A quelques jours du début des JO, l’heure est au nettoyage en Chine et à la grogne au CIO.
Première pomme de discorde, l’air pékinois. Malgré la fermeture des usines jugées trop polluantes et la mise en place d’un système de circulation alternée, le ciel de la capitale ne s’éclaircit pas. Second pépin environnemental après les marées d’algues vertes qui s’étaient installées il y a quelques semaines dans les bassins d’aviron et de canoë-kayak. Explication officielle : la « fumeuse » théorie du hamman. Si le brouillard persiste, c’est d’abord à cause du climat humide et non de la pollution. Une explication qui ne fait toutefois pas l’unanimité. Ainsi, les représentants du Comité National Olympique australien ont laissé à leurs athlètes le choix de se rendre ou non en Chine.
Pour beaucoup, sur ce point comme sur la question des libertés, le comité d’organisation de Pékin 2008 n’a pas rempli son contrat. En effet, les journalistes déjà présents à Pékin dans le principal centre de presse dédié aux Jeux se sont plaints de ne pas pouvoir accéder aux sites d’Amnesty International, de la BBC, de la radio allemande Deutsche Welle, ou encore aux journaux de Hong Kong, Apple Daily, et de Taïwan, Liberty Times. Autant de sites jugés subversifs qui sont d’ailleurs contrôlés dans le reste du pays.
Jouant sur les mots, un porte-parole du comité d’organisation revient sur les accusations de censure : « Notre promesse était que les journalistes pourraient se servir d'Internet pour leur travail pendant les Jeux olympiques. Et nous leur avons donné suffisamment d'accès pour cela. » Voilà donc pour la liberté de la presse.
Là encore, même les simples touristes ne devraient pas être en reste. Hier, Sam Brownback, un sénateur américain du Kansas, a rendu publics des documents prouvant que les grands hôtels de Pékin ont reçu l'ordre d'installer des logiciels espions destinés à surveillés leurs clients.
A noter que ces décisions interviennent dans un contexte de répression politique accrue. Comme le faisait remarquer Amnesty International dans un rapport du 28 juillet 2008, les autorités chinoises utiliseraient « les Jeux olympiques comme un prétexte visant à perpétrer, et dans certains cas à intensifier, les politiques et les pratiques en vigueur conduisant à de sérieuses violations des droits de l'homme ».
Un nettoyage en bonne et due forme donc de tout ce (ou tous ceux) qui pourrait venir perturber le bon déroulement de l’événement.
Se pose donc de manière renouvelée la question d’un éventuel boycott citoyen des Jeux Olympiques. Mais avec quels objectifs ?
Comme le font remarquer tous les observateurs, le pouvoir chinois a bel et bien démontré pendant l’affaire du Tibet son refus de se plier aux pressions et aux exigences internationales. Rien à espérer donc de ce côté.
L’argument économique reste manifestement le seul valable et efficace. Or, on voit mal l’ensemble des consommateurs boycotter les produits chinois, ou les touristes le pays.
Au contraire, profitons, ici chez Madmoizelle et ailleurs, de l’événement pour se sensibiliser aux violations des droits de l’homme à l’œuvre dans le pays, mais aussi à une culture particulièrement méconnue en France. Car, pourquoi répondre à la censure par une autre forme de censure ?
Et j’ajouterais, pour les amateurs, pourquoi se priver d’exploits sportifs ?
Aucun commentaire pour l'instant - ajoute le tien