Annie Leibovitz révolutionne le calendrier Pirelli, en mettant la réussite et l’innovation féminine à l’honneur

Le célèbre calendrier Pirelli va mettre à l'honneur des femmes accomplies. Exit le côté « pin-up » des clichés, et place aux femmes inspirantes : la réussite, c'est sexy, surtout sous l'objectif d'Annie Leibovitz, la photographe de cette édition 2016.

Annie Leibovitz révolutionne le calendrier Pirelli, en mettant la réussite et l’innovation féminine à l’honneur

Publié initialement le 1er décembre 2015

Je passais une journée sans saveur, jusqu’à ce qu’un tweet d’Amy Schumer apparaisse dans ma timeline. Je vous le partage — attention, vague de feel good en approche :

« Belle, dégueulasse, forte, mince, grosse, jolie, moche, sexy, dégoûtante, parfaite, femme. Merci Annie Leibovitz. »

La légende me touche autant que la photo : j’aime Amy Schumer pour son travail, et si je la trouve originale et innovante, ce n’est pas parce qu’elle a « un corps qui diffère des canons de beauté traditionnelle ». Pour moi, son originalité se trouve dans ses productions, et son physique est anecdotique. Elle est unique, son apparence le reflète, et le texte de son tweet illustre parfaitement cette idée : chacun•e d’entre nous est un équilibre, un mélange subtile de qualités et de « défauts » (aux yeux de la société).

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Je me suis demandée dans quel cadre Amy Schumer avait été photographiée de la sorte, et là, surprise : elle apparaîtra dans le calendrier Pirelli 2016 !

La révolution du calendrier Pirelli ?

Il faut me comprendre. Pirelli, c’est un fabricant de pneus originaire de Milan. C’est une marque très célèbre dans le secteur automobile, qui jouit d’un certain prestige. Tous les ans, Pirelli édite un calendrier, en édition limitée, qui n’est pas mis à la vente : il est envoyé directement à des personnalités, des clients, des VIP.

Si je vous dis « secteur automobile » et « calendrier », vous penserez peut-être « pin-up » et « femmes nues », et jusqu’à cette année, vous auriez vu juste. En effet, le calendrier Pirelli, ou « The Cal » pour les intimes, c’était d’ordinaire plutôt ça :

Rien de mal à ça, après tout. C’est du mannequinnat, de la mode, de l’art. Bon c’est pas vraiment ma came, mais qui suis-je pour juger les goûts des autres ?

Disons simplement que je n’étais pas trop frustrée de ne pas figurer parmi la liste restreinte et exclusive des « happy few », destinataires du fameux calendrier en 2015. Mais depuis que j’ai découvert ce que renferme l’édition 2016, c’est une autre histoire. Comme le souligne Jezebel :

« Ce n’est pas le calendrier Pirelli de votre grand-père chelou, type banquier de Wall Street. »

Serena Williams, toute en puissance et en sobriété.

La réussite féminine à l’honneur

Sous la caméra d’Annie Leibovitz, ce n’est pas la chair des modèles qui est mise en avant, mais ce qu’elles incarnent, leur réussite, leur ambition.

Les « douze mois » 2016 mettent à l’honneur des femmes comme Yoko Ono, Patti Smith, Natalia Vodianova, Kathleen Kennedy, Yao Chen, Mellody Hobson, Agnes Gund, Shirin Neshat : des femmes d’influence dans leur domaine, que ce soit dans les arts, dans l’industrie, dans la mode, etc. et surtout, du monde entier. 

J’y ai reconnu, outre Serena Williams et Amy Schumer, le nom d’Ava DuVernay, réalisatrice de Selma, un film sur le combat pour l’égalité aux États-Unis dans les années 60. J’ai été émue aux larmes par la justesse de la réalisation, qui insiste sur les doutes qui touchent aussi ceux que l’Histoire a érigé en héros.

On y retrouve aussi Tavi Gevinson, cette jeune américaine qui a lancé son magazine féminin/féministe, Rookie, alors qu’elle était âgée de 12 ans seulement.

« C’est un tout autre concept », c’est certain !

Dans le making-of des séances, on peut apercevoir quelques-unes des poses ainsi qu’entendre quelques phrases des différentes modèles choisies par Annie Leibovitz pour réaliser cette édition 2016 du calendrier Pirelli. La photographe y explique l’intention de ce shooting :

« Ce calendrier est si différent des précédents tirages. C’est un tout autre concept. Pirelli m’a laissée totalement libre. Ils m’ont dit : on veut changer de ligne. »

C’est clair : l’édition 2016 n’a rien à voir avec les précédentes, et je m’en réjouis, personnellement. J’espère que les heureux•ses destinataires des exemplaires de l’édition limitée partageront chaque mois les clichés sur les réseaux sociaux, que ce soit l’occasion pour nous tou•te•s de nous pencher sur la carrière et les accomplissements de ces femmes d’exceptions, inspirantes, magnifiques dans leurs caractères et leur diversité !

Amy Schumer témoigne dans ce making-of :

« Je me suis sentie belle comme jamais auparavant. Et j’ai eu le sentiment que ce portrait me ressemblait vraiment ».

Et si c’était ça, la grande révolution que l’on attendait : celle du regard que l’on porte sur les corps féminins. J’ai le sentiment qu’à travers ces portraits, Pirelli change complètement la donne. De la contemplation de la chair et des formes d’un corps féminin stéréotypé (c’est-à-dire d’un modèle unique), on admire désormais les modèles pour ce qu’elles sont, et plus seulement pour ce que leur apparence provoque, auprès d’un regard masculin hétéro.

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Pirelli voulait « changer complètement de ligne ». Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’en faisant confiance à l’oeil d’Annie Leibovitz, ils ont réussi.

Et toi, que penses-tu de ces photos ? Connaissais-tu ces femmes ? Viens en discuter dans les commentaires !

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Pour plus d’informations sur le shooting et ses modèles, rendez-vous sur le site du calendrier Pirelli (qui héberge aussi la vidéo du making of sur sa page d’accueil).

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Clemence Bodoc

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Je suis la rédactrice en chef de madmoiZelle.com, mais j'écris aussi des articles d'actu, société, politique, vie professionnelle & quelques témoignages parfois pour cette communauté fantastique que sont les lectrices de <3 madmoiZelle.com <3

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Je suis trop jeune pour être déjà blasée de la vie, mais trop vieille pour encore ignorer les conséquences de mes (in)actions. J'ai trop d'énergie à revendre pour n'être que spectactrice, mais j'en ai pas assez pour remplacer Atlas et porter le monde sur mes épaules.

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