Carte postale de Perth, en Australie (1/3)

Notre voyageuse Romilly vous fait aujourd'hui découvrir une ville importante, mais pas très connue, d'Australie : Perth. Dans cette première partie, elle vous raconte les origines de la ville et la bonne ambiance générale.

Carte postale de Perth, en Australie (1/3)

L’Australie n’est pas qu’un enfer brûlant et infesté d’horribles insectes et autres animaux sauvages, promis !

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Située à l’autre bout du monde si on part de Paris, et un peu plus près quand on habite déjà à l’autre bout du monde, l’Australie attire chaque année des milliers de touristes. J’en ai fait partie une fois, puis je me suis ajoutée une deuxième fois à une livraison à l’aéroport pour un séjour linguistique. Il ne me reste que le visa Vacances-Travail à tester !

Il me faudra également voir la côte Est (Sydney et compagnie, son opéra, tout ça !) puisque je n’ai pu faire que la côte Ouest. Voici donc le survol d’une touriste-linguiste à Perth ! Cet article n’a pas pour but d’être une liste exhaustive de choses à faire mais plutôt de donner un avant-goût d’un séjour, quel qu’il soit, en Australie de l’Ouest.

Perth : les origines

Perth (un nom imprononçable pour la plupart des Français-es sans trop crachouiller) est la plus grande ville d’Australie-Occidentale. C’est donc la capitale de son état, Western Australia. Selon Wikipédia, la population dépasse les 1,97 millions d’habitants si on compte sa grande banlieue, ce qui en fait la quatrième ville d’Australie… et un pôle majeur dans de nombreux domaines, dont l’éducation, l’emploi, la culture, etc.

Moins visitée que Sydney ou Canberra, la ville offre toutes les infrastructures nécessaires pour que l’habitant et le touriste cohabitent pacifiquement et dynamiquement. Il faut noter qu’un touriste parlant mal l’anglais sera tout de même très bien accueilli ici !

Allez viens, on s’comprendra autrement t’inquiète.

Trônant depuis 1800 et quelques années à l’embouchure de la Swan River — en français la Rivière du Cygne, où il y a bien des cygnes (même des noirs !), Perth a été le premier point de départ de la colonisation dans l’Ouest de l’Australie. La région offre de nombreuses possibilités d’exploitations de ressources minières et maritimes. Elle a été nommée Perth à cause d’une ville, Perth (Première) en Écosse : le Ministre des Colonies était de là-bas, et la nouvelle cité a été nommée en son honneur.

Depuis la colonisation, la ville est restée le centre névralgique de l’état fédéral (après que les colons n’ont pas été très très gentils avec les aborigènes…) et elle est la capitale la plus attractive économiquement après Sydney, surtout qu’elle se situe dans le même fuseau horaire que de grandes puissances économiques asiatiques. Perth donne sur l’Océan Indien (et « partage » donc ses eaux avec la Réunion, DOM français, à quelques milliers de kilomètres près). Elle a servi de base navale lors de la Seconde Guerre mondiale. Son port, Fremantle, est célèbre et construit par les bagnards qui ont été la première population immigrante de Grande-Bretagne en Australie.

Elle est devenue un centre culturel bien rattaché à Perth-centre. La grande prison de Fremantle a été l’une des plus connues de l’Empire britannique car elle a accueilli plein de personnalités… que nous, Français, ne connaissons pas. Mais le guide qui me l’a expliqué en était très fier tout de même. J’ai pu tester le pilori, donc je n’ai rien à redire. Surtout qu’il y a la tombe du chanteur d’AC/DC, Bon Scott, dans le coin, donc chut.

Perth en elle-même est construite sur une terre sacrée aborigène. L’histoire de la ville est une histoire de génocides, de traités, de mensonges, d’accords, de compromis, de politique, d’immigration première et actuelle… et il y a bien trop à dire pour tout détailler dans cet article. Il est cependant utile de savoir que le passé d’immigrants britanniques et victoriens est au centre même de la culture d’Australie, ainsi que la culture aborigène qui revient sur le devant de la scène grâce aux revendications culturelles qui se font de plus en plus entendre.

En tout cas, en ville, selon les quartiers, ce sont différentes faces historiques et modernes de la ville qui se dévoilent, surtout que depuis les années 90 environ, une immigration asiatique massive est venue compléter la population australienne. Au centre de Perth, accolé à la vieille ville datant des années 1800, touristique et commerciale, on trouve un grand Business District à l’américaine avec des tours géantes toutes en fenêtres, des allées modernes où se pressent les businessmen, de petits restaurants pour déjeuner sur le pouce et rien d’autre que des cabinets et des bureaux d’affaires. Une vraie ville de série à la Sex and the City.

