Pourquoi la mort de Carrie Fisher me rend si triste

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Carrie Fisher est morte, et si beaucoup sont tristes, ce n'est pas seulement parce que la Princesse Leïa s'est éteinte. Carrie Fisher, c'était bien plus que ça.

Pourquoi la mort de Carrie Fisher me rend si triste

Cette année, plusieurs décès de célébrités m’ont marquée. Je sais que ça peut sembler étrange de se sentir affecté•e par la disparition d’une personne qu’on ne connaît qu’à travers le prisme des médias, mais c’est ainsi.

Carrie Fisher est décédée à 60 ans. Internet a tenu à lui rendre hommage, et moi aussi.

Loin d’être fan de la saga Star Wars, j’avais suivi d’un œil curieux sa carrière, mais c’est surtout son attitude en-dehors des caméras qui m’a intriguée et rendue admiratrice de cette personne.

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Peu importe comment je meurs, je veux qu’on raconte que je me suis noyée dans le clair de lune, étranglée par mon propre soutien-gorge. [De son spectacle Wishful Drinking, NDLR]

RIP Carrie Fisher. Partie bien trop tôt à 60 ans après s’être noyée dans le clair de lune, étranglée par son propre soutien-gorge.

Carrie Fisher, un modèle pour tous et toutes

Auteure, actrice, script doctor, bipolaire, fougueuse, drôle… plein de termes peuvent qualifier la fille de l’actrice Debbie Reynolds et du chanteur Eddie Fisher, qui a amené son humour dans tout ce qu’elle entreprenait.

Carrie Fisher, c’est l’héroïne qui a donné envie à de nombreuses petites filles de devenir une princesse (mais pas de contes de fées) avec son rôle iconique dans La guerre des étoiles. Leia Organa ne se laissait pas marcher sur les pieds et n’avait pas la langue dans la poche.

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L’actrice s’insurgeait déjà, à l’époque, du bikini doré qu’elle porte pendant une partie du film, ainsi que de sa coiffure grotesque.

Des décennies plus tard, elle a milité pour que Daisy Ridley n’ait pas à subir le même sort dans Star Wars : Le réveil de la Force, comme elle le raconte dans un entretien retranscrit par Interview Magazine.

À ce sujet, elle a écrit une lettre ouverte à son alter ego, la Princesse Leïa, en janvier 2013. Ça donne un texte plein d’ironie et de recul, où elle parle de l’impact de ce personnage sur sa vie, mais aussi des différences notables entre elles deux.

Star Wars VIII a été bouclé en juillet, Carrie Fisher apparaîtra donc dans ce volet… comment vont-ils faire pour le prochain opus ? La recréer en animation comme le Tarkin de Rogue One ?

Bien sûr, après Star Wars, elle a décroché d’autres rôles, mais bien moins iconiques malheureusement. Guest-star dans The Big Bang Theory, un arc dans Catastrophe, elle a préféré se concentrer sur ce qu’elle connaissait le mieux : l’écriture.

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Carrie Fisher vue par ceux qui l’ont connue

George Lucas, le créateur de la franchise :

Carrie et moi avons été amis la majorité de nos vies d’adultes. Elle était incroyablement intelligente, c’était une actrice, écrivaine, comédienne talentueuse, avec une personnalité très colorée que tout le monde aimait.

Dans Star Wars, elle était notre grande et puissante princesse — fougueuse, sage et pleine d’espoir dans un rôle plus difficile que les gens le croient. Mon cœur et mes prières vont à Billie, Debbie et toute la famille de Carrie, ses amis et ses fans.

Elle manquera à tous.

Harrison Ford, son partenaire à l’écran :

Carrie était unique en son genre… brillante, originale. Drôle et émotionnellement téméraire.

Elle vivait sa vie, courageusement. Mes pensées vont à sa fille Billie, sa mère Debbie, son frère Todd et ses nombreux amis. Elle nous manquera à tous.

Daisy Ridley :

Dévastée par cette perte monumentale. Quelle chance on a eu de l’avoir connue, et quelle horreur de devoir lui dire au revoir.

Ce n’est jamais facile de perdre un membre vital, irremplaçable, de sa famille, mais ce qui vient de se passer me brise littéralement le coeur.

Carrie était unique en son genre, et nous appartenait à tous — qu’elle l’apprécie ou non. Elle était NOTRE princesse, bon sang, et l’actrice qui l’a interprétée s’est mêlée à elle pour devenir une femme magnifique, intensément indépendante, férocement drôle, pleine de force, une femme à couper le souffle.

