Carte postale de Singapour, cité-État entre modernité et sévérité

Après une première carte postale de Singapour par une madmoiZelle qui y a passé quelques jours pendant son tour du monde, en voici une nouvelle, par Jerlyne qui y a effectué un stage de plusieurs mois !

Carte postale de Singapour, cité-État entre modernité et sévérité

L’été de mes 20 ans, j’ai choisi d’effectuer un stage à Singapour dans le cadre de ma licence. J’ai toujours trouvé cette cité-État fascinante. Il y a encore 50 ans, Singapour n’était qu’un pays en développement mais en l’espace de quelques années, c’est devenu une place incontournable de l’économie mondiale. J’étais donc très curieuse de savoir comment fonctionnait le monde de l’entreprise là-bas.

Une cité-État développée…

Singapour est une cité-État en Asie du Sud-Est, située entre la Malaisie et l’Indonésie. Malgré sa petite taille, elle est connue dans le monde entier ! Son économie florissante, ses tours impressionnantes et ses rues impeccables ont bâti sa réputation. Le pays possède d’immenses centres commerciaux et a un niveau de vie assez élevé comparé aux pays alentours. Il commence à être un endroit tendance : Chanel y a organisé son dernier défilé de mode, des artistes comme Lady Gaga ou Coldplay y donnent des concerts…

Ce que j’ai beaucoup aimé là-bas, c’est évidemment l’aspect ultra-moderne de l’État. Je me suis très vite adaptée à la vie façon Singapour. Le métro a des allures de centre commercial : il est vraiment nickel et c’est agréable de voyager dans un endroit propre, climatisé et sans odeurs gênantes. Je ne vous dis pas à quel point le métro parisien m’a horrifiée à mon retour ! Mon endroit préféré était le Marina Bay Sand, où se trouvent les plus beaux gratte-ciels de Singapour. L’atmosphère est également sécurisante : je pouvais me balader seule partout. Les Français-es réduisent souvent Singapour à une cité-État ultra développée, mais elle ne se résume pas qu’à ça !

La vue de Marina Bay Sand depuis le Singapore Flyer, plus grande roue du monde

Le charme asiatique en plus !

Être à Singapour m’a permis de vivre dans un contexte multiculturel enrichissant, que l’on ressentait également dans l’entreprise. Les cultures chinoise, indienne et malaysienne s’y juxtaposent. Même si la langue de travail est l’anglais, je pouvais entendre du chinois, du philippin, du malais… Et quand je tombais sur des clients chinois incapables de parler un mot d’anglais, la situation pouvait être assez délicate ! De plus, les Singapouriens parlent le « Singlish », un mélange de chinois et d’anglais. Les locaux ponctuent donc souvent leurs phrases de « la », équivalent de « voilà » ou « quoi » en français. Beaucoup de gens ont un accent assez prononcé et eux-même n’étaient pas habitués à l’accent français… Au début, la communication était donc difficile !

J’ai vraiment appris beaucoup de choses sur la culture malaysienne, philippine et chinoise. J’étais à Singapour au mois de juillet, où a eu lieu la célébration de la fête des Fantômes affamés. Selon la tradition, durant cette période de l’année, les esprits retenus dans les Enfers sont relâchés sur Terre et ne peuvent trouver le repos à cause d’une mort violente ou de leur mauvaise conduite. On leur offre des repas réconfortants afin de les délivrer de leurs souffrances. Les repas se trouvent donc dans la rue, entourés de bougies. Il ne faut pas s’en approcher et encore moins y toucher car cela serait un outrage. Mais ce que j’ai trouvé vraiment drôle est que la nourriture donnée à ces fantômes était parfois des produits bien modernes, comme des briques de jus de fruits, des barres chocolatées, des sodas… J’ai trouvé que c’était un sacré paradoxe avec une fête ancienne !

Il y a des quartiers spécifiques aux communautés (Chinatown, Little India…). Étant moi-même d’origine indienne, il était étrange de se rendre à cet endroit où même les trottoirs avaient un air indien ! J’étais un peu un OVNI là-bas, en tant que Française d’origine indienne. Il y a une grande communauté d’Indiens, du coup mes collègues ne se focalisaient que sur mon côté français. Finalement, on me posait peu de questions sur le Louvre, la Tour Eiffel ou Notre Dame… Mais on me parlait beaucoup des marques de luxes et des macarons français, ce qui m’a amusée !

Singapour est également le paradis de la nourriture asiatique ! Les choix sont diversifiés, et il y a beaucoup de sortes de « cantines » où on trouve des milliers de spécialités asiatiques sur plusieurs étages. Je testais de nouveaux plats régulièrement, sauf ceux qui étaient vraiment trop exotiques comme les pieds ou cerveaux de porcs… (Bon appétit !)

Un pays qui reste conservateur

Malgré une économie ultra libérale, Singapour reste un pays assez conservateur. Il y a beaucoup de couples non mariés mais la grande différence avec la France est que si une femme a le malheur de tomber enceinte hors mariage… C’est la honte pour toute la famille ! Les conséquences peuvent être graves : en entreprise, les femmes ayant des enfants hors mariage ne peuvent pas prendre de congé maternité. Une mère non mariée a moins de droits qu’une épouse.

L’école est un endroit très compétitif à Singapour. Les enfants ont la pression très tôt, et souvent les cours donnés par l’école publique ne suffisent pas. Mes cousins de sept et onze ans, ainsi que leurs camarades de classes, prenaient tous des cours supplémentaires dans des organismes privées. Les enfants passent très tôt des examens importants : à sept ans (avant l’école primaire) et à onze ans (avant le collège)… J’ai trouvé que la pression à l’école commençait vraiment tôt comparé à la France, où les élèves sont généralement assez « tranquilles » jusqu’à la troisième.

Concernant la politique à Singapour, un parti politique dirige le pays depuis des années. Il n’y a pas de syndicats et les Singapouriens manifestent très rarement. On appelle ce type de régime une « démocratie autoritaire ». La vie à Singapour peut être difficile : ici, pas de chômage ou d’allocations familiales. Les gens changent souvent de travail et il est hors de question de ne rien faire sous peine d’être mis dehors ! Les Français y apparaissent un peu comme des flemmards avec les aides que le gouvernement apporte à la population. Désormais, les jeunes commencent à se révolter contre cette situation même si ce n’est pas forcément facile dans un pays aussi conservateur.

Singapour : le bilan

Au bout de deux mois passés à Singapour chez ma famille, je garde un très bon souvenir de ce pays. Je vous ai exposé ici ses avantages comme ses inconvénients. Ce séjour m’a vraiment beaucoup apporté, culturellement et humainement. Je suis également consciente de ma chance, puisque j’avais de la famille pour me guider, m’apprendre les mœurs du pays et m’aider dans ma vie quotidienne.

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