Josée l’Obsédée et les sucettes aux fruits

Les capotes aromatisées passèrent un jour par l'intimité de notre chère Josée. A-t-elle fini par faire des bulles de chewing-gum avec son frifri ? A-t-elle couvert sa fraise de chantilly ? Tant de questions.

Josée l’Obsédée et les sucettes aux fruits

Au lycée, période d’émoi de la culotte, je sortais avec un bien gentil garçon que nous appellerons Charles-Félix. Charles-Félix était doux comme un agneau non tondu, avait de jolis yeux et était dévoué à ma personne.

J’étais encore vierge, lui non. Un petit plus, dans ma tête d’adolescente, qui m’a convaincue qu’il était le candidat idéal au popage de cerise. C’est donc Charles-Félix que j’ai choisi, après quelques temps de relation, pour dire bye-bye à mon hymen.

Par un bel après-midi passé chez lui, à se faire divers câlins qui s’apparentaient de plus en plus à des préliminaires, je lui ai donc soufflé un « je suis prête » pas aussi dramatique que dans les films. Parce que bon, soyons clairs, comme beaucoup de filles de 17 ans un peu curieuses, je connaissais déjà la théorie en long en large et en travers, et le feu bien agréable dans ma culotte avait éclipsé depuis longtemps la trouille.

Qu’est-ce qui pouvait mal se passer, après tout ? Charles-Félix était parfait, personne ne risquait de débarquer, je me sentais prête, les draps étaient propres…

« Je crois que j’ai que des capotes aromatisées »

Passée la WTF-face, je me souvins que Charles-Félix avait déjà eu une amante, et qu’elle avait dû lui faire des machins auxquels je ne m’étais pas encore risquée. Même si son phallus avait l’air fort heureux, mon chéri, lui, avait l’air bien embêté avec ses capotes à la fraise.

« Boah, c’est pas grave, ça marche aussi non ? »

Et ça marcha aussi. Je vécus ma première partie de jambes en l’air sans encombre, mais dans une atmosphère paradoxalement parfumée à l’enfance et aux gloss bien chimiques qui se portent en collier. Si bien que de cette union censée être unique et mémorable, je ne me souviens que de la très forte odeur de fraise laissée dans nos slips et dans sa chambre.

Une fois les festivités terminées, le feu dans ma culotte s’était calmé, je restai allongée en mode songeuse. Bon. C’était pas si terrible, ni bien ni mauvais, mais au moins c’était bouclé. J’avais pas eu mal, c’était déjà ça.

Que je pensais.

Ça vous gratouille ou ça vous chatouille ?

Une petite heure plus tard, rentrée chez moi, je commençais à avoir des démangeaisons à un endroit où on ne souhaite jamais en avoir. J’avais de nouveau la culotte en feu, mais rien à voir avec l’euphorie précédente : là, il fallait les pompiers.

Comme parade contre la douleur, je choisis de me vautrer dans mon lit dans des positions indécentes, et copulai cette fois avec un gant de toilette fourré aux glaçons, en pleurant ma mère et en faisant des bulles avec mon nez. Je douillais ma RACE. Ironie du sort, mon frifri, après étude dans le miroir, ressemblait à une fraise aux dimensions inhabituelles.

Ah ben oui, allons-y carrément au marteau-piqueur, tiens.

Même si j’étais une newbie du cul, j’étais quand même au courant que c’était censé faire un peu mal pendant, mais pas tant que ça après. Du coup, je me traînai jusque chez mon généraliste, un brave homme capable de te filer de la morphine si tu t’es cogné le petit orteil contre un coin de meuble.

Je lui expliquai le problème en essayant de léviter sur mon siège plutôt que de m’y asseoir, rapport à la douleur. Verdict : allergie au latex et/ou aux arômes fichus sur la capote, qui ne sont pas destinés à aller se fourrer dans cet orifice.

Ô préservatif ennemi !

Tout le suspense résidait dans le et/ou. Que mon vagin soit allergique à l’arôme fraise, j’en avais rien à carrer, par contre qu’il se transforme en Elephant Man à chaque contact de capote, ça me posait un sérieux problème.

Étant très à cheval sur les trucs et les machins qu’il ne faut pas faire, je n’imaginais pas une seconde me passer de préservatifs pour faire la bête à deux dos. Aussi j’ai été bien heureuse d’apprendre qu’il existait des capotes sans latex (et sans fraises) et que ma vie sexuelle ne resterait pas une étoile filante douloureuse dans le ciel de ma vie.

Une tasse de thé, my dear ?

Sans latex, la fête est plus sex

Je passais quelques jours au lit avec cachets, crèmes et une prétendue grippe, et mes parties génitales reprirent forme humaine sous l’œil ému de mon miroir de poche. Charles-Félix acheta le Graal sans latex, et les après-midi câlins-et-plus continuèrent sans problème.

Les années passèrent et je me risquai un jour à tenter avec un monsieur la capote où-y’a-du-latex dedans, faute de capote sans allergènes dispo. Le suspense tomba : c’était bien les arômes à la con qui m’avaient déglingué le frifri et ruiné mon souvenir de première fois.

Du coup, les préservatifs rigolos qui sentent le Petit Poney, si un jour on m’en ressort en mode « j’ai rien d’autre » avec un regard de Chat Potté… Tu peux te brosser Martin, tout ce qu’on fera toi et moi, c’est des bombes à eau senteur kiwi.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Sophie Riche
    Sophie Riche, Le 21 août 2013 à 15h49

    Moi je me souviens vaguement d'une fois où j'ai utilisé une capote à la fraise et que j'ai paniqué quand le partenaire de l'époque est ressorti parce que j'ai cru que j'avais été prise de gros saignements. :halp:

    En vrai, bon, c'était juste le colorant.

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