Le canoë-kayak – Les madmoiZelles & leur sport

Le canoë-kayak est l’un de ces sports dont les médias ne parlent quasiment jamais. madmoiZelle a décidé de se pencher dessus à l’occasion des JO de Londres !

Le canoë-kayak – Les madmoiZelles & leur sport

Dans la discipline du canoë-kayak, on distingue deux pratiques différentes : le canoë et le kayak (quelle surprise). Dans chacune de ces pratiques, il y a plusieurs catégories.

  • En canoë : C1 (une place) et C2 (deux places) ; position à genoux ; une pagaie à une pale par personne
  • En kayak : K1 (une place), K2 (deux places) et K4 (4 places) ; position assise ; une pagaie à deux pales par personne

On distingue aussi trois types de plan d’eau pour la pratique du canoë-kayak : en eaux vives, en eaux calmes et en mer. Seules les deux premières sont pratiquées lors des Jeux Olympiques : le slalom en eaux vives et la course en ligne en eaux calmes, avec des distances variant entre 100m et 1000m. Ces deux épreuves sont disputées en canoë comme en kayak.

Le canoë-kayak fait sa première apparition aux Jeux Olympiques lors de l’édition berlinoise de 1936, avec pour seule épreuve la course en ligne ; le slalom arrive en 1992. En 2012, il y aura 11 épreuves masculines pour 5 épreuves féminines (330 athlètes en tout).

Qu’en disent les madmoiZelles qui pratiquent ?

Trois madmoiZelles céistes-kayakistes ont accepté de témoigner en répondant à mes questions : Marie, 25 ans, 3 ans de pratique, licenciée dans un club de Bordeaux ; Caroline, 23 ans, 11 ans de pratique au Canoë Kayak Tain Tournon et Marie A., 21 ans, licenciée au Royal Cercle Nautique Meuse et Lesse (Belgique), championne de Belgique de K1 et deuxième championne de Belgique en rivière.

>> Quelles sont les qualités nécessaires à la pratique du canoë kayak ?

Marie : « Le canoë-kayak est accessible à tous et nécessite : un peu de bras pour pagayer, remonter le courant, passer les portes et surfer les vagues, et des abdos pour esquimauter (se retourner lorsqu’on est sous l’eau). Le mental est aussi important : il faut accepter au début de tomber dans l’eau (souvent froide !), de ne pas paniquer, sortir son bateau, le vider, remonter dedans… De plus, au début de la pratique, on passe plus de temps à remonter le courant qu’à descendre les rivières, pour apprendre à diriger son bateau. C’est souvent décourageant et frustrant, mais il faut en passer par là ! Et enfin, il faut aussi oser, pour aller dans un rouleau (vague naturelle ou artificielle que l’on peut surfer en kayak), pour passer un passage qui fait peur. »

Caroline : « Savoir nager ! »

Marie A. : « Ne pas avoir peur et être assez courageux, surtout quand on est une petite fille. Je n’étais pas du genre peureuse mais à 9 ans, quand en octobre il faut s’entraîner dans le noir sur de l’eau gelée, c’est pas très rassurant. Puis je me rappelle quelques sacrées gamelles dans une eau très froide, et avoir été aspirée par un arbre couché dans une rivière, c’était pas franchement des moments joyeux. »

>> Quelles sont les différences majeures entre la pratique en eaux vives et en eaux calmes ? Et celles entre le canoë et le kayak ?

Marie : « Les bateaux sont différents, ils sont plus longs et plus fins sur eaux calmes (le but étant de faire de la vitesse). Sur eaux vives, les bateaux sont plus petits mais plus larges. La pratique du slalom se fait avec un bateau long et large. En eaux vives, il y a peut-être un côté plus amusant, on joue avec le relief (les cailloux qui créent des contre-courants, des minis-vagues), avec le débit et le niveau d’eau qui varie en fonction de la pluie/fonte des neiges. »

Caroline : « Exceptionnellement, et souvent pour les débutants, des pagaies doubles sont utilisées en canoë, cela permet de diriger plus facilement le bateau. »

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>> Pour la pratique en eaux vives (vagues, rochers, pente, débit), la sécurité est très importante : quels sont les règles à respecter ? Est-ce que le physique est mis à rude épreuve ?

Marie : « Que ce soit en eaux vives ou en eaux calmes, les protections sont les mêmes : casque et gilet de sauvetage. En eaux vives, une corde est parfois nécessaire, pour aller chercher quelqu’un ou récupérer un bateau coincé. Il faut faire attention aux courants, parfois puissants, lorsque que le niveau d’eau est élevé. Le physique et le mental sont mis à rude épreuve, puisqu’en fonction du débit, il y a parfois peu de moments de relâche et il faut être bien concentré.  »

Caroline : « Bien sûr que le physique est mis à rude épreuve ! Je me rappelle de la chose que je faisais le plus souvent en compétition : je claquais des dents. Je me rappelle aussi des cornes, sur les mains, qui se formaient. En canoë-kayak on se sert principalement des bras, mais les jambes sont également importantes pour tenir le bateau. »

Marie A. : « Pour le confort physique, on avait des gants car en hiver, c’est indispensable ! Des bandes réfléchissantes aussi, puisque le kayak se pratique en hiver et les entraînements se font parfois dans l’obscurité.  Les autres règles de sécurité, c’est plutôt du civisme : ne pas pagayer près des gens qui nagent, faire attention à ne pas assommer quelqu’un avec un coup de rame et ne pas nager trop près d’un bateau. »

>> Quelles sont les valeurs que vous a appris la pratique du canoë-kayak ?

