50’s – 60’s : Le cinéma de la Nouvelle Vague

« D’une manière générale, c’est le cinéma français que je préfère. J’aime beaucoup Christophe Honoré et Philippe Garrel, qui sont pour moi les derniers cinéastes aujourd’hui à suivre le mouvement de la Nouvelle Vague, que j’adore. » Elodie Frégé, notre rédac’ chef d’un jour. Début des années 50, une bande de potes qui squatte les cinémas parisiens […]

« D’une manière générale, c’est le cinéma français que je préfère. J’aime beaucoup Christophe Honoré et Philippe Garrel, qui sont pour moi les derniers cinéastes aujourd’hui à suivre le mouvement de la Nouvelle Vague, que j’adore. » Elodie Frégé, notre rédac’ chef d’un jour.

Début des années 50, une bande de potes qui squatte les cinémas parisiens se dit que trop c’est trop, que « le cinéma de papa » doit évoluer un peu, qu’il y en a marre des starlettes, des films à budgets astronomiques et des décors studios en carton pâte. Ils signent un pacte, prennent leurs stylos et caméras et c’est parti : la génération Nouvelle Vague. On révolutionne le cinéma.

« Un art qui ne bouge pas est un art qui meurt »

Au départ, il y a deux clans : le clan des critiques des Cahiers du Cinéma (Jean-Luc Godard, François Truffaut, Claude Chabrol, et cie),  hyper cultivés, mais zéro pratique de réalisation et de l’autre, ceux qui sont issus de la mise en scène (Alain Resnais, Jacques Demy…), parmi lesquels Agnès Varda -seule femme dans ce milieu d’hommes- qui, en réalisant son premier film « La Pointe Courte », immense précurseur de la Nouvelle Vague, n’avait jamais regardé un film de sa vie ! Leur objectif : créer un cinéma nouveau, aussi bien dans le fond que dans la forme, et prouver qu’un film réalisé avec trois fois rien peut être grandiose.

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Embrasse-moi, idiot !

Les règles d’or de la Nouvelle Vague

Halte aux budgets astronomiques qu’on accorde aux films aux Etats-Unis, on réalise un film avec une somme risible (entre 5 et 10 millions d’anciens francs), et puis c’est tout.

Comme on ne tourne que dans des décors naturels, que ce soit à la mer, dans une véritable maison ou dans la rue, hop, les frais de studio en moins !

On exécute candidement les actions les plus ordinaires possibles, on voit les personnages s’ennuyer et marcher dans la rue (une tendance qui arrive tout droit du néo-réalisme italien ; si vous regardez  « L’Avventura » d’Antonioni, vous y verrez les personnages qui marchent pendant quinze, vingt minutes sans dire un mot). Mais on fait tout ceci sur une base de sujets de réflexion propres à la Nouvelle Vague tels que la vie, l’amour, la mort –ben oui, rien que ça- le tout sur une toile de fond très littéraire et en fumant des clopes. Avant, les films « racontaient » des histoires qu’elles soient comiques ou tragiques ; ici, la place est à la réflexion et à la contemplation. (Note de l’auteur : je ne dis pas que c’est mieux, je dis juste que c’est nouveau… et que c’est gigantesque.)

On renonce aux « stars » en engageant des acteurs non-professionnels ou des comédiens d’un jour. Le principe est simple : la bande de copains réalisateurs se refilent leurs nouveaux talents entre eux comme des cartes Pokémon, les cinéastes apparaissent même en personne dans les films de leurs copains. Une sorte de tournante cinématographique.
Finies les Femmes Fatales des films noirs des années 30, les starlettes et pin-up des années 50, élevées au rang de déesses pour servir de modèle aux femmes du peuple jusqu’aux mineuses qui essayaient, sous leur casque, la coiffure des « peekaboo blonds », à savoir une mèche (blonde, n’est-ce pas) ondulée qui cache l’œil droit. Pratique pour y voir dans les mines. Alors, adieu les Veronica Lake, Romy Schneider, Grace Kelly et on chante « Bye bye baby » à Marilyn. On voit apparaître de nouvelles têtes sur les écrans. Mais toujours des nanas sublimes, telles que Brigitte Bardot, Anna Karina, Catherine Deneuve, Jeanne Moreau…  Et des Jean-Quelquechose. Jean-Paul Belmondo, Jean-Claude Brialy, Jean-Pierre Léaud, bref tu vois.

