Comment le célibat a fait de ma vie un enfer

Après une relation charnière de trois ans, cette madmoiZelle s'est retrouvée célibataire. Et elle est passée par des moments pas franchement évidents.

Comment le célibat a fait de ma vie un enfer

Dans quelques mois, ça va faire deux ans que j’ai mis fin à une longue relation amoureuse. On m’avait vanté les joies du célibat, et aujourd’hui c’est l’enfer que je vais vous décrire. Pas de panique ! L’enfer ce n’est pas tant le célibat, c’est plutôt ce que ce petit coquinou m’a renvoyé de moi-même en pleine figure.

Cet article sera donc pour vous l’opportunité d’avoir un point de vue subjectif sur cette épineuse question du célibat. Quant à moi, je crois qu’il m’a été quasi thérapeutique. Prêt•es ?

La fin du couple

Mon célibat fait suite à une relation de trois ans et demi. Pour remettre les choses dans leur contexte, on avait 17 ans tous les deux, et plus de 20 quand ça s’est terminé. Ce mec c’était le premier mec, la première fois, enfin tu vois le genre.

Il est arrivé dans ma vie à un moment salement critique quant à mon estime de moi. Une adolescence à base de boulimie, de désir de rencontrer l’amour, de régimes etc. Je crois que ce garçon m’a vraiment aidé à prendre confiance en moi, et j’ai fait pareil pour lui. On s’est trouvés là, deux ados un peu tourmentés, à essayer de se hisser vers le haut.

Et ça a marché ! On a passé trois années énormes, à découvrir la vie ensemble, à s’apprendre des choses mutuellement et à se donner de l’amour, tout simplement. Au fil des années, j’ai fini par m’émanciper, quitter le cocon familial, rencontrer des amis formidables et… évoluer. Tout simplement.

Le garçon en question n’a pas évolué en ce sens, on ne se correspondait plus. J’ai pris la décision, douloureuse, de le quitter.

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La révélation du cul

Ça a été un déchirement pour lui. Enfin pour tous les deux en fait. Quel moment insupportable que celui où tu fais souffrir la personne avec qui tu as grandi et qui t’a tant apporté…

Et puis ça passe doucement. Nous avons surmonté cette rupture en passant par l’étape où on a encore besoin l’un de l’autre, puis celle où on prend ses distances. Enfin, ça j’y reviendrai.

Hop, j’étais donc plongée dans le célibat. Sauf que je ne savais pas comment ça marchait, parce que moi je n’avais jamais accepté d’être approchée par un mec en sortant avec mes potes (bah ouais, j’avais le mien, de mec), et de fait je n’avais jamais vraiment dragué non plus. Et un soir tu sors, un mec t’aborde et tu te dis que c’est ma foi plutôt agréable de se laisser faire (t’es bien tombée ma fille, il s’y prend bien).

Et vas-y que je te galoche au fond de la boîte, et vas-y qu’on va fumer une clope. Et vas-y que je te… ramène chez moi ?! Woh ! Mais moi je n’avais jamais fait ça ! En même temps j’avais bu environ dix-huit pintes, alors je me suis laissée faire et puis j’ai fini par me le faire, ce bel éphèbe. Il a dormi chez moi et s’est cassé à l’aube. Ah ? C’est vraiment comme dans les films alors ? J’étais habituée aux câlins mais soit, c’était parti pour activer le mode « histoires d’un soir ».

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À lire aussi : Comment rester célibataire ? Les bons conseils de Marion Seclin

Ce genre de nuit s’est multiplié, et je me suis bientôt retrouvée avec un tableau de chasse qui rivalisait avec mes potes les plus calées dans le domaine. Flatteur. Je me suis inscrite sur Tinder parce que je m’imaginais que c’était le passage obligé en période de célibat. Ça a été pareil. J’ai vu que je matchais, je me suis laissée charmer tout en triant savamment mes conquêtes. Ça a bu des verres, c’est venu chez moi, tout pareil.

J’ai même entamé un plan cul. Ce truc m’avait pourtant toujours rendue plus que perplexe. Il avait 27 ans, il bossait, et ça a duré quasiment six mois, jusqu’au jour où l’homme en question en a voulu plus. Moi non : c’était clair, ça s’est terminé.

L’excès, ce petit fourbe

Tout ça a duré environ un an. Un an pendant lequel j’ai profité à fond de mon statut de célibataire « libre comme l’air ». Profité ? Pas que. À force de coucher comme ça, il m’en est arrivé des choses.

Déjà, comme je l’ai dit un peu plus haut, avant mon ex mon estime de moi n’était pas top. Et ça, le célibat ne s’est pas privé pour me le rappeler. Tout ça à cause des coucheries, que j’aimais tant : oui, j’arrivais à séduire et à coucher avec ces mecs, mais mince.

Pourquoi on ne parlait pas trop ? Pourquoi on savait pertinemment quelle serait la finalité de ces soirées (à savoir atterrir nus dans mon lit) ? Pourquoi ça ne faisait pas pareil avec les mecs que je rencontrais en des circonstances normales ? Pourquoi mes potes arrivaient à rencontrer des mecs avec qui c’était progressif et ça finissait par durer ? J’ai fini par complètement me déconsidérer.

