Carte postale de Perth, en Australie – la multiculturelle (2/3)

Après nous avoir présenté Perth, une ville peu connue d'Australie, Romilly nous en donne un aperçu culturel !

Carte postale de Perth, en Australie – la multiculturelle (2/3)

Une fois arrivé-e à Perth par tous les moyens possibles, logé-e et prêt-e à parcourir les environs, il faut prendre garde à certaines choses (qui n’ont aucun rapport avec la taille des araignées dans ce pays).

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Une fois lancé-e dans la visite de Perth, vous allez remarquer plusieurs choses. La première, c’est qu’ils parlent tous anglais (tadam, découverte du siècle). Enfin, c’est ce que l’on croit au début. L’oreille débutante saura que les mots viennent de l’anglais… mais il est difficile au premier abord de comprendre l’Australian English !

Déjà, je tiens à souligner que pour retrouver le nom des lieux et les détails, j’ai réussi à me donner mal à la tête : l’anglais australien est différent de l’anglais américain ou britannique ! Par exemple, on dit « freeway » au lieu de « highway » pour autoroute, « mate » au lieu de « dude » pour mec… Alors, pour ma part, j’ai un avantage sur beaucoup de touristes : j’ai appris l’anglais en Australie. Ce qui fait qu’avec un peu de pratique, je suis capable de passer de l’anglais américain (avec mon accent péquenot mais pas français, et j’en suis fière) à l’anglais australien, qui a de toute façon l’accent du terroir très prononcé.

Après quelques temps de pratique, le touriste moyen qui parle un minimum anglais s’y retrouvera très bien, et puis l’Australian English a son charme exotique évidemment ! Pour le décrire, je dirais que c’est un mélange d’anglais à l’accent British et d’américain texan. Mais ce qui est rassurant, c’est que l’Australien a l’habitude de l’émigré et du touriste.

Alors contrairement à certains autres, dès qu’ils comprennent que la seule chose que tu as pigé c’est « Hi », ils ralentissent le rythme, reformulent, et font tout pour se faire comprendre, avec patience. Si bien qu’on est très vite dans le bain !

L’Australie c’est par ici. Pas cher. Pas difficile.

Ensuite, thème cher à madmoiZelle, il y a d’autres particularités culturelles… dont le harcèlement de rue, présent comme dans toute ville européenne ou américaine. On assiste à des scènes dont on se passerait bien. À Perth, c’est assez discret et on peut, sans peur, se promener de nuit ou prendre les transports en commun.

Mais la manière de se faire interpeller dans la rue peut donner lieu à des crises de fou rire. Oui, de fou rire ! Parce que, et je ne sais pas si c’est comme ça partout en Australie, mais pour attirer l’attention des demoiselles, ces messieurs… font des bruits d’animaux. Le chat, la grenouille, le chien… et si tu n’as pas trop de chance, la vache ou le cochon.

J’essaie encore de déterminer s’il y existe des codes particuliers, mais j’ai eu le droit (à 14 ans) à plusieurs sortes d’animaux différents, dont des inconnus au bataillon. Sûrement des kangourous enroués, des serpents à sonnette drogués, et des ornithorynques pas tout à fait à jeun. L’Australie, quoi.

« Hey madmoiZelle, t’as pas un 06 ? »

Et les Australiens dans tout ça ?

Comme je le disais plus haut, l’Australie est d’une culture à la fois britannique, étant profondément marquée par son histoire d’immigration et son attachement au Common Wealth, et à la fois très américaine. On se retrouve donc dans une ambiance victorienne-yankee assez dépaysante. Là où le porno est soumis à des lois très strictes, l’homosexualité mal vue, avec des valeurs basées sur la famille et une économie très libérale, il y a également des revendications pour la liberté et l’égalité entre tous.

Cependant, des inégalités sont très visibles, surtout au niveau des Aborigènes. Aux Amériques comme en Australie, des militaires ont décimé et exploité des populations « autochtones ». Impossible de vous détailler le nombre d’ethnies et de tribus qui ont souffert de l’arrivée des Européens ; nous allons résumer cela par un petit mot : « beaucoup ». Voire tous. Et cela se voit si on fait attention en Australie.

Par exemple, les rares sans-abris que j’ai croisés en ville étaient tous d’origine aborigène. Les métiers les moins bien payés, tels que gardien de musée, éboueur, ou encore femme de ménage, sont en majorité occupés par les Aborigènes (ou les immigrés asiatiques). Ce sont les plus pauvres de la population, et ils sont tellement intégrés qu’ils en perdent paradoxalement leurs valeurs traditionnelles.

Les rares villages aborigènes du coin sont des attractions touristiques… Le reste de la population vit dans des quartiers presque ghettoïsés, et malgré leurs revendications, le vol de leur terre reste une problématique certaine. D’ailleurs, récemment, on vient de reconnaître que la terre de Perth appartient à une des tribus !

