The Bold Type, la série sur les coulisses d’un mag féminin en 2017, n’est pas celle que vous croyez

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The Bold Type est une nouvelle série très surprenante : les coulisses d’un magazine féminin fortement inspiré de Cosmopolitan. Mais loin des clichés façon Sex and The City, les protagonistes apparaissent plus vraies que nature.

The Bold Type, la série sur les coulisses d’un mag féminin en 2017, n’est pas celle que vous croyez

J’ai jamais vu un personnage féminin qui me ressemble vraiment dans une série.

Jamais une femme jeune, qui a de l’ambition professionnelle ET des envies d’épanouissement personnel. Une femme qui a des amies, qui ne sont ni ses sidekicks ni ses rivales.

Une femme qui travaille pour d’autres femmes, sans que leurs relations ne soient conflictuelles.

Et s’il y a bien une série dans laquelle je ne m’attendais pas à trouver ça, c’est celle qui se déroule derrière ce pitch.

The Bold Type, une nouvelle série à suivre

Une jeune journaliste fraîchement promue, une responsable de la communication réseaux sociaux et une assistante super-efficace. Trois amies qui travaillent pour Scarlet, un magazine féminin basé à New York, fortement inspiré de Cosmopolitan, et pour cause !

La rédactrice en chef de Scarlet n’est autre que l’avatar de Joanna Coles, ancienne rédac’ cheffe de Cosmopolitan, et co-productrice de The Bold Type.

The Bold Type ressemble donc, sur le papier, à un remake de Sex and the City, croisé avec le Diable s’habille en Prada. Ajoutez-y un soupçon de Scoop pour le mystère, et de The Newsroom pour la caution sérieuse. J’ai bon ?

Trois épisodes plus tard, que dis-je, dix minutes après le début du premier épisode, il est évident que j’ai tout faux !

The essentials. 👯✊️🍕 #TheBoldType

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La ligne édito d’un magazine féminin qui se respecte en 2017

The Bold Type et ses héroïnes audacieuses

Je m’attendais à des crêpages de chignon, du bitching, des bruits de couloir virant au slut-shaming… Bref, la caricature d’un « entre meufs » en open space.

Bien entendu, il n’en est rien. Et c’est tellement, tellement rafraîchissant !

Non seulement les personnages sont crédibles et authentiques, mais l’intrigue n’est pas non plus tirée par les cheveux.

Il faut dire qu’être une jeune femme qui s’assume et cherche à s’épanouir tout en poursuivant ses ambitions, c’est déjà un challenge, en 2017.

Pas besoin de compliquer le jeu en créant du drama ou en faisant intervenir du surnaturel : la vraie vie, dans toute sa simplicité, est déjà parsemée d’obstacles pour ces personnages.

Jane, la protagoniste, a grandi en lisant Scarlet et en aspirant à devenir journaliste. C’est plus qu’un rêve qui se concrétise : en plus d’avoir réussi à intégrer l’entreprise, elle a très récemment été promue au sein de la rédaction.

Elle est aussi enthousiaste à l’idée d’écrire pour le magazine qu’elle en crève de stress et de pression.

Meet Jane. You'll be reading and remembering her work soon. // #TheBoldType @thekatiestevens

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Kat aussi vient d’être promue directrice de la communication sur les réseaux sociaux. CM en chef, quoi.

Elle aussi, elle vibre pour Scarlet et sa ligne édito féminine version 2017. Féminine, c’est-à-dire « féministe », parce qu’en 2017, féminisme et féminité ne sont pas incompatibles, bien au contraire.

Meet Kat. 140 characters can't define her. // #TheBoldType @aishtray

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Sutton est assistante.

Elle est arrivée par intérim, mais elle n’a pas moins d’ambition que ses deux amies. Elle est juste moins décidée, moins convaincue, plus hésitante quant à son avenir professionnel…

Meet Sutton. She's gonna do much more than just fetch your green juice. // #TheBoldType @meghannfahy

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Toutes trois sont les héroïnes de The Bold Type, un titre très à propos ! Ça veut dire quoi, littéralement ? « Du genre audacieux », et ça leur va comme un gant.