Déterminée, solide, mais avec une vulnérabilité qui donnait envie de la voir réussir, de la soutenir, de la voir heureuse… Elle joué un rôle crucial dans mes vies professionnelle comme personnelle, qui seront toutes deux vides sans elle.

Je suis reconnaissant pour le rire, la sagesse, la gentillesse, et même les caprices, et les bêtises jouissives que ma jumelle de l’espace bien-aimée m’a offertes toutes ces années. Merci, Carrie. Je t’aime.

Ça peut paraître bête, mais le chien de Carrie Fisher, qu’elle adorait, avait même un faux compte Twitter. Ça a été un peu la goutte d’eau.

Je t’attendrai…

Carrie Fisher, débordante d’honnêteté

Récemment, Carrie Fisher avait encore fait parler d’elle en révélant dans ses mémoires The Princess Diarist que lors du tournage de La guerre des étoiles, elle avait entretenu une liaison avec Harrison Ford. Mais dans cette relation, l’attachement était plus unilatéral qu’autre chose, le crush d’une ado en somme.

Avant ce dernier ouvrage, Carrie Fisher avait déjà écrit deux autres ouvrages autobiographiques : Shockaholic en 2011 (le titre fait référence à la thérapie par ondes de choc qu’elle subissait à l’époque) et Wishful Drinking en 2008 .

C’était surtout le roman Postcards From the Edge qui l’avait fait connaître en tant qu’auteure, une histoire diablement inspirée de son existence : l’héroïne était également née de parents célèbres.

Par la suite, Meryl Streep a joué ce rôle dans l’adaptation cinématographique.

Carrie Fisher s’est à nouveau confiée dans sa dernière chronique pour le Guardian, en novembre dernier, où elle répondait à une question sur la bipolarité en se prenant comme exemple. Avec sincérité, elle explique comment elle a réussi à accepter sa maladie à 28 ans, après avoir fait une overdose (elle a été diagnostiquée à 24 ans).

Toujours très franche sur sa dépression, ses addictions et sa bipolarité, elle a également réagi de façon savoureuse aux critiques faites à l’encontre de son physique.

Merci d’arrêter de débattre pour si j’ai bien vieilli ou non. Malheureusement ça me blesse. Mon corps n’a pas aussi bien vieilli que moi mais on vous emmerde tous les deux.

C’était ça, Carrie Fisher, un torrent d »honnêteté.

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Carrie Fisher, la script doctor de l’ombre

Un script doctor, c’est une personne qui peaufine un scénario, qui y apporte des modifications après qu’il soit terminé. Très souvent, cette personne n’est pas créditée.

Pourquoi je vous dis ça ? Car il y a eu l’avant-Carrie Fisher et l’après. Le métier de script doctor a reçu plus de reconnaissance grâce à l’activisme de l’actrice.

Si son rôle de Princesse Leia restera à tout jamais dans la postérité, sa patte dans le système hollywoodien est LOIN de s’arrêter là !

C’est vers elle que les studios se tournent pour boucler Hook en 1991, Sister Act en 1992, ou encore les trois nouveaux Star Wars (pour donner plus de profondeur aux personnages féminins)Gareth Edwards précise lui-même qu’il a demandé l’aide de Fisher pour son Rogue One.

Son documentaire intitulé Bright Lights: Starring Carrie Fisher and Debbie Reynolds a été présenté à Cannes cette année et sera diffusé sur HBO courant 2017.

Tout ça pour dire que tu nous manqueras, chère Carrie, Fisher. Quelle tragédie que ta mort, étranglée par ton soutien-gorge…

Commentaires
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  • ArcK
    ArcK, Le 2 janvier 2017 à 20h52

    Carrie Fisher ne se réduit pas à un rôle d'héroïne badass, et heureusement ! Ce que je trouve admirable et inspirant chez elle, c'est surtout ce qu'elle a fait en dehors de Star Wars, autrement dit son incroyable force pour rebondir et continuer malgré toutes les taules qui lui sont tombées dessus (en gros : vie familiale compliquée, maniaco-dépression, alcool, drogue, complications afférentes...). Le tout avec beaucoup d'humour et de lucidité. Et de modestie. Ça fait beaucoup pour une pareille star !

    En guise de teasing, une citation de Wishful Drinking (saine lecture chaudement recommandée) à propos de la mort : “You know what's funny about death? I mean other than absolutely nothing at all? You'd think we could remember finding out we weren't immortal. Sometimes I see children sobbing airports and I think, "Aww. They've just been told.”

    Vous voyez, c'est pas si grave !
    Une pensée émue pour Debbie Reynolds.

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