Ces films dont je piquerais bien les fringues

La mode, ce n'est pas que dans la rue et sur les podiums. La preuve, certains films sont bien lookés. Léa fait le tour des films dont elle piquerait volontiers la garde-robe.

Ces films dont je piquerais bien les fringues

 — Article publié le 16 juillet 2013

Quand je ne suis pas très occupée à regarder les trains qui passent ou les candidats de télé-réalité qui transpirent, il m’arrive de farfouiller sur le nain Ternet dans une pile de DVD pour dénicher un film.

Parfois, je baille profondément, parfois je ris comme une baleine. Parfois je bave devant l’écran tel un escargot qui aurait trop bu en découvrant les tenues fantastiques imaginées par les costumiers.

Je ne te parle pas des looks d’époque avec des oreilles d’elfe et des côtes de mailles, mais de ces fringues que je me verrais bien porter dans la rue. Petit tour d’horizon de ces films qui m’ont tapé dans la rétine.

Pretty in Pink, (1986)

“Pretty in Pink” a.k.a “Rose bonbon” en version française, est un de ces films qui date à mort mais que j’aime bien regarder le dimanche aprèm’ comme une petite mamie, avec la triplette plaid, thé et biscuits à la cannelle.

Aussi cucul que “Dirty Dancing”, l’histoire est un gimmick de la comédie romantique. Andie, une adolescente pauvre et un peu excentrique, tombe amoureuse de Blaine, le bégé du coin, qui forcément est issu de la jeunesse dorée.

Pour compléter le tableau, Andie a des copains plus perchés les uns que les autres : son meilleur pote Duckie se déhanche comme un dieu sur du Otis Redding, et sa collègue Iona est une punkette un peu secouée.

Si le scénario est en-dessous des pâquerettes, les looks sont incroyables tant ils collent aux caractères des personnages à la limite du cliché. “Pretty in Pink” est un peu la galerie parfaite de la mode dans les années 1980.

Toutes les tenues sortent de l’imagination de la costumière américaine Marilyn Vance, spécialisée dans les styles un peu indie, qui a aussi signé les costumes de “Pretty Woman”, “Die Hard” ou “The Breakfast Club”.

Le personnage d’Andie, qui n’a pas beaucoup de tunes, bricole elle-même ses fringues. Le résultat est complètement foutraque, ultra bobo et carrément fascinant. Andie cultive le look mamie chic, à base de tenues fleuries, d’accessoires à gogo, de broches et de chapeaux.

Le tout n’est pas forcément classieux mais lui donne toujours l’air d’être une modeuse hyper créative. Elle se fabrique même une robe de bal à partir d’une vieille nippe, comme ça, d’un claquement de doigts. Bref, Andie est un peu une hipster avant l’heure, à ceci près qu’elle est VRAIMENT pauvre.

Blaine est le parfait stéréotype du fils de bonne famille sans trop de personnalité. Il a toujours l’air de sortir d’un baril de lessive, et ne porte que des fringues classiques, chemise, veste et pantalon dans des teintes pastels.

À l’inverse, le look de Duckie est un espèce de mix entre le rockabilly flashy et les crooners des années 1950. Le personnage se trimballe avec des tas d’accessoires clinquants du genre bretelles, chapeaux et lunettes, et je rêve de convertir tous les mecs du monde à un style aussi barré.

Cry-Baby (1990)

Tu aimes les comédies musicales et Johnny Depp ? J’en tire deux conclusions. Comme ma pomme, tu es un gros cliché, mais en plus, il est juste inconcevable que tu passes à côté de “Cry-Baby”.

Comme dans “Pretty in Pink”, le scénario ne fleure pas exactement l’originalité, mais qu’importe. Johnny tout jeunot est le loubard du coin, un mauvais garçon surnommé Cry Baby en raison d’une fausse larme tatouée sous son oeil. Il a le coup de foudre pour Allison, une jeune fille de bonne famille.

Comme tu t’en doutes, les gens vont passer beaucoup de temps à vouloir les séparer, et les acteurs beaucoup de temps à chanter et danser sur une B.O. qui roxe sa maman.

Le film ressemble à “Grease”, y compris visuellement, mais l’histoire est encore plus niaise et les mimiques surjouées, ce qui le rend terriblement drôle, en VO mais surtout en VF. Et les costumes sont tout aussi sympas que le fut moulant de John Travolta.

Le look “Cry-Baby” est totalement rockabilly, ce sous-genre du rock’n’roll né dans les années 1950 et qui a connu une deuxième jeunesse dans les années 1970. Les mecs ressemblent tous à Elvis, en un peu moins canon, sauf Cry-Baby évidemment. Capillairement, ils ont la banane. Vestimentairement, ils ont une prédilection pour les perfectos en cuir, les chemises à col ouvert et les slims moulants.

