Celui qui était mon bouche-trou affectif

Il n’a rien d’exceptionnel, rien de bien, rien de mal. Il ne s’est jamais rien passé avec lui, mais il est toujours là. C’est une catégorie un peu à part, une catégorie que je suis peut-être la seule à connaître : le "bouche-trou affectif". Rien à voir avec le "copain de baise". Il ne se […]

Celui qui était mon bouche-trou affectif

Il n’a rien d’exceptionnel, rien de bien, rien de mal. Il ne s’est jamais rien passé avec lui, mais il est toujours là.

C’est une catégorie un peu à part, une catégorie que je suis peut-être la seule à connaître : le "bouche-trou affectif". Rien à voir avec le "copain de baise". Il ne se passe absolument rien avec le bouche-trou affectif. Mais il occupe parfois, souvent, entre deux histoires, toutes mes pensées et est à la base de toutes mes activités.

Mon bouche-trou affectif, c’est en fait un ami. Mais un ami ambigu, même si je suis sans doute la seule à vivre l’ambiguïté. Du moins, à apprécier l’ambiguïté. C’est celui chez qui je me réfugie quand ça ne va pas. Celui à qui je raconte mes petites histoires amoureuses quand tout va bien, et qui écoute mon silence quand ça ne va vraiment pas bien. Impossible de tout lui raconter dans le détail. Il y a un je-ne-sais-quoi qui me redonne un peu de pudeur : à lui, je ne peux pas dire les frasques de mes soirées et le détail de mes nuits d’été.

C’est pourtant celui qui me réconforte sans rien faire, sans rien dire, dans les moments où j’en ai le plus besoin. C’est celui avec qui je parle des heures au téléphone, avec qui je vais au ciné, avec qui je regarde la télé, avec qui je pars en vacances dans le Val d’Oise ou au bout du monde. C’est celui qui ne remplacera aucune copine, mais qui a bon nombre de leurs qualités, en plus d’être un homme.

Avec lui, pas de commérages, à peine de l’analyse, beaucoup de rigolades… et surtout, quand je perds la foi en la gente masculine, c’est lui qui me la redonne. Je me surprends alors à rêvasser une vie meilleure, avec lui comme seule cible pour tous mes choix de vie. Ça serait tellement plus simple : on veut les mêmes choses, on pense les mêmes choses. Je me surprends souvent à être jalouse de ses micro-aventures, voire je paranoïde totalement alors même qu’il ne se passe rien.

Mon bouche-trou affectif se doit d’être seul quand je le suis, sinon avec qui je vais pouvoir regarder la dernière série TV ? Qui va m’écouter me plaindre ? Qui va occuper mes sessions de rêvassement dans le trajet journalier maison-boulot ? Qui va tenir compagnie à la célibattante que je suis ? S’il devait se caser, plus personne ne pourrait alors me demander « mais alors, tu en es où avec bouche-trou ? ». Car oui, tout le monde me case avec lui, ce qui me plaît et m’attendrit, ce qui me redonne de quoi causer dans les situations de désert affectif, d’aridité de la chope et de sécheresse des sentiments.

Le problème du bouche-trou affectif, c’est qu’en réalité, ça ne sera toujours qu’un ami. Dès que j’aperçois l’ombre d’une réelle cible, je l’oublie totalement comme père potentiel de mes futurs enfants. Il n’est là que pour combler un vide, et se lassera sans doute de mes multiples plaintes, dès qu’une jolie jeune fille sera plus intelligente que moi et comprendra enfin tous les secrets de son charme sur le long terme.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Missther
    Missther, Le 7 mars 2007 à 23h39

    Je connais bien trop cette situation, sans moi non plus réussir à poser des mots sur nous deux. Il me considère lui comme l'amour de sa vie, je le sais. Il le sait. Mais lui, ne sera jamais rien de plus.

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