Celui qui était nul sur Messenger

En août 2006, j’ai rencontré l’homme de ma vie. Je l’ai rencontré loin, et lui venait d’encore plus loin. Le retour signifiait donc communication à distance. Qui n’a pas eu d’amour d’été sans lendemain supposé, mais qui dure malgré tout ? Mon amour de cet été était un jeune Turc au prénom ravissant et au […]

En août 2006, j’ai rencontré l’homme de ma vie. Je l’ai rencontré loin, et lui venait d’encore plus loin. Le retour signifiait donc communication à distance.

Qui n’a pas eu d’amour d’été sans lendemain supposé, mais qui dure malgré tout ? Mon amour de cet été était un jeune Turc au prénom ravissant et au charme italien, qui semblait avoir apprécié mes baisers et proposait donc que nous nous revoyions à la première occasion… soit 2 mois plus tard ! Pour combler ce temps, il nous restait le téléphone et surtout Messenger.

L’avantage du Messenger, c’est que c’est pratique, gratuit, et plus interactif que le SMS. On découvre aussi pendant les premiers temps les joies du « Globbish » ou « anglais d’aéroport » à base de « honey », « darling » and « it was soooo nice to meet you ». Puis viennent les incompréhensions : « when you say there, you mean where ? ». Puis nous voilà surpris par certaines réflexions et là, la réaction est sanglante « mais pourquoi il me dit ça, le con ??! mais il est crétin ou quoi ? », puis on se rend compte qu’on a mélangé la moitié des lettres en tapant trop vite, et donc ça ne veut plus rien dire

Il n’empêche que l’on s’en sortait pas trop mal encore, jusqu’au moment fatidique où je révèle ma faiblesse : je suis une fille, donc je suis multitâche, donc je fais 28 trucs à la fois, ce qui signifie que je chatte au boulot, en parlant à mon boss, en répondant par sms en même temps à une amie et en écrivant un email à un client… donc forcément, parfois, je mets du temps à répondre sur Messenger, même à un homme de ma vie… et ça peut le vexer.

Donc il fut vexé, il quitta le chat, mais il oublia un ENOOOORME détail : me dire au revoir. Donc là, je fus vexée moi aussi, et je me venge par SMS. « Sois poli la prochaine fois et dis au revoir quand tu pars». Oui, c’est froid et impersonnel comme style, mais on ne peut être douce et mielleuse tout le temps, faut savoir renier sa nature parfois ;-)

Réponse abrupte : « Tu arrêtes de me donner des ordres tout de suite, surtout quand tu ne m’as pas répondu depuis 30 minutes, capito ? » Là, le capito me gonfle ! On est déjà beaucoup trop multiculturels pour rajouter de l’italien à deux balles. Ultimatum donc « Si t’es pas content, on n’a qu’à tout arrêter tout de suite. Et toi d’abord tu arrêtes de me parler ainsi ». Je suis à la fois fière de ma réaction (« non mais il se prend pour qui lui ? Je vais lui montrer que je suis une nana, une vraie ! ») puis vient une certaine gêne (« n’aurais-je pas un tout petit peu réagi comme une hystérique, alors que la maladie a disparue depuis 80 ans ??! »)

Et là, ça fait mal, ça fait très mal, les minutes qui s’écoulent, longues, trop longues… Puis la réponse qu’on attendait tant, mais qu’on aurait mieux fait de ne pas vouloir attendre. « Je n’ai effectivement pas aimé ta réaction. Peut-être que tu as raison, on devrait tout arrêter ».

Fin août 2006, je suis devant mon téléphone, je déteste les nouvelles technologies, et je me demande si je viens de passer à côté d’un énième homme de ma vie.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Cali.for.NY
    Cali.for.NY, Le 3 juin 2010 à 15h53

    Après 4 ans, comment s'est terminée cette histoire??? Avec le recul?
    J'ai envie de savooir :):)

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