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Alors que j’avais toujours vu ces parties de jambes en l’air comme un moyen d’assouvir mon désir à moi, je me suis vue comme permettant aux hommes d’assouvir leur désir à eux. Point barre.

Oh, et puis j’ai découvert les joies des désagréments intimes et le sentiment de honte intense qui s’empare de toi quand tu demandes des traitements à la pharmacie, quand tu vas faire des tests, et quand tu fais plein de recherches flippantes sur les internets pour comprendre ce qui t’arrive. Tu te sens bête, tu angoisses, tu détestes l’irresponsabilité (la sienne comme la tienne) et tu te maudis pendant des semaines.

Passion pression

Un des autres problèmes que m’a coûté le célibat, c’est que je ne parvenais à séduire qu’en étant un peu éméchée. Alors j’ai commencé à boire plus que de raison à toutes les soirées.

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Et à boire comme ça, à ne plus savourer la fraîcheur d’une bonne bière qui coule dans ta gorge (n’y voir là aucune allusion, merci), à juste se saouler, et bien on finit par devenir un peu bête. Mon objectif à moi quand je sortais n’était plus de danser sur Céline Dion pendant trois heures avec mes meilleurs potes.

Non, mes soirées à moi consistaient à me renfermer et à ne plus danser, parce que danser c’est montrer son corps et c’est s’exposer aux critiques éventuelles. Danser c’était donc, pour moi, une porte vers la séduction qui se fermait. Mes soirées c’était les fauteuils, le fumoir et le bar parce que « oui, c’est pas sur la piste que je vais pouvoir discuter et vraiment savoir à qui j’ai affaire ».

Et tout ce grand n’importe quoi de la nuit a fini par m’éloigner de mes propres amis. Bah oui, normal. La meuf qui déconnait pour tout et n’importe quoi était partie et avait laissé la place à une meuf qui voulait juste ne pas rentrer seule, et qui repoussait les limites en termes d’alcool et de nuits blanches.

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Boire et coucher furent ma thérapie. Et puis un jour je me suis réveillée et mes potes m’ont tourné le dos parce que j’étais juste devenue ingérable la veille et qu’ils s’inquiétaient pour toi. J’ai vraiment été touchée de voir comme mes amis pouvaient être là. Mais une part de moi disait : « Je suis grande, laissez-moi gérer ma rupture comme je l’entends, vous n’êtes pas à ma place ! ».

Ça a été dur parce que je voulais surtout pas me priver. Déjà que je souffrais de pas avoir de mec, alors si en plus je devais faire gaffe à ce que je faisait en soirée : no way !

Chercher la madeleine de Proust

Je suis tout de même peu à peu sortie de cette phase d’excès en tous genres. En rencontrant d’autres personnes, en sortant dans des endroits différents, et en me rendant compte peu à peu que oui, mes amis ont été là pour moi, mais que je me dois aussi d’être là pour eux, de comprendre quand ils ne vont pas bien.

J’ai donc entamé un écrémage dans mon entourage. J’ai tenté de savoir quelles personnes m’étaient néfastes, et quelles autres me poussaient vers le haut. Côté potes, c’est donc devenu épanouissant au possible.

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Petit bémol, je me sens quand même seule. Je suis convaincue au fond de moi que sans un garçon dans ma vie, sans un pilier, je me sens en fait un peu vide. Et pourtant je ne supporte pas l’idée de la femme qui dépend de l’homme. Je suis clairement admirative des meufs qui se débrouillent seules et le vivent très bien. Mais moi, je peux pas.

Alors aujourd’hui, je cherche. Quand je dis ça j’ai l’impression d’avoir franchi la barre des 50 ans et de vouloir refaire ma vie absolument. Je cherche partout. Ça en devient maladif.

Si des amis me présentent d’autres amis, je vais envisager toutes les possibilités. Certains de mes potes (de type homme) commencent à m’attirer. Je suis sans cesse dans la vérification de l’image que je renvoie (au cas où je croiserais le futur nouveau mec).

Je fais n’importe quoi, je couche avec des garçons parce que je les aime bien, et je me rends compte qu’eux, ils aimaient bien mon cul (classy). Et moi je cherche juste de l’affection, celle que j’ai perdu en quittant mon ex. Je veux juste retrouver cette sensation de « rien ne peut m’arriver parce que je suis aimée par ce mec » et celle de « j’ai envie de le voir là tout de suite ».

J’ai re-essayé Tinder, puis Okcupid, et ça m’a blasée. J’en peux plus de ces mecs qui viennent te voir pour coucher, et surtout, j’en peux plus d’être jugée sur mon physique.

