Celui qui était fan d’Elvis

Pondu par Celui qui le 3 août 2006  

En décembre 2003, j’ai rencontré l’homme de ma vie. Il était brun, charmant, avait une voix de crooner… et une passion dérangeante !

Un ami d’amis m’est apparu un jour sous un nouveau jour. Je le trouvai soudainement charmant, et il semble que lui aussi me trouva soudain charmante en retour. Il était drôle, plutôt mignon bien que totalement métrosexuel, et connaissait tout sur le rock’n roll américain. Sur une piste de danse, la veille de mon départ, sur le fameux slow « It’s now or never » (chanson tout à fait appropriée), nous nous sommes rapprochés et embrassés. Le lendemain, je n’ai pu que l’apercevoir avant de devoir repartir rejoindre mes pénates à l’autre bout du pays.

Je ne sais comment, il a retrouvé mon mail, et on a commencé à chatter. Nos discussions étaient plutôt amusantes, et j’adorais lorsqu’il me disait des choses du style : « When we are close, my heart says surrender, I’m almost in love tonight » ou « Love me tender, love me dear, tell me you are mine » … c’était romantique à souhait … Cul-cul la praline aussi à souhait, désormais je l’admets, mais sur le coup, comme toute nana qui se respecte, je rêvais de romantisme … et il fallait avouer que cela changeait du trop habituel : « t’es bonne, tu sais, tu fais quoi ce soir ? »

Là n’était que le début pourtant. Il prépara alors une petite virée de par chez moi. Je le vis arriver un beau matin, et je me suis dit « tiens c’est bizarre, quelque chose a changé chez lui ». Je ne tardai pas à découvrir ce que c’était. Il se regardait souvent dans la glace, j’en riais, et il me lança alors « tu ne trouves pas que je ressemble à Elvis avec ma nouvelle coupe de cheveux » … « ah ouais, maintenant que tu le dis, c’est ça qui a changé chez toi ! » … Bon, la coupe d’Elvis c’était certes has been, mais ça ne lui allait pas encore trop mal.

Le pire fut la soirée qui suivit. Pêle-mêle voici tout ce que j’ai dû subir : trois heures de rock and roll et de twist épuisant et ridicule dans un bar douteux, l’explication de la naissance, de la vie, de la mort du King, des réflexions du style « t’as un style à la Priscilla » (ouais, elle est vieille et a joué dans Dallas, je ne sais pas trop comment je dois le prendre), un commentaire détaillé sur le thème « comment trouver sur Ebay des objets qu’Elvis aurait peut-être frôles, et comment les payer moins de 2000 dollars », et le mieux du mieux, la théorie du complot de la CIA dans la mort d’Elvis, voire son éventuelle survie dans un condominium floridien.

Ma libido pour le beau gosse avait en trois petites heures totalement fondu. Elvis, c’est mignon, mais on est au XXIème siècle, et là ça commencait à devenir franchement lassant.

Le pire, c’est que le jeune homme devait passer la nuit chez moi, avant de repartir au petit matin en voyage pour une destination plus lointaine. M’imaginer passer la nuit dans les draps de ce maniaco-toqué qui allait encore me raconter les merveilles de Memphis où il n’était même jamais allé, me rendait dingue rien que d’y penser. Je m’imaginais déjà devant jouer Priscilla au lit pendant que lui me chanterait une mélodie ringarde. J’ai donc profité des avantages d’une grande colocation, en m’affalant sur le canapé du salon avec mon colocataire, le suppliant de s’endormir avec moi et de prendre le maximum de place pour que l’autre quidam ne puisse pas venir se taper l’incruste.

Au petit matin, après avoir passé seul la nuit dans mon grand lit tout vide, il s’en est allé, me laissant ces simples mots sur un papier chiffonné sur la table:

Maybe I didn’t treat you
Quite as good as I should have
You will always be on my mind

S’il avait su que c’était les derniers mots que je voulais entendre de sa part …

Ça vous a plu ? Faites tourner !

