Charlotte Parola, star d’Instagram, 17 ans et 80 000 abonnés, nous parle de l’envers du décor

Par  |  | 31 Commentaires

Charlotte Parola s'est lancée sur Instagram quand elle était au collège, et a très vite atteint les 10 000 abonné•es. Aujourd'hui, à 17 ans, elle en a 80 000. Entre avantages et harcèlement, ça fait quoi d'être Insta-famous ?

Charlotte Parola, star d’Instagram, 17 ans et 80 000 abonnés, nous parle de l’envers du décor
Charlotte Parola a 17 ans, et 80 000 abonné•es sur Instagram (oui, rien que ça). Elle nous raconte son quotidien de lycéenne-comme-tout-le-monde, devenue presque du jour au lendemain un personnage public sur Internet.

J’ai commencé Instagram en septembre 2015, j’étais en seconde. Je voulais simplement poster des photos de moi et des endroits que je visitais pour mes amis, comme tout le monde.

Je n’avais pas du tout comme objectif de devenir célèbre grâce à Instagram !

A post shared by @charlo_tteparola on

Charlotte Parola, collégienne aux 10 000 abonné•es

À l’époque, j’utilisais surtout Ask et Twitter, où j’avais déjà 10 000 personnes qui me suivaient. J’étais au collège, et ça aussi, ça m’était un peu tombé dessus sans prévenir.

Je postais régulièrement, je suppose que mon contenu devait déjà plaire.

Je savais donc que mon Instagram aurait quand même un certain nombre d’abonné•es, mais je n’aurai jamais imaginé en avoir un jour autant.

C’est finalement arrivé très vite, sans que je sache vraiment pourquoi ni que je fasse quoi que ce soit : en six mois, j’avais déjà 10 000 abonné•es. Évidemment, je ne connaissais pas la plupart de ces gens.

À lire aussi : Ode à ces femmes inspirantes qui se montrent telles qu’elles sont sur Instagram

Charlotte Parola et les commentaires sur Instagram

On ne va pas se mentir, je sais pourquoi ils s’abonnent à mon compte : ils le trouvent agréable à regarder, ils me disent dans les commentaires qu’ils me trouvent belle.

On pourrait penser que c’est super flatteur, les compliments sur Insta. En fait, c’est bizarre mais ça ne me touche pas vraiment. C’est comme si ça me faisait rien.

J’ai l’impression que c’est détaché de moi, et ça ne me donne pas plus confiance en moi, au contraire, ça me fout plutôt la pression. Finalement, c’est que quand des filles dans la vraie vie me font un compliment que ça me fait vraiment plaisir.

À lire aussi : Comme EnjoyPhoenix, j’ai listé 5 choses que j’aime chez moi, et je t’invite à faire de même !

Que mettre sur Instagram quand on a 80 000 abonné•es ?

À mesure que je gagnais des abonné•es, j’ai décidé d’adapter un peu le contenu que je postais. On ne partage pas tout à fait la même chose quand on parle à 400 ou à 80 000 personnes !

A post shared by @charlo_tteparola on

Maintenant, je ne mets plus que des photos que je trouve vraiment jolies, et mes conneries, je les garde essentiellement pour mes amis, même si ça m’arrive de partager des choses plus intimes en story (comme les musiques que j’aime, ma chambre, mon petit chat…).

Je me suis donc récemment créé un compte Instagram privé. Je n’avais pas envie que quand on tape mon nom sur Google, on tombe sur les soirées que je fais, où sur des choses plus intimes.

J’ai consciences des conséquences de cette visibilité : ça peut être très positif, on peut avoir de belles opportunités quand on a un compte aussi suivi, mais ça peut aussi rapidement se retourner contre moi.

À lire aussi : Cinq comptes Instagram qui me font crever de rire

Instagram, un passe-temps ou un futur métier pour Charlotte Parola ?

Personnellement, je garde les pieds sur terre : pour moi, Instagram, c’est un passe temps. Pendant un moment, j’acceptais beaucoup de partenariats, mais cette année, j’ai levé le pied.

C’est hors de question que je rate ma terminale pour développer mon compte, et ça me prenait trop de temps.

Je me fais aussi souvent démarcher par des agences de mannequinat, mais de toute façon, mes parents ne sont pas d’accord, alors j’attends d’avoir dix-huit ans.

