Ca sent le sapin…

Ca y est, ça commence. Ca commence et ça m’énerve. On est à peine début décembre, et j’en peux déjà plus de l’esprit de Noël. Ce qui me rassure, c’est qu’au moins, je ne suis pas la seule. Les guirlandes dégoulinantes ont envahi les rues. Les faux pères Noël ont déboulé dans tous les centres […]

Ca y est, ça commence. Ca commence et ça m’énerve. On est à peine début décembre, et j’en peux déjà plus de l’esprit de Noël. Ce qui me rassure, c’est qu’au moins, je ne suis pas la seule.

Les guirlandes dégoulinantes ont envahi les rues. Les faux pères Noël ont déboulé dans tous les centres commerciaux, et déstabilisé par la même occasion plus d’un gamin innocent (« mais Papa, pourquoi l’année dernière, il était plus grand ? »). Les catalogues de jouets vont pourrir ma boîte aux lettres. Les boucheries vont afficher leur super promo sur la dinde aux marrons. Mes Michokos chéris vont être remplacés par les traditionnelles boîtes de chocolat infâmes dans les rayons du Monop’. Les sapins clignotants vont pousser comme des champignons. Les touristes vont se ruer sur « la plus belle avenue du monde » pour admirer les marronniers les plus classes de la capitale parés de leurs habits de lumière.

Noël. Rien que le mot me fout les boules.

Mais le pire, je crois que c’est quand même cette phrase fatale qui a le don de me mettre les nerfs en tire-bouchon : « et toi, tu fais quoi pour le 31 ? ».

Cette espèce d’obligation de « faire quelque chose » le soir du réveillon, moi ça m’épate. Je ne suis évidemment pas contre l’idée de passer une bonne soirée entre copains, mais de là à se sentir forcé de faire la fête à une date précise, il n’y a qu’un pas. Qu’on franchit tous allègrement, tellement il est difficile d’échapper à la règle.

Parce qu’il est tout bonnement impossible de faire comme si le soir de la Saint-Sylvestre était une soirée normale. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de dire à quelqu’un « moi, le 31, je me mate Arthur sur TF1 avec un paquet de Chipster, mon poisson vapeur-haricots verts, et à 23 h, je suis au plumard », mais y’a de grandes chances pour qu’il vous lance un regard de mérou frit, abasourdi par cette nouvelle déconcertante. Comme si c’était une honte, presque.

Personnellement, je n’en suis pas encore à ce stade. Mais j’y songe parfois. Ca va faire quelque chose comme quinze ans que je fête le réveillon du 31, et soyons honnête, ça doit faire globalement quatorze fois que c’est foiré. Parce que la pression du « faut faire la fête ! », ça a le don de vous flinguer une ambiance en moins de deux.

Avant l’heure H, on stresse à l’idée de louper le coche. On a beau s’empiffrer de foie gras et de saumon fumé, l’œil sans cesse rivé sur la pendule nous colle un léger malaise digestif.

Aux douze coups de minuit, on hurle le décompte en même temps que le mec dans la radio, on braille « bonnannnnnnéééééé » à s’en esquinter les cordes vocales, on bisoute même les parfaits inconnus invités à la fête, on débouche le champagne, et … et après quoi ?
Ben après, rien du tout, justement. Après, chacun entre en mode autiste, empoigne son téléphone portable et abreuve la moitié de la planète de sms cucu-la-praline. « Envoyer à tout le répertoire ? ». On clique sur « oui ». On est heureux, on a fait sa première B.A. de l’année.

Et puis heureusement, après l’heure H, la tension redescend peu à peu. On ne guette plus sa montre toutes les dix minutes. On a rangé les portables puisque de toute façon, les réseaux sont saturés. Les bulles commencent à faire leur effet, on se laisse enfin vivre. La vie reprend son cours, doucement. Et c’est peut-être là la meilleure partie de la fête. Un peu comme si c’était une soirée comme toutes les autres, finalement…

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mariaka
    Mariaka, Le 13 décembre 2006 à 16h10

    On a au moins compris une chose dans ton article : c'est que la période de noël, c'est vraiment mais alors vraiment pas ton truc. Par contre, tu vois, je suis d'accord que la période de Noël était, est et sera une période de l'année hyper commercialisée; ce sera "la" période. Je suis d'accord que dès la mi-Novembre, on commence déjà à nous en émoustiller les cages à miel sur les ondes radio ou même à la télévision. Je suis d'accord qu'à partir du 1er décembre, nos maisons sont envahies par des gigawatts de lumières et de petits papa noël qui grimpent à nos cheminées, balcons et fenêtres. Mais malgré tout cela, qu'est ce que c'est bien Noël !
    C'est l'occasion de se retrouver en famille, et même de retrouver sa famille quand on s'est perdu de vue ou que l'on ne se voit même plus alors que l'on vit 7jours sur 7 ensemble. On rigole, on mange de trop certes, on boit, on s'échange nos cadeaux, on est heureux de partager des bons moments, on est heureux de faire plaisir et surtout de se faire plaisir.
    Je ne sais pas toi, mais pour moi, Noël c'est une période d'amour et d'échange. Ca parait "fleur bleu" à dire comme ça, mais c'est tellement vrai ...
    et en ce qui concerne le 31, c'est l'occasion de faire la fête, de se retrouver entre amis et/ou en famille. Mais jamais personne n'a dit que c'était une obligation de fêter le réveillon du jour de l'an. Bien sûr tu peux rester chez toi, seule, devant ta télé avec ton plateau repas. Personne ne t'en empêche bien au contraire. Mais ce qu'il faut se dire, c'est que le réveillon c'est LA bonne raison pour revoir tout ceux que l'on aime et que l'on apprécie, c'est LA bonne raison pour sortir et faire la fête. Et puis c'est tellement mieux de commencer une nouvelle année entourée de plein de gens que l'on connait ou pas, que de la commencer seule devant Arthur...

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