Celui dont je ne devais pas tomber amoureuse

En septembre 2005, j’ai rencontré celui dont il ne fallait surtout pas que je tombe amoureuse. Je n’ai pas tout de suite vu son charme : il n’était au début qu’un collègue de 10 ans de plus que moi, avec une alliance et un sens interdit clignotant en rouge au-dessus de sa tête. Et puis […]

Celui dont je ne devais pas tomber amoureuse

En septembre 2005, j’ai rencontré celui dont il ne fallait surtout pas que je tombe amoureuse. Je n’ai pas tout de suite vu son charme : il n’était au début qu’un collègue de 10 ans de plus que moi, avec une alliance et un sens interdit clignotant en rouge au-dessus de sa tête.

Et puis on a beaucoup travaillé ensemble. On se voyait tous les jours. Alors que je me sentais complètement perdue et désarmée pour affronter mon nouveau boulot dans une ville inconnue et froide, j’ai trouvé en lui un soutien indéfectible. Quelqu’un qui m’écoutait et m’aidait dans tous mes petits et grands problèmes quotidiens. Quelqu’un qui prenait soin de moi. Quelqu’un qui attendait que j’arrive le matin au bureau et m’accueillait avec un grand sourire. Quelqu’un qui me couvrait devant le Grand Chef quand il m’arrivait de faire un bourde.

J’ai découvert que mon collègue était également le propriétaire de deux adorables fossettes, et que ses yeux tiraient finalement plus sur le vert que le marron. J’ai aussi appris à connaître sa femme, sublime, adorable, fabuleuse et… enceinte jusqu’au fond de yeux.

Je savais qu’il n’y avait rien, que c’était mieux comme ça, et qu’il ne devait rien y avoir. Parce que s’il me plaisait, c’était parce qu’il était un mec bien, pas du genre à tromper sa femme deux mois avant de devenir père. Si c’est à lui que je me suis intéressée, c’est justement parce qu’il était inaccessible.

Mais dans mon ennui solitaire, qu’il était doux de rêvasser : et si ce café (mon préféré, il s’en rappelait toujours…) déposé par lui sur mon bureau était plus qu’une petite attention sympathique et professionnelle ? Et si ces soirées en tête-à-tête après le boulot n’étaient pas que le fruit d’une pitié empathique pour la pauvre petite Française sans amis ? Et si nos longues discussions…

Ca ne devait pas être louche que pour moi. Il nous est arrivé plusieurs fois de nous retrouver, tard le soir, dans son bureau ou le mien, à parler de tout et de rien, de cinéma et d’architecture. Et quand un collègue venait déposer un dossier et nous trouvait là, il refermait rapidement la porte, en s’excusant de nous avoir dérangés, l’air tout penaud. Et l’un de mes amis a piqué une crise de jalousie monumentale et fort gênante en sa présence (ce qui m’a permis de me rendre compte qu’il était vraisemblablement amoureux de moi).

Il ne s’est rien passé et tant mieux. Je n’ai pas eu tant que ça à lutter pour ne pas tomber amoureuse. Je savais que je ne l’étais que par désoeuvrement, le temps de m’habituer à ma nouvelle vie. Et c’est grâce à lui que, du jour au lendemain, je me suis sentie si à l’aise face à ces obstacles qui me semblaient insurmontables la veille.

Ce jour-là, je n’ai plus eu besoin de lui. Enfin, pas comme avant. Je lui ai dit merci pour tout, il m’a prise dans ses bras, et je savais que jamais plus je n’en rêverais. Parfois, c’est simple de résister à la tentation, sans même céder… Et parfois, c’est aussi très simple de se faire croire qu’on est amoureuse quand on en a besoin !

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