5 BIG UP

Tous les articles Celui qui...
Les autres papiers parlant de
Plus d'infos sur Celui qui / Tous ses articles sur madmoiZelle.com

Celui dont je me suis servie  

Celui dont je me suis servie

Un jour au printemps 2002, j’ai rencontré l’homme de ma vie. En fait non,...

Celui qui ne supportait pas qu’on le touche  

Celui qui ne supportait pas qu’on le touche

En mai 2003, j’ai rencontré l’homme de ma vie. Il n’était pas...

Celui qui ne parlait pas assez avec ses amis  

Celui qui ne parlait pas assez avec ses amis

Pendant un stage à l’étranger, j’ai rencontré l’homme de ma vie…...

Les 10 dernières réactions à cet article

Tu dois être inscrite pour lire l'intégralité des réactions ou commenter !
ou clique ici pour t'inscrire, c'est gratuit !

  1. Muskogee Muskogee

    Le 06/08/2006 à 14h17

    Citation:
    Posté par Maïon
    Je dois avouer qu'à ce degré là ça doit être effrayant. A ta place, je m'estimerais heureuse de n'être pas tombée sur un fan de Johnny.
    Lol, ouais, j'allais dire qu'un fan d'Elvis, ça fait quand même un peu plus classieux qu'un fan des Village People ou de Abba ...
  2. Myra Lee Myra Lee

    Le 12/08/2006 à 12h38

    Citation:
    Posté par Copenhague
    Lol, ouais, j'allais dire qu'un fan d'Elvis, ça fait quand même un peu plus classieux qu'un fan des Village People ou de Abba ...
    Ou de Mick Jagger
  3. Muskogee Muskogee

    Le 12/08/2006 à 14h02

    Citation:
    Posté par Maïon
    Ou de Mick Jagger
    Tu trouves ?
  4. Myra Lee Myra Lee

    Le 12/08/2006 à 14h06

    Non.
    Mais avoue que j't'ai casséééééée.
    :rolleyes:
  5. Muskogee Muskogee

    Le 12/08/2006 à 14h07

    Citation:
    Posté par Maïon
    Non.
    Mais avoue que j't'ai casséééééée.
    :rolleyes:
    Mais pas du tout, j'ai simplement pensé que tu n'avais aucun sens des priorités !
  6. Conditionnel[le] Conditionnel[le]

    Le 20/08/2006 à 01h46

    “Maybe I didn't treat you
    Quite as good as I should have
    You will always be on my mind”


    Quelqu'un peut me traduire?
  7. Celui qui Celui qui

    Le 22/08/2006 à 15h24

    Citation:
    Posté par Conditionnel[le]
    “Maybe I didn't treat you
    Quite as good as I should have
    You will always be on my mind”


    Quelqu'un peut me traduire?
    Ce sont des parols de la chanson d'Elvis "Always on my mind", et ça veut dire (en gros, hein) :

    "Je ne t'ai peut-être pas traitée
    Aussi bien que je l'aurais dû
    Mais je te garderai toujours en mémoire"
  8. Conditionnel[le] Conditionnel[le]

    Le 22/08/2006 à 23h12

    Thanks
  9. poponine poponine

    Le 04/11/2006 à 01h14

    Arf! Je pensais que mon copain actuel était seul au monde bah là il se serait trouvé un ami!
    Bon j'exagère un peu, lui il aime bien Elvis, quand il voit un calendrier de lui (et oui on en trouve) il cri... Ou des Cd de lui il chante et me dit "ouah t'as vu ça c'est "nianianiania" (le titre de la chanson) et il se met à chanter. Voilà, après faut adopter l'art et la manière d'éviter de rencontrer un objet quelqonque qui aborde Elvis...

Tu dois être inscrite pour lire l'intégralité des réactions ou commenter !
ou clique ici pour t'inscrire, c'est gratuit !