La pétition qui « porte atteinte à l’honneur » de Carla Bruni

Carla Bruni est au coeur d'une polémique au sujet du coût de sa communication sur Internet. Marie.Charlotte vous explique la situation.

La pétition qui « porte atteinte à l’honneur » de Carla Bruni

Selon la Cour des Comptes, 410 000 € ont été affectés à la communication Internet de l’ex-première dame en 2011 et 2012, pour son site carlabrunisarkozy.org. Une pétition, lancée il y a 10 jours sur change.org a pris de l’importance au courant du week end. Elle demande le remboursement de cette somme et a déjà rassemblé plus de 80 000 signatures. De son côté, Carla Bruni dément avoir perçu de l’argent public. Explications.

En 2009, alors qu’elle était Première Dame, Carla Bruni avait lancé sa fondation, dont la vocation est de « faciliter l’accès à l’éducation, à la culture et aux pratiques artistiques pour les publics vulnérables ».

Une bien louable cause. Il n’est pas rare pour les Premières Dames de s’investir dans le social et l’humanitaire : il s’agit pour elles d’exercer une activité qui ne présente pas de conflit avec celle de leur époux.

410 000€ sur deux ans, d’après la Cour des Comptes

C’est par la Cour des Comptes que le scandale arrive. Dans son rapport sur la gestion des services de la Présidence de la République, la Cour examine les dépenses de communication de la cellule Internet, et note que la Première Dame actuelle (Valérie Trierweiler) n’a plus de « site internet spécifique dédié », ce qui explique la baisse de ce poste de dépenses.

Et la Cour rappelle que le précédent « site internet spécifique dédié à la conjointe du président » était bel et bien « financé par le budget de la présidence » : 330 000€ en 2011 et 80 000€ en 2012, ce qui fait un total de 410 000 €.

Extrait du rapport de la Cour des Comptes sur les comptes et la gestion des services de la Présidence de la République (du 15 mai 2012 au 31 décembre 2012), page 5. 

Les rapports de la Cour des Comptes étant publics* et rédigés dans un français intelligible (pas besoin d’avoir un doctorat en finances publiques, il suffit de savoir lire), il ne fallut pas attendre trop longtemps pour que des contribuables s’émeuvent de ces choix budgétaires.

*Ils sont d’ailleurs très intéressants, je vous en recommande la lecture. Sans blague !

La pétition qui réclame des comptes

Nicolas Bousquet est un graphiste numérique indépendant. Il est à l’origine de cette pétition lancée sur la plateforme Change.org, pour demander à Carla Bruni de reverser les 410 000€ d’argent public à des associations caritatives.

Car les professionnels s’étonnent des sommes dédiées à la communication numérique de l’ex-Première Dame. Sur Rue89, Olivier Laurelli analyse le site Internet en question. Il critique notamment l’aspect technique du site, qui n’aurait selon lui pas pu coûter une telle somme :

Si je devais chiffrer techniquement le développement d’un site comme Reflets.info, ce dernier n’excéderait pas les 4 000 euros pour une petite semaine de customisation de skin et modules. Comment celui de Carla Bruni Sarkozy a-t-il pu être facturé 100 fois plus cher ?

Sans rentrer dans les détails techniques de la construction et de l’administration du site (auxquels la novice que je suis ne comprends pas grand-chose, je dois le reconnaître), on comprend qu’il y a une véritable disproportion entre le coût révélé par la Cour des Comptes et la réalité de l’objet : développement d’un site Internet, fourniture et administration de contenus.

Carla Bruni dément avoir bénéficié d’argent public

Un « rectificatif » a été publié sur le site de la fondation en réponse à la polémique. Signé de « L’équipe de la fondation », il précise :

Tous les contenus visibles sur ce site ont été intégralement financés par la Fondation. Ils n’ont été en aucune façon financés par l’Etat ou quelque autre entité extérieure à la Fondation, et ceci depuis la création du site.

