here i am, in New York...
9 heures d'avion, une escale à Washington, et ça y est, les doutes n'ont plus leur place, les images que je n'avais pas arrivent peu à peu et je commence à imaginer à quoi ressemblera ma vie pendant ces 3 mois.
J'aime bien l'avion... Le décollage, les turbulences et l'atterrissage me rappellent souvent les parcs d'attraction. Et puis, c'est souvent l'occasion de faire des choses qu'on n'aurait pas fait ailleurs.
En ce qui me concerne, j'ai enfin commencé « Castor de Guerre », le livre biographique sur Simone de Beauvoir. J'ai aussi fini le Tome 1 de Georgia Nicholson et me suis désespérée de ne pas avoir pris le Tome 2 avec moi en cabine, j'ai regardé « Smart People » avec Sarah Jessica Parker et l'actice de Juno, et j'ai dormi 2 ou 3 heures je crois...
Et puis, dans l'avion, il y a ces gens avec qui l'on partage quelques heures mais dont le plupart du temps on ne connait jamais le prénom. Comme ce couple à coté de moi dont je présume qu'ils étaient parisiens, ou cet Américain sur ma gauche. Sur lui, j'en sais un peu plus, il venait de Denvers, était en France depuis 3 jours seulement pour élaborer un procédé de mélange de vin et d'eau. Entre nous, la discussion s'est arrêtée quand il m'a demandé quelle était ma position politique ( une des choses que j'aime chez les américains c'est leur capacité à poser les questions que, nous, français on jugerait les plus tabous ). Bref, pour en revenir à mon américain, à ma réponse : Liberal, il m'a retorqué un « in a nutshell, typical French » et puis ne m'a plus parlé du voyage. Pendant tout une partie du reste du trajet, je me suis demandée ce que ce « typical French » voulait dire. J'ai senti que les clichés sur la saleté des français ou leur obsession pour le sexe n'étaient pas très loin dans l'esprit de mon voisin.
Puis, il y a eu l'arrivée à Washington, avec le visa touriste tamponné sur mon passeport, l'aventure commence pour de vrai. Le second vol a été plus pénible, pressée d'arriver, j'en avais marre... Heureusement, sur 1h30 de vol initialement prévue, nous avons eu 40 minutes d'avance ( il s'agit là aussi pour moi d'un grand mystère : comme peut-on avoir 40 minutes d'avance sur un vol d'1h30, ça signifie qu'on a était 2 fois plus vite que prévu, byzarre...)
Bref, à 18h, je suis donc dans le New Jersey, petit à petit, j'approche du but... Encore 1h de transport en commun, de train jusque New York Penn Station, puis de métro jusque Myrtle Avenue, et je découvre mon quartier.
20h, je suis devant mon chez moi. Je sous-loue un appartement à une trapéziste ( et oui, c'est choses là ne sont possible qu'a New York je crois ) qui est en tournée tout l'été... L'appart' est immense, et vraiment magnifique, j'ai la chambre la plus grande des 3. Je rencontre celles qui sont en train de devenir mes coloc'.
Jullian occupe la première chambre, elle est danseuse et partage sa vie entre NYC et Londres. Heather elle travaille à l'aéroport. Elle est beaucoup plus timide, et comme la fatigue empêche mon cerveau de trouver la force de parler en anglais, j'ose peu l'aborder. Pourtant il y a quelque chose de très doux dans son visage, quelque chose d'attendrissant, quelque chose qui me donne envie de lui faire confiance, j'espère dépasser cette étape.
Avant d'entrer dans l'appartement, j'ai découvert Brooklyn, ce quartier qui j'allais devoir apprendre à faire mien.
Je vis donc dans Bed-Stuy. Dans wikipedia, il est écrit que Bed Stuy a encore mauvaise reputation. Surement à cause des dealers de crack qui est régnaient jusque dans les années 90. Aujourd'hui, Bed-Stuy est le quartier Afro de New York. Dés mes premiers pas, je me suis sentie en minorité, le nom des rues est aussi très évocateur de l'histoire du quartier. Près de chez moi, le boulevard Marcus Garvey coupe la rue Malcom X. Il n'en reste pas moins que l'ambiance qui règne ici est particulière et me fait me sentir à l'aise. Quand je suis sortie du métro vendredi soir, avec ma valise de 35 kilo sur les bras, la première scène à laquelle j'ai assisté c'est un groupe de mamies, planté là sur le trottoir entre Myrtle Avenue et Broadway, qui chantaient du Aretha Franklin... Dans les 300 mètres qui séparent le métro de mon appartement, j'ai rencontré 2 autres groupes de ce type.
Je sens que je vais aimer mon quartier.
C'est à moi maintenant de me faire une place ici.
— Billet extrait French girl in New York.
Un truc à dire ?
5 commentaires
Par I-think-i-m-paranoid le 13 juillet 2008 à 22:13
Par Adeline le 13 juillet 2008 à 22:49
Par Lelaina le 14 juillet 2008 à 10:14
Par Tissy le 14 juillet 2008 à 20:51
Par Adeline le 14 juillet 2008 à 22:31
Tu souhaites dire quelquechose ?