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Le retour des démons

Parce que oui, pendant tout ce temps, j’ai repris le chemin de la nourriture à l’excès (cf la mise en contexte où je dis que j’étais une ado paumée). Des crises de boulimie, que j’avais oubliées, qui te reviennent comme ça dans la figure. Tu bouffes, ça t’apaise, puis ça te fait pleurer. Et surtout, ça te fait grossir. J’ai commencé à voir mes pantalons craquer un à un.

J’ai pu apprécier les remarques de mon entourage. Cette pote qui te fait comprendre que tu dois faire du sport. Ma mère qui me regarde avec insistance quand je me ressers d’un plat. L’entourage, et puis les inconnus aussi.

Ce mec qui vient te voir quand tu danses, ivre, et qui te murmure que ça ne sert à rien de chercher à séduire parce que « tu es trop grosse ». Ce mec aussi, qui vient te voir en soirée pour te dire que tu lui plais, parce que lui ce qu’il aime c’est « les femmes rondes ».

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J’étais restée dans le déni de ma prise de poids un bon bout de temps, et quand j’ai compris où j’en étais, ça a été à travers le regard des autres, et ça m’a juste fait mal. Encore un truc à gérer, ok.

Et du coup, ça donne quoi au bout de deux ans ?

Ça fait bientôt deux ans que je suis célibataire et je parle toujours à mon ex. On se revoit des fois. On couche ensemble aussi. Pourquoi je fais ça ? Parce qu’au lit, ce mec me connait par cœur, pas comme tous ces gars rencontrés en boîte qui veulent juste se satisfaire. Parce qu’avec lui je peux être un peu câline. Après tout, on n’a jamais fait autrement que rester dans les bras l’un de l’autre après l’amour.

Et aussi parce que ce mec, je l’ai quasi jamais vu sans coucher avec lui depuis qu’on s’est mis ensemble. Difficile de se faire à l’idée qu’on boit « juste un verre et on rentre ». Et puis, on ne va pas se mentir, il m’apaise. Avec lui je ne suis pas dans cette optique de devoir trouver un copain absolument. Tout ce qu’on a vécu, même si on a évolué différemment, ça reste. Ça contribue à garder une certaine complicité. Ni l’un, ni l’autre, on ne veut retenter le truc ensemble. On se connaît, on sait pertinemment que ça ne fonctionnerait plus.

Je n’ai donc toujours pas réussi à couper les ponts avec lui. En même temps, est-ce qu’on est obligés ? Est-ce qu’un ex doit forcément être rangé dans un coin et laissé de côté comme ça pour toujours ? Malgré la rupture je sais que je peux tout lui dire, qu’on saura se marrer, se comprendre. Et ça, je ne le trouve pas ailleurs, et lui non plus.

Alors bon, pour le moment on continue. On a essayé de prendre nos distances plus sérieusement, mais se forcer parce que les autres vous disent que cette relation n’est pas saine, c’est difficile et pas adapté à nous.

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À lire aussi : Rester amie avec son ex, c’est possible ? — Témoignages

Cependant une question me taraude tout de même en ce moment. Est-ce que je dois tout arrêter avec cet ex pour avoir l’esprit pleinement tourné vers les autres garçons ? Ou est-ce que le fait de rencontrer quelqu’un va m’aider à tourner une page ?

En conclusion

Alors à toutes celles et tous ceux qui liront ce texte : la rupture, oui c’est dur et oui on fait des trucs chelous. Mais moi, je crois qu’il faut savoir simplement s’écouter soi-même. J’ai agi de façon parfois déraisonnée, mais ça m’a aidé à comprendre ce que je voulais et ce que je ne voulais pas.

Et surtout, tout le monde le dit et le répète : il faut laisser le temps faire son taf. Et ça, dieu c’est que c’est vrai. J’ai voulu forcer cette étape de « deuil de relation » en multipliant les conquêtes. Dans mon cas ça n’a pas fonctionné et ça a plutôt entaché tout le travail que j’avais pu faire quant à mon estime de moi.

Le tout, c’est de prendre son temps, de savoir se poser sans se précipiter pour comprendre ce dont on a besoin. C’est comme ça que je vois les choses désormais. Et même si je suis toujours célibataire, je vais, peu à peu, vers un chemin qui me correspond vraiment ; je comprends que je m’épanouis malgré tout, en tant qu’individu.

Et puis, ok, je suis en mode chasse h24, mais ça permet aussi de faire des rencontres cool, quand on s’aperçoit que flirter avec cette personne c’est horreur, mais que partager avec cette personne donne un grand enrichissement.

Alors allons-y !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mad'moizelle Meredith
    Mad'moizelle Meredith, Le 13 septembre 2016 à 18h20

    Belcara
    un titre qui aurait pu être "Comment le chocolat a gâcher ma vie" (alors que le chocolat c'est un truc cool qui met (presque) tout le monde d'accord, mais là ohohohsuprise il gâche la vie... m'voyez :troll:?).
    je vois ce que tu veux dire, sauf que le chocolat et le célibat n'ont pas du tout le même capital sympathie, du coup ça fonctionne pas :dunno:
    Même moi qui suis très branchée "ironie de madmoizelle", là c'est quand même dérangeant selon moi...

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