Mais c’est un double sens : The Bold Type peut aussi se traduire par « en caractères gras ». Et ça leur va aussi, comme description. Parce que les trois protagonistes de la série ne s’expriment pas en chuchotant !

To be 🔥 you gotta look out for each other. #TheBoldType

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« Ce n’est pas en essayant d’éteindre la flamme des autres que tu brilleras davantage »

Des femmes en quête d’indépendance et d’épanouissement dans The Bold Type

Jane, la jeune protagoniste, est tellement l’anti-Carrie Bradshaw ! Journaliste dans la presse féminine n’est pas une position de prestige, on ne vit pas dans un studio de l’Upper East Side en publiant une colonne hebdomadaire…

Jane se dépasse pour pitcher ses sujets, et rendre la meilleure version possible dans les contraintes exigées par la presse Web.

Inspired by the women of @cosmopolitan, we're fierce AF. #TheBoldType

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Jane, Kat et Sutton me ressemblent, parce qu’elles affrontent le monde sans respecter leurs assignations.

The Bold Type est une ode crédible à la solidarité féminine. La rédactrice en chef n’a rien à voir avec la Meryl Streep du Diable s’habille en Prada. Elle tire ses collaboratrices vers le haut.

Voici un extrait, montrant une interaction entre la CM affrontant une polémique en ligne, et la rédactrice en chef de Scarlet. Notez l’absence totale de mesquinerie, de jugement, de rivalité quelconque.

We all need a Jacqueline in our lives. #TheBoldType

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Même la boss de Sutton, au caractère difficile, n’incarne aucune jalousie toxique, qu’on prête à tant de femmes « carriéristes » — le féminin d’« ambitieux », dans la pop culture…

The Bold Type, la vraie vie… vraiment très proche

Je suis tellement, tellement heureuse que cette série existe ! Si j’avais eu Jane devant les yeux à 17 ans, j’aurais pas hésité une seule seconde à me lancer dans le journalisme.

À lire aussi : Découvrez le métier de journaliste grâce au « Monde » !

C’est pas que j’avais besoin de voir que c’était possible, c’est plutôt que j’avais besoin de voir que c’était dur, oui, ET que c’était possible. Et surtout, que je n’avais pas à réussir seule.

Étant moi-même rédactrice en chef d’un magazine féminin très présent sur les réseaux sociaux, je retrouve dans The Bold Type des situations aux résonances extrêmement familières…

Une activiste féministe qui refuse d’être interviewée par « un magazine dont les valeurs sont à l’opposée des [siennes] » ?

Bien sûr, ça arrive à chaque fois que « magazine féminin » se retrouve associé dans l’inconscient collectif à « torchon sans intérêt pour dinde écervelé ».

Let 'em know. 👏 #TheBoldType

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« Je suis féministe et politisée. Ce magazine l’est aussi. »

The Bold Type et son « féminisme ordinaire » tellement satisfaisant

La rédaction de Scarlet n’est pas une anti-chambre du complot féministe pour dominer le monde. C’est juste des meufs de la vraie vie, qui tracent leur route malgré les obstacles et les paradoxes auxquelles elles se heurtent forcément.

C’est un peu, à mes yeux, une leçon de féminisme pratique : comment tu concilies, au quotidien, tes valeurs et des idéaux avec les contraintes qui s’imposent à toi.

À lire aussi : Je suis féministe, mais… c’est pas toujours évident

Combien de fois me suis-je trouvée dans les pompes de Kat, à me retenir de poster un tweet, par exemple, parce que je savais que le meilleur mode d’action était autre… Même si la frustration de garder le silence était quasiment insoutenable ?

Ces mille petits compromis font le sel des histoires de Jane, Kat, Sutton, Lauren (la boss de Sutton) et Jacqueline (la rédac’ cheffe de Scarlet).

