Boulevard de la Mort

Pondu par lucyinthesky le 3 juillet 2007  

Boulevard de la Mort 2007 07 03 boulevardOn pourrait seulement commencer l’histoire par ce projet, un film hommage aux séries B, réalisé par Quentin Tarantino et Robert Rodriguez. Mais ce serait oublier que toute l’histoire commence en réalité bien des années auparavant, dans l’arrière-boutique d’un vidéo-club californien. On y retrouve le même Quentin Tarantino, quoique plus jeune, dévorant tout le cinéma, de la Nouvelle Vague aux soap operas, en passant par les séries B, devenant rapidement son genre de prédilection.

Par série B, comprendre des films généralement courts, s’accommodant de peu de moyens, ceci souvent compensé par une imagination des plus débordantes. La dénomination n’a donc rien de péjoratif, contrairement à ce que l’on aurait tendance à croire. En réalité, l’appelation trouve son origine dans le nom du terrain d’un studio qui produisait ce type de film. Sur le cadastre était indiqué « B », « A » étant déjà occupé par un studio de production portant bien leur nom d’hollywoodiennes.

Ellipse temporelle. Tarantino est désormais un réalisateur reconnu et réfléchi à son projet. Mais il a besoin d’un second réalisateur. En effet, lors d’une séance de cinéma, on pouvait voir deux séries B, réunies par des publicités. Pour reprendre le concept, il demande donc l’aide de son ami Robert Rodriguez. Mais le film global, intitulé Grindhouse, n’apparaîtra jamais sur les écrans français, le concept étant trop peu connu dans l’Hexagone. Les deux films sortiront en salle séparément, amputés des fausses publicités les réunissant.
Pas de Grindhouse, donc. Mais, la nouvelle oeuvre tarantinesque, Death Proof. En effet, le mascara waterproof des « girls » s’étire sur leur cils. Et le seul homme de l’histoire dispose d’une voiture death proof, résistante à la mort. Mais chez Tarantino, la brosse du mascara peut se transformer en barre de métal. Et ne sort pas gagnant qui l’on pourrait croire.

Ainsi, le film s’ouvre sur une paire de pieds, une constante tout au long du film. La suite nous plonge dans les délires du réalisateur. Ce que l’on peut apprécier chez Tarantino, c’est sa manière de s’amuser, d’user de références qu’il semble partager seulement avec lui-même. Et de tout de même réussir à embarquer le spectateur. Son apparition à l’écran, les références à Kill Bill (le portable de Rosario Dawson délivrant le même air que celui sifflé par Daryl Hannah. Cette même Daryl Hannah qui réapparait un peu plus tard au détour d’une discussion. Zoe Bell, « as herself », doublure de Uma Thurman. Et, la voiture jaune à raies noires. Mais il ne faut pas oublier que la tenue de Uma Thurman était déjà en référence au Jeu de la mort, dans lequel jouait Bruce Lee …). La structure du film, scindé en deux. Coupure suite à l’intervention du shérif, qui après une analyse psychologique fort judicieuse du criminel, décide de ne pas mener l’enquête, et délivre alors un oracle, le criminel réapparaitra. Mais ailleurs.

Et le récit reprend, symétrie parfaite, pendant quelques instants encore, puis. Les fausses coupes, le traitement de l’image, « vieillie », couleurs Technicolor. La musique aussi, une constante chez Tarantino. Qui en profite d’ailleurs pour nous faire découvrir ce groupe au nom imprononçable, Dave, Dee, Dozy, Beaky, Mick and Tich.
Et enfin, les filles, « as ‘The Girls’ ». Parce que chez Tarantino, il y a toujours des filles. Pas des jolies potiches dans un coin (ou alors cela se termine mal pour elle, comme Melany dans Jackie Brown). Mais des combatives, ne craignant rien, telles Uma Thurman ou Pam Grier. Et ici un clan entier. Qui peuvent mettre des coups de poings tout en portant un tee-shirt rose où figure un poney. Ou encore s’accrochant au capot d’une voiture avec une ceinture Prada. Tarantino a donné le pouvoir aux filles. (Et peut-être a-t-il donné une nouvelle définition de la féminité ?)

Les filles se tapent dans les mains, « the end », « laisse tomber les filles, laisse tomber les filles, un jour c’est toi qu’on laissera », alors que défilent les photos des victimes. Parfaitement en accord.
Pour conclure, et résumer, un film extrêmement jubilatoire, très drôle, où Tarantino nous fait découvrir ses références. A parodie, on préférera sans doute le terme de pastiche. Et on s’empressera de visionner des slashers et de lire des pulp, pour se plonger encore un peu plus dans l’univers du réalisateur.

