Cat’s Fight – Le Carnet d’un Pompier

Troisième histoire issue du Carnet de notre pompier Le Matou, qui se retrouve aujourd'hui confronté à un chat autrement plus agressif que lui.

Cat’s Fight – Le Carnet d’un Pompier

Lorsque je dois m’occuper d’un chat, c’est généralement pour le récupérer en haut d’un arbre. Mais ce jour là, mon intervention avait des allures de combat, mano a mano, humain contre félin.

Mon ennemi ? Zeus, un chat roux et revêche, à éclater pour le bien de la société.

Quand nous arrivons, la bête s’est retranchée derrière le canapé du salon, et sa maîtresse, le bras en sang, n’arrive pas à l’en déloger. Il doit être piqué le lendemain pour cause de violence, mais vu la tournure des évènements, on nous a demandé de prendre un peu d’avance et de le ramener aux services vétérinaires fissa.

Mon équipier regarde la serviette éponge baignée de sang. Puis il me regarde. C’est bon j’ai compris, je suis désigné volontaire sur ce coup là. Direction le salon.

Round 1

J’entame une phase d’observation minutieuse. Le chat n’a pas l’air trop méchant, mais j’ai vu ce dont il était capable, sa maîtresse va avoir le droit à des points de suture. Il pense me tromper, mais je ne me laisse pas attendrir par son minois angélique. Zeus ne sait pas que son regard cajoleur n’y pourra rien changer, son destin est scellé.

Mais le bougre est rapide, et il quitte sa cachette en un clin d’œil… Je ne m’attendais pas à ce qu’il se défile si soudainement ! Zeus se faufile partout, il est plus agile que moi et il me mène par le bout du nez ! Car l’animal a un avantage non négligeable sur moi : il joue à domicile et connaît l’appartement comme sa poche.

Round 2

Enfin ! J’arrive à l’acculer dans le cellier ! Mon équipier claque la porte derrière moi, nous voilà seuls, face à face dans l’arène… L’espace ne fait pas plus de 3m2, et il est occupé par une machine à laver et des étagères. Retranché derrière la machine, Zeus tente de rester hors d’atteinte pour éviter mes assauts.

Alors que je m’éreinte à l’en déloger, mon regard tombe sur l’étagère en face… Et sur la réserve de bouteilles. Ni une, ni deux, j’utilise une bouteille de rouge vide pour le repousser et le faire sortir de son abri, l’obligeant à combattre en terrain découvert.

Round 3

Je pensais qu’en le bloquant dans sa tanière je le piégeais, mais c’était une erreur. Sa vitesse, son agilité et sa vivacité font merveille dans un si petit espace ! À plusieurs reprises je l’attrape par un bout de patte, par la peau du cou ou par la queue, mais il arrive toujours à s’esquiver, une véritable anguille ! Sans compter que je bouscule au passage le mobilier des lieux. Mon équipier est obligé de bloquer la porte pour qu’elle ne s’ouvre pas à la volée.

Je répète donc inexorablement la même passe d’arme : bouteille de rouge dans le museau, poursuite dans le cellier, retour derrière la machine à laver, bouteille de rouge dans le museau, etc.

Usée par ma tactique, la bête en furie perd de la vitesse, et j’arrive enfin à le plaquer contre le hublot de la machine à laver. Mais Zeus parvient encore à pencher sa tête, et il me mord violemment, avec l’énergie du désespoir. Ses dents transpercent mes épais gants en cuir pourtant renforcés de métal, et je le relâche sous le coup de la douleur. Mon cri de victoire se transforme en un hurlement de rage…

Round 4

Je domine pourtant rapidement mes émotions et commence à réfléchir. Seul un habile stratagème pourra me permettre de déloger l’animal de derrière la machine où il s’est encore une fois réfugié.

Me munissant d’un filet, je prépare une embuscade en bouchant l’une des deux sorties. Puis j’agite ma bouteille de rouge dans sa face, le forçant à reculer dans le piège tendu par mes soins. Cette fois, c’est la bonne ! Sous mes coups incessants, il perd peu à peu du terrain et se prend progressivement les pattes dans les mailles du filet.

C’est l’hallali ! Bloqué dans le traquenard, il se débat encore comme un beau diable, hurlant et sifflant de rage… Mais il est bel et bien pris au piège cette fois, et j’ai veillé à l’attraper par le dos, en plaquant sa tête au sol pour éviter une nouvelle morsure.

La partie est finie, et je le cale dans une jolie petite cage grillagée. Lorsque nous sortons de l’appartement je l’exhibe à la foule, tel un trophée. Fier comme Artaban, je prends mon temps pour le sortir afin que le peuple de France (en délire) me jette des fleurs et lui crache à la figure. Zeus fait déjà moins le mariole !

Après l’avoir suffisamment humilié, j’arrime la cage à l’arrière de mon char et monte sur celui-ci en criant : « Fouette cocher ! » à mon fidèle second. Et alors que le soleil se couche à l’horizon, nous quittons les lieux sous les acclamations des mes admiratrices venues en nombre assister à ce combat de Titans…

Épilogue

Et le pire dans cette histoire, vous savez ce que c’est (à part un cellier complètement ravagé)  ? Et bien pour être sûr que l’animal ne m’avait pas refilé la rage, on l’a gardé en observation 15 jours dans les couloirs de la mort au lieu de l’exécuter immédiatement. True story.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Laboukineuze
    Laboukineuze, Le 17 avril 2014 à 21h20

    Pas forcément la faute des maîtres, ça peut être médical comme une madz l'a dit, ou génétique (on ne se doute pas de l'ascendance des minous, s'il y a consanguinité c'est risqué...)

    Je suis une adoratrice des chats, mais cet article ne m'a pas fait hérisser le poil. Les animaux violents peuvent être euthanasiés, c'est à la responsabilité de celui qui en a la charge, pour le bien de tous.
    Mieux vaut ça que relâché dans la nature ou abandonné devant un refuge!

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