Le Central Business District et ses gratte-ciels

Le centre-ville est un mélange de moderne et d’ancien. Subjectivement, je dirais que ça ne fait absolument pas centre-ville européen mais plus « city » américaine. Directement après le quartier d’affaire, sans réelle transition, on passe dans des rues où les immeubles modernes cachent de petits trésors historiques, comme la Wesley Church ou la London Court, grande rue étroite qui semble quasi-médiévale.

La ville est construite sur un quadrillage partant de la rivière et de la City, enchaînant quartiers résidentiels à l’américaine, zones de travail et industrielles et zones commerciales immenses comprenant de grands complexes cinématographiques, des galeries commerciales, de grands supermarchés…

Et quand je dis « quartier résidentiel à l’américaine », c’est vraiment que cela ressemble à ce qu’on peut voir dans les séries : des rues entières où toutes les maisons sont identiques. J’ai été hébergée dans une famille à 14 ans, alors que je parlais à peine anglais, et j’avais beaucoup de mal à ne pas me tromper de rue et de maison le soir…

Une ville où il fait bon vivre

Ce qui est assez choquant à Perth, c’est que la ville est auréolée d’un sentiment de sécurité. En effet, elle est réputée pour être hyper « safe » (citation directe d’un chauffeur de taxi), de nuit comme de jour. Et cela se voit ! Tout d’abord, il n’y a que très peu de rideaux de fers, complets ou en grilles, sur les vitrines de magasins. En général, les vitrines sont juste éteintes, la porte fermée à clé et… c’est tout. Je ne suis même pas sûre qu’il y ait de la vidéo-surveillance.

Lorsqu’on lit le journal local, de petits braquages ou vols sont répertoriés, mais plutôt du genre qui n’est même pas relayé dans le journal de Castelmoron-d’Albret (la plus petite commune de France) tellement c’est banal. Ce n’est pas seulement en centre-ville qu’on sent cette atmosphère particulière, mais également dans les zones d’habitation. Là règne la règle « neighbors watch for you » (les voisins surveillent pour vous), un système d’entraide implicite et de surveillance conjointe du quartier.

Il est donc très rare de trouver un jardin entouré d’une barrière, ou une maison avec des volets. Certes, les habitants ont des alarmes, mais elles sont très faciles à arrêter, selon mon expérience personnelle. Le plus dur, quand on veut faire le mur en Australie n’est donc pas de sortir ou de rentrer en douce, mais… de retrouver la bonne maison dans le quartier pour rentrer !

Heureusement, vu la taille de la ville (6500 km² quand même), les infrastructures sont plutôt efficaces car les zones résidentielles s’étendent sur des kilomètres, parfois vraiment loin du centre-ville. Le train est un élément majeure de l’infrastructure, emmenant les banlieusards vers Perth et leur travail, et vice versa. Il ne coûte vraiment pas cher (l’équivalent du métro parisien environ), et il dessert les banlieues et les villes les plus proches, dont Fremantle qui est une destination touristique de premier choix.

Ensuite, Perth est la ville du bus. Il n’y a pas de tram ou de métro, mais un système de bus bien réglé, et gratuit selon les zones. Les CAT bus (Central Area Transit) ont des zones définies et gratuites, comme celle du centre-ville, ce qui permet de voyager à l’oeil tant que vous ne sortez pas de la zone définie. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site dédié. De plus, les tickets sont également utilisables pour les ferries, qui sont l’équivalent des bus, mais sur la rivière Swan. Pour les touristes, des offres sont proposées pour éviter l’usage des voitures, et des pass journées incluant Fremantle sont proposés à des tarifs très abordables : 2,90$ environ pour une zone.

Les bus sont modernes, climatisés l’été, et passent très régulièrement : le manque de tram ne se fait pas sentir !

Perth est également desservie par plusieurs grandes autoroutes et un aéroport international. Attention si vous louez une voiture : les Australien-ne-s roulent à gauche ! (Et si une madmoiZelle pouvait me dire si la priorité est quand même à droite, ça m’aiderait bien, merci…)

À lire aussi : Conduire en Irlande, ou l’art de conduire à gauche — Carte postale

Pour résumer, Perth est une ville historique et moderne, où le touriste profite de plein d’avantages… À bientôt pour la deuxième partie : Perth la multiculturelle !

Pour en voir plus sur Perth : Perth Daily Photo

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Wombatsarah
    Wombatsarah, Le 3 septembre 2014 à 1h17

    Oui, on donne la priorité à droite en Australie :-)
    Si tu (re-)passes par Brisbane, viens dire bonjour.

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