J’ai testé pour vous : la folie d’un concert de Christophe

Les idoles de notre temps ont (encore) du talent et c’est plutôt épatant. Voix nostalgique, tête penchée sur le côté et souvenirs plongés dans les années 60/70, je soupire : « Ah Christophe, tous ces mots bleus qu’il a crié à Aline, pour qu’elle revienne. » Christophe, de son vrai nom Daniel Bevilacqua (phrase sponsorisée par Wikipédia, […]

J’ai testé pour vous : la folie d’un concert de Christophe

Les idoles de notre temps ont (encore) du talent et c’est plutôt épatant.

Voix nostalgique, tête penchée sur le côté et souvenirs plongés dans les années 60/70, je soupire : « Ah Christophe, tous ces mots bleus qu’il a crié à Aline, pour qu’elle revienne. » Christophe, de son vrai nom Daniel Bevilacqua (phrase sponsorisée par Wikipédia, briseur de mythes, veuillez consulter la page Julien Lepers), est actuellement en tournée, 40 ans après le début de son succès et ne me demandez pas comment je me suis laissée entraîner dans ce revival d’un des rares idoles de nos grand-mères qui ne se soit pas électrocuté ou perdu en hélicoptère dans le désert.

19h30, une bonne file d’attente est déjà formée, malgré le rude mistral qui n’a guère été tendre ce soir-là. Un premier coup d’œil nous permet d’évaluer une moyenne d’âge, tournant autour des 60 ans. Des femmes en majorité, toute pomponnée pour le chanteur de retour après une traversée du désert. Belles, belles, comme le jour. Dommage, il fait déjà nuit.

19h56, une privilégiée entre et s’installe à la meilleure place. Fan de la première heure depuis ses 14 ans, cette sympathique petite dame collecte chaque image de Christophe dans un cahier, collectionne les autographes, ne rate pas un concert, une photo aux côtés de l’objet de son affection ou un autographe de sa part. Déclaration, la bouche en cœur : « Je ne sais pas si Il connaît tout de moi, mais moi je connais tout de Lui. » Une telle fidélité et longévité forcent au respect.

20h, ouverture des portes. La salle est en placement libre assis, du front de la scène jusqu’aux gradins. Et ça sprinte dans les allées, on s’éborgne la cuisse dans la précipitation pour atteindre les premiers rangs, on lit la déception sur certains visages relégués au sixième rang.

20h04, une brebis égarée vivant dans un monde parallèle me demande si c’est la fille de Jacques Higelin qui assurera la première partie… Comment lui expliquer qu’Izia ne fait plus de premières parties depuis un moment. Et qu’à l’époque où elle en faisait, il s’agissait plutôt d’Iggy que de Johnny.

20h08, ô surprise et ravalement de façade. Des enfants et des adolescents accompagnent leurs parents mais surtout, des trentenaires, qui semblent être venus de leur plein gré, s’éparpillent aux quatre coins de la salle.

20h22, les esprits s’échauffent, les places assises sont toutes occupées, fracture entre partisans du tranquille assis et partisans du dansant debout.

20h30, la première partie s’avance. Il s’agit du groupe Andromakers, deux petites nanas électro pop toute mignonnes (jetez donc une oreille à leur myspace).

20h49, le petit garçon au tout premier rang peine à taper des mains en rythme, ce qui est d’autant plus incriminable puisqu’il est seul à frapper dans ses mains.

21h15, les deux aixoises quittent la scène avec de chaleureux encouragements, et le public chantonne « Les Mots Bleus » en attendant la suite. On n’oublie pas ce pourquoi on s’est déplacé !

21h30, les lumières s’éteignent, la musique envahit la salle, les applaudissements tonnent. Toujours pas de Christophe. Il entre finalement une ou deux minutes après, trois évanouissements et une vitre cassée à cause des cris suraigus. Non je déconne, rien de tel. Et que le show commence.

21h47, alors que Chri-Chri [nous assomme avec] interprète son dernier album au piano, son stand de marchandises propose des boutons de manchettes à son effigie pour la modique somme de 35€.

À une certaine heure, le concert est mis sur pause. Entracte. Les gens qui auront le courage de lâcher leur siège sortent pour un petit tour au petit jour, et les avis sont partagés. Quelques déceptions tout de même. Le nouveau cru du playboy ne serait-il pas à la hauteur ? Et puis tout s’enchaîne très vite : le concert reprend, l’idole des anciens jeunes a changé de tenue et c’est désormais assis, guitare entre les mains qu’il abreuve son public de tous les tubes tant attendus !

Environ 22h59, première version des « Mots Bleus » : une alarme incendie se déclenche. QUI A OSÉ SABOTER CE CLASSIQUE DE LA CHANSON FRANÇAISE, QUI ? Heureusement, Chris–évite la castas–trophe et adapte son morceau aux sirènes stridentes à peine perceptibles d’ailleurs. Et c’est avec fair-play qu’à 23h05, il recommence la version standard du hit made in 1974.

23h30, tout le monde vient de pleurer ou non sur « Aline » et tout le monde s’apprête à rentrer ou non dans son petit chez soi, repu et ému d’avoir assisté à ce concert riche en… péripéties. Et pour certains, l’aventure ne s’arrête pas là ! Détrompez-vous, les plus vaillants d’entre nous campent à l’entrée de la salle pour attendre le monument (qui en fait ne mesure qu’1m60). Séance photo et dédicaces en perspective, et j’ai capturé pour vous un petit moment !

L’avantage d’une séance photo avec Christophe, c’est qu’il n’y a aucun besoin de retoucher les yeux rouges.

GROUPIE : Que faire pour fêter cette réunion ? (Elle réfléchit) Lève-toi que je t’embrasse. (Elle tend la main à Christophe.) CHRISTOPHE (avec irritation) : Tout à l’heure, tout à l’heure. (Silence.)

Désormais, vous savez tout. Et au cas où un copain oserait vous faire une sale blague pour Noël en vous offrant une date de Christophe, vous serez psychologiquement préparées !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Bleuenn
    Bleuenn, Le 18 décembre 2010 à 22h13

    Eiffel Thé;1918341
    Le prix de la place pardon !
    Pas le siège... Quoi que y a du concept là dessous !
    Ah non mais j'avais compris ça ! :) Euh par contre j'ai pas capté le truc du siège... (je sens un gouffre d'incompréhension entre nous haha)

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