une semaine que je suis rentrée, et déjà New York est loin...
les cours ont repris, j'ai investi une nouvelle ville, cherchait un nouvel appartement, rencontré de nouveaux gens, et New York a disparu de mon quotidien... J'oublie peu à peu les rues, les gens, les sons et les odeurs qui ont fait ma vie, je les remplace par d'autres, plus forts parfois, moins sucrés, moins artificiels, plus hypocrites, plus mornes ou plus originaux...
Parfois, quand je me présente, je dis New York, alors je vois dans les yeux des gens, cette admiration que je ne comprend pas, ils ont parfois pour moi cette fierté que la vie tellement quotidienne que j'ai construis là bas m'a fait oublié...
Et puis, on me demande ce que j'y ai fait, ce que j'en retire, et là toujours, je ne sais pas par où commencer... Je pourrai raconter la ville, les gens, je pourrai raconter le blog, l'écriture au quotidien, je pourrai raconter l'expérience d'être seule dans une ville étrangère, je pourrai montrer mon évolution personnelle, les réponses à mes questions, mes retrouvailles avec moi même... mais souvent, je n'ai pas le courage, pas la force de faire le bilan pour des gens qui ne me connaissent pas assez, ou pas encore....
Ce post est là pour ça, pour ce bilan que j'ai besoin de faire, pour vous qui m'avez lu depuis le début et à qui je dois la conclusion et le dernier chapitre, et pour moi aussi, parce qu'il faut que je referme la page de ce trimestre américain en sachant ce qu'il en reste, pour avancer et savoir pourquoi je veux y retourner...
D'abord, il y a New York... Il y a un an exactement, je vous aurai dit : "New York, je peux pas y vivre, c'est trop épuisant pour moi" C'était avant que je ne rencontre Brooklyn... Entre ce quartier et moi, c'est une véritable histoire d'amour qui s'est créé, de celle qu'on aimerai pas voir finir... J'y ai construit ma vie, une vie qui n'avait que peu de choses à voir avec celle d'une touriste, je suis sortie, j'y ai rencontré des gens, j'y ai fait du vélo, j'y ai aimé, je m'y suis effondré et j'ai rêvé... et puis, pour la première fois, j'ai eu envie d'avoir des enfants, pour me promener avec eux dans prospect park, pour les voir apprendre à faire du vélo sans les petites roues, pour les voir courir avec leur tenue de footballeur américain dans Fort Green, pour leur parler anglais et français, j'ai eu envie d'avoir un enfant....
Brooklyn, pour moi, ça a aussi été les vrais new yorkais, ceux qui prennent le métro à 7h le matin direction manhattan pour gagner leur vie, je les ai vu envoyer leurs enfants faire du sport dans Fort Green, je les ai vu s'entretuer une aprés midi de septembre, mais aussi courir auprés du camion de glace par les chaudes aprés midi d'été, je les ai vu envahir les terrains de baskets des lycées à la tombée du soir, et faire des barbecues devant leur maison... Je me suis sentie chez moi, je me suis sentie américaine, dans Brooklyn, je me suis sentie "part of something"...
Et puis, j'ai vécu toute seule, toute seule dans une ville que je connaissais mal... Je repense à ce premier soir, avec mon énorme valise rouge, je demandais mon chemin à chaque carrefour, et je vois ma dernière semaine où j'étais celle qui aidait... Toute seule, j'ai pensé, à moi, à l'année écoulée, à mon retour d'Indianapolis que je n'avais jamais vraiment réussi à dépasser... j'ai pensé à ce que je voulais faire de ma vie, j'ai réalisé que je ne voulais pas devenir journaliste, mais que je voulais être François Reynaerdt...
La solitude ne m'a pas pesé, c'est étrange mais jamais je n'ai souffert de ne voir personne durant mes journées, c'est une grande nouvelle alors pour moi, j'ai organisé ma vie différemment, autour de moi seulement, et j'ai aimé cette vie là... Alors, je me suis ouverte, aux gens qui me parlaient dans la rue, dans les parcs ou dans le métro, à ceux que quelques semaines auparavant j'aurai regardé avec mépris et méfiance, et j'ai rencontré des personnes qui m'ont rendu plus forte, plus grande...
Enfin, et comme on dit en anglais "last but not least", il y a eu ce blog... je n'arriverai probablement pas ici à expliquer l'importance que ces mots posés sur un clavier ont pris dans le voyage...Je suis partie sceptique sur le concept, avec un certain mépris pour ceux qui racontent leur vie et montre leurs faiblesses à la face d'un monde qu'ils connaissent à peine, je suis revenue droguée à cette forme d'écriture... J'ai aimé écrire, j'ai eu besoin de vous raconter ici, de lire vos commentaires, j'ai fini par ne penser qu'en terme de blog, chaque nouvelle chose découverte devenait un potentiel post, chaque personne rencontrée méritait sa place, chaque musique, je voulais en laisser une trace.... J'ai aimé vos commentaires, ceux d' Ithinki'm paranoid quand je doutais, les messages perso quand je ne savais si ça valait la peine de continuer....Maintenant, j'ai un beau carnet de voyage, le plus beau de tous, le plus complet de tous...
je suis partie à New York, je ne connaissais pas cette ville, j'en reviens riche et sure de moi, j'en reviens pleine de motivation, d'envie et d'enthousiasme, j'en reviens prête à dépenser une nouvelle fois toute mon énergie pour y retourner...
Pour finir, parce qu'on ne peux pas finir sans lui, lui que j'ai redécouvert ici et qui m'a accompagné partout et tout le monde....
"L'amérique, l'amérique, je veux l'avoir et je l'aurai, l'amérique, l'amérique, si c'est un rêve, je le serai. je reviendrai, je ne sais pas quand cousu d'or et brodé d'argent ou sans un sous mais plus riche qu'avant "
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