Du côté des nanas, les potesses de Cry-Baby ont du chien et cultivent le style pin-up avec des jupes crayons moulantes, des chemisettes, des corsaires, des foulards et des talons aiguilles, le tout en rouge et noir, comme Jeanne Mas. Sans oublier un make-up ultra-chargé avec un rouge à lèvres pétant et beaucoup d’eye-liner.

Si le genre vamp te fait vibrer, tu peux relire ce super tuto de Coline pour te faire un look à la Wanda. Allison est un peu moins funky et se contente de porter des robes de jeune fille bien sage en dentelle et des noeudnoeuds dans les cheveux.

Talons Aiguilles (1992)

J’aurais pu choisir n’importe quel film d’Almodóvar pour vous causer du look de ses personnages, parce qu’on peut carrément parler d’une véritable esthétique. Les costumes sont raccord avec l’ambiance, la lumière, les décors, bref, un film d’Almodóvar, c’est un peu la fête des tapas systématique pour les yeux.

Petit rappel de l’histoire de “Talons Aiguilles” : Becky, une vieille castafiore de la pop qui a une grande tendance au mélodrame, revient chez elle après des années de tournée. Elle retrouve sa fille Rebecca, une nana a l’air un peu coincé (mais à l’air seulement), qui a épousé un de ses anciens amants. Après, c’est du Almodóvar tout craché, à base de crimes, de secrets de polichinelle, de travestis et de héros hystériques et mystérieux.

Les personnages de “Talons Aiguilles” sont fringués dans la même veine que tous les autres du grand Pedro. Au programme : des couleurs qui pètent, des imprimés énormes, des bijoux ultra bling-bling, le tout avec une petite touche folklorique qui te donne l’impression de vivre dans une carte postale de Madrid.

Sauf qu’on est chez Almodóvar, pas chez les vamps, du coup les tenues ne sont pas des dérivés de Conchita. Le réalisateur espagnol est plutôt calé en mode, et il a travaillé avec un certain nombre de couturiers connus.

Pour “Talons Aiguilles”, le design des costumes est concocté par la papatte de Karl Lagerfeld. Les tenues de Becky et Rebecca sont inspirées des années 1960, respectivement signées Armani et Chanel. La deuxième porte d’ailleurs beaucoup de rouge, qui est un peu LA couleur typique d’Almodóvar avec toutes les connotations que ça implique : passion, sensualité, sang chaud.

À mon goût les fringues les plus kitsch restent celles du travesti ami de Rebecca, avec sa robe à paillettes et ses gants de soie. Et le film envoie aussi du steak capillairement. Mention spéciale aux méga-brushings et aux perruques explosives.

This Is England (2006)

Pour le coup, gros changement de registre. “This Is England” est un film que j’étais allée voir totalement par hasard et qui m’a marquée à vie, pas seulement pour son côté punk à chiens. Le scénario est hyper bien construit et je vous le recommande avec moult boîtes de mouchoirs à l’eucalyptus.

En gros, le film raconte l’évolution d’un préado, Shaune, dans le nord de l’Angleterre dans les années 1980, sur fond de misère sociale. Son père a disparu, ses pairs à l’école ne sont pas exactement agréables, du coup il trouve refuge auprès d’une bande de skinheads qui deviennent ses potes.

Le mouvement skinhead n’a pas encore la connotation que le grand public lui connaît aujourd’hui et ses membres sont plutôt des gamins déconneurs, jusqu’à ce qu’ils tombent sur le grand méchant qui va les entraîner dans la mauvaise spirale. C’est violent et ça te prend aux tripes.

Et surtout, “This Is England” est un concentré super chouette des différents looks de la jeunesse anglaise rebelle. Tu peux y croiser moult sous-cultures, dont certaines inspirées des styles musicaux des années 1970-80.

Les tenues des mecs suivent les codes skinheads et se rapprochent du mouvement “mods”. Ca signifie en gros qu’ils portent des chemises de bûcherons à carreaux, des pantalons à bretelles, des vestes Harrington, du jean, des Docs Martens totalement increvables, et surtout qu’ils ont le crâne aussi chevelu que Fab.

Du côté des meufs, les fringues flirtent clairement avec le style punk. Elles mixent des jeans délavés et troués avec du tartan, du filet de pêche, des superpositions d’accessoires et toujours de grosses godasses.

Ce look androgyne est pimpé grâce à des trouvailles capillaires dignes des Sex Pistols, avec du tif ébouriffé et des décolorations violentes. J’en profite d’ailleurs pour crier mon amour à la coupe Chelsea, cette coiffure totalement improbable avec des côtés rasés/effilés et une méga-frange.

Et toi, quels sont les films que tu trouves bien sapés ?

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Weladybird
    Weladybird, Le 24 avril 2014 à 23h59

    The Great Gatsby !! Bon d'accord, dans le genre look de tous les jours ce n'est pas tout à fait ça, mais leurs tenues et coiffures sont tellement cool!

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