mais pas d’amis.

À l’époque je me suis demandé si c’était l’évolution naturelle des choses, si ma proximité était plus simple avec les filles à cause de l’éveil de ma sexualité (hétérosexuelle) ou si je prenais de la distance amicale inconsciemment parce que j’imaginais que ça pouvait déranger mon copain du lycée.

Je commençais à émettre des doutes sur la véritable existence de l’amitié homme/femme

Alors que je suis toujours partie du principe que l’amitié entre une femme et un homme tous les deux hétérosexuels existe, que l’amitié entre deux femmes lesbiennes existe et que celle de deux hommes homosexuels existe également.

Quoi qu’il en soit, je me suis retrouvée dans des bandes de filles. Et puis un jour, quand je suis devenue majeure, j’ai commencé à voyager pour sortir un peu de mon cocon et elles ont fait pareil.

Pendant ces deux ans loin de chez moi, à la surprise générale, je passais beaucoup plus de temps avec des garçons que des filles.

Je suis partie étudier aux États-Unis pour vérifier si la vie y était vraiment comme dans les films. J’allais faire des randonnées avec ces mecs quand j’étais dans le Montana et de la pêche à la mouche (si, si).

Mais j’allais également au cinéma avec eux, on mangeait ensemble, on révisait ensemble, on faisait la fête ensemble, on faisait du shopping ensemble, on parlait de choses débiles mais on avait aussi de jolies conversations, tous assis sur le pick-up en fixant les étoiles en bon cliché de téléfilm d’adolescents que nous étions (encore).

Toutes ces choses que je pouvais aussi faire avec mes amies avec un « e ». 

Quand je suis revenue en France, je passais enfin plus de temps avec des copains de chez moi, qui faisaient partie de ma vie depuis longtemps sans que je ne les connaisse vraiment.

Et lors de mon deuxième échange universitaire, ma bande de potes masculine s’est encore agrandie. Et au-delà d’être mes amis, ils sont même devenus mes colocataires, mes compagnons de vadrouilles et mes partenaires du crime.

Depuis trois ans, je passe nettement plus de temps avec des mecs que des filles. Ce qui est drôle pour mon entourage car je dégage une image un peu (beaucoup) girly.

Ma garde-robe se compose exclusivement de robes (car je déteste les pantalons) et je suis rédactrice beauté pour vous donner des exemples qui nourrissent quelques clichés autour de moi.

Je me rends compte que nos amitiés et nos groupes d’amis se créent naturellement, selon où nos projets de vie nous mènent. J’ai l’intime conviction que l’on est ami avec une personne et pas avec un sexe.

Et c’est un hasard si je me suis retrouvée être la seule fille dans des bandes de mecs, tout comme je me suis retrouvée dans des groupes d’amies auparavant. Les affinités ne se contrôlent pas.

À lire aussi : L’amitié à l’âge adulte, épisode 1 — Changement de paradigme

Les clichés que tu peux entendre si tu es une fille dans une bande de mecs

J’ai recueilli ici un florilège de remarques et d’idées stéréotypées et sexistes qui circulent autour des filles qui ont une bande d’amis composée uniquement de mecs et j’y ai répondu.

Warning : la suite de cet article contient de l’ironie.

À lire aussi : Comment reconnaître un article ironique sur Internet ? Le tuto tout simple !

T’es dans une bande de mecs donc…

Tu es lesbienne ?

Évidemment que traîner avec des mecs rend lesbienne.

Ils te paternalisent et sont surprotecteurs ?

Ça va, les miens me donnent la permission de sortir dans la rue sans eux parfois.

Tu culpabilises moins de te goinfrer à côté d’eux ? (Puisque tous les mecs mangent plus que les filles.)


« Désolée les schtroumpfs, je ne mange pas de kebab comme vous, moi je suis une schtroumpfette. » 

Tu es leur traductrice des comportements de la gente féminine ?

Oui car je représente à moi seule toutes les femmes, et en plus d’être sociologue, je suis mentaliste.

Tu ne peux pas parler pendant les films parce que les mecs n’aiment pas ça ?

Moi non plus, je n’aime pas ça, ça veut dire que je suis un homme ?

À lire aussi : Un(e) vrai(e) ami(e), c’est quoi ?

Tu peux vraiment être toi-même et faire des trucs stupides avec eux car ils ne te jugeront jamais ?

(Croyez-le ou non, c’est une réflexion récurrente)

Tu ne peux jamais te plaindre de tes règles devant eux ?

Bien sûr les homo erectus aux torses poilus n’ont pas à écouter ces jérémiades. C’est de ma faute, je n’avais qu’à ne pas avoir un utérus qui saigne.

Tu deviens un peu leur mère et tu les aides à prendre des décisions rationnelles ?

Et je fais leur lessive et leur ménage aussi !

Tu t’embrouilles moins avec eux car ils sont plus cool que les filles ?

Les filles méritent bien leur titre de sexe faible… elles sont tellement prise de tête et intolérantes par rapport aux mecs qui sont tous des petits canards en sucre.

Leurs petites copines te détestent obligatoirement car tu es une fille ?

Personne ne croit en l’amitié homme-femme, et puis toutes les femmes sont des harpies jalouses maladives…

Ils sont capable d’être très affectueux quand tu ne vas pas bien ?

Et si tu les dresses bien certains peuvent même être affectueux quand tu vas bien.

Tu es à l’aise avec la nudité masculine ? (Car les mecs sont exhibitionnistes.)

Exactement, je leur gratte même le dos quand ils sont tout nus

Ils sont gênés de paraître sentimentaux devant toi ?

Quoi les mecs ont un coeur ? La honte d’avoir de l’empathie et d’éprouver des sentiments. Bande de fragiles.

À lire aussi : Parlons de la masculinité, ce boulet invisible que les hommes traînent

Tu couches avec eux ?

Bah bien sûr, à quoi bon être amie avec eux sinon ? Et comme je vois mes amis, comme mes frères, que je viens du Nord de la France et que je suis fan de Cersei et Jaime Lannister dans Game of Thrones, je ne vous raconte pas…

Tous ces stéréotypes peuvent desservir aussi les femmes que les hommes et ça m’attriste un peu.

J’adore traîner avec des garçons cool mais j’aime beaucoup passer du temps avec les filles cool aussi, la preuve, j’ai rejoins une rédaction de sacrées nanas avec de sacrées lectrices il y a peu… Tu connais madmoiZelle.com ?

À lire aussi : La friendzone, ce mystérieux territoire

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Commentaires
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  • Luzgar
    Luzgar, Le 29 août 2017 à 12h15

    Maintenant que j'y pense le "c'est pour les jeunes"……
    J'ai 20 ans.
    Je suis trans et y'a de nombreuses personnes comme moi.

    J'aurai sans doute été intéressé plus jeune par le sujet mais le gros focus sur les appareils génitaux de mes amis et de moi-même m'aurait plus que rendu mal à l'aise en fait et j'aurai pas fini la lecture. Si ça avant été le premier article que j'avais vu de madmoizelle, j'aurai été refroidi et j'aurai peut-être jamais remis les pieds dessus après. :/

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