A post shared by @charlo_tteparola on

Par exemple, un magazine m’avait proposé de faire sa couverture, mais mes parents ont refusé : ma mère a eu peur. En fait, mes parents n’arrivent pas vraiment à se rendre compte de ce que ça peut représenter d’être suivie par 80 000 personnes sur Instagram.

Eux, ils n’y sont pas, alors ils n’ont pas vraiment de repère, ils ne comprennent pas vraiment ce que ça implique.

Je continue quand même de faire quelques partenariats, avec des marques qui m’envoient leurs produits, mais qui ne me rémunèrent pas. Pour les partenariats, mes parents sont d’accords, et ça me permet d’avoir des trucs gratuits.

Pour le moment, je n’arrive pas vraiment à imaginer une carrière avec Instagram. Je sais pas du tout comment ça pourrait me servir pratiquement; c’est loin, tout ça.

En fait, je dirais même que ça ne correspondrait pas vraiment à mes propres plans. Moi, je voudrais entrer à Sciences Po et faire du journalisme. Je veux être reporter !

Peut-être moi dans dix ans si la lune s’aligne avec Jupiter

À lire aussi : Nadia, journaliste engagée et fondatrice de MeltingBook, qui promeut la diversité

La célébrité de Charlotte Parola, un cadeau empoisonné

Ce qu’il faut savoir, c’est que ne suis pas spécialement heureuse de cette « célébrité », je ne l’ai pas vraiment cherchée.

Parfois — ça semble prétentieux de dire ça — ça me lasse. Je garde quand même mon compte, notamment pour les opportunités que ça provoque, comme avoir des trucs gratuits, par exemple.

Mais au quotidien, c’est parfois très dur à supporter. Depuis que je suis connue sur internet, j’ai beaucoup été harcelée.

À lire aussi : Petit précis de cyberharcèlement illustré en 295 commentaires

Charlotte Parola, harcelée à cause de sa notoriété

Par exemple, il y a un an, BaddiiesFR a relayé mon compte Instagram sur Twitter. Ce compte-là est très suivi, ils partagent des profils d’instagrameuses, des postbads… Moi, je l’avais pas vu immédiatement, c’est mon ex qui m’avait prévenue.

Ensuite, j’ai été harcelée pendant deux semaines, par des gens de mon lycée et sur les réseaux sociaux. J’entendais tout le temps :

« Elle est trop moche, elle mérite pas, en vrai elle ressemble pas à ses photos »

Ça m’a fait beaucoup de mal, d’autant qu’en plus, je retouche très peu mes photos (j’augmente un peu la chaleur, et parfois, je mets des filtres), mais comment le prouver ?

Avant, je répondais aux attaques, mais j’ai failli me faire frapper à cause de ça. Maintenant, j’ignore les critiques.

Moi quand je vois le commentaire d’un•e hater

Il y a aussi beaucoup de gens qui pensent que j’ai mal évolué à cause d’Instagram, que ça me monte au cerveau (et qui me le font savoir, c’est toujours agréable), alors que pas du tout !

Je garde les pieds sur Terre, j’essaie de ne pas déraper. Par exemple, je sais que je pourrais avoir mille fois plus d’abonné•es si je dévoilais un peu plus mon corps mais c’est hors de question, je veux juste montrer mes voyages, mes amis, mes fringues…

À lire aussi : Comment réagir quand on croise une célébrité ?

Comment vivre sa célébrité dans la vraie vie ?

Et puis je le sais, il y a des gens qui parlent de moi sans arrêt. J’habite une petite ville, alors tout le monde me connaît. Il y a même des filles qui me demandent des photos dans le bus.

Au lycée, j’ai relativement confiance, mais quand je suis en ville, je me sens surveillée. En fait, je suis tout le temps épiée. Quand je passe dans la rue, les gens chuchotent « c’est elle, c’est Charlotte Parola », c’est horrible.

Du coup, comme je sais que je ne peux pas sortir sans être observée, je ne peux pas me promener en jogging dégueu, la tête en vrac. Même en plein hiver, quand je suis fatiguée et que j’aimerai en avoir rien à foutre, il faut que je me maquille.

C’est oppressant.

Et même si j’aimerais bien me dire que je n’y accorde pas d’importance, je ne m’en fous pas tellement. L’année dernière, je me suis mise une très grosse pression pour être parfaite physiquement, ça m’obsédait.

Je passais ma vie à regarder des comptes d’instagrameuses que je trouvais super belles, comme Mimi Perkins.

