Celui qui préférait les Suédoises

En novembre 2002, j’ai rencontré l’homme de ma vie. Il était grand, blond, et Allemand. Il avait un visage d’ange et un charme ravageur dont il n’avait même pas conscience, en toute innocence. En réalité, je l’ai rencontré avant. Mais c’est en novembre, à la faveur d’un voyage en train impromptu, que j’ai découvert que […]

En novembre 2002, j’ai rencontré l’homme de ma vie. Il était grand, blond, et Allemand. Il avait un visage d’ange et un charme ravageur dont il n’avait même pas conscience, en toute innocence.

En réalité, je l’ai rencontré avant. Mais c’est en novembre, à la faveur d’un voyage en train impromptu, que j’ai découvert que c’était l’homme de ma vie. Il y avait trop de signes évidents : évidemment, il était beau, mais aussi timide et touchant. Il parlait des mêmes livres que moi, des mêmes voyages que moi, des mêmes rêves que moi et des mêmes difficultés à faire avec la vie (parfois) que moi. En trois heures, notre complicité nouvellement révélée était évidente et j’avais des papillons dans le ventre rien qu’en pensant au retour du dimanche soir.

Le dimanche soir, j’ai raté mon train. Et c’est là que ça a commencé à mal aller. Dès que je me suis rendue compte à quel point ce jeune homme était exceptionnel, j’ai lancé l’artillerie lourde, il devait céder. D’ailleurs, il commençait déjà à céder, millimètre cardiaque par millimètre cardiaque.

C’était sans compter une dure loi de la nature : malgré le 10ème Commandement (« Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain »), mon soudain intérêt pour LUI a réveillé celui des autres. C’est incroyable à quel point le coup de la jalousie marche quasi-systématiquement. Il était tout seul depuis 2 mois et il a suffi que je le repère pour que toutes les filles en âge de se marier à 10km à la ronde veuillent aussi lui sauter dessus.

Le problème, c’est que dans le lot, il y avait une Suédoise. Mais alors, une VRAIE Suédoise, du genre grande, blonde, aux yeux bleus, aussi élégante que craquante. Elle avait un très joli prénom, mais je n’ai pas pu m’empêcher de la trouver immédiatement antipathique. Peut-être tout simplement parce que je suis petite, brune et pas du tout suédoise (enfin parfois, je suis blonde, mais là, pour l’histoire en question, je suis brune). Et parce qu’elle a juste l’air 1298365 fois plus sure d’elle que moi, et bien déterminée à utiliser cette confiance absolue pour le séduire.

Ce qui devait arriver arriva. En trois jours, elle a réussi brillamment ce que j’avais péniblement réussi à faire en 3 semaines. Et 2 jours plus tard, elle sortait avec lui. Je songeai alors à prendre de l’hormone de croissance et à me faire poser des broches pour grandir, devenir anorexique pour mincir et me teindre en blonde en dernier recours. Ca n’aurait rien changé. La preuve : près de 4 ans plus tard, ils sont encore ensemble. Elle est véritablement adorable et intelligente, en plus d’être Suédoise. Je n’ai même pas réussi à être jalouse tellement ça me semblait logique et évident.

Cette histoire m’a appris que parfois, ce n’est pas la peine de lutter. Mais que parfois si, même quand ça n’a pas l’air du tout évident. En l’occurrence, il m’a appris bien des mois plus tard que je lui avais vraiment plu, mais qu’il avait été encore plus timide que moi, et que s’il avait su, s’il avait osé… Bref, on est resté chacun dans notre coin, comme des idiots. La Suédoise est arrivée, l’a tiré de son coin et hop, en route pour l’aventure. Ce que cette  histoire m’a appris, c’est qu’on n’a pas besoin d’être Suédoise pour plaire. En revanche, si on reste au piquet, rien ne bouge, c’est le bonnet d’âne de l’amour garanti à vie.

En novembre 2002, j’ai rencontré l’homme de ma vie. Je le vois toujours régulièrement. Il est toujours aussi grand, blond et charmant, et il aime toujours autant les Suédoises. Enfin, SA Suédoise surtout. Mais je sais que moi aussi je lui ai plu, tout formidable qu’il soit. Et que donc un jour, je plairai à l’homme de ma vie, le vrai, même si, au premier coup d’oeil, il est trop beau pour être vrai.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Business Class
    Business Class, Le 31 janvier 2007 à 14h15

    Elle est jolie, cette histoire ! :d
    Et, "En revanche, si on reste au piquet, rien ne bouge, c'est le bonnet d'âne de l'amour garanti à vie." il faudrait que je m'imprime ça dans le crâne, une bonne fois pour toutes, surtout en ce moment. :rolleyes:

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