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Veronica Lake VS Jeanne Moreau. Votez !

La Nouvelle Vague, c’est aussi des films où la musique a une grande place, à tel point qu’elle pourrait remplacer les dialogues. Et à ce niveau-là, sur tous les films et tous les fronts, c’est Michel Legrand – le très grand – qui s’y colle.
En plein boom des comédies musicales aux États-Unis,  certains films de l’époque empruntent la tendance, et c’est superbe. Bien sûr, il y a Jacques Demy et ses « Parapluies de Cherbourg », « Demoiselles de Rochefort », j’en passe et des meilleurs, mais aussi Jeanne Moreau et « Le tourbillon de la vie » dans le fameux « Jules et Jim » de Truffaut ou Anna Karina qui chante (un peu partout) chez Godard. Et que les actrices chantent bien ou pas, ce n’est pas grave, du moment qu’elles nous font danser le cœur ou qu’on a une érection capillaire. On va faire un test; je ne pourrais plus rien pour vous si vous n’êtes ni décédée, ni pleine de spasmes, ni une flaque d’eau après avoir vu cela :

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Pour les amatrices de cette période bénie, pour celles qui le deviendront peut-être après la lecture de ce papier (laissez-moi rêver !), et même pour toutes les autres, allez voir ab-so-lu-ment « Les Amours Imaginaires » de Xavier Dolan, en salles en ce moment, où l’on retrouve tout ce qui a fait la Nouvelle Vague, tant par la manière de filmer que par le sujet ou le jeu des acteurs. Un vieux Godard en 2010, on n’y croyait plus. Qui sait, peut-être aurons-nous la chance de voir naître notre Nouvelle Vague, au 21ème siècle ? Allons-y, Alonso !

Xavier Dolan Les Amours Imaginaires

Xavier Dolan, "Les Amours Imaginaires"

Les basics de la Nouvelle Vague

  • « Et Dieu… créa la femme » – Roger Vadim (1956)
  •  » Paris nous appartient » – Jacques Rivette (1958)
  • « Hiroshima, mon amour » – Alain Resnais (1959)
  • « Les 400 coups » – François Truffaut (1959)
  • « A bout de souffle » – Jean-Luc Godard (1960)
  • « Cléo de 5 à 7 » – Agnès Varda (1962)
  • « Jules et Jim » – François Truffaut (1962)
  • « Pierrot le fou » – Jean-Luc Godard (1965)
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Voici le dernier commentaire en date :

  • Vladimir
    Vladimir, Le 12 juillet 2011 à 13h42

    *La nana qui débarque un an après :shifty:*

    Comme souvent, j'ai tapé un mot-clef dans le moteur de recherche du site pour trouver un article ou une discussion sur quelque chose qui m'a touché ou qui m'intéresse. Là, je viens de voir "Les Amours Imaginaires" (que j'ai adoré), et je ne suis pas déçue d'être tombée sur cet article. Mon niveau de culture cinématographique étant très faible, mission accomplie Anne.Lucie !, tu m'as donné envie de découvrir cette tranche du cinéma. Je m'y mets dès que... ha. Oui. Pas avant deux mois, donc.

    Anne.Lucie
    La Nouvelle Vague, c?est aussi des films où la musique a une grande place, à tel point qu?elle pourrait remplacer les dialogues.
    Ça, c'est une caractéristique très manifeste dans Les Amours Imaginaires, je trouve. Bande son de fou ! <3

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