BOND👁

A post shared by • Mimi Perkins • (@mimiperkins) on

Je voulais leur ressembler, et ça n’était pas une ambition super saine pour moi.

Je le montrais pas du tout sur Instagram, mais j’avais beaucoup maigri. Quand ça a commencé à devenir dangereux pour moi, j’ai vu un médecin, qui m’a diagnostiqué une anorexie.

Maintenant, ça va beaucoup mieux, mais je me suis rendue compte de l’influence négative que tout ça pouvait avoir sur moi. Du coup, je fais plus attention.

À lire aussi : Harcèlement scolaire : parole aux « harceleuses »

Entre Instagram et la vraie vie de Charlotte Parola, il y a un grand décalage

Les gens ne se rendent pas compte de tout ça. Ils pensent que ma vie est géniale et parfaite, à l’image des photos que je partage sur mon compte, alors que c’est une vérité très partielle.

Du coup, j’ai du mal à me confier, parce que selon eux, j’ai pas le droit de me plaindre. L’an dernier, par exemple, je ne pouvais pas aborder mon anorexie paisiblement avec mes potes.

Et puis j’ai du mal à savoir qui sont mes amis, je me méfie. Mais c’est peut-être simplement lié au fait qu’au lycée, on est encore jeune, et pas du tout à ma situation un peu particulière, je ne sais pas.

En tout cas, j’ai une seule vraie amie sur laquelle je peux compter.

A post shared by @charlo_tteparola on

Il y a un véritable décalage entre ce que les gens pensent de moi et ce que je suis vraiment : c’est aussi ça, le monde d’Instagram. On montre bien ce qu’on veut.

Et moi, je ne suis pas Rihanna, je ne suis pas une star, je suis une fille normale.

Beaucoup de mes abonné•es pensent que je suis beaucoup plus âgée, ou que je suis riche, mais ce n’est même pas le cas : mes parents sont profs donc ça va, mais on n’est loin d’être des millionnaires !

Comment les gens me voient sur Insta après un partenariat avec Daniel Wellington

En plus, je ne gagne aucun argent avec mon activité sur Instagram : peut-être que les autres filles connues sur Internet en gagnent, mais moi non, pas encore en tout cas.

À lire aussi : Ma meilleure amie… et moi — Les madmoiZelles témoignent

Ce que Charlotte Parola a appris en devenant Insta-famous

Instagram, ça a évidemment apporté beaucoup de choses incroyables dans mon quotidien, et je suis vraiment contente de toutes les opportunités que ça me donne dans ma vie, mais ça n’est pas que du positif.

Sur Instagram, les gens ne te connaissent pas vraiment, mais ils se font une idée de toi au travers des photos que tu partages, et tu es réduite à ton apparence.

Être connue juste parce qu’on est jolie, c’est un peu vertigineux, et même comme ça, tu n’es jamais assez bien, pas assez comme ça, ou trop comme ci.

Et même quand on essaye d’être au dessus des critiques, ça nous atteint, parce qu’on est quand même humain•es.

C’est pour ça que moi, j’essaye de prendre tout le positif de cet expérience, sans en faire une fixette et sans faire tourner ma vie autour de mon Instagram.

Je suis bien plus que ces quelques photos, j’ai d’autres rêves, et ça m’encourage à aller de l’avant. Je me sens indépendante, je n’ai pas besoin de ça pour que ma vie soit fantastique !

À lire aussi : Viens rencontrer sept meufs inspirantes chez Instagram avec madmoiZelle !

Anne-Fleur

Anne-Fleur est arrivée en mars 2017 pour s'occuper des témoignages. Elle aime Harry Potter, le thé bien noir et les plaids douillets.

Tous ses articles

Commentaires
Forum (31) Facebook ()
  • Tante Clara
    Tante Clara, Le 21 juin 2017 à 8h25

    Quand je vois le nombre de madz qui veulent quitter le forum parce qu'elles prenne la tête avec d'autres madz (je ne parle pas des réactions aux propos oppressifs, que ce soit clair) et qui n'arrivent pas à le quitter (alors qu'elles même disent bien qu'il n'y a pas d'amitié particulière), cette histoire ne m'étonne pas. Manifestement, on peut vite être accro à un truc virtuel nocif. Et là, la personne est souvent complimentée et on ignore tout de l'affectation qu'elle reçoit IRL ou de ses problématiques privées :dunno:

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!