Ca vous a plu ? Faites tourner !

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Les 10 dernières réactions à cet article

Lire l'intégralité des 18 commentaires

  1. Le 05/07/2007 à 14h50

    Moi j'ai adoré, aussi !!!
  2. Le 05/07/2007 à 15h08

    Ici on a passé Grindhouse au complet, et j'ai trouvé qu'avec le film de Robert Rodriguez, c'était doublement jouissif ! Par contre, tout seul, le film de RR ne fait pas du tout le poids comparé à celui de Tarantino, il me semble, même s'il était bien aussi, on aurait plus dit un Sin City version Halloween.
  3. May May

    Le 05/07/2007 à 15h12

    Waw, quelle revue!
    Très claire, on apprend plein de trucs, vraiment bien!
    Et pour le film, vraiment rien à ajouter, il est tout simplement jouissif!
    Et puis, c'est exactement ça :

    "Qui peuvent mettre des coups de poings tout en portant un tee-shirt rose où figure un poney. Ou encore s'accrochant au capot d'une voiture avec une ceinture Prada. Tarantino a donné le pouvoir aux filles. (Et peut-être a-t-il donné une nouvelle définition de la féminité ?)"

    Pour moi, aussi paradoxal que ça puisse paraitre, ce film est un hommage à la féminité, il met en scène des femmes fortes, mais néanmoins terriblement féminine (et là mention spéciale pour la seconde partie!)
  4. Le 05/07/2007 à 15h32

    Oh Creamm, dis moi, j'ai Planet Terror sur mon pc et il y a quelques bande annonces avec : Machete le vengeur mexicain, les femmes loups garous des nazis, un truc de thanksgiving avec une scene avec un trampoline, et une maison hantée, yen avait d'autres dans votre version ?
  5. Le 05/07/2007 à 15h40

    J'ai adoré aussi, et je t'envie Creamm d'avoir pu voir Grindhouse en entier, c'est une toute autre ambiance. Aussi je trouve le choix de l'avoir passé en VO assez judicieux, étant donné la place que prennent les dialogues dans le film - en discutant autour de moi, c'est ce qui en a rebuté certains - ça lui aurait vraiment oté une partie de son charme.
  6. Le 09/07/2007 à 03h20

    Citation:
    Posté par Ambre
    Oh Creamm, dis moi, j'ai Planet Terror sur mon pc et il y a quelques bande annonces avec : Machete le vengeur mexicain, les femmes loups garous des nazis, un truc de thanksgiving avec une scene avec un trampoline, et une maison hantée, yen avait d'autres dans votre version ?
    Non, je crois que tu les as toutes, mais bon, j'ai vu le film il y a quelques mois déjà, alors j'en oublie peut-être. Attends, il y avait une très drôles avec un DONT qui revenait à répétition, tu l'as ? Mais Machete était ma favorite.
  7. Le 09/07/2007 à 09h51

    J'ai adoré le film. Et j'vois pas où il y a eu des scènes de violence... c'était plutot du "gore" drôle.
  8. Le 19/10/2007 à 10h51

    Je l'ai vu hier soir, et j'ai franchement adoré. Et la BO est excellente
    J'ai Planet terror aussi, il va falloir que je le regarde, mais malheureusement j'ai pas toutes les pubs :/
  9. Le 19/10/2007 à 23h14

    Citation:
    Posté par Ambre
    Oh Creamm, dis moi, j'ai Planet Terror sur mon pc et il y a quelques bande annonces avec : Machete le vengeur mexicain, les femmes loups garous des nazis, un truc de thanksgiving avec une scene avec un trampoline, et une maison hantée, yen avait d'autres dans votre version ?
    Citation:
    Posté par Creamm
    Non, je crois que tu les as toutes, mais bon, j'ai vu le film il y a quelques mois déjà, alors j'en oublie peut-être. Attends, il y avait une très drôles avec un DONT qui revenait à répétition, tu l'as ? Mais Machete était ma favorite.
    Oui, Don't, c'est dans la maison hantée. C'est d'Edgar Wright qui l'a fait, le réalisateur de "Shaun of the Dead" (ah! ce film je l'aime et Simon Pegg aussi). C'est vrai qu'elle est très drôle.
    Les femmes loups-garous avec Nicolas Cage c'est de Rob Zombie ("The Devil's Reject").
    Et "Thanksgiving" est d'Eli Roth. J'avoue qu'elle assez gore et dégueu mais c'est ma préférée avec "Don't" . Enfin, je sais pas, je les aime toutes. Si seulement Eli Roth pouvait faire aussi bien dans ses longs.

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