Marie : « L’entraide : on navigue souvent à plusieurs, chacun assurant la sécurité de l’autre et s’aidant si quelqu’un tombe. Lorsqu’on descend une rivière à plusieurs, on a la fierté de « l’avoir faite ensemble » ! L’humilité aussi : lorsqu’on tombe 2, 3, 4 fois à l’eau, on est vite remis à sa place, on est seul, face à la rivière, avec son bateau… On apprend aussi la désinhibition : lors de descentes, il n’est pas rare de devoir se mettre en combinaison ou de se sécher, au bord de la route, les fesses à l’air ! C’est aussi un sport où on est en contact direct avec la nature, on évolue dans un élément naturel, que l’on apprend à aimer, à connaître, à respecter… Enfin, le kayak m’a appris à lâcher prise : lorsqu’on fait une descente, on ne pense qu’à bien négocier un passage, à sa stabilité, au prochain tournant… on ne pense à rien d’autre qu’à naviguer ! »

Caroline : « J’ai dû faire beaucoup d’efforts sur moi-même, parce que j’avais souvent peur, que ce soit pour moi ou pour les membres de ma famille (mon plus grand frère a découvert ce sport, et ensuite toute la famille a suivi). »

>> Comment se déroule une compétition en général ? Quelle est l’ambiance qui y règne ?

Marie : « Je n’ai pas fait de compétition en kayak de rivière, mais plutôt des rassemblements de kayakistes, qui, sur une ou plusieurs journées, se retrouvent pour naviguer ensemble comme « Les 1000 pagaies » en Ariège, « L’open Canöe Festival »ou encore « Le marathon de l’Ardèche ». Il y règne une très bonne ambiance, chacun étant là par passion, pour partager des infos, aider à préparer le matériel, raconter ses exploits autour d’un verre. Et, malgré un certain côté « macho », les garçons sont toujours là pour aider les filles, de plus en plus en nombreuses en canoë ! »

Caroline : « Il y a la mise en tenue de kayak (souvent dans les camions des clubs) puis un échauffement (on court, on bouge les bras, on fait des mouvements avec sa pagaie).
Ensuite, on monte sur l’eau, on s’échauffe et on se met en place, on attend notre tour (je me rappelle d’une compétition en eaux vives où il y avait tellement de courant que je m’accrochais très fort au bord pour ne pas partir avec mon bateau).  À l’arrivée on débarque, et on fait un debriefing sur notre descente avec le moniteur. Il y a souvent deux passages (en eaux vives). J’ai connu des ambiances électriques, je me rappelle, lorsque j’étais en catégorie minime (13-14 ans), avoir vu des filles de ma catégorie boire des boissons énergétiques et manger des barres de céréales pour sportifs. Ça m’avait étonnée qu’elles en soient déjà là à leurs âges… »

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Marie A. : « Je faisais partie d’un petit club, donc tout le monde se connaissait. La compétition était normale en soi, une bonne ambiance, on restait avec les parents et les membres du club mais on ne se mélangeait pas entre clubs. Il n’y avait pas de rivalité mais on n’avait pas spécialement quoi que ce soit à se dire… Ça restait quand même fair-play. »

>> Quel est le niveau global des céistes-kayakistes français dans les compétitions mondiales ? Quelles sont les chances françaises lors des JO de Londres l’été prochain ?

Marie : « Il y a en France de très bons athlètes : d’abord, Tony Estanguet, originaire de Pau, qui a déjà remporté des médailles olympiques les années précédentes ; bel espoir de médaille en C1 hommes en slalom ; chez les filles, Émilie Fer en K1 Slalom. »

Caroline : « Cyrille Carré en K1 1000m (course en ligne), le K2 Jouve-Hybois (course en ligne) double champion du monde 200m et invaincu depuis que la discipline existe ! »

Marie A. : « Moi, je suis du côté belge ! Je pense que pour notre pays, on a Maxime Richard (K1 200m course en ligne) qui est plutôt doué et bien parti pour ramener une médaille, il a quand même été champion du monde en 2010 donc je crois qu’on a nos chances ! »

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Voici le dernier commentaire en date :

  • MaLieSun
    MaLieSun, Le 18 juillet 2012 à 20h57

    Kbi;3393121
    Et sinon c'est quoi la difference entre le kayak et le canoe ?
    Que les bateaux soient ouverts ou fermés, en simple ou en double, la différence repose sur la pagaie et la position dans le bateau.

    En kayak, on est assis au fond du bateau avec les jambes allongées et on utilise une pagaie double (une pale de chaque côté).

    Alors qu'en canoë, on est à genoux dans le bateau et on utilise une pagaie simple. (Sauf pour le canoë de tourisme où là on est assis sur un banc assez haut)

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