Le communiqué publié sur carlabrunisarkozy.org

Ce communiqué a relancé la polémique : si cet argent n’a pas servi au développement technique du site, à quoi a-t-il été affecté ? Tant mieux si aucun euro d’argent public n’a été dépensé en faveur de la fondation de Carla Bruni. Mais le communiqué ne répond pas à la question principale : à quoi ont servi les 410 000 € que la Cour des Comptes impute au « site internet spécifique dédié à la conjointe du président » ?

Contactée par PC INpact, la Cour des Comptes précise bien que cette somme correspond au site internet dédié à la Première Dame, le site carlabrunisarkozy.org. Pendant le mandat de Nicolas Sarkozy, ce site hébergeait également des contenus relatifs à l’actualité de Carla Bruni. Depuis, il est uniquement dédié aux activités de la fondation.

Or ces contenus « personnels » se résument à une vingtaine de micro-billets de 2011 à mai 2012. Des informations concernant l’agenda de Carla Bruni, qui auraient pu tenir en un seul tweet par publication.

Ces billets ont tous été supprimés lorsque la Première Dame est redevenue simple citoyenne. On espère donc que ce ne sont pas ces contenus éphémères qui ont coûté une telle somme. (Vous pouvez revoir certains de ces contenus à la fin de cet article de GeekMan).

Où l’on reparle du statut de « Première Dame »

L’addition ne se limite pas à ces 410 000€, chiffres qui ne concernent que la période du 1er janvier 2011 au 15 mai 2012. La fondation de Carla Bruni-Sarkozy a été lancée en 2009. Mme Bruni-Sarkozy avait 8 collaborateurs attitrés pendant le mandat de son mari. De même, Valérie Trierweiler bénéficie aujourd’hui de 5 collaborateurs (mais son site Internet est une simple page dédiée sur le site de l’Elysée).

Or il n’y a pas en France, de statut régissant les droits et devoirs d’une Première Dame : ce « titre » n’en est pas un, et cette « fonction » n’existe pas (à lire : Valérie Trierweiler : la Première dame n’existe pas).

Et cette non-existence juridique commence sérieusement à poser problème. Que la Première Dame bénéficie de financements publics : la question mérite d’être débattue et tranchée par la représentation nationale.

Question écrite du député UMP Guillaume Larrivé adressée au Premier Ministre. Réponse publiée au Journal Officiel le 30 avril 2013. 

Trancher une bonne fois pour toute sur le statut de l’époux-se/conjoint-e du chef de l’Etat permettrait de mettre fin à l’ambiguïté sur les dépenses affectées à ses activités et imputées au compte de la Présidence.

Ça éviterait aussi que la compagne de l’actuel Président se fasse régulièrement traiter de « poule » en raison de son absence de statut juridique et marital : elle n’est pas responsable du vide juridique concernant son statut, et épouser son conjoint ne réglerait pas ce problème.

Dans un communiqué transmis à l’AFP, Carla Bruni-Sarkozy fait savoir qu’elle se réserve le droit de « poursuivre tout propos qui porterait atteinte à son honneur dès lors qu’il serait imputé à la fondation qui porte son nom d’avoir bénéficié de financements qui n’ont jamais existé ».

Mais la note de 410 000€ existe bel et bien. Et sur change.org, 80 000 personnes (et ce chiffre continue à grimper) lui réclament des comptes.

Capture d’écran prise à 17h30 le 29/07/2013

Sources :

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Tu peux désormais nous soutenir financièrement en nous donnant des sous !
Big up
Viens apporter ta pierre aux 2 commentaires !

Voici le dernier commentaire en date :

  • Pew__
    Pew__, Le 31 juillet 2013 à 11h20

    Il faut arrêter les conneries ! Ce site ne vaut même pas 5000€ de réalisation... Encore de la fraude à la clé ! :bomb:

Lire l'intégralité des 2 commentaires

(attention, tu dois être connectée pour participer — tu peux nous rejoindre ici !)