See what all the hate is about. #TheBoldType

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…Et la promo média s’amuse de ses propres haters.

La féminité et tous ses avatars sont à l’honneur dans The Bold Type

C’est encore difficile, en 2017, de déconstruire l’aura négative de la féminité. Écrire pour les femmes, parler de mode ou de sexe, ce serait moins noble que « le vrai journalisme », m’voyez.

À lire aussi : Pourquoi certaines femmes n’aiment pas les femmes ?

Tant qu’on n’aura pas nous-mêmes abattu ces cloisons, on continuera à s’auto-déprécier… à se dire qu’on fait des « petits » projets, qu’on « teste » des trucs, qu’on tente des choses… Au lieu d’assumer qu’on FAIT des trucs, qu’on MONTE des projets.

Tant qu’on dépréciera la féminité, peu importe les différentes définitions qu’on lui donne, c’est nous et nos propres accomplissements qu’on dépréciera.

The Bold Type nous plonge en plein dans cet univers très féminin, sans tomber dans les stéréotypes très tenaces qu’on lui colle toujours.

Parole de meuf de la vraie vie qui bosse dans la presse féminine : je ne pensais pas me retrouver un jour dans un personnage de série qui bosse dans la presse féminine !

Unleash holy hell on anybody that tries to hold you back. #TheBoldType Music: "Spirits" by @thestrumbellas

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The Bold Type sur les réseaux sociaux !

La série est diffusée sur Freeform (pas accessible hors des États-Unis), et j’espère vraiment qu’elle débarquera vite en France, sur une chaîne ou sur une plateforme VOD.

En attendant, je stalke tous les comptes de The Bold Type sur les réseaux sociaux, en croisant très fort les doigts pour que le public soit suffisamment au rendez-vous, afin que la série soit prolongée plus longtemps que Friends, How I Met Your Mother et Sex and the City réunis.

Don't let anybody hold you back. #TheBoldType

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Compte sur moi, Jacqueline ♥

Alors, ça y est, t’as regardé ? T’as kiffé ? Je continue de commenter la série (AVEC SPOILERS) par ici : 3 leçons d’empouvoirement que je retiens de The Bold Type, épisode 5. 

À lire aussi : On a joué à Cards Against Humanity avec les actrices de #Pire soirée !

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Clemence Bodoc

Anciennement Marie.Charlotte, Clémence Bodoc a été jeune cadre dynamique dans une autre vie, avant de rejoindre la Team madmoiZelle. Elle s’intéresse à l’actualité et à l’écologie, aime la politique et les débats de société. Grande fan de sport (mais surtout à la télévision), et de cinéma (mais seulement en VO), son nom de scout est dinde gloussante azurée. Elle ne mord pas mais elle rit très fort.

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Commentaires
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  • Cornélie
    Cornélie, Le 1 octobre 2017 à 14h54

    Vu l'article enthousiaste et que je n'ai plus grand chose à me mettre sous la dent niveau série, j'ai lancé l'épisode 1...et je suis franchement perplexe de l'enthousiasme. :ninja:
    Il ne se passe rien du tout. Du tout. C'est plat...et puis le peu d'événements qu'il y a figuraient dans la bande annonce, j'ai juste eu l'impression de regarder une version hyper-super-allongée du trailer. :dunno:
    J'attends en principe qu'un premier épisode me donne envie de voir la suite, lance quelques pistes pour qu'on se demande ce qui va se passer pour les personnages, qu'on soit curieux, qu'on ait envie de gratter...mais là, je ne vois vraiment pas ce qu'il va bien pouvoir se passer, ça n'a rien amorcé du tout. :dunno: Même moi qui me trouve souvent rapidement un petit perso favori, là, tous les personnages ont l'air en carton, ça manque de relief, les trois filles ont l'air limite interchangeables...puis c'est pas super bien joué, non ? :ninja:
    Est-ce que ça devient meilleur par la suite ? :caprice: Parce que là, j'ai vraiment pas l'impression d'avoir regardé la même série que décrite dans l'article. :rire:

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