Le blues de fin d’études, et ce qu’il m’a appris

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Je vais vous faire une confidence : je viens de finir mes études. Eh oui, vous me voyez écrire des articles là, et j’en écrivais déjà il y a quelques années sur madmoiZelle sous un autre pseudo… Mais en fait, je suis tout juste sortie de l’œuf !

En avril, j’ai quitté pour de bon les bancs de la fac. J’ai dit adieu aux secrétariats ouverts uniquement entre 12h30 et 14h, aux tables d’amphi trop petites pour y poser une feuille A4, et aux devoirs d’espagnol alors que je n’ai pas prévu de parler cette langue.

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Ce n’est pas un passage obligé, mais beaucoup d’étudiants le ressentent, au rendu de leurs derniers travaux : le blues de fin d’études. Vous pensiez être le ou la seul•e à l’avoir vécu ? Que nenni ! Retour sur des questionnements qui m’ont rongé le cerveau pendant plusieurs mois.

Une élève à peu près modèle

Pour ma part, j’ai eu un parcours extrêmement classique : je n’ai jamais redoublé ni sauté de classe, j’ai eu mon brevet puis mon bac dans une filière générale. Arrivée dans les études supérieures, j’ai pris le chemin, comme beaucoup de mes camarades, de la fac. J’ai fait une licence 1 et une L2 de communication, puis une L3 de journalisme. Ensuite j’ai fait un master, puis j’ai quitté la fac avec mon bac +5 en poche. That’s all folks.

Certain•es diront que je peux être fière d’avoir atteint le niveau bac +5 sans encombres. D’autres diront au contraire (et je leur dirai d’aller se faire voire) que j’aurais peut-être pu essayer de viser plus haut, de faire une grande école ou de viser les formations reconnues par la profession. Mais la vérité, c’est que j’ai atteint un niveau correct sans trop me fouler.

Le seul truc de ouf que j’ai fait en vingt ans d’études (VINGT ANS), c’est de faire un stage de quatre mois en Asie. Et de toute façon, le stage à l’étranger était obligatoire dans ma formation. Donc c’était pas à proprement parler un acte de rébellion.

Cette envie irrépressible de, pour une fois, TOUT CASSER

Ah, un acte de rébellion ! Ce serait chouette non ? Disparaître des radars de l’humanité pendant un mois, expérimenter l’école à la maison, monter ma boîte à 17 ans ou prendre une année sabbatique pour partir faire le tour du monde…

Si je pouvais communiquer avec mon moi adolescente, j’en aurais des idées à lui proposer ! Il y a plein de gens qui ont fait des choses chouettes à ce moment-là, comme Clémence notre rédac’ chef qui est partie vivre aux États-Unis à l’âge de 16 ans.

Et moi ? Je n’ai rien à raconter sur cette période. À part que mes camarades ne m’aimaient pas et que je passais beaucoup de temps sur Internet. Avec le recul, je trouve que ma vie était ennuyeuse à mourir.

Et si je n’ai pas choisi la bonne voie ?

J’ai décidé en première que je voulais être journaliste. Je me suis dit : je suis curieuse, bavarde et j’adore écrire. Quel métier correspond à tous ces critères ? Et le journalisme m’a semblé être la réponse la plus logique. De là, j’ai tout fait pour le devenir, en développant ma curiosité. J’ai fait des tonnes de stages à partir de la L3, et tous mes tuteurs m’ont dit que j’étais faite pour ce métier.

J’avais trouvé ma voie, parfait. Sauf qu’en arrivant à la fin de mon M2, j’ai ressenti une grosse boule de stress, comme au moment de me jeter dans le vide : et si je m’étais trompée de métier ? Et si j’avais fait une bonne développeuse, ou une bonne documentaliste, ou une bonne attachée de presse ?

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Spoiler alert : je suis vraiment faite pour ce métier. Il y a beaucoup de choses chez moi que je remets en question, que ce soit dans ma vie personnelle ou professionnelle. Mais je ne me demande plus aujourd’hui si je me suis trompée de voie.

Et si ça avait été le cas, pourquoi pas ? Avec le temps, j’ai commencé à comprendre que rien n’était gravé dans le marbre. Même si c’est source d’interrogations pour nous et nos proches, rien ne nous empêche de partir sur une nouvelle carrière. Même en ayant fait des études pour un certain métier, on peut se retrouver à pratiquer une autre profession qui n’a rien à voir dix ans après.

Finalement, cette période de notre vie n’est pas décisive. Il ne faut pas voir les études comme une finalité en soi, mais plutôt comme le commencement d’une nouvelle période !