En tout cas, ils sont assez peu visibles, on en croise peu dans la rue. On nous a même raconté d’autres horreurs sur les Aborigènes : un gardien de musée nous a expliqué, à mes parents et moi, qu’on avait enlevé sa sœur à sa famille pour la faire adopter en Europe (à Lyon plus précisément). La gamine s’en est bien sortie – elle est médecin et fait le trajet vers l’Australie régulièrement – mais elle a tout de même été arrachée à sa vie et sa famille ! Et il y a 30 ans, ce n’était pas un cas isolé !

Malgré tout ça, l’Australie revendique son attachement à la culture aborigène (ça rapporte de l’argent …), et vous pouvez trouver de l’art aborigène, des didgeridoos, des boomerangs, et autres pieds de kangourous partout où les touristes peuvent aller, même dans les musées ! Ce qui m’a le plus dérangée, c’est qu’on les traite comme une ethnie disparue alors qu’en réalité, ils se battent pour qu’on les reconnaisse mieux…

Art et culture, un combat de tous les jours ?

Enfin, Perth est une ville où d’autres profils vivent. Les gothiques par exemple ont la part belle dans la population jeune. Plein de magasins gothiques se cachent dans les coins des rues, parfois dans des sous-sols, et tout est à des prix à peu près abordables. J’ai réussi à m’y fournir en vêtements et accessoires avec mon argent de poche il y a dix ans, donc on peut dire qu’ils sont très abordables !

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Plus discrètes mais présentes tout de même, les personnes LGBT profitent de la grande ville pour vivre leur vie loin de l’homophobie existant à la campagne. Tout n’est pas rose malheureusement, mais il est possible de trouver des bars ou des cafés, voir des clubs privés, où la population LGBT aime se retrouver.

Petite escale gourmande (ou pas)

Cependant, je dirais qu’après les gens, tout touriste de base s’intéressera plutôt à… la nourriture. À Perth, la nourriture de base, après le cheddar, ce sont… les restaurants asiatiques qui fleurissent à tous les coins de rue ! Perth, et plus largement l’Australie, est très attractive pour les immigrants asiatiques (chinois, vietnamiens, laotien…). D’ailleurs, si vous voulez un visa pour y travailler ou y habiter, en tant qu’Européen-ne (de préférence avec un diplôme) vous avez vos chances d’être accepté-e. Désormais les ressortissants d’Asie ont beaucoup plus de mal.

Pour rester dans la nourriture, un petit conseil : attention aux bonbons ! Ils n’utilisent pas le même colorant qu’en France, et un basique bonbon type Haribo pourra se transformer dans votre bouche en limace mentholée (si vous avez de la chance). Si cela vous arrive, ayez toujours un paquet de Tim Tam pour vous rincer la bouche. Ces gâteaux au chocolat deviennent très rapidement la raison de vivre des touristes : personne ne veut rentrer chez soi sans ramener des provisions. Et la crise de larmes vous guette, une fois la réserve terminée…

J’en veux encooooore.

Plus australien encore, il y a la cuisine de tous les jours. Non, je ne parle pas que du régime de pancakes, même si ça a son charme les dix premiers jours ! La cuisine australienne est un mélange de cuisine anglaise (qui n’a pas très bonne réputation) et de cuisine américaine (supposée grasse). La spécialité à Perth est la meat pie (tarte à la viande), un gros feuilleté rempli de sauce et de viande, un peu chaud mais bien appétissant.

Pour les amateurs de viande, Perth propose de tout : des testicules de kangourou, des tranches de requin, des morceaux de crocodile, de la viande de kangourou d’élevage (ou pas, on est jamais sûrs avec eux), et du bœuf, du bœuf, du bœuf… Tout le reste, y compris le mouton, est réservé aux touristes et à l’exportation !

Pour le reste, les supermarchés sont bien achalandés même si l’Australie est à l’autre bout du monde civilisé.

D’ailleurs en moins civilisé, mais à goûter, il y a la vegemite, une pâte à tartiner à partir de levure. C’est salé et très bizarre… Les Aussie (australiens) adorent. Vous pouvez essayer au petit déjeuner, avec du beurre et du pain… et ne jamais recommencer.

Pour vous rincer la bouche, il y aura le pain de banane (banana bread), un cake à la banane à manger avec une noisette de beurre… Pour le reste, tentez ! Rien ne peut être plus difficile que les insectes grillés en Asie !

Ahem.

Rendez-vous très bientôt pour la troisième et dernière partie de cette carte postale ; elle s’intéressera aux activités touristiques à faire à Perth et dans les environs !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Thishou
    Thishou, Le 21 septembre 2014 à 12h45

    @marins @Slyth

    Ils vendent les Tim Tam Classic à Carrefour. Je pense que c'est valable pour presque tous les Carrefours parce qu'à celui de mes parents, au mien ou à ceux des vacances j'en trouve toujours.

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